partie de son déficit
Ce prétendu déficit de $314, 571.73, ajouté à ces
dépenses spéciales, forme un total de $774,571.73
A déduire: recettes qu'il retranche 500,000.00
Recette extraordinaire, produit du règlement
avec Montréal 62,495.18
Balance des dépenses spéciales $212,076.55
Ainsi avec le produit de nos recettes nous avons non-seulement comblé toutes les dépenses ordinaires, mais aussi la plus grande partie des dépenses spéciales, dout la majeure partie devait être couverte par le dernier emprunt.
Qu'on prenne maintenant mes propres chiffres :
Dépenses spéciales ou extraordinaires $647,767.76
Moins surplus $373,196.03
Recettes spéciales 62,495.18
Balance des dépenses spéciales $212,076.55
Voilà tout ce qui reste des dépenses spéciales votées à la dernière session. Comme on peut le voir par les états ci-dessus, le résultat des deux opérations, au point de vue des finances, reste le même.
D'après les calculs du député de Montmorency, lorsqu'il était ministériel, voici quel serait le résultat des opérations de l'exercice en question :
Recettes $3,738,228.39
Ajouter fiducies et recettes spéciales 80,926.41
$3,819,154.80 Montant des dépenses ordinaires 3,365,032.36
Différence en plus $454,12244
Rachat de titres $56,845.00
Augmentation du service d'intérêt, comparé
Montant total $636,917.44
Tel serait le surplus d'après sa comptabilité lorsqu'il était ministériel.
Ainsi, l'on voit, par les états que je viens de soumettre, qu'au point de vue de la comptabilité, quel que soit le procédé adopté, on arrive au même but.
Que l'honorable député enlève des recettes une somme de $500,000 et qu'il déplace de l'autre côté $187,767.76, pour arriver à un déficit où il n'y en a réellement pas, ce n'est qu'un déplacement de chiffre qui ne signifie rien par lui-même, car on arrive toujours au même résultat. Le seul motif qui anime l'honorable député est de tromper sciemment ou autrement la Chambre et le pays sur le résultat vrai des opérations avantageuses de l'exercice de 1887-1888. Qu'il fasse toutes les transpositions qu'il voudra, il ne peut détruire le fait brutal que nos recettes se sont élevées bien audelà de la dépense ordinaire. Qu'il tire une ligne imaginaire, si cela lui plaît, au sujtit de la classification des recettes et des dépenses, ce n'est qu'une question de termes, le fond reste toujours le même. 11 ne peut détruire ce fait, que nous avons reçu la somme de $3,738,228.39, qui a été suffisante pour couvrir non seulement les dépenses ordinaires, mais de plus la plus grande partie des dépenses 'spéciales, qui, sans ce surcroit de recettes, auraient augmenté notre dette d'autant.
Je crois en avoir dit assez sur ce prétendu déficit de l'honorable député pour démontrer que sa critique sur cette partie de mon exposé financier n'est pas sérieuse et qu'elle n'a aucune valeur ni en fait, ni en raison. Il n'est que trop évident que, dans l'agencement de ses chiffres, il a eu qu'une chose en vue : mystifier les électeurs plutôt que de les éclairer et les induire en erreur sur la véritable portée des opérations financières de cet exercice.
Au sujet des dépenses spéciales, voici ce qu'il dit :
" Si l'honorable trésorier insiste que ces dépenses spéciales ne sont pas des dépenses ordinaires, et ne doivent pas être comptées dans les déboursés de l'année en établissant la balance des opérations de l'exercice je lui répondrai que sa prétention n'est pas soutenable, et que d'ailleurs, elle n'améliorerait pas sa position. Il ne faut pas se faire illusion sous ce rapport. Si l'on crée d'une manière permanente un budget de dépenses spéciales et au compte du capital, il n'y a que deux moyens de les payer : 1" En prélevant un revenu annuel suffisant, ou 2d par des emprunts qui augmenteront la dette annuellement. Il faut choisir entre ces deux alternatives.
Il est évident qu'il serait de bien mauvaise politique financière d'encourir, tous les ans, des dépenses prétendues spéciales, de cent
cinquante à deux cent mille piastres, en ne les payant qu'au moyen de l'emprunt. Par ce système dangereux, le gouvernement ira endettant chaque année la province d'un montant considérable. Si le ministère croit qu'il lui faut faire ces dépenses dans l'intérêt public, — et il lui serait bien difficile de les justifier — il doit avoir le courage de créer le revenu annuel nécessaire pour les rencontrer sans endetter annuellement la province. Voyons où nous conduirait le système d'emprunter pour cette fin :
Dépenses spéciales en 1887-88 $187,767.76
do do 1888-89, d'après les budgets 165,221.29
do do 1889-90, d'après le budget général 150,593.93
Montant en trois ans $503.582.98
Avec ce système dangereux, vous aurez donc endetté la province de $503,582.98 en trois ans. Il n'est pas possible de le continuer. Il est du devoir de la chambre d'exiger que le gouvernement diminue de beaucoup les dépenses, où qu'il prenne des mesures financières suffisantes pour équilibrer le revenu et les déboursés annuels."
Depuis qu'il est dans l'opposition, l'honorable député est devenu d'un rigorisme bien étrange, lui qui naguère, lorsqu'il était ministériel, faisait une classification si minutieuse des dépenses qui devaient être considérées comme ne devant pas faire partie des dépenses ordinaires. Il rangeait alors à titre de dépenses spéciales tout ce qu'il était possible d'y mettre, sous le moindre prétexte, et il en était de, même pour les recettes ordinaires, où il faisait figurer non-seulement les remboursements à compte du capital, mais encore les sommes dont nous étions les simples dépositaires et que nous étions appelés à rembourser d'un jour à l'autre. Voilà comment il procédait lorsqu'il était ministériel, mais aujourd'hui qu'il est dans l'opposition, il ne veut plus même entendre parler de dépenses spéciales, pas même des plus légitimes. Il brûle tellement de déprécier notre administration que, dans sa précipitation, dans son désir de montrer un déficit coûte que coûte, il place aux dépenses ordinaires jusqu'aux items pour lesquels l'emprunt avait été contracté, sans même donner crédit au revenu d'une somme égale à celle qu'il place au débit. Quelle magnifique comptabilité ! Quel Goschen en raccourci ! Plus fort que cela : il place même au chapitre des dépenses ordinaires les avances et les prêts qui doivent être remboursés ! C'est le renversement de toutes les notions reçues en finances, et surtout chez un homme qui sans cesse se vante de posséder la vraie science sur ces matières, qui se réclame modestement de l'école des hommes d'Etat, qui, à l'en croire, ne s'embarque jamais dans une dissertation financière qu'en compagnie de sir Francis Hincks, sir John Rose, sir
Charles Tupper, Thomas White, sir Richard Cartwright, et d'une foule d'autres qu'il va même au besoin chercher en Angleterre et en France, tels que William Pitt, Gladstone, Disraeli, Thiers ; chez un homme, dis-je, qui, à force de vivre dans une aussi illustre promiscuité, a fini par se croire leur égal, des hérésies comme celles que je viens de signaler sont incompréhensibles. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il cite ces grands noms à tout propos, qu'il ne cesse de nous parler des études sérieuses qu'il a faites, et qu'il prétende avoir ici le monopole des vrais principes de la finance ; aussi l'auditeur, étourdi, ébloui de ce grand déploiement d'érudition, est naturellement porté, quelquefois, pour peu qu'il soit naïf, à ajouter foi à la plausibilité des arguments de l'honorable député. Hélas ! tout cela n'est qu'illusion ; nous avons sous les yeux un simple politicien dont la spécialité est d'accommoder et de plier toutes les règles de la finance aux exigences de son parti, trouvant que tout va bien quand ses amis sont au pouvoir, mais poussant des cris d'alarme dès que l'administration est aux mains de ses adversaires.
Lui qui, autrefois, mettait tout ce qu'il pouvait au chapitre des dépenses spéciales, nous interdit impérieusement, tout-à-'coup, toute classification de ce genre :
" Voyez, dit-il, où vous conduira le système d'emprunts pour cette fin :
" Dépenses spéciales en 1887-88 $187,767.76
en 1888-89 165,221.29
en 1889-90 150,593.93
" Avec ce système dangereux, vous aurez donc endetté la province de 1503,582.98 en trois ans."
Essayons de calmer les inquiétudes de l'honorable député, qui autrefois n'hésitait pas à encourager les gouvernements qu'il favorisait à endetter la province pour des millions, lorsqu'il prêchait la doctrine : qui s'endette s'enrichit.
Il semble mettre dans l'oubli les sommes que nous avons perçues à titre de recettes spéciales pendant l'exercice 1887-88, et que l'on peut légitimement placer en regard de ces dépenses spéciales :
Soit pour 1888 $80,926.43
Du 30 juin 1888 au 31 décembre de la même année, nous
avions perçu $80,561.57
Du 31 Décembre 1888 au 30 juin prochain, ce montant seraf
probablement excédé
Ou peut supposer que pour l'auuée 1890, il sera perçu de de ces sources uu montant additionnel, disons, en chiffres ronds, de 80,000.00
Total $241,488.00
Maintenant l'on peut ajouter à ce montant de 241,488.00
Les items qui figurent comme dépenses spéciales, et qui ont
été couverts par l'emprunt de 188Ï 56,122.83
Asile des aliénés protestants, à être remboursé sur le produit
de la vente de la ferme Leduc 10,000,00
Département des terres de la Couronne : arrérages dus par
nos prédécesseurs et qui ne pommaient être légitimement
attribués à nos dépenses ordinaires 55,841.00
En 1889 :
Il compte dans les dépenses spéciales : agrandissement du palais de justice à Montréal, montant couvert par l'emprunt, mais qui ne sera pas tout dépensé 50,000.00
Asile des aliénés protestants — prêt pour lequel nous avons
des sûretés 15,000.00
Prêt au docteur Gauvreau — sur hypothèque 2,500.00
Pour 1890 :
Ponts en fer — somme revotée 50,000.00
$480,951.83 Dépenses autorisées par statut et qui n'existent pas 30,000.00
Nous pourrions ajouter à ces montants les sommes nombreuses que nous avons été obligés de payer pour d'anciennes réclamations non payées par le gouvernement Ross.
Il ne reste donc rien de la prétendue dette que nous devions accumuler en trois ans, »-n autant que nous sommes responsables.
Voilà encore une preuve de la fausseté dee calculs de l'honorable député. Les commentaires sont inutiles.