‹ La situation financière de la province de Québec en 1889 [microforme]Chapitre 3 sur 29 · LA · texte numérisé non relu

LA

uelles nous comptons.

‘ C'était donc, d'après l'honorable trésorier, un surplus de trois quarts de million de piastres que nous avions en perspective,

‘“ A l'ouverture de la session, le discours du trône ce qui suit :

* Les comptes publics pour l’anné “ vous seront soumis sans retard, ait “ cette année et celui de l’année fisc

ministère nuus faisait dire dans le

ée fiscale terminée le 80 juin dernier, isi que le budget supplémentaire de ale 1889-90. Vous verrez avec satis-

“ faction que les espérances manifestées au sujet d’un surplus considérable

‘# pour l’année dernière (1887-1888) “ ordinaires sont faites avec toute lé

ont été réalisées, et que les dépenses ‘onomie possible, ”

‘ Ces comptes publics de 1887-88 nous les avons, et ils nous font connaître un état de choses bien différent de celui qui nous avait été promis. L'honorable trésorier lui-même a été dans la pénible obligation d'en ra-

battre beaucoup de ses prétentions, nous venons d'entendre, comparer |:

qu'il s’est efforcé, mais en vain, de no

lorsqu'il a dû, dans le discours que a réalité des faits avec les illusions us faire partager.

“ Au lieu des trois quarts de million espérés, promis, l'honorable tré-

sorier est obligé d'admettre que son progression descendante, et que, tou

prétendu surplus a subi une rapide s comptes tirés, il s’est trouvé réduit

à $373,126.03. Etablissons la différence :

SUIDINS DrOMIS sise Mresdsessuesvsse 0700: 000

Montant calculé... na ones ss 2" UD OU Diminution...……. sister aies QUTO EU

“Ilyalà une différence assez sensible, un écart de près de quatre

cent mille piastres. Je ne conçois pa

s que l’ honorable trésorier ait pu tant

se tromper dans ses prévisions. Quand il nous promettait un surplus de trois quarts de million, nous touchions à la fin de l’année financière. Nous

étions au quatorze de juin dernier.

terminer l'exercice

Il ne restait plus que seize jours pour

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“ L'honorable trésorier, qui est à la source mème de tous les renseignements officiels, devait certainement être en mesure de calculer, à quelques milliers de piastres près, le résultat des opérations de l'année. Qu'il sé soit trompé au montant, relativement énorme pour notre budget, de près de quatre cent mille piastres, cela ne prouve pas la sûreté et la justesse de ses prévisions, et est bien de nature à décider lu chambre à n'accepter celles qu'il a faites pour l'avenir que sous bénéfice d'inventaire.”

Rien d'injuste et de futile comme cette exploitation de mes paroles. Mais puisque mon contradicteur s'arrête à d'aussi petits moyens, je ne lui en laisserai certainement pas le bénéfice, car je tiens à le réfuter sur tous les points, Il me sufira de citer textuellement et complètement ce que j'ai dit au sujet de ce prétendu surplus de trois quarts de million, pour démontrer que mes remarques ne pouvaient avoir le sens et la portée que mon honorabi: uni veut à tout prix y voir.

Je me suis exprimé ainsi l'an dernier en parlant de l'exercice 1887-88, alors en cours :

On comprendra facilement qu’il m'est impossible d'indiquer d’une manière précise le résultat des opérations de cet exercice, avant qu'il ne soit terminé. Les recettes et les dépenses accuseront, comparativement à mes estimations, des variations qui se comprennent facilement. Tout ce qu'il est possible de faire pour le moment, c’est d'examiner un peu l'état des recettes et des paiements jusqu'au ler avril et d'en tirer certaines conclusions.

“ Il suffit de jeter un coup d'œil sur cet état pour voir de suite que les recettes excèderont les dépenses d’un montant assez considérable. Je parle des opérations ordinaires. Le ler avril, les recettes ordinaires s'élevalent à $3,024,981.65 ét les dépenses à $2,259,960.14, ce qui faisait un surplus de $765,021.51. Il est probabie que Le surplus de la fin de l'exercice ne sera pas diminué d'une manière bien sensible, si nous réalisons toutes les recettes sur lesquelles nous comptons.”

Voilà tout ce que j'ai dit &u prétendu surplus de $765,021.51. C'est bien différent du langage que me prête l'honorable député. Il suffit de lire attentivement la première et la dernière phrase du deuxième paragraphe pour se convaincre que je n'ai pas voulu donner à entendre que le surplus serait de $765,021.51. ‘ Il suffit de jeter un coup d'œil sur cet état pour voir de suite que ces recettes excèderont les dépenses d'un montant assez considérable, ” et plus loin: “ Il est probable que /e surplus de la fin de l'exercice ne sera pas diminué d'une manière bien sensible, si nous réalisons toutes les recettes que nous comptons.” Dans ces deux phrases il est

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question de deux choses bien distinctes ; l’excès apparent de recettes du

»ler avril qui était de $765.021.65, et le surplus de la fin de l'exercice.

L'honorable député n’est pas sérieux quand il veut me mettre dans la bouche ce que je nai pas dit, ce que je n'ai pas pu vouloir dire; s’il a fait des études sérieuses sur les finances de la province, il doit fort bien savoir que le surplus qu’il m'accuse d’avoir annoncé n'était pas possible et qu’en prédisant un surplus assez considérable, je ne pouvais pas songer au chiffre énorme de $765,021.51.

Au 1er avril, les dépenses ordinaires s'élevaient à la somme de $2,259,- 960.14, et d'après mes estimés, y compris les budgets supplémentaires, le total de la dépense ordinaire devait s'élever à $8,334,075.46. Je comptais, d’après mes estimés, sur un total de recettes ordinaires de $8,020,522.80, non compris $40,000 reçues du fonds des écoles communes en sus des $60,000 sur lesquelles je calculais lorsque j'ai fait mes estimés de recettes, non plus que $557,665.00 et une centaine de mille piastres d'augmentation sur d’autres services que je n'avais pas inclus dans les mêmes anticipations. Ces deux montants réunis, soit $597,665.00, ajoutés à $3,020,522.80, donnent un total de $3,718,187.80. Voilà quel était au ler avril le montant

: de recettes sur lequel je pouvais compter en chiffres ronds. En déduisant

de ce chiffre le total des dépenses ordinaires sus-mentionné, l’excédant réel de recettes était d'environ $384,000 en chiffres ronds. * Voilà le surplus sur lequel je pouvais compter alors pour la fin de l'exercice, et non $765,021.51, tel que voudrait me le faire dire l'honorable député de Montmorency.

C’est le 15 juin 1888 que je parlais ainsi, et à cette date je savais assez pa“faitement à quoi m'en tenir à ce sujet pour ne pas commettre une naïveté. Je pouvais dire assez approximativement quelle serait la balance probable des recettes qui me restait à Dercevoir du ler avril au 80 juin ; le chiffre de la dépense m'était aussi familier, d’après l’état des estimés que j'avais donne à la chambre et les crédits votés. La chambre et le pays comprendront aisément qu’en prédisant un surplus assez considérable, je ne pouvais pas parler de trois quarts de million, et que l'honorable député de Montmorency veut tout simplement les mystifier en m'imputant un langage que je n’ai pas tenu et que je n'ai pas pu tenir. Pour atteindre son but, celui-ci est obligé de ne citer qu'une partie de mes paroles et de laisser de côté ce qui aurait tourné contre lui. Ce sont de ces moyens de discussion que dédaignent profondément les hommes honorables dans les affaires, dans la haute finance. Celui qui s'aviserait d’invoquer de pareilles futilités devant un tel auditoire serait considéré par ses collègues comme indigne de siéger à leurs côtés et passerait pour un hâbleur et un charlatan financier.

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8me Fausseté “RETOUR SUR LE PASSÉE.”

L'honorable député n’est pas davantage sérieux quand il prétend que l’application de mes principes et de ma manière de calculer dans l’op position donnerait le résultat suivant pour les opérations de l’exercice 1887-88 :

Dépenses de 1887-88... osoone sorcnovocreo crcesosososoe + 83,888,082 À ajouter, les dépenses spéciales... a

Montant des dépenses de 1888...

Déceltoh: iidinraminaansmatue $3,738,228 À déduire : pour arrérages d'Ontario.... $70,000

Des corporations commer-

CMOS let rer 430,000 ———— 50ù,000 ————— 3,238,228 807,336 Plus, fonds d'amortissement de 1 oo pour $7,600,000...… ane 76,000 Plus, fonds d'amortissement, balance de l'emprunt de 1874... 30,854

Déficit de 1887-1888... $914,190

“ Ainsi, conclut-il, comme l'honorable trésorier calculait lorsqu'il n'était pas responsable de l'administration de nos finances, et qu’il n'avait qu'a critiquer, au lieu du surplus de $373,196 dont il nous a parlé, il y aurait eu un déficii de $914,190 en 1887-88. Il ne peut pas trouver à redire de ce que je tourne aujourd'hui contre lui, et avec tant d’avantag, les armes qu'il m'a fournies, et dont 1l a fait injustement un si grand usage contre ses prédécesseurs. J'ai d'autant plus le droit de le faire, qu'elles me permettent de prouver une fois de plus com: ien la critique financière” de l'honorable trésorier, lorsqu'il était dans l'opposition, était peu fondée.

“ Je n'ai fait le calcul qui précède'que pour démontrer combien l’ancienne manière de calculer de l'honorable trésorier était erronée.”

Cette citation de sa critique démasque tout son plan: ce qu'il veut avant tout, c’est démolir peu lui importe par quels moyens la réputation de compétence que je puis avoir acquise. Après avoir créé l'impression que, lorsque j'étais dans l’oppositieu, mes calculs ot mes chiffres n'étaient

qu’un tissu d'erreurs, et que je ne cherchais qu'à tromper la chambre et le pays sur la véritable situation financière, il espère avoir ensuite meilleur marché de mon exposé financier. Il sait fort bien que je n'ai jamais fait les calculs de haute fantaisie qu’il me prête, mais A but est de faire croire qu’autrefois je m'amusais à dire de telles insanités et d’en conclure que mes antécédents sont de nature à diminuer la confiance que mes col-

lègues reposent en moi.

Est-il bien nécessaire de réfnter le puéril argument que mon honorable ami fonde sur le tableau précédent ? Je me contenterai de lui rappeler que mes calculs, lorsque j'étais dans l'opposition, étaient d'accord avec les déclarations autorisées de ses propres amis les trésoriers du temps, et pour l'en convaincre je n'aurai qu'à le renvoyer aux discours de ces messieurs et aux miens. J'ajouterai que, quand je disais la vérité en compagnie des anciens trésoriers, l'honorable député disait le contraire, c'est-à-dire que c’est Jui

qui était dans l'erreur.

La meilleure preuve que mes vues étaient justes quand je parlais de déficits, qu’admettaient forcément les ex-trésoriers, c’est qu'il est aujourd’hui officiellement constaté, en dépit de l’habileté qu’on mettait alors à voiler la vérité, que pendant cette période où j'étais dans l'opposition, nous avons accumulé des déficits pour un montant d’audelà de $3,300,000, que de 1875 à 1886, on avait accumulé une dette consolidée de 18 millions, et qu'à notre arrivée aux affaires nous avons trouvé toute créée, sous forme de déficits du budget ordinaire ou extraordinaire, une dette flottante de 4 millions en chiffres ronds, soit au taux d’un million par année depuis la date du dernier emprunt. Les faits sont là pour prouver que j'étais dans le vrai dans mes anciennes critiques financières. S'il y a quelqu'un qui ne devrait pas se permettre de retours sur le passé, n'est-ce pas l'honorable député de Montmorency, un homme qui a dit blanc et noir sur la même question, qui, dans le temps même où ses, chefs admettaient des déficits»

‘venait froidement dire à la chambre qu'il n'y avait pas de déficits lorsqu'il y en avait entre les recettes et les dépenses ordinaires de #8300,000 à $500,000, par année, d'après les déclarations officielles de ses propres amis, et qu'on accumulait une dette flottante d’audelà d'un million par année ?

Quant à moi, mes critiques des précédentes administrations appartiennent aujourd'hui à l'histoire ; on les trouvera dans le Hunsurd de 1884, 85, 86, 87, Que les personnes compétentes en la matière les examinent consciencieusement, elles constateront que mes calculs n'étaient que trop bien fondés. Ou l'honorable député ne les à pas compris, et cela ne

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m'étonnerait pas, car ils contenaient des opérations de caisse et des états de comptabilité qu'un simple théoricien comme lui ne saurait saisir; ou il a réussi à les comprendre, et alors il trompe sciemment la chambre et le pays sur les véritables conclusions de ces discours, dont le but était de démontrer sous son jour réel une situation financière qu'on admettait bien, il est vrai, être tendue et critique, mais qu’on n’en cherchait pas moins à voiler par une fausse comptabilité, de peur de donner l'éveil au publie avant les élections.

Tout le monde se rappelle les longs discours que savait faire l’honoable député de Montmorency à cette époque pour prouver ce qui n'était pas ; ses amis trouvaient la situation difficile, critique, lui la trouvait excellente, florissante ; eux admettaient des déficits, lui refusait de rien voir de tel. C'est le même homme qui vient aujourd’hui dénoncer comme des hérésies tous mes calculs passés et présents, soit quand j'étais dans l'opposition, soit comme trésorier. Voilà le critique consciencieux qui prétend avoir réfuté mon exposé budgétaire séance tenante, avant même d'avoir pu le lire et l'étudier attentivement, mettant à me répondre un empressement qui enlève à sa prétendue réfutation le cachet de la vraisemblance et de toute étude sérieuse sur la question. Il y a une certaine dose de prétention qui est permise, mais celle-là dépasse toutes les bornes.

Mais avant de disséquer les chiffres dont il a fait usage dans sa critique, étudions un instant quel était l'état financier de la province le 31 janvier 1887, date de notre entrée à l'administration ; ce coup d'œil rétrospectif permettra à la chambre et au pays de voir lequel des deux est le plus digne de foi, de mon honorable ami ou de moi.

Voici quelle était cette situation financière à cette date, d'après les états officiels préparés par les officiers préposés à cett: fin.

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