‹ La situation financière de la province [microforme]Chapitre 2 sur 11 · QE A · texte numérisé non relu

QE A

tiques dont nous ne sommes certainement pas les auteurs et quiont | 6 ralysé toute initiative de notre part, du moment que nous n'avions plus le libre contrôle des affaires ; aussi à l’incurie de nos successeurs qui, au lieu de conduire les affaires prudemmentetéconomiqnement,ontagi avec une largesse tout à fait en contradiction avec leurs promesses,

La dépense excessive pour les services ordinaires de l’année fiscale de 1891-92 est due, sans aucun doute, au coup d'état et à la prodigalité de nos adversaires, en portant le chiffre de la dépense bien au de-là des exigences requises pour les services et en ne la contrôlant pas avec la prudence voulue,

Dans tous les cas, on ne,;saurait mettre sur notre compte, le déficit du 17 décembre 1891 au 30 juin 1892, de 8496,722.67, car ce sont nos adversaires qui ont eu exclusivement le contrôle des opérations financières pendant cette période.On ne saurait non plus nous rendre responsables pour les dépenses d'élections, qui s'élèvent à #58,000.00, ni les commissions royales, au montant de $31,573.61, ni le total dune somine portée au passif au 17 décembre 1891 pour le Palais de Justice non autorisée par nous, soit #347,747.43. Ces différents items s'élèvent à$934,048,71. Ce n'est pas tout, on a fait rentrer, avant l'expiration de l’année fiscale, bien des sommes que nous et nos prédécesseurs ne payaient qu'après le 30 juin, car elles n'étaient dues qu’en juillet.

C'est ainsi qu’on a mis au service des intérêts, pour l’annéc fiscale 1892 : 6 mois d'intérêt sur un de nos emprunts, toujours payés par nos prédécesseurs etnous le ler juillet, soit : $26,662.50; On a aussi fait rentrer pour 1892, 6 mois d'’inté-

rêt sur l'emprunt français, de fr. 20,000,000

dus que le 15 Juillet, soit : 77,200.00 Au ministère de la justice on fait entrer tout ce

qui n'était payable qu'après le 40 juin, et

qui dans le cours ordinaire ne se soldait qu'a

près le ler juillet, soit : 19,000.00

aussi pour les asiles, environ... PARA 58,000.00

En parcourant les comptes publics minutieusement, j'aurais pu indiquer un plus grand nombre d'iternas qu’on a mis sur l’année 1892, afin de grossir notre responsabilité et avoir d’autant moins à payer l’année suivante, dont ils seraient pleinement responsables. Je crois avoir démontré suffisamment que, au sujet de l’augmentation du passif au 17 décembre 1891, on ne saurait nous en attribuer la responsabilité, du moins pour .la majeure partie.

Entre l’état du passif du 17 décembre 1891 et celui du 30 juin 1892, il y a une réduction de $646,000.00

RSR LAURE AE tr ÿ :

Cette réduction s’est opérée par l'abandon de certains travaux que projetait le gouvernement Me:cisr et une différence dans les recettes en plus que les estimés.

Ainsi l'état du passif du 17 décembre 1891 avait été gonflé d'une manière générale bien au delà de ce que comportait notre responsabilité. De plus, ils ne se sont fait aucun scrupule de nous mettre à charge une augmentation dont une partie n'était pas de notre ressort ; cependant on n'a pas eu la loyauté de l'ad-

* mettre, mais on n’en a pas moins continué à représenter un état exagéré du passif à cette date.

Mais après avoir crié sur tous les tons que le règne de Mercier avait été entaché d’une incurie et d’une extravagance ruineuses nour la province, après être parvenu à s'emparer du pouvoir en ;:tant du discrédit sur l'administration de leurs prédécesseurs, il ne fallait pas s'attendre que le gouvernement aurait la loyauté de rendre justice à ceux qu'il avait ruiné dans l’opi- 18 nion publique. En faisant un tel aveu, il craignait que le pu-

blic les condamnât pour leur charlatanisme et ne leur permis

08 pas de continuer à exploiter les préjugés qui leur avaient si bien nt servi pour capter la confiance des électeurs. ’ Sous le couvert de ces préjugés, leur ineptie financière restait ve dans l'ombre, et leur permettait de faire accepter par les contri- TS buable:: des taxes onéreuses, nullement requises dans les cir- 0; constances.

Nous allons voir dans un instant combien sont peu fondées 00 1 7 les prétentions du gouvernement au sujet de ses merveilleuses opérations, et jusqu'à LS point il mérite cette auréole de gloire dont il s’entoure et les louanges qu'il se fait décerner par la presse à son service.

00 Pour prévenir toute discussion inutile et afin d'enlever à nos 00 adversaires tout prétexte do récrimination, mais sans admettre le bien fondé de leurs prétentions, j'ai néanmoins laissé subsis- 50 ter dans cette augmentation du passif du 17 Déc 1891, une marge À d’un million pour couvrir toutes les obligations qu’on pourrait vi légitimement attribuer à notre politique, du 30 juin1891 au 17 vi décembre de la même année.Tout en n’admettant même pas que

nous soyons responsables pour un aussi fort montant entre ces nt deux dates, je sais que même avec cette addition au passif je se-

pu” rai en état de prouver dans quelques instants, combien sont ilu° lusoires leurs prétentions d’avoir restauré l’état financier de la ” province, gù " En résumé, par les chiffres que je viens de soumettre au su-

jet du prétendu excès du passif au 17 décembre 1891, il est facile de constater que le gouvernement aôtuel n'a pas représenté

re es Er mn 25 nr ms ramener

la vraie situation financière à cette date, et qu'il manque de loyauté lorsqu'il veut nous faire porter la responsabilité du-total de cette augmentation.

Après avoir soumis un état général des affaires de la province depuis 1867 jusqu’au 17 décembre 1891, établi la nature et les fins pour lesquelles la dette a été contractée, et défini la part de responsabilité qui incombe à chacun des partis politiques au sujet de cette même dette, il ne me reste plus maintenant qu'à faire une revue des opérations financières du gouvernement actuel depuis qu'il ên a la gérance.

Cette revue nous est d'autant plus facile que nous avons aujourd’hui quatre années complètes dont il a eu le contrôle, ce qui permet de juger de ia nature et de la valeur de son adminisiration.

Pour se rendre compte de la situation, il ne faut pas oublier dans quelles circonstances le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir, et à quel titre il a obtenu le suffrage des contribuables.

C’est, on le sait, après avoir discrédité l’administration du gouvernement Mercier, et avoir déclaré sur tous les tons que la politique de ce dernier était ruineuse pour la province, et que c’est après avoir fait miroiter aux yeux des électeurs un programme des plus attrayants qu’il réussissait à obtenir leurs suffrages.

Par son programme il s’engageait à restaurer l’état des finan. ces en faisant cesser les déficits, en réduisant les dépenses contrôlables et en diminuant la dette. Toutes ces importantes réformes devaient s’opérer par un système d'économie, de retranchements, sans avoir recours à de nouveaux impots ; les seules ressources de la province devant suffire pour mener à bonne fin cette merveilleuse politique.

Voyons maintenant s’il a accompli latâche qu’il s'était impoposée et s’il a restauré l’état financier, ainsi qu’il s’en vante dans les assemblées publiques et dans la presse qui lui est dévouée, tout en continuant à décrier la politique de ses prédécesseurs.

TABLEAU a

comparatif des dépenses ordinaires du regime actuel et de cellé du régime Mercier

Régime Actuel.

1893. Dépenses ordinaires... $ 3,952,258.75 1894. w Mn à du parts dlbrs serre “NON 1895. F3 D RAR PRO APR PRET ENT COTES 4,043,228 43 1896. ” F PTT TT TT I TT 4,041,221 66

Total des dépenses ordinaires... % 15,913,699.67 Moyenne par année... 3,978,424.91

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1888. Dépenses ordinaires..........,.....,,......... 3,365,032.36 1889. “ Rs ei 8,543,618.64 1890. " PAS CA PT Te PRE RAP 3,881,672.95 1891. “6 HE st pre … 4,095,520.45 Total des dépenses ordinaires... … $ 14,385,844.40 Moyenne par snnée...……. avé RER TS 3,721,461.10 Total des dépenses sous le régime actuel... $ 15,913,699.67 ss # Lo régime Mercier... 14,885,844.40

Différence en plus sous le régime actuel : $ 1,027,855.27

On peut voir par le tableau ci-dessus que le gouvernement actuel n’a pas raison de se vanter sur tous les tons de sa bonne administration financière et qu'il est loin d’avoir pratiqué la plus stricte économie dans l'emploi des deniers publics. L'éloquence des chiffres officiels est là pour démontrer que ieurs prétentions au sujet de l’économie opérée sous le chapitre de la dépense ne sont pas fondées en fait, car ce n’est pas avec une dépense additionnelle de 1027,855.27 cn 4 ans, de plus que sous le régime Mercier, que l’on puisse prétendre avoir amélioré l’état financier de la province. 11 ne faut pas oublier que ce sont ces mêmes hommes qui se vantent dans toutes les occasions d’admiuistrer les affaires avec plus d'économie que leurs prédécesseurs ; on peut maintenant juger par les faits, combien sont erronés leur déclarations publiques, et peu fondées les accusations d’extravagance contre leurs adversaires,lorsqu'ils doivent parfuitement connaître l'augmentation réelle d'une dépense qu'il était de leur devoir de contrôler, puisque c'est sur ce chapitre qu'ils font une guerre acharnée contre l'administration du gouvernement Mercier ?

Comment aujourd'hui peuvent-ils encore oser venir déclarer devant la Chambre et le pays qu'ils ont réussi à équilibrer l’état financier, lorsque les chiffres sont là pour démentir une telle assertion.

MeV CVS La Ou cru

— A — ETAT

des recettes ordinaires sous le régime actuel, sans compter les nouvelles taxes, et celui du gouvernement précér'ent.

POUR MR dr rte $ 3,891,062.73 1894... A . vos 8,740,322.45 1895.......600 mad tee rte 60 5 bre 3,734,289,39 D dont res amfeciteretetée 3,883,054,53 Total des recettes ordinaires... $15,248,729.10 Gouvernement précédent :

0 NO SR PO yER 3,738,228.39 1889 0000000000. LELELLELEEEEET) 3,625,115.20 AO scksoss ds sen sono rs oeo ns 3,536,783.79 1. ANNE PORT 3,457,144.32 $14,857,271.70 Différence en plus sous le régime actuel : $ 891,457.40 LES DEFICITS Tableau indiquant le déficit en- :

tre les recettes et les dépenses ordinaires, sous le gouvernement du jour et sous

leurs prédécesseurs .......…… Total des dépenses ordinaires, de

1893 à 1896 nr su secousses 15,913,699.67 Total des recettes sans compter

les nouvelles taxes... 15,248,729.10

Déficit.— $ 664,970.,57

Total des dépenses ordinaires, régime Mercier, de 1888 à 1891... 14,885,844.40 Total des recettes » 200 vè4 14,357,271.70

Déficit ss. $ 528,572.70

On constate par le tableau ci-dessus que le gouvernemnt à perçu, de 1893 à 1896, ea dehors du produit annuel des nouvelles taxes, une : somme de $15,°48,729,10, ce qui, comparé au régime Mercier, dont lé

ter

total de recettes, de 1888 à 1891, était $14,357,271,70, fait une différence en plus de 891457.40. Malgré ce surplus de recettes, comparé au régime Mercier, le déficit entre les recettes et les dépenses ordinaires sous le régime actuel est de 8664,970..57 qui a été couvert avec une partie dn produit des nouvelles taxes. Ce surcroit de recettes sous le gouvernement actuel est facile à constater. Les recettes provenant des terres de l4 Couronne ont été plus considérubles par le fait que le commerce de bois en général a été favorable depuis leur avénement au pouvoir, tandis que en 1890 et en 1891,ce commerce subissait une dépression considérable, affectant sérieusement les ressources sur lesquelles on aurait dû compter.

Ainsi, si l'administration Mercier eut eu ce montant de $891,457.- 40, au lieu d’un déficit entre les recettes et les dépenses, nous aurions eu un surplus. Le gouvernement actuel en se limitant au chiffre de $14,885,844.40 du gouvernement Mercier, les $8891,457.40 auraient suffi pour couvrir cette dépense et montrer un surplus de quelques centaines de mille piastres.

Il a donc manqué à son devoir et aux promesses faites à l'électorat en dépensant en plus pour les services ordinaires, un montant aussi considérable.

Administrées avec la prudence et la sagesse nécessaires, les ressources normales auraient suffi pour équilibrer le budjet, sans avoir recours à des taxes annuelles de $500,000.00.

Ce sont là ces grands hommes qui se vantent avec tant d'arrogance et de présomption de leur habilité financière, et qui osent encore discréditer les opérations administratives lu gouvernement Mercier, en face dn fait brutal d’une augmentation de $1,027,855.27, comparé au régime de ce dernier.

On voit par ce tableau qu'avec les mêmes recettes, à l'exclusion des nouveiles taxes, nous aurions réussi à couvrir nos déficits de $528.- 572.70,de 1888 à 1891 et laisser un surplus d'au deià de $197,087,000, tandis que nos adversaires, dont les déficits sort de $664,970.57, n'ont pu les combler qu’en ayant recours à une taxe spéciale. En résumé, je crois avoir démontré assez clairement que le gouvernement, lorsqu'il parle de sa politique d'économic n’est pas sérieux.

Les chiffres dont je me suis servi dans ces différents tableaux sont officiels, car ils sont puisés dans les comptes p et dans les états même qne naus fournit le trésorier dans ses discours sur le budjet.

Sous le rapport de la dépense ordinaire le gouvernement actuel a été plus extravagant que celui dont il condamne encore les opérations : il n'a donc pas suivi la politique d'économie et de retranchements au moyen de laquelle il s’engageait d'établir l'équilibre dans les finances

Le gouvernement actuel se vante d'avoir réduit les dépenses de plusieurs centaines de mille piastres par année, je ne puis voir où il prendra cette éconcnie,

Si vous prenez le total de leurs dépenses ordinaires pour l’année 1896, qui est sensée être une de leurs plus favorables, et que vous la Compariez avec la dernière année du régime Mercier, qui est la plus défavorable à celui-ci, vous arrivez au résultat suivant :

Toute la différence est de: % 54,298.79

Mais si vous mettez en regard la dépense de 1896 ,... 4,041,221.66 avec celle de 1890 3,881,672.95 Que voyons-nous ?

Différence en plus en 1896 qu’en 1890 $ 159,548.71

Ainsi, comme je l’ai démontré dans un autre tableau, si vous prenez ieurs quatre annéescomplètes de leur admixistration et que vous les compariez avec celle du gouvernement Mercier, DOUS Voyons que pour les quatre années du gouvernement conservateur, le total de la dépense ordinaire s'élève à............ M cons Sel . $ 15,913,699.67 et que celui du régime Mercier s'élève à... $ 14,885,844.40

Différence en plus sons le régime actuel... $ 1,027,865,27

Ces messieurs se vantent sur tous les tons d’avoir sauvé la province de la ruine où la conduisait le gouvernement Mercier, d’avoir rétabli l’ordre dans les finarces et équillibré les recettes et les dépenses, Le premier ministre ct ses collègues, dans leur torrnée électorale, n’ont pas cessé de se prodiguer des compliments eur la haute sagesse fivancière et sur le grand succès qui a couronné leurs prodigieux efforts pour sortir la province de l’abîme où, crient-ils sur tous les tons, le régime précédent l’uvait précipité par son extravagance et sa mauvaise administration.

Avec quelle ardeur er quel ton d’enthousiasme et d’admiration les journaux attitrés du gouvernement ne nous ont-ils pas ahuri, inconsciemment, je n’en doute pas, car ils devaient prendre le mot d’ordre de l’autorité compétente pour toutes les louanges qu’ils lui décernent avec tant de complaisance et pour l’encens qu'ils lui prodiguent si gracieusement au sujet de sa politique mirobolante. Esfa, ces jourvaux comparent le gouvernement à un rayon lumineux devant lequel tous les humbles mortels doivent se prosterner, et s’extasier sur les instincts de génie qui caractérisent les actes de leur merveilleuse administration. Malheureusement, le bonhieur parfait n’est pas de ce

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monde, et il se trouve des sceptiques qui ne se laissent pas affoler par une claque savamment agencée et qu’on ne séduit pas par un fétichisme que les intéressés veulent à tout prix nous imposer.

Je suis convaincu que le tableau suivant, qui est fondé sur des chiffres officiels, et dont l’exactitude ne saurait être mise en doute, va contribuer largement à calmer les transports d’un gouvernement, qui à force de crier sur tous les tons ses grandes vertus politiques et ses hautes facultés financières, a fini par se prendre au sérieux.

ETAT

comparatit des dépenses totales ; moins les subveutious aux chemins de fer, sous le régime libéral et sous le régime conservateur.

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