II
de
., >, le montaflt des dépôts à la ♦-Il mars 1906, à 42 millions de bre i9o6, à 9a millions de yen
■it 1907.
montant total des dépôts dans les
'■ï-'s de TEmpire s'élevait à 810 mil-
^Mus), ce qui marque une augmente-
(342 635 659 francs) sur le montant à
«îent pas moins caractéristiques ; en voici >aux produits agricoles ou miniers :
koku .
koku .
kin. .
kwan .
tonnes.
koku .
kin . .
momme
r8o hecto
litres
3kg 7Î
94145 25 884 25o 339 04 1 I kin s=: 600 I momme =
5i 4oi 997 3 587 082
grammes
niale, 6 mui i9')6.
• ancier, 1907, page 6.
ire financier, 1905, graphique (planche 5J et partie II, tableau ai rticlc sur 1 agriculture au Japon dans le Monde économique du
^ WWBH^H^PBVH^^^H^^^VIL I K ILJ
japonais a atteint, pour l'ensemble^ i5o ^/o, et, dans certains cas, 557 °/o (impôt sur le revenu) et 626 ^jo (monopole du tabac) [']. Cette progression moyenne, quelque remarquable et même quelque surprenante qu'elle puisse sembler au premier abord, n'a rien cependant de factice ni qui dénote une pression financière excessive (pression qui d'ailleurs n'aurait pu s'exercer qu'avec le consentement des populations, puisque, depuis 1889, le Japon possède un parlement.
Le nombre des électeurs à la Chambre des députés (879 membres) était, en igoS, de 767 788, au lieu de 2009 745 pour les conseils généraux, 1915 287 pour les conseils d'arrondissement, et 4 ^4^ 660 pour les conseils communaux.
A cette progression des recettes correspond quelque chose d'effectif et de réel, l'accroissement parallèle de ce que l'on peut appeler, suivant l'expression consacrée dans la langue des finances, la « matière imposable » au pays nippon.
Pour s'en rendre compte, il suffit de jeter un rapide coup d'œil sur le développement véritablement prodigieux des affaires industrielles et commerciales, dans l'empire insulaire, pendant la même période.
Les progrès de la marine marchande sont représentés par les éléments ci-après :
▼APSUR8 VOIUKRS
Nombre Tonneaux Nombre Tonneaux
Sur ces totaux, k la fin de 1906, on comptait, en ce qui concerne les navires de i 000 tonnes et au-des.sus, 821 bâtiments, jaugeant ensemble 826 545 tonnes.
L'attaché commercial du Canada k Yokohama vient d'adresser k son gouvernement le tableau suivant qui fait ressortir l'accroissement
(») En huit ans, de rexcrcicc 1898-1899 à rcxcrcice 1905-1906. Pour cette dernière année, le calcul a été fait sur les prévisions, qui, d'après de récents télégranuncs, ont été dépassées par les recettes effectuées. Cf. page a5«
(*) Annuaire financier, 1906, partie V, tableau ^k*
de la production des principales industries japonaises entre les
années i8gi et igoS :
yen yen
Filés de coton 7 872 33 246 462
Habutayes (tissus de soie) .... i 44^ ^^9 ^^ 067 980 Tissus de coton (y compris les serviettes). 375407 i3 100 171
Allumettes i 843 636 10 360762
Porcelaine et poterie i 577 190 5 324 344
Nattes 656 122 6086987
Mouchoirs de soie 2 811 820 4 893 611
Paillassons 378349 3827108
Totaux. . . . 9096035 io3 897416 Francs : 22 740 087 269 743 737 (')
De a3 millions en décembre 1898, le montant des dépôts à la caisse d'épargne postale s'est élevé, en mars igoS, à 43 millions de yen, à 67 millions et demi en décembre i9o6, à 9a millions de yen (226 321 836 francs) à la fin d'août I907r
Au mois de décembre 1906, le montant total des dépôts dans les banques des principales localités de l'Empire s'élevait à 810 millions de yen (a ogS 023 256 francs), ce qui marque une augmentation de a 10 millions de yen (54a 635 669 francs) sur le montant à la fin de l'année précédente (*).
D'autres données ne seraient pas moins caractéristiques ; en voici qui concernent les principaux produits agricoles ou miniers :
QUAHTiriS C)
1895 IQOii
Riz (4) koku .
Cocons koku .
Cuivre kiu . .
Fer kwan .
Houille tonnes.
Pétrole koku .
Soufre kin . .
Or momme,
I koku =r 180 hectolilrcs i kin = 600 grammes
1 kwan = 3^s 760 i momme = 38^ 760
5i 4oi 997
io65 116
(I) Dépêche coloniale, ô m«i 19^)6.
(«) Annuaire financier, 1907, page 6.
(*) Voir Annaaire financier, 1906, graphique (planche 5) et partie II, tableau ai. (*) Voir un article «ir Tagriculturc au Japon dans le Monde économique du 9 septembre 1906.
De 898 kilogrammes et demi en iSgS, la production de l'or au Japon 8*est élevée à 3 ia4 kilogrammes i/3 en igo3. En 190S, elle a atteint 5 000 kilogrammes (7 compris Formose).
Le passage suivant, extrait d'un article de M. Francis Marre sur Le Japon ùidmtrielQ)^ parait intéressant à citer ici, en ce qu'il fait ressortir les progrès des connaissances techniques parmi les sujets du mikado, progrès qui sont la véritable raison, la véritable explication de la grande expansion industrielle dont les débats viennent d'être sommairement exposés :
« Les revues spéciales de France, d'Allemagne et d'Angleterre enregistrent avec éloges les controverses brillantes dont la Société chimique de Tokyo-Komba est le siège. L'industrie des pétroles est redevable à M. Shinichi Takano d'études théoriques importantes; grâce k lui, les huiles minérales des territoires d'Amaze, Hirei et Mijegawa sont exactement connues dans leur composition élémentaire et les exportateurs ont apprécié leur importance commerciale. Le raffinage électroljtique du cuivre doit à M. Askahal des perfectionnements d'une très grande portée. Mais c'est surtout dans l'étude de la biologie et de la chimie agricole que les Japonais se distinguent... s Et plus loin : « GrÂce aux efforts de Mialkahal, la fabrication de la bière est devenue une grande industrie nationale. La seule brasserie Asachi, à Soulta-Osaka, produit 5oooo hectolitres par an, et elle refuse des commandes. Le développement de la brasserie est liée k une découverte décisive : la substitution du riz indigène à l'orge, produit importé. La bière est devenue même un article important d^exportation. »
Ces indications sont confirmées et complétées d'une fitçon caractéristique au cours des lignes ci-après, tirées d'une brochure récente qui, d'ailleurs, par son objet, la Bibliographie industrielle, ne semble pas tout d'abord devoir viser spécialement le Japon. L'auteur, M. Jules Garçon, bibliothécaire de la Société française de Chimie ('), a été cependant amené, peur la force des choses en
(>) Dans le Corrupondant du a5 février 1906.
(I) Et de la Société d'encouragement à l'industrie nationale. D'importants ouvrages techniques, entre autres un remarcpiable Traité des application» de la chimie (a ToL gr. in-8 de ijlx¥iii-i5o8 p.), ont valu à II. Jules Gar^n de hautes récompenses, dée e m ées par les Sociétés industrielles 4e Mulhouse, de Rouen et par la Société d'encouragement.
quelque sorte, k parler, à ce point de vue, de ce pays. Voici ce qu'il en dit :
a ... Et si nous jetons un coup d*œil sur le Japon, nous j trouvons un peuple encore jeune au point de vue industriel, mais ses académies, ses sociétés savantes, tout comme celles des New South Wales, ses universités, ses écoles, mettent au jour des documents fort intéressants ; il n'a pas été le dernier à publier in extenso tous ses brevets d'invention...
« On sait à quel point les Japonais méritent de fixer l'attention de leurs concurrents tant industriels que commerciaux; fait bien symptomatique, le Japon se plaçait déjà en 1900 au sixième rang des nations par le nombre de ses membres de sociétés chi* miques ('). >
Il y a huit ans, sur le total de aSooo membres faisant partie des sociétés chimiques dans le monde, le contingent du Japon était de I 01 a : 353 appartenaient à la Chemical Society de Tokio, fondée en 1878, et 659 à la Society 0/ Chemical Industry in Japon, fondée en 1898. Depuis 1900, ces nombres ont certainement augmenté de façon sensible.
En 1899, la production du Japon en huiles d'éclairage représentait déjà une valeur de a5 millions de francs. Depuis igoS, a4 000 à a5 000 tonnes de soufre ont été fournies par an, en moyenne, par les gisements du Nippon, du Hokkaldo, des provinces d'Iwate, de Mnjagi et de Nagano (Honshiu) et de l'Ile de Kyushyu. On peut donc s'attendre à ce que les composés de ce corps jouent un rôle assez important dans l'industrie chimique du pays. En effet, dès 1898, le rendement des fabriques a été estimé à 65o 000 francs pour le sulfate de potasse, à a i5oooo francs pour le sulfate de soude, et à a a5o 000 francs pour l'acide sulfurique.
De 553 agG yen en 1900, la valeur des bières exportées du Japon s'est élevée à 1 563 658 yen en 1906. De a5aoai kwan en 1900, la production du camphre brut est passée à 663 796 kwan en 1905. Les quantités d'huile de camphre brut sont passées en même temps d'une moyenne de ao 000 à 5o 000 to (^i to = 1 8^ 039) à 65o 000 et 700 000 to (').
(<) Op. cit., p. 17, a« éd.
(«) Voir Annuaire financier, page Si.
pays à coup 3ur fort avancé en civilisation, mais où Tactivité industrielle et commerciale n'est pas particulièrement intense, et dont la population, au dernier recensement (1901), ne dépassait pas 32 475 000 habitants, nombre inférieur de 16 ou 18 millions à celui qui est admis pour Tempire du Soleil Levant.
Pour qu'un tel pronostic sur l'avenir financier du Japon ait chance de se réaliser, deux conditions, bien entendu, sont nécessaires :
Il faut, d'abord, que les finances publiques continuent d'être gérées avec la même prudence correcte, la même méthode et la même habileté que par le passé, notamment en ce qui concerne la période récente ; or, tout permet de compter que ces qualités ne feront pas défaut. £n outre, l'expérience accrue permettra de plus en plus d'éviter certaines erreurs qui ont pu être commises au début de l'ère de Mei-ji, par suite d'une pratique insuffisante du maniement des budgets et des affaires de banque. Gomme preuve des qualités qu'ils reconnaissent maintenant à l'administration japonaise, divers économistes, entre autres M. Yves Gujot ('), ont mis -en avant un argument qu'il convient de rappeler ici. La dernière guerre a largement démontré de quelle valeur ont été et sont, pour le Japon, l'armée et la marine nationales ; on a vu alors à quel haut degré de préparation elles avaient été portées : certes, rien d'essentiel ou d'utile n'avait été épargné pour leur organisation et leur entretien. Dans ces conditions, n'est-il pas véritablement remarquable que^ pour les cinq exercices 1899-1900 k 1903-1904» les dépenses réunies des ministères de la guerre et de la marine, tant au budget ordinaire qu'à l'extraordinaire, n'aient pas dépassé, en moyenne, 123 121 000 yen, soit 3o8 millions de francs par an ?
Ces constatations révèlent des habitudes et des traditions qui très probablement se maintiendront. Jusqu'à présent, le gouvernement japonais s'est constamment conformé, autant que possible, k des principes d'économie bien entendue. 11 ne se montre pas disposé k s'en départir maintenant (^).
(1) Dans l'arlicle publié dans le Siècle du ai mai 1904* Cf. lettre de M. Jean Norel, sur « le Japon et l'Europe 1, dans les Annale» coloniales du i*' novembre 190Ô, pages 467-470; est particulièrement à signaler le passage relatif à la traduction française de l'opuscule de M. Karl Heifferich sur les finances des belligérants.
(*) La comparaison avec d'autres pays fera ressortir la modération relative du Japon. A ce sujet, voici quelques indications données à titre d'exemples :
■ £n dix années, les dépenses navales de l'empire allemand ont passé d: 147 mil-
Oû a télégraphié de Tokio au Dailif Telegraph le 7 juin 1906 :
« Les crédits du budget du ministère de la marine japonaise, pour Tannée prochaine, s'élèvent à environ i45 millions de francs. » La somme correspondante dans le budget italien est de 1 17 4o8 191 lire en igoi.de 119012451 lire en igoS. La différence de 26 millions de francs en plus dans le budget japonais n'a rien, semble-t-il d'exagéré, ni qui puisse être considéré comme révélant des visées politiques particulièrement ambitieuses de la part du Japon. Étant donnée la nature insulaire de cet empire, la marine a évidemment pour lui plitH d'importance encore que pour la péninsule italienne. 11 convient de rappeler également que la population de l'Italie était (en 1904) de 82 218 828 habitants sur une superficie de 286 682 kilomètres carrés, soit une moyenne de 1 16 au kilomètre carré. D'autre part, la superficie du Japon, 7 compris Formose, est de 417 4i 3 kilomètres carrés, de 882 456 kilomètres carrés sans Formose, de 288 444 kilomètres carrés sans Formose ni Yézo. La population, déduction faite des habitants de ces deux dernières îles, était de 46 millions et demi environ en igoS, soit i65 habitants au kilomètre carré, moyenne pour Nippon, Sikok et Kiou-Siou.
' Dans ces conditions, si Ton tient compte des divers éléments de comparaison qui viennent d'être rappelés, le gouvernement japonais ne paratt pas mériter le reproche de mégalomanie qui lui a été plus d'une fois adressé.
La seconde des deux conditions dont il est fait mention plus haut se rattache étroitement à la première : d'ailleurs elle ne doit pas être considérée comme s'appliquant spécialement au Japon. En réalité, tous les Etats modernes, môme parmi ceux qui sont réputés les plus riches, j sont plus ou moins immédiatement soumis. Elle consiste en ceci qu'il est particulièrement désirable que la politique du pays ait dorénavant pour principeJ objectif :
A l'extérieur, la paix ;
lions Sooooo francs (budget de 1898) à k^h millions (budget de 1908). L'accroissement annuel moyen est de a8 millions, c En igog, le budget de la marine sera porté à 487 5oo 000 francs. »)
(G. Blondel, Monde économique du i4 décembre 1907.)
D'autre part, le programme de constructions neuves présenté au parlement américain pour 1907-1908 comporte les mises en chantiers de trente unités, s'élevant au prix total de 346 35oooo francs. (Temps, ai décembre 1907.)
De 898 kilogrammes et demi en iSgS, la production de Tor au Japon s*est élevée à 3 ia4 kilogrammes i/3 en igoS. En 190S, elle a atteint 5 000 kilogrammes (7 compris Formose).
Le passage suivant, extrait d'un article de M. Francis Marre sur Le Japon indaitriel(^)y paratt intéressant à citer ici, en ce qu'il fait ressortir les progrès des connaissances techniques parmi les sujets du mikado, progrès qui sont la véritable raison, la véritable explication de la grande expansion industrielle dont les débats viennent d'être sommairement exposés :
« Les revues spéciales de France, d'Allemagne et d'Angleterre enregistrent avec éloges les controverses brillantes dont la Société chimique de Tokyo-Komba est le siège. L'industrie des pétroles est redevable k M. Shinichi Takano d'études théoriques importantes; grâce k lui, les huiles minérales des territoires d'Amaze, Hirei et Mijegawa sont exactement connues dans leur composition élémentaire et les exportateurs ont apprécié leur importance commerciale. Le raffinage électroljtique du cuivre doit à M. Askahal des perfectionnements d'une très grande portée. Mais c'est surtout dans l'étude de la biologie et de la chimie agricole que les Japonais se distinguent... s Et plus loin : « Grftce aux efforts de Mialkahal, la fabrication de la bière est devenue une grande industrie nationale. La seule brasserie Asachi, à Soulta-Osaka, produit 5o 000 hectolitres par an, et elle refuse des commandes. Le développement de la brasserie est liée k une découverte décisive : la substitution du riz indigène k Torga, produit importé. La bière est devenue même un article important d^exportation. »
Ces indications sont confirmées et complétées d'une fiiçon caractéristique au cours des lignes ci-après, tirées d'une brochure récente qui, d'ailleurs, par son objet, la Bibliographie industrielle, ne semble pas tout d'abord devoir viser spécialement le Japon. L'auteur, M. Jules Garçon, bibliothécaire de la Société française de Chimie ('), a été cependant amené, par la force des choses en
(^) Dans le Correêpondant du a5 février igoS.
(I) Et de la Société d'encooragemeQt à rindustrie nationale. D'importantâ ouvrages techniques, entre autres un remarquable Traité de* application» de ta chimie (a ToL gr. in-S de Lxxvin-i5o8 p.), ont valu à II. Jules Gar^n de hautes récompenses, déc e rn ées par les Sociétés industrielles de Mulhouse, de Rouen et par la Société d'encouragement.
quelque sorte, k parler, à ce point de vue, de ce pays. Voici ce qu'il en dit :
a ... Et si nous jetons un coup d*œil sur le Japon, nous j trouvons un peuple encore jeune au point de vue industriel, mais ses académies, ses sociétés savantes, tout comme celles des New South Wales, ses universités, ses écoles, mettent au jour des documents fort intéressants ; il n'a pas été le dernier à publier in extenso tous ses brevets d'invention...
« On sait à quel point les Japonais méritent de fixer l'attention de leurs concurrents tant industriels que commerciaux; fait bien sjmptomatique, le Japon se plaçait déjà en 1900 au sixième rang des nations par le nombre de ses membres de sociétés chimiques ('). »
Il j a huit ans, sur le total de 28 000 membres faisant partie des sociétés chimiques dans le monde, le contingent du Japon était de
1 012 : 353 appartenaient à la Chemical Society de Tokio, fondée en 1878, et 65g à la Society 0/ Chemical Industry in Japon, fondée en 1898. Depuis igoo, ces nombres ont certainement augmenté de façon sensible.
En 1899, la production du Japon en huiles d'éclairage représentait déjà une valeur de 25 millions de francs. Depuis igoS, 24 000 à 25 000 tonnes de soufre ont été fournies par an, en moyenne, par les gisements du Nippon, du Hokkaldo, des provinces d'Iwate, de Mnjagi et de Nagano (Honshiu) et de l'île de Kjushju. On peut donc s'attendre à ce que les composés de ce corps jouent un rôle assez important dans l'industrie chimique du pays. En effet, dès 1898, le rendement des fabriques a été estimé à 65o 000 francs pour le sulfate de potasse, à a iSoooo francs pour le sulfate de soude, et à
2 aSo 000 francs pour l'acide sulfurique.
De 553 296 yen en 1900, la valeur des bières exportées du Japon s'est élevée à 1 563658 yen en 1906. De 25a 021 kwan en 1900, la production du camphre brut est passée à 663 796 kwan en 1905. Les quantités d'huile de camphre brut sont passées en même temps d'une moyenne de 20 000 à 5o 000 to (i to = 18^039) à 65oooo et 700 000 to (*).
(*) Op. cit., p. 17, a« éd.
(«) Voir Annaairû financier, page Si.
Quant à la progression de la production des sucres, elle est indiquée par le tableau que voici :
en kin (1 kin zz. 600 grammes) i'« classe 4^595738 69271609
Totaux. . . 55281272 227198350
La consommation paraît d*ailleurs avoir augmenté au moins dans les mêmes proportions, car les importations de sucres étrangers au Japon, après avoir reculé en 1902 et en 1906, ont été en reprise sensible pendant Texercice 1906.
En dehors de la grande fonderie nationale de Wakamatsou (dans rtle de Kiou-Siou), des établissements métallurgiques s'organisent en divers points du territoire et notamment à Mouroran (HokkaIdo)> cette dernière entreprise étant fondée avec le concours des grandes maisons anglaises Vickers et Maxim d'une part, et Armstrong de Tautre.
Tout dernièrement, enfin, on signalait l'installation prochaine d'une fabrique organisée pour produire, par jour, 5 tonnes de celluloïd et une demi-tonne de soie artificielle (<).
Il serait facile de multiplier ces exemples. Dans sa brochure sur Le Japon économique (^), M. Th. GoIIier, chargé de cours à l'université de Liège, en signale un grand nombre ayant trait au dévelop» pement des voies de communication, à la longueur des lignes télégraphiques et téléphoniques en exploitation (3), au nombre de sociétés industrielles et aux capitaux qu'elles emploient, etc. (pages i4-ai)- Il dit notamment :
« Aujourd'hui, le Japon est couvert de voies de communication ;
(1) London and China Dslegraph, i3 janvier 1908» page a3.
(') Bruxelles, 1906.
Longueur Nombre total
des lignes des
en lieues (ri) télégrammes
(S) Télégraphe : 1893-1894 370g 6 444 463
Abonnés
Téléphone : i8g3-i8g4 i65 a 672
1903-1904 1188 35 6o5 (3i mars 1904)
(i3 145 en 1900^1901)
partout oû a procédé à l'amélioration des ports ; les fabriques et les usines se sont multipliées ; Thabileté de la main-d'œuvre s'est accrue dans des proportions sensibles, le capital intellectuel et technique de la nation a subi une augmentation très considérable.
c D'après les statistiques officielles, la richesse nationale s'est développée de la manière suivante :
yen
En 1877, elle se montait à 5 4oo 000 000
En 1887, elle se montait à 7600000000
En 1897, elle se montait à li 8oooooooo(*)
a En d'autres termes, la richesse de l'empire a augmenté de près de 5o à 60 °/o à chaque décade. Les chiffres suivants feront ressortir cet accroissement prodigieux ; on verra, en dix ans, un commerce augmenté de plus de aoo °/o, les dépôts dans les banques de 680 «/o, etc.
Année 1889
Année 1900
AugmenUtiom
yen
yen
Capital des banques . . .
Dépôt dans les banques. .
Tonnage maritime ....
Produits textiles
«De 1891 à 1901, le commerce extérieur, importations et exportations réunies, a augmenté de 358 °/o, s'étant élevé de 142 k 5o8 millions de jen. En 1907, la proportion est de 553 ^/o, le total pendant ce dernier exercice ayant atteint 927 millions de yen (*). »
Dans son numéro du i4 mai 1906, le London and China Telegraph (page 402) fait remarquer que « la valeur des machines importées au Japon pendant l'année 1905 est en augmentation marquée : en fait, elle établit un record, depuis l'époque où le pays a été ouvert au commerce étranger. Ce fait est une illustration des progrès phénoménaux accomplis dans les industries manufacturières
(>) En francs, ce dernier total correspond à environ 5o milliards.
Dans son rapport sur le commerce du Japon en 1906 {Annual séries n^ SSgô), M' HarringtODj Aciing Commercial attaché à l'ambassade britannique à Tokio, évalue, en capital, l'ensemble de la fortune publique et privée du Japon à
a milliards 3ii millions, soit 67 milliards 770 millions de francs.
(») Mo/Uhly retarn of the Foreign Trade o/the Empire 0/ Japon, December
SITUATION FTNANCIEUE 3
de Tempiré. L'accroissement des importations èi Kobé, port par lequel sont importées les machines pour les centres industriels, à Osaka et aux environs a été étonnant, le total montant à lo 29G 761 yen, soit plus de trois fois la valeur importée en 1904- »
Pour tout le Japon, la valeur globale à l'entrée, pour cette catégorie d'articles, a été de 27954220 yen au lieu de 147^7000 en 1904 et de i3 218072 en 1908. Il paraît intéressant de noter sur quels genres de machines ont porté surtout les augmentations. Le Monthly Relarn pour le mois de décembre 1906 nous fournit les renseignements suivants (relatifs h l'ensemble des douze mois) :
Appareils ou instruments pour la — ^
lumière électrique 682 656
Moteurs électriques 2 455 424
Locomotives 2 466 56i
Tours circulaires 3349617
Gazoniclres 2 5o8 464
Machines à fabriquer le papier . . 4oi 64o
Machines à imprimer 256 698
Machines à filer le coton i 228 234
Chaudières et moteurs à vapeur . . 2 633 o33
Machines à tisser le coton 386 564
Pour se développer encore et prendre tout l'essor dont elle est capable, l'industrie japonaise a besoin de nouveaux capitaux et elle ne peut les trouver qu'en partie dans le pays même. Depuis quelques années déjà, cette situation a d'ailleurs été signalée bien des fois, notamment au coui^s des rapports de la légation britannique k Tokyo pour les années 1901 et 1902 (*). Dans chacun de ces mémoires, un passage est spécialement consacré à montrer que le concours financier du dehors est indispensable aux entreprises nipponnes.
Le gouvernement et le Parlement s'en sont rendu compte et les obstacles législatifs qui longtemps ont été opposés k l'introduction de l'argent étranger dans l'empire du Soleil Levant ont désormais
3oo 010
(>) Voir trois iiolcs : a Lv. Japon financier ;>, dani< le Monde économique des 21 mars, 19 et 26 septembre 1903.
Dans un întrressant article de la Revue des Sciences politiques du 1 5 juillet iqoS, M. Rapliaêl-Georges Lévy a aussi insisté sur ce point, se prononçant dans le même sens que les auteurs des rapports britanniques en question.
en grande partie disparu. En vertu de trois lois votées en mars 1905, de très sérieuses garanties légales sont assurées aux capitalistes européens ou américains disposés à faire des placements dans les exploitations minières ou industrielles du Japon. Voici les titres des actes en question :
Loi relative k l'hypothèque des mines (mars i qo5).
Loi sur l'hypothèque des manufactures (idem).
Loi sur l'hypothèque des chemins de fer (idem).
Ces trois lois, entrées en vigueur le i^' juillet igoS ('), assurent aux élrangers le droit de devenir actionnaires ou administrateurs des entreprises japonaises, dans des conditions générales pareilles k celles qu'établissent les législations des divers États modernes.
Ces concessions présentent un caractère définitif. Il est peu vrais( mMable qu'elles soient jamais rapportées dans leur fond, quel que soit le parti politique qui parvienne au pouvoir k Tokyo. Selon toute vraisemblance, elles pourront être étendues, non réduites. Cependant, il faut le reconnaître, la loi de mars 1906 relative k la nationalisation de la plupart des lignes ferrées semble démentir en partie celte assertion, il est certain que cet acte a pour conséquence de restreindre sensiblement le droit pour les étrangers d'entrer comme associés dans des compagnies de chemins de fer au Japon. Mais k cet égard les sujets du Mikado sont traités sur le même pied que les non -nationaux, c'est d'ailleurs le cas qui se présente en Prusse, en Suisse, en Italie, etc., et une large compensation est accordée pour tous les titres et privilèges précédemment acquis.
Actuellement le droit de posséder en pleine propriété le sol japonais n'est pas accordé aux étrangers pris individuellement (^). C'est la seule restriction que comporte encore la législation du Nippon relativement k celles qui sont en vigueur dans les pays civilisés de l'Occident. Encore parmi ces dernières pourrait-on citer quelques exceptions, en particulier celle de la loi norvégienne du 21 avril 1888, qui dispose dans son article 9 :
c Aucune propriété immobilière ne pourra, k l'avenir, sans l'autorisation du Hoi..., être acquise avec une entière efficacité de droit
(i) Voir la Dépêche coloniale du 6 février 1906.
(*) Ceux-ci pcurent, il est rraii conclure des baux emphytéotiques de 99 et même de 999 ans.
par d'autres que des citoyens norvégiens ou suédois, ou des corpo* rations, fondations ou -sociétés sans responsabilité dont les administrations auront- leur siège en Norvège ou en Suède, et se composeront exclusivement de citoyens norvégiens ou suédois. // en sera de même de tout droit d'usage sur le sol. Des exceptions aux dispositions de cet article pourront être consenties par le toi en ce qui concerne les droits de bail et autres droits d'usage accordés pour dix ans au plus ('). »
Il convient d'ajouter ici qu'une réforme de la législation japonaise sur ce point peut être considérée comme prochaine. Dès igoa ou 1903, elle était préconisée auprès du Parlement par le baron Shibusawa, président de la chambre de commerce de Tokyo ('). « Il y a dix mois environ, une société s'est fondée à Tokyo dans le but de familiariser les Japonais avec l'idée de rendre possible aux étrangers l'acquisition de la propriété foncière au Japon (3). »
11 est permis d'espérer que l'action ainsi engagée aboutira bientôt.
En attendant, les mesures législatives adoptées Tannée dernière en vue de favoriser la participation des capitaux étrangers aux entreprises minières ou industrielles subsistent intégralement. A moins de circonstances exceptionnelles et tout k fait inattendues, elles ne pourront guère être, par la suite, que complétées ou modifiées dans un sens libéral.
Dès à présent elles Constituent un nouveau motif de confiance dans l'avenir financier du Japon.
(>) Annuaire de la Société de législation étrangère, 1888, page 760.
(*) Voir Ed. Glavert, Relations économiques entre f Europe et l'Extrême-Orient, page 57. Paris, Chevalier el Rivière, éditeurs. igaS. (*) Temps, 30 novembre igoS.
qu'il y a un excédent de i million un quart (3i 260 000 francs) du côté des recettes.
« Évidemment, les dépenses totales sont en très grand accroissement, 23 millions et demi (677 5oo 000 francs), par comparaison avec les chiffres ante bellum, mais une analyse des parties composantes de cet accroissement révèle des faits intéressants. Il est, presque en entier, la conséquence des dettes contractées pendant la guerre. Les dépenses pour Tarmée et la marine ne font qu'une augmentation totale de quelque 2 millions deux tiers (66660000 francs), seulement, et les autres débours demeurent à peu près stationnai res. Si Ton complète cette analyse en observant que les affectations ordinaires pour l'armée, en 1907-1908, reçoivent un accroissement de seulement un peu au-dessus du demi-million ( 1 2 5oo 000 francs), on verra que ce n'est pas dans les dépenses normales pour les services combattants que l'on peut relever aucun témoignage marqué d'une expansion des armements. En fait, tout ce cdté du budget dénolc une attitude manifestement conservatrice.
oc Dans les colonnes extraordinaires et spéciales, cependant, il y a davantage matière à commentaires. Les dépenses de ce cdté montent en nombre rond k <£ 20 millions (5oo millions de francs) et deux questions se présentent ; la première, combien parmi ces dépenses sont d'un caractère permanent (continaing) ['], et quelle part des recettes affectées pour y faire face sera disponible (avaii^ ablé) après la première année flscale ? On peut admettre de plainpied que tout ce qui figure sous la rubrique « extraordinaire » doit nécessairement être temporaire et limité à une année ou k deux tout au plus. Mais les financiers japonais regardent comme extraordinaire tout ce qui normalement n'est pas récurrent et, par suite, leurs budgets demandent k être examinés de près. Une analyse soigneuse montre que sur les 20 millions (5oo millions) de dépenses extraordinaires et spéciales, i3 millions (325 millions de francs), en nombre rond, sont d'une nature permanente (continuing).
(*) Un article de VAnglo Japanese Gazette (février 1907), sur le même sujet contient ce passage :
« Plusieurs des journaux de Tokio, se livrant à des commentaires sur la façon dont les comptes ont été classés sous le chef des dépenses extraordinaires, soutiennent que, sur le total de 199 338 95.1 yen, quelque chose cooune 160000 yen a été traité comme devant avoir un terme interminable) ^ alors qu'en réalité cela aurait dû être traité comme continu. »
^ms
« Cette somme constitue la première annuité d'un grand ensemble de £ ja millions et demi, que le gouvernement propose de débourser en périodes variant de deux à quinze ans. En d'autres termes, le cabinet demande au pays de s'engager, par ses représentants à la Diète, k des dépenses diverses réparties sur des intervalles variés (l'intervalle maximum étant quinze ans) , montant à un total général de a milliards de francs environ, dont la première annuité — i3 millions (325 millions) — est à débourser au cours de l'année fiscale 1 907-1908, et le tout étant indépendant des dépenses ordinaires de l'État.
a Quant aux objets de ces dépenses, exposés succinctement, le programme se compose de ^ 4^287887 (1065947175 francs), réparties sur une période de quatre à onze ans, pour des objets non productifs (armée et marine) et £ 80890 189 (756647 176 francs), réparties sur une période de deux k quinze ans pour des objets calculés en vue d'accroître directement ou indirectement la richesse du pays. En ce (pii concerne les sommes d'où les fonds sont obtenus pour faire face aux dépenses extraordinaires pour l'année 1907- 1908 (jC 20 millions = 5oo millions de francs), les chiffres sont :
liv. sterling francs
Excédent des recettes sur la section (sidé) ordinaire des comptes I 25o 000 3i x5o 000
A emprunter à l'intérieur pour les chemins de
fer, ctc 3 25o 000 81 afio 000
KKcédents des budgets des années antérieures. 3 000 000 76 000 cou
Fteport (excédent) des fonds de la guerre. . . 1 0000 000 25o 000 000
Divers 2 5oo 000 62 5oo 000
« Ces fonds divers représentent au complet (jnake up) les 20 millions (5oo millions) de dépenses extraordinaires pondant la prochaine année fiscale, mais qu'advient-il au sujet des 18 millions (325 millions) que l'on se propose de consacrer a la poursuite de divers travaux en 1908-1909? On peut admettre sans difficultés que les recettes sur le côté ordinaire du budget continueront k croître et qu'un excédent d'au moins 2 millions (10 000000 de francs) apparaîtra sous ce chef. Puis il y aura une autre émission de titres
d'emprunt intérieur pour des objets productifs, jusqu'à concurrence de ^3 millions et demi probablement (87 5oo 000 francs) et i million et demi (87 millions et demi), au complet, sera disponible de sources diverses. Cela fait 7 millions (176000000 de francs) et le Japon a 5 millions (ia5 millions) à recevoir de la Russie sur le compte d'entretien des prisonniers . pendant la guerre, de sorte que Ton peut dire qu'il a été complètement pourvu au programme financier jusqu'en avril 1910. Mais à partir de là, il j aura un déficit, à moins que quelque nouvelle source de revenu ne soit trouvée ou k moins que les sources existantes ne soient développées. C'est là le seul point faible dans le budget.
a II est à observer, cependant, que les affectations sur le compte de ces dépenses extraordinaires atteignent leur maximum dans l'année fiscale 1907-1908 et, ensuite, diminuent régulièrement. Bref, à partir de l'année 1914 (0> '^ programme se trouvera ramené aux conditions ordinaires de la manipulation financière ('), spécialement en raison du rapide développement actuel du commerce et de l'industrie du Japon, lequel promet une telle croissance de la richesse, qu'elle rendra les charges en projet relativement faciles à soutenir. »
11 est incontestable que, depuis dix-huit mois environ, une poussée, un boom d'une intensité exceptionnelle, se produisent dans le développement industriel du Japon, notamment en ce qui concerne les usines pour la filature et le tissage du coton, les entreprises éleotriques et la marine marchande. £n 1897, la jauge totale des navires à vapeur battant le pavillon commercial nippon était de 438 779 tonnes; en mai 1906, elle a dépassé le million.
De juillet 1906 à fin décembre 1906, le montant total du capital placé dans de nouvelles entreprises au Japon ou ajouté aux anciennes s'est élevé k i milliard i53 millions de yen environ (près de 3 milliards de francs). Il s'agit Ik, il est vrai, du capital nominal (invested)^ mais, même en ramenant au quart (minimum fixé parla loi) de cette somme le montant du capital effectivement versé {paid iip), l'aug-
(«) Le texte ^ifrom the y^ar igo4' Mais en présence des explications ci-dessus — d'où il résulte que le programme de dépenses extraordinaires s'étend de 1907 à 1923 — il semble plus naturel de lire 191 4 •
(*) Mot à mot : se trouvera ramené dans le champ de la manipulation financière ordinaire (witl Jatl within the range of ordinary financial manipulation).
mentation réelle des fonds engagés depuis un an et demi dans les industries japonaises n*en reste pas moins des plus considérables. Les enregistrements de décembre 1906 sont distribués de la manière suivante :
Yen
Banques 1 54o 000
Filatures 2 200 000
Chemins de fer électriques 28 600 000
Assurances 3 000 000
Manufactures 82 800 000
Entreprises électriques 8 4oo 000
Mines 11 3oo 000
Navigation, clc 44iûOOO
Commerce 22 4oo 000
Au total, 164 790 000 yen, dont 1 1 1 985 000 pour les compagnies nouvelles et 52886000 pour Taccroissement du capital de compagnies anciennes.
Un article donnant, sur ce même sujet, de nouvelles et intéressantes informations a été publié, en septembre 1907, par M. \Vakatzukt, conseiller financier japonais à Londres, dans la Financial Benieu). Cette étude a fait l'objet, dans YAnfjlo Japanese Gazette du même mois, d'une analyse développée dont voici la traduction :
« ... La grande question, bien entendu, a été et est celle-ci : Le peuple japonais sera-t-il capable de supporter la charge qui lui incombe du fait de l'arrangement pour la réduction de la dette nationale ?
« M. Wakatzukt, au cours d'un article dans la Financial Reineuu nous assure que oui. Il dit : « Si le montant de la dette d'une nation *a était considéré comme une mesure pour sonder la vraie situation, « et s'il j avait là à faire une comparaison par tête de population c entre le montant de la dette du Japon et les sommes correspontt dantes pour d'autres pays, sa délie ne représenterait pas un fort mon- « tant, n'étant d'environ que de 4a yen (io5 francs) par tête. On peut « ajouter que les emprunts locaux, qui ne doivent pas être oubliés « quand on a à considérer l'ensemble de la dette d'une nation, ne « montent pas k 4 Vo ^^ '^ dette nationale du Japon. Mais une coma paraison pure et simple du montant de la dette par tête entre des a pays qui diffèrent si grandement l'un de l'autre par la façon de
li-.'KSf
Qc vivre et les habitudes, le commerce et les industries, et d'autres « circonstances variées n'est, en aucune manière, un moyen suffisant c d'éprouver la force de la situation. Il faut attacher plus d'importance « à la question de savoir comment le gouvernement traite sa dette, a et comment le peuple en supporte le poids. » Comme le savent les Iccleurs de la Gazette, un bureau spécial, appelé le bureau du fonds du rachat de la dette nationale » (*), fut établi peu après que la guerre eut pris fin. Ce fonds est tenu tout k fait à part du compte général, de telle sorte qu'on ne peut pas y toucher pour aucun objet autre que le rachat et le payement du principal et de l'intérêt de la dette nationale. A ce fonds une somme fixe esttranférée du compte général, chaque année.
a Pour pourvoir k la réduction de cette portion de la dette qui a pour cause la guerre, une somme de iio millions de yen [270 millions de francs (^)] est marquée k l'oreille (^car markecf) chaque année sur l'ensemble du compte général et transférée à ce fonds. Avant la guerre, 38 millions de yen (96 millions de francs) étaient mis de côté, chaque année, pour le rachat des emprunts alors non remboursés, et ceci doit ainsi venir sous le chef de « Nouveau fonds d'amortissement ». Dans le budget pour cette année, le gouvernement n'a pas appliqué k ce fonds moins de 166 millions de yen (4i5 millions de francs), sur lesquels iio millions de yen se rapportent aux « Emprunts de guerre », 89 millions de yen (près 97000000 francs) aux emprunts existant avant la guerre, et 17 millions de yen (près t\2 5oo 000 francs) k la dette qui est incombée au gouvernement du fait de la récente nationalisation des chemins de fer.
« Voyons comment cette somme est obtenue. Avant l'ouverture des hostilités, la somme fournie au Trésor par les taxations directes montait à i46 millions de yen (3G5 millions de francs). Pendant laf guerre furent imposées de nouvelles taxes qui furent conservées, en raison du désir si grand qu'a le Japon de rembourser la dette ainsi née ('). Le montant des taxes par tête s'arrête actuellement k la somme extrêmement basse d'un peu plus de 5 yen (12*^50). Mais une comparaison entre le montant des taxes par tête entre deux
(•) The National debt rédemption f and bureau.
( -) 284 a37 7^0 francs au taux de 1 yen r^ af 58.
(^) Bf cause Japan is sa anauous to paij off the detd so caused.
pajfs quelconques n'est pas de grand usage, à moins que des circonstances diverses ne soient prises en considération. Si nous consultons les derniers relevés publiés par le bureau de la taxation, nous trouvons que le montant total des revenus soumis à Fincome-tax était, en 1906, de 56a millions de yen Q) [i milliard 4o5 millions de francs (')]. A ceci ont à être ajoutés les revenus de ceux qui sont exempts de Tincome-tax pour diverses raisons, notamment de ceux dont le revenu est supposé être au-dessjus de 3oo yen (700 francs) par an.
« Ceux-ci forment la masse de la population. Si nous supposons le montant du revenu exempt de la taxe égal à celui du revenu soumis à perception (assessed), nous avons une idée moyenne (nioderate) de tout le revenu du peuple japonais. Si nous comparons le montant des estimations de taxes pour Tannée fiscale en cours avec tout le revenu du Japon Tannée dernière, il apparaît clairement que le Japon ne paye que 24 % de son revenu pour soutenir le plan du gouvernement en vue du rachat.
« Cela signifie qu'en excluant le montant de la taxation locale, qui ne s'élève pas à 3o ^jo de la taxation nationale, le poids total des taxes, tant nationales que locales comptées ensemble, est seulement de quelque chose comme 3o °/o du revenu du peuple. Si nous ajoutons le revenu dérivé des monopoles d'État n celui des taxes
(*) Soit, le produit de l'income^tiix en 1906 capitalisé au taux de 3' 86 ^/p eoTiron.
(>) Calculé, comme moyenne, au taux relativement élevé, même pour le Japon, de 8 «/oi ce total de revenus représente un capital de 7 milliards a5 millions de yen (17 milliards 56a raillions et demi). Quelle est dans cette somme la part des valeurs mobilières ? C'est ce qu'il est difQcilc de dclcrminer d'une façon certaine, en l'absence de données précises. Mjùs on peut estimer qu'elle n'est pas actuellement inférieure à 7 ou 8 millions de frsncs.
Le montant de 5 milliards de francs, indiqué par VÉclair dans son numéro du 2 novembre, comme représentant l'ensemble de la fortune du Japon, est manifestement au-dessous de la vérité, car il égale à peine le total des valeurs ofDcielles, obligations et titres de rentes émis par l'État.
Toutefois, il est vrai, la moitié environ des fonds d'État japonais est placée à l'étranger. Néanmoins, le total de la fortune mobilière du Japon ne paraît pas devoir dire évalué au-dessous de la somme de 7 à 8 milliards de francs, indiquée ci-dessus et comprenant, outre les a milliards et demi de fonds d'État, les emprunts des villes, les actions et obligations des chemins de fer, des compagnies maritimes, des banques, des sociétés minières, industrielles, etc.
Hn outre, comme il est exposé plus loin, cette somme de i milliard ^oTi millions de francs (servant de base à l'évaluation des 17 milliards et demi en capital) ne doit, nullement être considérée comme le montant global de tous les revenus des particuliers au Japon.
proprement dites, la proportion d*impdt, dont il est fait mention cinlessus, n'arrivera pas k dépasser 35 °/o du revenu du peuple. Quelques personnes pourront dire que le Japon dépense une bien plus grande proportion de son revenu, mais ce n'est pas le cas. L'histoire montre qu'il fut un temps où la condition du peuple était bien pire (»).
«c L'accroissement des ressources (Jn resonrces) est un moyen certain de mesurer la force de résistance d'un peuple contre le fardeau de la taxation. En 1898, la valeur totale des exportations du Japon était de i05 millions de yen, tandis qu'elle s*est élevée à 4^3 millions de yen en iQof). Celle des importations est passée de 277 millions de yen à 4i8 millions do yen, et le total des exportations et des impoi^ tatiuns, de 4^3 millions de yen k 84a millions de yen.
c M. Wakatzuki nous assure que le gouvernement et le peuple travaillent de concert, jusqu'à la limite de ce qu'ils peuvent, en vue de développer les ressources du pays, tandis qu'il n'y a vraisemblablement pas dans l'avenir de cause de nature à apporter un accroissement appréciable quelconque aux dépenses du gouvernement. Le revenu du Japon augmentera et le pourcentage des impôUs au revenu diminuera d*année en année, tandis que les efforts pour réduire la dette allégeront, à chaque exercice, la charge du peuple. L'exposé de la situation financière du Japon confirme les vues fré- (juemment exprimées dans ces colonnes, k savoir, que les titres (Jionds) du Japon ne doivent jamais être négligés quand on est en quête de placements susceptibles d'accroître le rendement d'un capital donné. Ils peuvent ne pas être ce qu'on appelle des valeurs pour un seul panier (^one basket holdinf/s), mais cet important facteur, la quantité inconnue en titres d'un gouvernement étranger, ne doit pas être perdu de vue, spécialement dans le cas du Japon, n
Vn assez bon indice du développement économique d'un pays est fourni pai* le total, en chevaux-vapeur, de la force mécanique à la disposition de ses industries.
La situation, en ce qui concerne le Japon, est indiquée par les
(*) A la fln du Shogounat, le moolant des impiUs, d'après divers historiens, atteignait 5o ^lo des revenus du pays.
donuées ci-après, extraites des deux derniers Annuaires écono^ miqaes et Jinanciers (eninées 1906 et 1907) :
Industries privées Élablisseinents de KÉtat au 3i d(k«iiibre au 3i décembre
1904 iuo5 1904 igo^
Total de la force en chevaux fournie par les moteurs rnécaaiques à vapeur, à gaz, à pétrole, hydrau* liques et électriques (7^744 287034 50 4^8 101 092