RO
rx
Fa Fu TA "+ ” U LUNR A A3
LA
Pt G Die
et disparait sans avoir versé à l'assistance publique la somme qui représentait les frais de séjour.
Une jeune femme venue de Russie pour se faire opérer
. à d'hôpital va achever de rétablir sa santé en Italie avant de
retourner se fixer en Russie.
Un grand'expéditeur de fruits et primeurs amène sa femme à Paris, trouve moyen de la faire opérer à l’'Hôtel-Dieu, et rentré chez lui déclare à qui veut l'entendre que les malades devraient toujours se faire soigner à l'hôpital où les soins sont excellents et pas chers.
Le sans-gêne des personnes riches, qui viennent comsulter à l'hôpital, frise parfois d'inconscience. Témoin l'aventure arrivée à M. de D” Variot, médecm de l'hôpital Trousseau, en 1898. Deux dames riches auxquelles il avait refusé ses soins gratuits portèrent plainte contre lui. Le D' Variot expliqua les faits dans une lettre adressée au directeur del’assis+ tance publique, M. Napias; quelle ne fut pas sa surprise de recevoir en réponse une lettre de blâme, parce que, sans autorisation, il faisait verser par les personnes non indigentes venant à la consultation une petite somme employée à donner des friandises aux petits convalescents du service.
Citons encore d’autres cas rapportés par M. Vignard, chirurgien des hôpitaux de Lyon (1).
Un propriétaire de l'Isère, porteur d’une hernie étranglée, est opéré au milieu de la muit par un chirurgien de garde. Il s'était fait accompagner par son médecin chargé de lui faire des piqûres de morphine et de passer à Lyon 24 heures {moyennant finances, bien entendu) pour rassurer son client. Le malade à sa sortie de l'hôpital refusa de solder les honoraires que lui réclamait le chirurgien qui l’avaitopéré, alléguant qu'il ne devait rien du tout. C'était évidemment son droit strict.
Un officier démissionnaire demande que sa femme vienne accoucher à l'hôpital. Devant la raison invoquée par le chef de service que ce sontseulement les indigents que l’on hos-
(1) Lyon médical, 24 septembre 1905,
SRB
pitalise, il déclare qu’il ne demande qu’à payer, et fait comprendre qu'il serait bien naïf de dépenser son argent et de bouleverser sa vie et sa maison pour que sa femme accouche en ville dans des conditions moins bonnes et plus onéreuses que celles qui lui sont offertes à l'hôpital.
Dans une autre maternité, accouche une dame d’une con-
dition très aisée venue d’une ville voisine. Elle avait payé:
pour un premier accouchement difficile, 800 francs. Sa situa-
tion de fortune n'avait pas changé; mais elle craignait pour sa deuxième grossesse des complications et désirait être accouchée par un spécialiste. L'opération lui coûta cette fois
37 fr. 50, plus une somme de 50 francs qu’elle offrit gracieusement pour l’amélioration du service.
Les gens riches ne se font donc aucun scrupule de venir se faire soigner à l'hôpital. Ils y trouvent à frais insignifiants un local plus confortable que dans les maisons de santé payantes auxquelles ils devraient s'adresser. Ils seraient bien
naïfs, déclarent-ils tranquillement, de faire un sacrifice d’argent, quand ils sont sûrs de trouver à l’hôpital les soins des, grands maîtres dans des conditions meilleures et moins
onéreuses qu'en ville, quand ils peuvent y consulter pour rien un grand médecin dont la réputation est connue. Ils préfèrent aussi se faire opérer à l'hôpital plutôt qu’en ville, parce qu’ils savent que Les chirurgiens y opèrent dans toutes les conditions de confortable et de luxe, grâce aux dépenses faites largement par l’Assistance publique.
Toutes ces raisons leur semblent si convaincantes qu’ils perdent toute pudeur. Il leur parait tout naturel de venir à l'hôpital, à Paris, où l’on ignore leur personnalité, quand ils auraient rougi de se faire admettre aux mêmes conditions à l'hôpital d’une petite ville.
Il n’y a pas que les intérêts professionnels des médecins qui souffrent de cette situation. Elle pèse lourdement aussi sur les véritables indigents. Les services hospitaliers sont
encombrés; les pauvres y trouvent leur place mesurée. On
refuse tous les jours à la porte des hôpitaux de nombreux
| Pourquoi l’Assistance publique ne réprime-t-elle pas ces abus L M: Mesureur, regions de l SES ue dans
La Ps ae w
W « On s'est ému, dit- 4 à juste titre de l'a accession de es ‘à payants aux hôpitaux de Paris; ces hôpitaux doivent
être, et ils le sont en réalité, exclusivement réservés aux A malades pauvres. Sur ce principe, aucun désaccord, aucune équivoque ne peuvent exister... | GE « On ne prendrait pas vingt sous destinés aux malheureux. . Pourquoi leur voler des soins qui n’appartiennent qu’à eux « La maladie, les traitements ineflicaces, l’affolement de
! être opérés par l'un de nos chirurgiens célèbres, ils remuent à ciel et terre, sollicitent, emploient mille détours et conquièrent enfin ce triste lit d'hôpital. La joie de ne pas payer est, 200 : déjà un adoucissement à leur mal.
QI y a partout dans la population une sorte d’amoralité ù latente en ce qui touche les intérêts de la collectivité. Trom-. ne per la douane, frauder l'octroi, se dérober aux exigences du ne : fise, obtenir gratuitement ee qui doit se. payer, n'inquiète pas “4 probité de beaucoup de gens. On devrait \ regarder + LFE d'un peu plus près lorsqu'il s’agit des hôpitaux; on ne
lèse pas seulement les finances publiques, mais, en oceupant la place d’un malheureux, on lui prend sa santé et quelque- Se fois sa vie.
« L'administration qui tolérerait ces larcins ne serait pas Ê seulement répréhensible; elle serait criminelle, et je puis! | NA rassurer l'opinion publique, en aflirmant que l’administra= |: tion de l’Assistance publique ne se prête jamais à cet abus. | ‘On ne saurait soutenir que parmi les 200.000 malades. qui ; passent annuellement dans les hôpitaux de Paris, il ne se
(1) Matin, 1 juillet 1906. à ni