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POLICE SANITAIRE MARITIME

Médecins sanitaires maritimes

Les médecins sanitaires maritimes ont été créés par le décret du 4 janvier 1896 portant règlement général de police sanitaire maritime. Ils subissent un examen écrit, oral et pratique. Ils doivent, pendant leur navigation, faire appliquer le règlement de 1896, en signaler les non applications par les

compagnies de navigation, tenir un livre de bord et fournir au ministère un rapport annuel.

[ls sont soumis aux lois de l'inscription maritime.

Ils usent de tous les moyens que la science et l'expérience mettent à leur disposition pour préserver le navire des maladies pestilentielles, exotiques et autres maladies contagieuses graves, et pour empêcher ces maladies, lorsqu'elles viennent à faire apparition à bord, de se propager parmi le

personnel confié à ses soins et dans les divers ports touchés par le navire.

Ils sont choisis par le ministre de l’intérieur, mais sont payés par les compagnies et dépendent étroitement d'elles. Ils sont les salariés, les employés des compagnies privées, quoique remplissant une fonction publique. Leur devoir de fonctionnaires et leur intérêt d'employés peuvent dônc en certains cas être en opposition. Une déclaration d’épidémie régnant à bord entraine une quarantaine et peut occasionner un désastre pour une compagnie. Si le médecin sanitaire maritime fait cette déclaration, la compagnie lui en saura mauvais gré et aura tendance à tenir en disgrâce celui qu’elle considère comme responsable de ce désastre. On comprend facilement combien est délicate la situation de ce médecin qui est obligé de faire respecter un règlement qui, à chaque instant, lèse. les intérêts de celui qui le paie.

Il serait donc souhaitable, pour qu'ils aient leur indépendance à bord, que les médecins sanitaires maritimes non seulement fussent nommés par l'Etat, mais encore fussent appointés par lui.

Les appointements des médecins sanitaires maritimes sont en général insuflisants. Ils touchent en moyenne 250 francs par mois, et sont logés et nourris. La Compagnie des trans-.

atlantiques et celle des Messageries maritimes sont celles qui leur offrent les situations les plus acceptables.

Aux Messageries maritimes, les appointements sont de 175 francs par mois pour débuter, puis de 200 et de 300 francs après plusieurs années de voyage. Après avoir rempli leurs

fonctions dans une station sous les tropiques pendant trois ans environ, ils peuvent aspirer au maximum d'honoraires, c'est-à-dire à 500 francs par mois.

À la Compagnie générale transatlantique, 300 francs par moissurles lignesde New-York et des Antilles, 150 à 200frances sur celle de la Méditerranée.

A la Compagnie Fraissinet, 200 francs sur les lignes du Levant et de l’Asie Mineure, 300 francs sur celle du Brésil et de la Plata.

Aux Chargeurs réunis, 500 francs par traversée, aller et retour, jusqu'à la Plata. La traversée dure trois mois.

Aux Transports maritimes, 250 francs par mois.

La situation de médecin sanitaire maritime est donc peu

rémunératrice et ne peut étreconsidérée que comme un poste

d'attente.

La loi de 1902 a eu de très heureux effets. C'est une mesure nécessairement utile que celle qu’elle prend en édictant la vaccination obligatoire par exemple, en organisant les services de désinfection pour les maladies contagieuses. Est-ce à dire qu’elle échappe à toute critique ? Ceci serait exagéré.

Il y a surtout trois points sur lesquels il sera bon d’attirer à nouveau l'attention des pouvoirs publics.

D'abord la loi ne songe pas assez à rémunérer les personnes qui sont chargées de son application; leur zèle pourrait se ralentir avec le temps et les exigences de la vie.

En second lieu, c’est le maire qui, dans les communes, est chargé de l'application de la loi; or, sur les 36.000 maires de France, combien en est-il qui soient compétents en hygiène et soient capables de faire observer les mesures hygiéniques nécessaires, qu'ils ne comprennent pas euxmêmes ? En outre, la politique s’en mélant, le maire craindra de mécontenter ses électeurs, s’il fait une application trop

stricte de la loi.

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