francs de philanthropie médicale pour un seul
médecin.
Et quel est le résultat de ces sacrifices ? C’est que d’un côté la mutualité se trouve à la tête de 426 millions, et qu'avant 50 ans (2) elle aura 2 milliards ; de l’autre les associations médicales voient grossir le chiffre des pensions à accorder aux médecins ou veuves de médecins sans ressources. ,
Les médecins ne sauraient donc trop protester et réclamer l'élimination des gens aisés et riches des Sociétés de secours mutuels, de facon à ce que ces Sociétés reprennent le caractère philanthropique qu'elles auraient dü toujours avoir.
(1) Dr Courerx, Comment le médecin reste pauvre, 11 nov. 1905. Conc. méd, (2) A dit M. Barberet, ancien directeur de la mutualité.
Une autre forme courante de l’exploitation des médecins
“est pratiquée par les Compagnies d'assurances contre les
accidents du travail. Nous ÿ avons suffisamment insisté en étudiant la loi sur les accidents du travail, et nous nous
sommes félicités des conditions nouvelles dans lesquelles
se trouvaient lesmédecins vis-à-vis deces Compagnies depuis le vote de la loi de 1905. Nous les avons mis en garde cependant contrela facon dont les Compagnies tireraient
‘profit du tarif officiel qui devait être, dans l'esprit du légis- Jateur, réservé aux cas où le blessé choisirait lui-même son
médecin. Nous n’y reviendrons pas. Qu'il nous suflise de souhaiter que la loi de 1898 s'applique prochainement aux ouvriers agricoles, pour que disparaisse à tout jamais des Compagnies d'assurances la velléité de passer des contrats avantageux avec certains médecins besogneux, comme cela
se pratique encore actuellement pour cette catégorie d’acci-
dentés qui ne rentrent pas dans la loi.
Pour résister à cette exploitation, le médecin doit toujours avoir présent à l’esprit qu'il ne peut accepter aucun tarif au rabais ou à forfait, et qu'il doit exiger le tarif ouvrier avec paiement individuel et à la visite. Il faut restreindre les abus de la médecine gratuite, et pour cela s’interdire, par des engagements pris avec les confrères voisins, d'accepter des honoraires au-dessous d’un tarif minimum; et pour faire respecter ces engagements, il n’est pas de moyen plus
sûr que de faire partie d’un syndicat médical auquel seront
affiliés tous les autres confrères de la région.