Catholic World, février 1885, p
naires, que sais-je encore ! Le vocabulaire des américanistes est très étendu ; et si vous hésitez seulement à découvrir dans la démocratie américaine L'aurore d'une nouvelle révélation, ils vous assomment avec des phrases, sonores mais creuses, comme celles-ci :
« Notre travail est dans le présent, non point dans le passé. C'est une erreur de vouloir mieux comprendre le treizième siècle que le dix-neuvième. . . Le monde est entré dans une phase toute nouvelle ; le passé ne reviendra pas ; la réaction est le rêve de ceux qui ne voient pas et n'entendent pas ; qui, entièrement oublieux du monde vivant derrière eux, vont s'asseoir aux portes des cimetières pleurant sur des tombes qui ne se rouvriront jamais (1). »
Arrangez-vous avec cela. C'est tout ce que vous aurez jamais, en réponse à votre légitime demande de renseignements sur la nature des secours spirituels dont la démocratie américaine a daigné gratifier le genre humain, qui languissait depuis dix-huit siècles dans le demi-jour du christianisme vieux modèle.
Dans sa sollicitude paternelle, Léon XIII a pourtant essayé, par son encyclique Longinqua Oceani, du 6 janvier 1895,, de jeter un peu d'eau froide sur ces enthousiasmes politico-religieux. Quelque admirables que soient les institutions américaines, dit-il dans ce document, « il n'en faut pas moins écarter l'erreur qui consisterait à croire qu'il faut chercher en Amérique l'idéal de la condition de l'Église. » Cela n'a pas calmé l'ardeur des apôtres du nouvel évangile. Ils croient