S. Matth. XV, 8 ; S. Marc, VII, 6 ; Isaïe, XIX
sein des masses. Une sorte de moralité païenne est tout ce que Ton permet de leur inculquer, laquelle, à cause de l'absence de tout élément essentiel du christianisme, est impuissante pour le bien. »
Shea n'est pas seul à proclamer que l'athéisme pratique est le trait caractéristique de l'esprit gouvernemental aux États-Unis. Un écrivain du Catholic World, en 1883, reconnaissait hautement la même pénible vérité. Dans la livraison de mai parut un article fort important intitulé : La religion dans le droit américain. Je vais en faire ici une courte analyse :
« La ligne de démarcation entre les droits de Dil:u et les droits de César, autrefois nettement tirée, ne se distingue presque plus dans notre droit. L'Église, comme organisation, ne peut pas venir en conflit avec l'État comme institution politique (1). Mais il existe un conflit de la pire espèce entre la religion e. la politique, en ce sens que la politique empiète sans cesse sur le domaine de la religion, conférant au pouvoir séculier l'autorité dans les questions religieuses et morales ; autorité que jamais le pouvoir politique n'avait exercée auparavant et qui ne lui était pas même concédée en théorie. On ne tient nul compte du commandement du Christ : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Les politiciens redoutent tellement qu'une église organisée force les hommes à choisir, malgré eux, comme demeure éternelle, le ciel plutôt que l'enfer, que l'État se précipite dans un paganisme plus dangereux pour l'âme que la
!.. Il n'y a pas de conflit entre l'Église et l'État, parce que l'Église d'Amérique n'entreprend pas de réformer l'État. Elle ne s'occupe que de sauver les individus.