‹ La situation religieuse aux États-Unis; illusions et réalitéChapitre 48 sur 101 · CAROLINE DU SUD · texte numérisé non relu

CAROLINE DU SUD

Moyenne, un suicide sur 56.584 habitants.

Tous ces chiffres, que M. Montgomery a extraits des recensements des États-Unis, forment une démonstration saisissante du caractère funeste des écoles dirigées par l'État, au détriment de l'influence paternelle.

Par le fait seul que la formation de l'enfance a cessé d'être une affaire purement domestique et religieuse, pour revêtir un caractère politique, les résultats du système, la saine raison le dit, ne peuvent pas être heureux. Du moment, en effet, que l'école cesse d'être une œuvre domestique et paroissiale, du moment qu'elle n'est plus « le prolongement de la famille » et le « vestibule du temple », l'autorité paternelle et l'autorité religieuse perdent nécessairement, auprès des enfants, quelque chose de leur salutaire puissance et de leur majesté tutélaire. Des écoles publiques, même religieuses, ne produiront jamais d'aussi solides catholiques que l'éducation domestique.

Voilà ce que le raisonnement nous dit, et les faits viennent le confirmer.

LA QUESTION SCOLAIRE

Comment se fait-il que le système des écoles publiques, le système dit de la Nouvelle-Angleterre, en face des résultats pitoyables qu'il avait produits, ait été adopté, finalement, par tous les États de l'Union américaine ?

D'abord, aux États-Unis, comme ailleurs, il y a beaucoup de gens à courte vue, gens qui ne voient ni clair, ni loin, et qui ne peuvent saisir qu'un certain aspect des grandes questions qui se présentent. Ces nombreux semi-aveugles n'ont remarqué qu'une chose : c'est que le système scolaire de la Nouvelle- Angleterre produisait une plus forte population sachant lire et écrire. Ils n'ont pas poussé plus loin leurs investigations. Il leur a suffi, pour se rallier au système, de savoir qu'il créait des lettrés.

Mais il y a plus. L'esprit sectaire est au fond de la question scolaire, aux États-Unis, comme dans tous les pays du monde où il y a des sectes. Les sectes protestantes, naturalistes et maçonniques, poussent partout l'État à s'emparer de la direction des écoles, à faire de l'éducation de l'enfance une œuvre politique, dans l'espoir de détruire la foi catholique, de ruiner l'Église de Jésus-Christ.

En 1884, un écrivain du Catholic World disait : « Le système des écoles publiques fut adopté dans l'espoir que, s'il nuisait quelque peu au protestantisme, il détruirait le catholicisme. C'est le contraire qui a lieu. Le catholicisme a souffert, il est vrai, par suite de l'établissement des écoles publiques, mais ces écoles ont presque détruit le protestantisme (1). »

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