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C'est ainsi qne le veut l'individualisme américain qui s'appelle, en bon français, esprit d’insubordination,
En effet, l’individualisme américain a horreur de la discipline, de tout ce qui peut gêner ses mouvements. Il veut bien croire aux dogmes, mais ne cherchez pas à lui imposer une règle de-conduite. Cela lui paraît être de la compression, et Mgr Ireland lui a dit
prie votre Excellence de voir à ce que cela se fasse immédiatement et exactement.
» Par la lettre de son Eminence, le caractère obligatoire de ce décret et la nécessité de le publier, sont affirmés de telle sorte qu'on ne peut plus en douter, et il n'est plus permis à aucun journal catholique de mettre ce point en doute.
» Avec les sentiments de la plus haute estime et d’une charité fraternelle, je suis très fidèlement dans le Cuarisr, de votre Excellence, le dévoué serviteur.
» + FRANÇOIS, Archevêque SATOLLI, » Délégué Apostolique. »
Le même Catholic Cilisen, de Milwaukee, à la date du 13 juillet 1895, a publié ce qui suit :
« En promulguant le décret contre les sociétés secrètes dans le diocèse de Saint-Louis, l'archevêque Kain dit : « Il faut, cependant, exercer de la prudence au saint tribunal de |: pénitence en appliquant le décret aux cas particuliers, car le principe : Lex non obligat cum tanto incommodo, peut être invoqué à l'encontre de ce décret comme de toute autre loi ecclésiastique. Ce serait une interprétation trop sévère de la loi, que de refuser les sacrements à un membre d’une de ces sociétés condamnées, qui déclarerait que sa sortie de la dite société le priverait certainement de son gagne-pain pour lui et sa famille, ou lui causerait quelque autre dommage grave, — pourvu toujours que son afliliation à une de ces sociétés ne cause aucun tort à sa foi et ne lui fasse négliger la pratique de sa sainte religion. »
Il est probable que beaucoup d'initiés ont déclaré que leur sortie de ces sociétés leur causerait un dommage grave.
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que cet appareil-là, bon autrefois, est aujourd hui
cain dual | e ns. 4H démodé et doit être mis au rancart. M. Brunetière admet virtuellement que telles sont les dispositions de tôle l'individualisme américain cher à son cœur. Après nt avoir cité le « grand argument » du cardinal Gibbons, ékez il ajoute :
a lui « Ces derners mots définissent admirablement a dit l'attitude que’ glise Américaine entend garder. Libre | ds de tout autre lien que celui de ses croyances, elle média- 4 laisse à ses membres toute la liberté que permettent | : ses croyances, et dans quelque question que ce soit, | ire de : on ne la voit intervenir qu’au nom de ses croyances, h e telle £ pourenassurer le respect et en sauvegarder l'intégrité. | ER 8 En d’autres termes, un peu familiers, mais d'autant { sh plus expressifs, elle ne se mêle, comme Église, que de Uatie ce qui la regarde, et supposé qu'elle se trompe sur ce qui la regarde, elle s’en remet de .le décider à la sagesse du chef des fidèles. »
C'est l'habitude de l'Église dans tous les pays, et non pas exclusivement aux États-Unis, de « ne se mêler que de ce qui la regarde »,et de n'intervenir dans les diverses questions qui se présentent, « qu’au nom de ses croyances, et pour en assurer le respect et en sauvegarder l'intégrité. » Les règles disciplinaires de l'Église ont pour but d'assurer le respect et l’intégrité des croyances ; et une de ces règles, c'est que les fidèles ne doivent pas entrer dans les sociétés louches, suspectes, neutres, dangereuses, secrètes et
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ne | qui peuvent être, par cela même qu'elles sont secrètes, de ces M facilement dirigées par la franc-maçonnerie. Au lieu égliger Æ de s'en rapporter, dans le cas des Chevaliers du Tra-
A vail, « à la sagesse du chef des fidèles », qui avait ue leur
condamné cette organisation, le cardinal Gibbons a
fait tant de représentations à Rome, qu'il a obtenu, comme un moindre mal, la suspension d'une sentence deux fois portée. Je ne dis pas qu'il eut tort, étant donné le manque de docilité d'un grand nombre de catholiques américains imprégnés d'individualisme, imbus de l'esprit d’insubordination, et d'’excessive indépendance. Je ne dis pas qu'il eut tort d'agir ainsi, ni que Rome se soit trompée en accédant à ses désirs, loin de là. Mais je constate que Rome n’a pas voulu renouveler l'expérience en 1895, et je prétends que ce fameux individualisme offre de sérieux inconvénients très visibles. Les avantages qu'il peut avoir sont beaucoup moins apparents.
Ce n’est pas là l'avis de M. Brunetière. Il s'énthousiasme de plus en plus en étudiant les effets de l’individualisme. Il continue en ces termes :
« C’est ainsi que sa tendance (la tendance de l'Église d'Amérique) au socialisme, a trouvé dans sa foi les limites que déjà son individualisme y avait rencontrées ; et de même que, de son individualisme, il ne lui était demeuré qu'un peu plus d'indépendance, d’activité, de hardiesse, pareillement, de son socialisme, il ne lui est resté que d'être une Église vraiment
populaire.
Comme si l'Église catholique n'avait pas toujours été, dans tous les temps et dans tous les pays, une Église vraiment populaire dans le sens honnête de ce mot.
Et cette indépendance plus ou moins adoucie que M. Brunetière attribue à l'Église d'Amérique, ne vous rend-elle pas un peu rêveur ? Indépendance vis-à-vis de qui ou de quoi ? A l'égard de l'opinion publique ? Le «grand argument » du cardinal Gibbons ne le
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