‹ La situation religieuse aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 65 sur 132 · Cal · texte numérisé non relu

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de seurs. Aux passions de l’homme devenu son propre n’a dieu, elle oppose sans cesse, et comme malgré elle, les ler- vertus du Dieu fait homme pour sauver les hommes, »M- en les détachant de la terre et de la vie sensuelle. Les que pasteurs ont beau vouloir ne pas ameuter l'opinion son contre l'Église ; ils ont beau proclamer qu'il n'y à Ê aucune incompatibilité entre la doctrine catholique et par- la forme républicaine,qu'il n’y a rien de condamnable aus- dans les progrès de la science et de l'industrie; ils , les ont beau chercher à concilier « l'esprit du siècle » L'ap- autant que cela est permis; quelques-uns d’entre eux ont beau faire des concessions troublantes pour éviter his- des conflits; tout cela n'a pas réussi à faire dispaorer. raître les préventions qui ont toujours existé et qui côté. Ÿ existeront toujours, aux États-Unis, contre les cathoplus liques. Le monde sent instinctivement qu'il y a entre aux lui et l'Église un casus belli éternel, et il se tient sur c'est le pied de guerre vis-à-vis de son antagoniste. Lé de « Dans ce pays, disait le Catholic World d'autrefois, nain- au bon vieux temps où les américanisants faisaient veau des aveux, dans ce pays, le peuple était, au commen- Lence À cement, aussi hostile à l'Église que le monde pouvait x el L étre dans n'importe quel autre pays ou à n’importe st la à quelle époque, et même aujourd'hui les gens, en génévenir Y ral, ne sont pas encore transformés en amis bien sincères et bien ardents (1). »

que à L'ostracisme politique pratiqué à l'égard des cathoains, liqués des États-Unis, de tout temps, et encore de nos men! jours, prouve bien que l'Église est toujours un objet de rand suspicion pour le monde, en Amérique comme ailleurs. pou r | te | = re ouis- : 1. Catholic World, mai 1870, p. 156.

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Pour bien dire, on ne fait que tolérer les catholiques aux États-Unis. On ne les considère pas comme des concitoyens ayant des droits égaux aux droits du reste de la population. Et on ne les tolère qu'à la condition qu'ils se tiennent bien cois et ne cherchent pas à s’affirmer.

Même en ce pays, dit encore le Catholic World, les protestants tolèrent avec répugnance la présence de l'Église, et le libéral D' Bellows, un protestant parmi les protestants, avertit les catholiques de ne pas se risquer à agir comme s'ils étaient sur un pied d'égalité avec les protestants... La discussion qui à lieu actuellement au sujet de la question des écoles, montre que les protestants sont loin de s’imaginer que les catholiques possèdent des droits égaux aux leurs ou que les pouvoirs publies doivent respeetcr la conscience catholique. L'opinion publique nous proscrit, et aucun catholique, connu pour être fidèle à sa foi, ne saurait être choisi pour représenter, à n'importe quelle assemblée législative, un collège électoral protestant (1). »

Ce qui était vrai il y a bientôt trente ans, l’est encore aujourd'hui. Le seul changement qui se soit opéré, c'est que les sectes maçonniques remplacent rapidement les sectes protestantes. Cette modification n'’esl pas faite pour améliorer la situation.

La libre-pensée américaine qui se substitue au protestantisme est, comme la libre- “pensée dans le monde

4: Catholic Wor Ud, avril 1870, p. 1. — Quel constrasie à avec La tolérance pratiquée dans la catholique province de Québec, où l'on voit souvent des catholiques et des Français élire un Anglais protestant pour les représenter, soit au Parlement fédéral, soil à la législature provinciale !

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entier, positivement hostile à la religion. Elle ne 5e contente pas de ne pas croire elle-même, elle voudrait détruire la foi chez les autres. Un écrivain américain, M. A.-F, Marshall, disait déjà en 1882 :

« Nous avons le droit d'affirmer que l'attitude de la société est une attitude opposée à la religion,une attitude hostile aux doctrines et aux sentiments de l'exquise philosophie catholique (4). »

Et un peu plus loin, le même auteur disait :

« À vrai dire, les conditions de la vie américaine et la tournure de l'esprit américain sont telles, que la libre-pensée prend inévitablement la forme du blasphème grossier, de l'intolérance étroite : elle se fait l'illusion de croire que Dec et la chrétienté périront si l'on peut découvrir une erreur dans la Bible. »

Puis l’auteur dériontre que la libre-pensée américaine est agressive, veut détruire toute crovance dans les Saintes Écritures et combattre l'Église, qu'elle sait être plus forte que la Bible, en la représentant comme hostile aux institutions politiques des États-Unis, et en semparant de l’enseignement.

L'hostilité de l'esprit publie contre toute idée religieuse se manifeste dans lès classes les plus élevées de la société.

En 4885, M. Shea disait :

« Les collèges établis dans ces derniers temps, Îles publication scientifiques, même les ouvrages publiés à Washington par le gouvernement central, propagent des théories et des arguments directement opposés aux vérités fondamentales de la religion chrétienne...

Etl'opinion publique est devenue tellement indifférente

l. American Catholic Qualerly Review, octobre 1882, p. 692.

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que cela se fait librement. Tandis qu'un petit nombre demandaient qu'on mit Dieu dans la constitution, ces agitateurs et les autres voyaient d’un œil indifférent l'imprimerie nationale devenir le moyen de propager des arguments insidieux contre la vérité révélée. Dans cet effacement des derniers vestiges de la foi, dans cet indifférentisme croissant, le vice et l'immoralité trouvent un terrain propice. Le mépris de la vie humaine, la dépravation des mœurs, la malhonnèêteté dans toutes les affaires commerciales et de confiance, augmente avec une rapidité effroyable (1). »

Voilà comment l'historien Shea commentait la lettre pastorale des Pères du dernier Concile de Baltimore. Et il tirait cette conclusion, qui est la meilleure réponse qu'on puisse donner aux optimistes qui prétendent que la Barque de Pierre vogue aux États-Unis sur une er non seulement tranquille, mais où les récifs et les tempêtes sont inconnus : |

« L'Église en ce pays aune tâche gigantesque de protéger son troupeau contre la contagion qui l'entoure. »

Et des sphères supérieures, l'esprit sectaire descend dans toutes les couches de la société civile. Le Très Rév. James O’Cônnor écrivait en 1876 :

« Nous n'avons pas besoin de dire à personne qu'il existe en ce pays un sentiment d'hostilité très répandu contre l'Église catholique. Chaque jour, nous en avons des preuves qui nous impressionnent douloureusement. Le marchand se heurte à ce sentiment dans son magasin, l'artisan, dans son atelier, et même Îa ser-

’ante dans sa cuisine n’y échappe pas... Notre littéra-

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