‹ La situation religieuse aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 67 sur 132 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

L y à peut-être une chose que l'Europe a réellement Il empruntée à l'Amérique : le principe radicalement faux et souverainement funeste qui fait de l'éducalion de l'enfance une fonction de l'État, une œuvre politique ; doctrine qui, entre les mains de la francmaçonnerie, nous a conduits à l’école sans Dieu.

On croit généralement que ce principe subversif de l'État enseignant vient de la Révolution francaise. En réalité, il vient du Massachussetts et des autres États de la Nouvelle-Angleterre.

Sans doute, on peut le retrouver aussi dans les temps anciens, sous le régime païen ; car le roi Salomon a dit, qu'absolument parlant, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Mais, dans les temps modernes, c'est en Amérique qu'a germé de nouveau cette mauvaise graine scolaire, que le christianisme avait réussi à étouffer, à force de défendre les droits et d'insister sur les devoirs des parents, contre les prétentions de l'État qui voulait absorber ces droits, et contre la paresse naturelle des hommes qui faisait négliger ces devoirs. :

I y a plus de deux cent cinquante ans, en 1647, la législature de la colonie du Massachussetts vota une loi qui proclamait que « tout le peuple doit rece-

Situation relig. aux États-Unis. Ir

voir un certain degré d'instruction, aux dépens du public, sans tenir compte des différences sociales (1). » Et dès 1647, une école publique fut créée en vertu de la loi dans toute localité ayant une population de cinquante familles. Depuis lors, jusqu'à nos jours, le Massachussetts a toujours maintenu un système d’écoles publiques (common schools) au moyen d'impôts scolaires prélevés par le pouvoir public.

En d’autres termes, depuis deux siècles et demi, sur un coin de l'Amérique, l'État s'est substitué aux parents dans l'éducation de l'enfance.

Les autres États de la Nouvelle-Angleterre, savoir le Maine, le Connecticut, le Vermont, le New-Hampshire et le Rhode-Island, suivirent l'exemple du Massachussetts. « Dès la fondation de ces colonies, dit Kent, le principe qui les a toujours dirigées, c'est qu'il est du droit et du devoir du gouvernement de pourvoir, au moyen d'un système de taxation juste et équitable, à l'instruction de toute la jeune génération dans les éléments des sciences (2). »

Ce système est ce que l'on nomme le système de la Nouvelle-Angleterre.

Par contre, les colonies qui se groupaient autour de la Virginie : le Maryland, le Delaware, la Georgie et les deux Carolines, n'adoptèrent pas ce système des écoles communes ; mais, observant la loi naturelle, laissèrent le soin de la formation de l'en-

4. Cf. The daily public school, publié par 4.-B. Lippincott. ed. 1866, p. 121, et cité par l'honorable Montgomery, dans son remarquable travail : Poison drops in the Federal Senate. The School Question, from a parental and non-sectarian stand point, 1886, p. 10.

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