Le Catholic Advocate, de Louisville, Kentucky, juin
nantaise nn tre nero marina Amen
ur on P. Holaind appuya fortement sa thèse sur les paroles
plica- de Léon XIII.
ontri- Dans son Encyclique Sapientie Christianæ, du
qu'on 40 janvier 1890, Léon XIII dit que c'est une « étroite
iât ce obligation pour ies parents d'employer leurs soins et
| désir de ne négliger aucun effort pour repousser toutes les
)'yance injustes violences qu'on leur veut faire en cette matière, |
portés et pour réussir à garder exclusivement l'autorité sur
embla- l'éducation de leurs enfants. Quand il s’agit de la
ment, bonne éducation de la jeunesse, on n'a jamais Je droit L
de fixer de limites à la peine et au labeur qui en résul- |
Église tent, si grands qu'ils puissent être. » On aurait dit que
ncipes. ces dernières paroles avaient été écrites expressément
catho- en vue du manque de générosité et d'esprit de sacri-
hure : tice qui était au fond de la propagande en faveur du
appar- plan de Faribault. On voulait généraliser ce système
> ques- pour s'épargner un peu de peine et de labeur. Ce qui Li bien, n'empêcha pas Mgr Ireland de condamner publique- |
ents, à ment le travail du P. Holaind, dans la fameuse inter-
bserve view avec le représentant du Æerald dont il est ques- te
u col- tion plus haut. Il qualifia sa brochure d'assemblage int pondit de « notions surannées et anti-américaines ». Puis il Fi
blit la ajouta : [14 ent et « Le monde progresse, et le P. Holaind reste sta- |
e per- tionnaire. Voilà la question débattue entre le P. di droit jésuite et le professeur de l’Université catholique. Des | s qu'il ennemis malicieux et des amis myopes travaillent à AR a ppar- couvrir l'Église de vêtements et de voiles qu'ils ont pi haute eux-mêmes fabriqués, afin de cacher aux yeux du | es. Le public ses traits véritables. Il me semble parfois | 4
que, dans cette besogne, ses amis myopes font preuve
1892. de plus de zèle et obtiennent plus de succès que ses
tt fun de CCE = .
ennemis. Dans tous les cas, le P. Holaind a fait ce qu'il a pu dans ce sens. Je prie le peuple américain de considérer que ses paroles sont celles du P. Holaind et non pas celles de l'Église catholique. »
Finalement la cause fut portée à Rome par Mgr Ireland lui-même. Le 21 avril 1892 la S. Congrégation de la Propagande répondit : tolerari potest. Le décret, transmis à Mgr Ireland par le cardinal préfet, est ainsi CONCU :
« À la réunion spéciale de la Propagande, tenue le 21 avril 1892, dans le but de savoir ce qu'il faut perser de l'arrangement conclu par l'archevèque de Saint-Paul relativement aux deux écoles de Faribault et de Stillwater, il fut résolu de répondre affirmativement et, sans déroger aux décrets des conciles de Baltimore sur les écoles paroissiales, de reconnaitre que la transaction effectuée par l'archevêque Ireland concernant les écoles de Faribault et de Stillwater, en tenant compte de toutes les circonstances, peut être tolérée. »
Une lettre du 3 mai 1892, adressée par la S. Congrégalion de la Propagande à tous les évêques des États-Unis, donnait la version suivante de ce décret de tolerari potest :
« Tout en maintenant fermement en vigueur les décrets des conciles de Baltimore sur les écoles paroissiales, la convention conclue par le R. archevêque Jean Ireland, relativement aux écoles de Faribault et de Stillwater, peut, toutes les circortances bien considérées, être tolérée. »
Le texte latin est le suivant :
fait ce ricain olaind
r Mgr gation lécret, t, est
nue le IL penue de ribault rmatiles de naître eland
alter,
peut
Cons des décret
r les écoles rche- Fariances
« Affirmative et tirmis in suo robore manentibus Decretis conciliorum Baltimorensium supra scholas parochiales, compositio inita a R. P. D. Archiepiscopo Ireland relate ad scholas de Faribault et Stillwater, perpensis omnibus circumstantiis. tolerari potes. »
Le Saint-Siège ne faisait donc que tolérer les deux cas particuliers de Faribault et de Stillwater. I] ne les approuvait nullement, Surtout il ne tolérait même pas qu'on étendit le plan de Faribault à toutes les écoles catholiques. Au contraire, il est dit formellement qu'il fallait maintenir fermement en vigueur les décrets des conciles de Baltimore. Quant aux circonstances dont l'exposé détermina le Saint-Siège à tolérer la convention de Faribault et de Stillwater, il n’a jamais été fait aucune communication.
Émus par l'interprétation qu'on donnait au décret du folerari potest, et par les bruits qui cireulaient à ce propos, l'archevêque de New-York et ses suffragants écrivirent au Pape pour lui exposer leurs doutes et leurs craintes. Le Saint-Père leur répe-dit en date du ?7 mai 1892. Dans cette lettre, Léon XII affirme de nouveau que, pour la règle de conduite générale, il faut s'en tenir aux décrets des conciles de Baltimore ; que dans le double cas de Faribault et de Stillwater, on ne faisait Q ‘: tolérer un fait qui s'éloigne quelque peu de la lcttre de la loi. Mais ce qui es! particulièrement intéressant, c'est cette réponse du Pape à une préoccupation des évèques de la province de New-York.
« Mais pour insister davantage sur le point qui préoceupait vos esprits et qui Nous a déterminé à
vous écrire, Nous voulons que vous su:hiez qu'en cette affaire, personne ne Nous a donné à craindre que les catholiques fussent l’objet de quelque vexation si -Nous improuvions ce qui a été fait par l'archevêque de Saint-Paul, au suiet des écoles établies à Faribault et à Stillwater. Comme ni ce vénérable Frère, ni personne autre, ne Nous a signalé ua péril de ce genre, il en résulte manifestement que c’est une pure invention qui à donné lieu au bruit qui vous a induits dans cette gratuite et fausse opinion. »
Evidemment, les évêques de la province de New- York avaient entendu dire que pour obtenir le décret du tolerari potest, cn s'était servi d’un langage comminatoire ; et ils s’en étaient ouverts à Léon XIII. Le Pape leur déclare aussitôt qu'aucune menace de ce genre n'était parvenue à ses oreilles.
Cependant, le 2 juillet 1899, le Freeman's Journal, de New-York, reproduisait du World (1), de la même ville, des extraits d'un document qu'ils prétendaient être un mémoire »résenté au Pape par Mgr Ireland sur la question des écoles de Faribault et de Stillwater. L'authenticité de ce document n'a jamais été contestée, à ma connaissance. Or, voici un passage qui renferme précisément la menace à laquelle les évêques de la province de New-York faisaient manifestement allusion. Je traduis fidèlement : |
« Malheureusement, maintenant que la question à été si longuement discutée, l'opinion publique me
1. Le World, je le sais, est un journal à sensation, qui ne recule pas devant un document apocryphe. Aussi, l'authenticité du mémoire serait douteuse, si seul le World l'avait publié; mcis le Freeman's Journal est une feuille sérieuse.
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cette considère “comme le représentant du parti qui, dans e les l'Église des États-Unis, est favorable au gouvernemeni, n si et lle considère mes adversaires comme un parti rêque étranger et un grand danger pour la République. J'ai bault de graves raisons d'être inquiet pour le cas où la déciper- sion me serait défaverable. Nous, c*tholiques, ne forire, il ons qu'un huitième de la population des États-Unis; ntion nous sommes sans richesse et sans influence, et une 242 {1 | . cette proportion de catholiques, beaucoup plus forte quant à l'influence et quant au nombre, n’a pas empêché le | New- Cullurkampf en Allemagne. »
ir Je C'est là une véritable menace, tous l’admettront. Jan- Mais ce n'est pas tout. D'après les journaux déjà | rts à | cités, qui n’ont jamais recu de démenti, que je sache, | ucune ce mémoire de Mgr Ireland aurait été accompagné d'un Les. document écrit par le cardinal Gibbons pour appuyer CU urnal, cette attitude meénacante de l'archevêque de Saint- Eu ne À Paul. Voici un passage de cet appendice attribué Li aient impunément au cardinal : F4 id sur | « Votre Sainteité me permettra-t-elle de terminer a vater. cette lettre en ajoutant que le silence du Saint-Siège Li estée, sur celte question a été clairement interprété, et le : ferme sera encore davantage, comme une condamnation 1 LA) de la virtuelle de la conduite et des doctrines du grand | \ allu- archevèque de Saint-Paul? Si cette opinion était par- | lagée par le peuple américain, comme elle le serait [À NS a avec le temps, je crains que le sentiment national ne : | dre fût vivement excité et que l’on ne proposât des {11 mesures destinées à harceler les catholiques dans les ui ne affaires scolaires. On a déjà fait des tentatives dans | | a ce sens; jusqu'ici elles n’ont pas eu de succès ; 1 mais il importe de ne pas fortifier ces tentatives | 4 Situation relig. aux États-Unis. 13 |
en créant ou -en entretenant des préjugés contre nous. »
C'était dire ciairement au Pape : Si vous improuvez le plan scolaire de Mgr Ireland, vous déchainerez contre les catholiques des États-Unis une tempête de préjugés et de haine.
Si ces documents étaient apocryphes, comment expliquer le silence de Mgr Ireland et du cardinal Gibbens? Car, je le répète, je n'ai jamais vu de démenti donné aux journaux qui ont mis ces documents au jour, commepièces authentiques. Et si un tel démenti avait été publié, je l'aurais vu, ce me semble, car ma profession äe journaliste m'oblige à me tenir au courant de tout ce qui se publie dans la presse.
D'un autre cité, le Pape ayant déclaré formellement qu'aucune menace ne lui a été faite relativement à la question des écoles de Faribault et de Stillwater, il est impossible que ces deux documents lui soient parvenus. Que sont-ils devenus ? Qui a empêché le Saint- Père d’en prendre connaissance? C'est là le mystère qui entoure ce décret du tolerari potest.
Malgré ce mystère, ou peut-être à cause de lui, le décret du tolerari potest ne mit pas fin au débat. Les fauteurs du plan de Faribault prétendaient généraliser encore leur système, en dépit de l'insistance que le Saint-Siège, tout en tolérant un fait particulier, mettait à affirmer que la loi générale de l'Église, en matière scolaire, ne devait subir aucun changement. Mgr Ireland lui-même, dans une de ses nombreuses communications aux journaux, disait, au mois de juin 1892 :
délé État
de re
——— PS PEAS a. x
ae
ritre « Le plan de Faribault est mainteuant formellement permis, malgré les allemands et les jésuites. La signiuvez fication canonique de la décision tolerari potest est : idréz « pleinement permis. » Une lettre que je reçois de la te de Propagande met en évidence la signification pratique de ces mots. Sans doute, ce plan s’écarte de l'idéal, et ment lorsque quelque chose s'éloigne de l'idéal, le langage | dinal canonique est : {olerari potest. Mais, en pratique, cela menti vèut dire : approbalion pleine et entière, — full | té au approval. » | rot Une telle interprétation du mot tolerari, qui était tr ma l'interprétation de toute l'école libérale, aux États- SE Unis et ailleurs, devait soulever de vigoureuses protestations. Il y en eut de nombreuses. La plus remar- tan sit quable fut celle de Mgr Matz, évêque de Denver. Le Là la journal catholique de sa ville épiscopale, The Colorado il'oët Catholic, ayant adopté l'interprétation de Mgr lreland, tive savoir que le plan de Faribault était « entièrement Saint approuvé », Mgr Matz adressa à ses fidèles, à la date vstère du 149 mai 1892, une lettre pastorale d'une vigueur ut extraordinaire. Il dit en toutes lettres que « le plan de pe Faribault est le plan que les francs-macons ont voulu Fi Lui, le imposer à la Belgique et contre lequel l'épiscopat belge 4! t Les a déclaré la guerre. » Et 1l termine sa condamnation | | aliser par cette exclamation : « Que notre main droite soit | b que flétrie si jamais nous donnons notre approbation à un | | vlier. tel compromis (1) ! » 1.4 se, en La discussion devenant de plus en plus àpre, un | | dent. délégué apostolique, Mgr Satolli, fut envoyé aux ER RE États-Unis. Le 16 novembre 1892, il réunit les arche- | i is de ‘1
1. Le lecteur trouvera à l'appendice les principaux passages de re remarquable document. F ae le te
vèques à New-York, et leur soumit certaires propositions sur la question scolaire. Ces propositions tombèrent, abusivement, dans le =ublic (1), et enflammèrent de plus en plus les esprits. Elles furent ouvertement interprétées par les partisans de la sécularisation des écoles comme favorables à leur thèse, bien qu'elles fussent en très grande partie basées sur les décrets des conciles de Baltimore (2).
Après une délibération sérieuse et assez laborieuse, les archevèques réunis à New-York adoptèrent une rédaction définitive des propositions rédigées par Mgr le délégué apostolique Satolli, et y ajoutèrent Îles résolutions suivantes :
« Premièrement : — Il est résolu qu'il faut promouvoir l'érection d'écoles catholiques, afin qu'elles puissent, si c’est possible, recevoir tous les enfants catholiques, selcn les décrets du troisième concile plénier de Baltimore ;
» Deuxièmement : — Il est résolu que, pour les enfants catholiques qui actuellement ne fréquenter pas les écoles catholiques, nous ordonnons que l’on pourvoie à leur instruction religiense dans les écoles ouvertes le dimanche, ou quelque jour de la semaine, et que l’on presse les parents d'enseigner à leurs enfants, chez eux, la doctrine chrétienne. »
Ces résolutions, on le voit, ne laissaient aucune porte ouverte à la généralisation du plan de Faribault.
1. Des journaux de New-York ont attribué cette indiserétion à un prètre de l'entourage de Mgr Ireland. Cf. The World, 12 décembre 1892.