Proceedings American Catholic Congress, pas
2, Chose remarquable, les catholiques des États-Ui: qui,.
en ces derniers temps,ont été les plus zélés partisans de la destruction des autres langues au profit de l'anglais, sont presque tous des Irlandais de naissance ou d'origine. On dirait qu'ayant été dépouillés de leur langue propre et ayant été forcés d'adopter r'anglais, ils voudraient que tous fussent traités de la même facon. C'est un peu l'histoire du renard qui avait perdu sa queue.
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toute sa naïveté, puisse abandonner entièrement {he auld faith, la veille foi qui lui a été enseignée dans ce langage particulier à la race irlandaise ; tandis qu'on trouve malheureusement beaucoup de protestants ou d'indifférents dont les noms, plus ou moins anglicisés, trahissent leur origine celtique, muis dont le langage ne se distingue plus de l'américain ordinaire. Ce double fait : conservation de la foi avec la conservation du broque, perte fréquente de la foi avec la disparition du brogue, s'impose à l'attention de tous ceux qui ont vécu aux États-Unis et qui ont observé les hommes de près. Et j'insiste sur ce point : autrefois on admettait volontiers l’à-propos de conserver aux Irlandais leur cachet national et leur parler particulier aussi longtemps que possible. C'était une barrière entre eux et « l'ambiance mentale », pour parler le langage du
jour, une protection contre l'envahissement des idées
perverses dont l'atmosphère morale, aux États-Unis, est saturée. On le reconnaissait jadis, et je me rappelle avoir lu maints articles dans ce sens. Conserver le brogue, ce n'était sans doute pasle moyen de parvenir le plus facilement aux honneurs et à la richesse ; mais c'était incontestablement une aide pour l'âme, un appui pour la foi, une sauvegarde pour les mœurs. Et autrefois les choses spirituelles l'emportaient sur les intérêts terrestres.
Le Catholic Review, de New-York, à la date du 4 juin 1887, disait : « La vieille génération, avec sa » foi robuste ef son esprit national fortement accusé. » disparait ; tandis que la jeune génération, élevée » dans les écoles publiques, pénétrée de la tradition » protestante, nourrie de la lecture des journaux et
» des romans à sensation, veut être américaine jusque » dans ses vices. »
Il est évident que l'esprit national fortement accusé dont parle cette revue n'était pas l'esprit national américain. C'était l'esprit national irlandais qui accompagnait et soutenait la foi robuste de la vieille génération.
Dans ce même article, l'écrivain du Catholic Review bénit, en quelque sorte, l'esprit de fanatisme qui a tenu les catholiques à l'écart de la société américaine et qui leur à ainsi permis de conserver, en partie, leur foi. Il dit : « Si les protestants américains » n'avaient pas traité les catholiques avec mépris et » haine ; s'ils ne les avaient pas ostracisés dans la » société domestique, dans le monde des affaires et » de la politique ; s'ils n'avaient pas fait de leur race » et de leur croyance un sujet de moquerie et d'oppro- » bre, la position du catholicisme ne serait pas aussi » avantageuse qu'elle l’est. »
À cette époque, il est visible qu’on n'était pas du tout favorable à l'assimilation. On y voyait, au con- . traire, un grand danger pour la foi et les mœurs des catholiques. On voulait maintenir et fortifier les barrières qui séparaient le troupeau du Curisr des pâturages empoisonnés du monde. Et l'on avait raison.
Aujourd'hui, on voudrait tout américaniser le plus rapidement possible : Irlandais, Allemands, Francais, Polonais, Italiens, Bohémiens. Pourtant si le brogue, qui n’est qu'une manière particulière de prononcer l'anglais, sert incontestablement de sauvegarde contre « l'ambiance » délétère qui existe manifestement aux États-Unis, à plus forte raison le francais, l’alle-
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