partie, éricains épris et dans la aires et eur race l'opproas aussi
pas du au conurs des les bares pâtuson.
le plus rançais, brogue, ononcer de constement s, l'alle-
æœand, le polonais, l'italien, le bohémien, offrent-ils.
cette salutaire protection. Ne devrait-on donc pas, dans l'intérêt supérieur des âmes, chercher à conserver toutes ces langues nationales aussi longtemps que: possible ? Si elles doivent finalement disparaitre, si l'anglais doit un jour dominer partout aux États-Unis. et remplacer tous les autres idiomes, que le changement s'opère lentement, afin que la foi puisse s’acclimater dans le nouveau milieu.
Les langues européennes ne se divisent pas en langues catholiques et en langues protestantes ow athées. Toutes ces langues ont été formées sous la surveillance maternelie de l’Église ; toutes sont imprégnées de son souffle divin, et toutes ont ce qu'il faut pour exprimer les sublimes vérités et les ravissantes beautés du christianisme. L’anglais, certes, ne fait pas exception à la règle, même l'anglais quelque peu modernisé, c'est-à-dire corrompu, qu'on parle généralement aux États-Unis. L'anglais se prête admirablement à l'exposition de la doctrine catholique et à la prière. La traduction anglaise des Saintes-Écritures. — je parle de la version classique dite de Douai (1) — possède une grandeur et une élévation incomparables.
‘Ce n'est donc pas que l'anglais, en tant que langue,
soit un danger pour la foi catholique, bien que quel-
ques-uns de ceux qui ne le connaissent pas, l'aient.
appelé une langue protestante. L'anglais n'est pas plus. protestant que le francais, l'espagnol ou l'italien. Mais aujourd'hui, particulièrement aux États-Unis, il
4. On le sait, du temps de la persécution en Angleterre, les. catholiques anglais durent faire imprimer en France, à Douai, une version anglaise de 11 Bible.
Situation relig. aux États-Unis. 15
PE EE EEE
sert de véhicule à la pensée protestante, ou plutôt à la pensée naturaliste et maçonnique. C'est par l'anglais que « l'ambiance mentale » des États-Unis pénètre partout. Or cette ambiance est hostile, profondément hostile à la foi catholique, et même à toute idée surnaturelle. C’est en anglais que se publient les plus grands journaux quotidiens et les principales revues qui sont vouées au culte et à l’exaltation du progrès purement matériel. C'est en anglais que s'expriment les propagateurs du matérialisme moderne, dans les chaires des universités et à toutes les tribunes publiques. C'est en anglais que s'élève de tout ce vaste territoire le concert blasphématoire en l'honneur du Veau d'Or, l’idole du peuple américain (1). Ce n’est pas la langue même qui est redoutable, c’est l'usage détestable que tant d’'américains en font. Dès lors, on comprend combien il importe que les catholiques allemands, francais, etc., conservent l'usage de leur propre langue, qui sert à les ratta-
1. Le célèbre Brownson, converti, disait dans sa revue, au mois de janvier 1873 : « Mes compatriotes américains sont à » mes yeux prodigieusement tombés, depuis un tiers de siècle, » tant au point de vue de l'intelligence qu’à celui de la moralité. » De fait, la rapidité de leur dégénérescence n'a pas d'exemple » dans l'histoire. Leur religiosité semble à peu près éteinte et » leur âme renversée et tournée vers la terre. Ils ont perdu » toute conception des choses de Dieu et toute aspiration spiri- » tuelle... Jamais peuple païen n’a rendu un culte plus complet » à la déesse inconstante de la Fortune que les américains ; » jamais personne n'a plus obstinément soutenu que le succès » dans une affaire est la vraie mesure du mérite. Même dans » leurs meilleures dispositions d'âme, la base de toute obligation » morale consiste pour eux dans le sentiment purement naturel » d’une certaine philanthropie. Ce n'est pas, à mon sens, faire » à un homme un compliment très flalteur que de le dire » possédé d'un fervent esprit d'américanisme. »
un = ER TENTE
ôt à la cher à leurs traditions, aux saintes croyances de inglais leurs ancêtres.
énètre Sans doute, on trouve aux États-Unis d'excellentes lément / revues hebdomadaires et mensuelles de langue surna- anglaise. Mais, chose vraiment incroyable, il ne s'y grands publie pas en anglais un seul journal quotidien qui es qui soit consacré à la défense de la foi catholique. Tous rOgrès les journaux quotidiens de langue anglaise aux Étatsriment Unis, sans une seule exception, sont hostiles à l'Église ans les ou purement séculiers, ne s’occupant des questions publi- religieuses qu'à titre de nouvelles, et mettant l'Église * vaste sur un pied d'égalité avec les sectes protestantes et onneur les sociétés maçonniques. Or, ce sont les feuilles (1). Ce quotidiennes qui, particulièrement aux États-Unis, >, c'est : servent de nourriture intellectuelle aux masses de la n font. population. Si les catholiques allemands, français, Le que polonais et bohémiens abandonnaient leur langue servent nationale pour ne parler que l'anglais, afin de faire ralta- plaisir aux américanisants, ils ne liraient plus une sn à feuille quotidienne catholique.
s sont à Tandis que les catholiques de langue anglaise n'ont e siècle, pas encore su, ou n’ont pas pu fonder une seule feuille | era quotidienne pour défendre la foi chrétienne, les catho- | teinte et : liques des autres nationalités en ont plusieurs. Ainsi |
t perdu il se publie en langue française, dans les Etats de la on spiri- ‘ ° je Es .
complet Nouvelle-Angleterre, quatre feuilles quotidiennes qui fricains ; . ont un caractère nettement catholique. Les catholiques Fe RARES allemands ont aussi quatre publications quotidiennes,
me dans à ï outre de nombreuses revues hebdomadaires (1). Les
ligation t naturel nm —— ns, faire 1. D'après le Catholic Directory, sur 268 publications cathole dire liques aux États-Unis, 42 sont en langue allemande, 172 en
langue anglaise. Les 54 autres se publient en français, en
SRE PRE ETS
‘atholiques polonais ont trois feuilles quotidiennes, dont une à deux édilions par jour, et les catholiques bohémiezs, deux.
Tant que les catholiques des États-Unis n'auront pas une presse catholique quotidienne de langue anglaise, ce serait un acte de folie criminelle que de vouloir faire disparaître les autres langues qui sont le véhicule quotidien de la pensée catholique. On a fuit quelques efforts ou, pour parler plus exactement, on à quelquefois parlé de créer des journaux catholiques de langue anglaise. Et, chose remarquable, ce sont des prêtres allemands qui ont le plus fortement insisté sur la nécessilé de pourvoir à ce besoin social. C’est qu'ils voient le danger : la jeune génération s'anglicanise ou s'américanise de plus en plus et menace d'abandonner entièrement l'usage de l'allemand. Ces prêtres clairvoyants disent : Si nos jeunes gens n'ont à lire que les tristés feuilles quotidiennes qui se publient actuellement en anglais aux États-Unis, nous verrons beaucoup d’entre eux grandement exposés à perdre entièrement la foi ou à tomber du moins dans le doute.
Mais l'appel de ces prêtres zélés n'a eu que bien peu d'écho et aucun résultat pratique. Les catholiques de langue anglaise, aux États-Unis, semblent, depuis quelques années surtout, s’immobiliser dans une admiration incompréhensible devant la constitution et le drapeau éloilé. Toutes leurs énergies se concentrent sur un point : affirmer leur américanisme, prouver aux américains que les catholiques sont profondément
tchèque, en polonais, en espagnol, en flamand, en slave et en magyar.
idiennes, tholiques
uront pas anglaise, e vouloir le véhin a fuit nent, on à tholiques , ce sont nt insisté cial. C'est n s'anglit menace nand. Ces xens n'ont es qui se Jnis, nous exposés. à joins dans
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, Fe \ LA QUESTION DES NATIONALITÉS. 291
loyaux envers la république de Washington. Cela, nous l'avons vu, n'améliore guère la position de l'Église vis-à-vis du pouvoir ; et pendant que l'on :s'épuise à crier son patriotisme sur les toits, des œuvres qu'il serait urgent d'entreprendre en vue du salut des âmes, restent en souffrance.
Les assimilateurs poussent parfois les choses tellement loin qu'il en résulte un vrai scandale. C'est ainsi qu'en 1891 le révérend John Gmeiner (1), du clergé de Saint-Paul, publia, sous les yeux de Mgr Ireland, et avec son approbation, a-t-on dit, une brochure intitulée : The Church and foreignism, et dédiée « Aux Amis de l'Amérique. » Il y soutenait la thèse qu'il faut êlre américain d'abord, catholique ensuite. A la page 33 et encore à la page 35, il reproche aux catholiques allemands du Wisconsin d'avoir repoussé l'odieuse loi, scolaire Bennett, qui violait les droits sacrés des parents et que les évêques du Wisconsin avaient courageusement dénoncée comme un attentat à la vraie liberté. Répondant à l'appel de leurs pasteurs, les catholiques du Wisconsin s'unirent aux protestants respectueux des droits des parents, et envoyèrent à. la législature de l'État une majorité hostile à la législation tyrannique. Eh bien! c'est cette campagne admirable, hautement louée par les Journaux catholiques, que l'auteur du pamphlet flétrit comme une victoire odieuse sur l'américanisme, comme une tache qu'il faut effacer à tout prix. Il faisait virtuellement passer l'américanisme avant les
4. Évidemment d'origine allemande. C'est une exception à la règle, car les assimilateurs portent généralement ges noms irlandais, Corruplio. oplimi pessima !
nn
droits de la religion et des parents, l'américanisme qui a enfanté l'école sans Dieu et qui voudrait faire accaparer entièrement les droits des parents par l'État. :
Voilà à quels excès le désir de flatter les américains porte certains catholiques des États-Unis. Ils auraient besoin de lire et de méditer de temps à autre ces paroles de Brownson, écrites dans l'article de 1873, signalé plus.haut :
« Il fut un temps où je faisais ostentation de mon » américanisme, dans le but de déconcerter l’accusa- » tion qu'un vrai américain ne peut devenir enfant » de l'Église sans cesser de penser et d'agir en ami » sincère de sa patrie. J'ai vécu assez longtemps pour » apprendre à mépriser ces accusations ridicules. » J'aime mon pays... Mais, après tout, ma vraie patrie, » c'est l’Église, et mes compatriotes, la famille des » croyants. »
Malheureusement, les Brownsons sont rares. On l'a vu au premier Congrès catholique de Baltimore, tenu
en 1889. L'élément de langue anglaise y était à peu | près seul représenté. C'était une tentative d'américa- | niser — dans le sens étroit du mot —- l'Église catholique aux États-Unis. Une des « résolutions » votées, |
à la fin du congrès, est ainsi conçue :
. « L'importance des sociétés catholiques et la néces- » sité d'union et d'action commune sont manifestes. » Ces sociétés devraient être organisées sur une base: ll] » religieuse et non point sur une base nationale ou de | » races distinctes. 1l faut toujours se rappeler que » l'Église catholique ne connaît ni nord, ni sud, ni » ouest, ni est, ni race, ni couleur. Des sociétés natio-
enfant en ami ps pour dicules.
patrie, ille des
. On l'a *e, tenu | à peu iméricacathovotées,
\ nécesiifestes.
ne base :
le ou de ler que sud, ni s natio-
» nales, comme telles, n'ont aucune place dans l'Église » en ce pays ; mais, comme ce congrès, elles devraient » être catholiques et américaines (1). »
Vous avez là l'esprit qui anime généralement, aux États-Unis, les catholiques d'origine irlandaise et de langue anglaise, à quelques exceptions près. Ils partent d'un principe radicalement faux. L'Église connaît et le nord et le sud, et l’est et l’ouest, ainsi que toutes les nationalités et toutes les races, au lieu d'ignorer tout cela, comme le prétendent les américanisants. Elle embrasse tous les peuples, elle les aime tous d'un même amour maternel. Et si saint Paul a dit qu’ «il n'y a plus ni Juifs,ni Grecs » (2), c'é‘ait pour marquer, non pas que les nationalités avaient disparu avec la venue du Curisr — puisque dans le même verset il déclare qu’ « il n’y a plus d'hommes ni de femmes », — mais que tous ont part à la même grâce et ne forment plus qu'un seul corps mystique dont JÉSUS-Curisr est le chef.
Oui, l'Église connaît les diverses. nationalités, les diverses races, les diverses langues; elle les respecte et les conserve, car elles sont voulues de Dieu. L'Église c'est la grande université, l'unité la plus absolue dans la diversité la plus étendue. Voilà pourquoi, tant qu'il y aura diverses nationalités aux États-Unis, elle les reconnaitra et fera en sorte que toutes soient également pourvues de salut. Le problème de savoir si une race doit dominer finalement sur toutes les autres et les absorber, ou si les distinctions actuelles doivent se
1. Proceedings american catholic congress, page 128. 2. Epitre aux Galates, III, 28.
perpétuer, est un problème politique el social qui ne pourra se résoudre qu'avec le temps. L'Église n'interviendra dans la solution de ce problème qu'autant que son-intervention sera nécessaire pour sauvegarder la foi et les mœurs, protéger la liberté et faire respecter les lois de la charité chrétienne.
Malgré la resolution votée au Congrès de Baltimore, la vérité que cette résolution avait méconnue, fut hautement proclamée au cours des délibérations de ce même congrès. Il y fut dit, en toutes lettres, que
l'Église d'Amérique n'est pas du tout américaine dans
le sens que l'Église de France est francaise ou que l'Église d'Espagne est espagnole. Voici, en effet, les paroles de M. John Gilmary Shea, chargé de lire un travail sur les Congrès catholiques.Parlant de la nécessité d'une organisation dés forces catholiques aux États-Unis, organisation qui r nque absolument, mais qu'il serait possible de cré s'exprima comme suit :
« Bien que les catholiques appartiennent aux divers » partis politiques, cela ne constitue pas un obstacle àune » action cominune. Une plus grande difficulté se trouve » dans la diversité des races : beaucoup de catho- » liques sont allemands, irlandais, canadiens-français, » polonais, portugais, flamands de naissance, et les » descendants de ces immigrants de différentes natio- » nalités restent attachés à la langue et aux idées de » leurs parents; tandis que d’autres ont été absorbés » par l'élément catholique de langue anglaise qui des-
» cend des catholiques anglais établis au Maryland et
» ailleurs, à partir de 1634. À part cela, nous avons » acquis, par voie de traité, des: catholiques de: race
ui ne interit que der la pecter
more, », fut ns de , que dans 1 que 1t, les re un 1écesÿ aux ment, »mme
livers àune rouve ‘athonÇais, et les natio- :es de orbés i desind et avons ‘race
» française et de race espagnole (4), qui parlent encore » le français et l'espagnol et qui restent, en quelque » sorte, isolés, Nous avons aussi nos nègres el nos sau- » vages catholiques. Tandis que les catholiques des » autres pays forment généralemént un corps homo- » gène, ayant la mème langue, les mêmes coutumes, » les mêmes traditions, nous avons ici aux États-Unis » des catholiques de toutes les races et de toutes les » langues, comme la multitude qui entourait les » Apôtres au jour merveilleux de Ia Pentecôte, »
M. Shea constate que cette diversité de races ét de langues a tenu les catholiques des États-Unis isolés les uns des autres et a empêché une action commune, Il exprime l'espoir que le miracle de la Pentecôte se renouvellera et que tous n'auront qu'un cœur ét qu'un esprit (2).
Le moyen de réxliser celte union tant désirée, c'est assurément, pour les successeurs des Apôtres, d'imi'er l'exemple des Apôtres au jour dela Pentecôte. « Et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur donnait dé les parler, » lisons-nous au chapitre IT des Actes. Il faut chercher, non pas à contraindre les catholiques à parler une langue unique, mais à procurer aux fidèles des diverses nationalités des prêtres « capables de soulager leurs nationaux en leur parlant leur propre langue ». Je reviens souvent sur cette phrase apostolique de Léon XII, car elle indique clairement la seule solution chrétienne de la
1. La Floride, la Louisiane, la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique, avec leurs populations catholiques, ont été ainsi annexés aux Etats-Unis.