‹ La Sobriété, conseils pours vivre long-tempsChapitre 10 sur 42 · I. Celse, Ad Thrasyb., cap · texte numérisé non relu

I. Celse, Ad Thrasyb., cap

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a santé produit la véritable vigueur du ùorps, et la vigueur, jointe à un jugement

sions, produit à son tour la véritable valeur.

Art. I". — Le régime àt Pythagorc dans l'Antiquité.

On a anciennement vu des nations belliqueuses ne e que d'herbages et de fruits ; et, si la tempérance pythagoricienne était propre à étouffer le germe des vertus dans ceux qui la pratiquent, on n'eût point vu sortir de l'école de ce philosophe une infinité de personnages non moins célèbres par leur valeur que par la force de leur corps. Parmi les grands hommes que

s histoires grecques et romaines mettaient au nombre des sectateurs de Pythagore, Epaminondas doit être regardé avec raison comme le modèle de toutes les vertus.

Les Romains étaient tellement persuadés de l'utilité

CoRNARO, 5

74 L* régime de Pythagore

et de l'excellence de la nourriture végétale, que, sans parler de plusieurs illustres citoyens qui s'y conformèrent volontairement parmi eux, ils rétablirent dans leur gouvernement par des règlements particuliers. Telles furent la loi Licinia et la loi Fannia, qui limitaient la quantité de viandes dont il était permis de se nourrir et laissaient une entière liberté pour tous les aliments qui se recueillent de la terre.

Horace raconte que Scipion, le fils de Paul Emile, et Caius, descendus des grandeurs où leur mérite les avait élevés, goûtaient les délices d'une conversation amicale, en attendant qu'on leur préparât leur repas de légumes.

Horace pratiquait lui-même la tempérance pythagoricienne, apparemment sur l'avis de Musa, qui était son médecin.

Ovide * fait l'éloge des fruits et condamne l'usage de se nourrir de la chair des animaux.

Quelques empereurs romains ne dédaignèrent pas d'observer cette sage méthode, se conformant en cela au sentiment des philosophes et des médecins les plus éclairés de leur temps. C'est par l'usage de la laitue qu'Antonius Musa opéra cette célèbre guérison d'Auguste, pour laquelle il fut honoré d'une statue publique à Rome 2. C'est d'après les -conseils de ce sage médecin que ce prince se soumit sans peine au

i. Ovide, Métamorphoses, i5.

2. Auguste ne borna point là sa reconnaissance. Il fit à Musa des largesses considérables et lui accorda le privilège de porter un anneau d'or, ce qui était à Rome la plus grande marque de distinction ; tous les médecins de l'empire furent pour toujours exempts de toutes impositions.

Devant l'histoire.* 75

fégime simple et frugal de Pythagore, régime qui consistait en du pain trempé dans Peau froide et des grenades l.

Dioclétien s'estimait plus heureux dans son jardin, où il plantait ses choux, que dans son palais à Rome.

On remarque la même façon de penser dans tous les auteurs latins qui ont eu quelque connaissance de la physique.

Galien et Plutarque sont exprès là-dessus : ce dernier surtout a relevé plus fortement que personne les inconvénients de la nourriture animale 2.

« Tu me demandes , disait Plutarque , pourquoi Pythagore s'abstenait de manger de la chair des bêtes ; mais moi, je te demande au contraire quel courage eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, etc. »

Art. II. — Le régime de Pythagore dans les temps modernes.

Sans recourir à des temps si reculés, n'a-t-on pas vu des personnes et même des peuples recommandables par l'esprit, la force et la valeur, ne vivre que d'herbages et de fruits?

Les Japonais, cette nation qui ne craint ni le danger ni la mort, ne mangent d'aucune sorte de viandes.

Garcilaso3 raconte que les aborigènes du Chili et du Pérou étaient des mangeurs de plantes, et que ces

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