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Rousseau, Emile

78 Le régime de Pythagore

tous à des nourritures végétales, telles que le laitage, la pâtisserie, les fruits, etc. »

« Nous vivrions aussi sains que les vaches de nos pâturages, disait le docteur Lamb, si nous voulions nous nourrir comme elles. »

Bernardin de Saint-Pierre a usé rigoureusement du régime des herbes pendant dix années de sa vie, et c'était précisément l'époque où il composait Paul et Virginie.

Montyon a dû une longue vie à ce régime; il a vécu quatre-vingt-sept ans *.

Benjamin Franklin, qui a également vécu en végétarien pendant quelques années, a approché de ce terme.

J.-A. Gleizès 2 a traité la question d'un point de vue élevé.

« Je me propose de démontrer, dit-il :

« i° Que l'homme n'est point animal de proie; qu'il est, au contraire, par sa nature, la plus douce de toutes les créatures, ainsi que devait l'être la dernière et la plus noble expression d'un Dieu grand, bon et juste ;

« 2° Que le meurtre des animaux est la principale source de ses erreurs et de ses crimes, comme l'usage de se nourrir de leur chair est la cause prochaine de

i. Montyon, et non Monthion ni Monthyon comme on Ta écrit quelquefois (Antoine-Jean-Baptiste Auget, baron de), né le 23 déc. 1733, mort à Paris, le 29 déc. 1820.

2. Gleizès, Thalysie ou Système physique et intellectuel de la nature (avec cette épigraphe : Intrandum est in rerum naturam et penitus quid ea postules pervidendum Cicero). Paris, 1821, in-8°.

Devant l'histoire. 79

sa laideur, de ses maladies et de la courte durée de son existence ;

« 3° Que cet état d'égarement est dans une opposition directe avec sa destinée ultérieure qu'il empêche : je veux parler de son immortalité dans le sens communément attaché à ce mot, autrement dit la vie hors de la terre, tandis que la privation de cet acte, ou, pour parler au positif, le régime des herbes, développe en lui la beauté, l'intelligence, la vertu et le fruit immortel qui en est le dernier résultat. »

Lamartine, élevé par sa mère dans les principes du végétarisme, fait l'éloge de ce régime l et appelle un égarement, l'habitude de tuer les animaux pour en manger la chair. x

Michelet 2 a écrit les paroles suivantes toutes en faveur du végétarisme surtout dans son application à l'éducation des enfants :

« Une révolution s'est faite; nous avons quitté le sobre régime français, adopté de plus en plus la cuisine lourde et sanglante de nos voisins, appropriée à leur climat (?) bien plus qu'au nôtre. Le pis, c'est que nous infligeons ce régime à nos enfants. Spectacle étrange de voir une mère donner à sa fille, qu'hier encore elle allaitait, cette grossière alimentation de viandes sanglantes, et les dangereux excitants, le vin, l'exaltation même, le café! Elle s'étonne de la voir violente, fantasque, passionnée. C'est elle qu'elle en doit accuser.

« Ce qu'elle ne voit pas encore, et ce qui est bien

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