‹ La Sobriété, conseils pours vivre long-tempsChapitre 24 sur 42 · Seconde Quest., XIV, art · texte numérisé non relu

Seconde Quest., XIV, art

2. Il faut cependant convenir que le plus sûr serait sans doute de ne se faire servir précisément que ce que permettent les bornes d'une tempérance exacte. On n'en aurait pas moins de mérite.

172 Moyen de vivre plus de cent ans.

que si la plupart de ces saints solitaires s'en abstenaient, et qu'ils se contentassent de pain et de sel, ou de quelque fruit, il ne tînt qu'à eux de manger quelque chose de plus ou de s'en abstenir, et qu'en cas qu'ils s'en abstinssent par mortification, et dans la seule vue de Dieu, ils n'en eussent que plus de mérite. Il est plus difficile de s'abstenir d'un mets que Ton a devant les yeux, dont on peut user, et qui par sa présence excite l'appétit, que s'il n'était pas présent.

On peut voir là-dessus quantité d'autres choses dans Jacques de Paz, sur la mortification des sens !.

C'est une faible objection de dire que l'on donne ces choses pour récréer en quelque manière la nature. Cette récréation ne consiste pas à passer considérablement les bornes ordinaires de la tempérance, mais à réjouir le goût par l'agrément et la variété de ces viandes que l'on ne donne que rarement, et toujours selon la mesure de la sobriété, en sorte que l'appétit ne soit pas entièrement rassasié 2. Dans quelques occasions que ce puisse être, pour peu que l'on passe les bornes d'une exacte tempérance, c'est toujours un mal : et c'est les passer que de manger de telle sorte que l'estomac ne puisse plus si bien digérer.

1. Jacques de Paz, De la mortification de l'homme extérieur, t. II, liv. III.

2. On peut ajouter à cela ce que dit saint Augustin : que Dieu n'a attaché quelque sorte de plaisir à l'usage de certaines fonctions purement animales, que pour lever en nous la répugnance naturelle que nous n'aurions pas manqué d'y avoir sans cet adoucissement; mais que, s'il y a des choses que l'on ne puisse faire sans plaisir, on ne doit au moins rien faire dans la vue de ce plaisir.

SEI'T KEGLES I

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