Plutarque, Du soin de conserver la santé
3. Mais il faut remarquer que ce fromage est d'ordinaire tout frais, et par conséquent bien moins malfaisant que les autres.
186 Moyen de vivre plus de cent ans.
ment; ils ne laissent pas d'être sains et robustes et de vivre très longtemps *.
On le peut voir encore dans l'histoire des anciens Pères des déserts et de tous les religieux de ce temps-là.
La sixième règle est de s'abstenir de viandes trop variées et assaisonnées d'une manière trop recherchée.
C'est la maxime la plus commune des médecins.
Cette variété excite toujours un nouvel appétit ; et, quoique souvent on mange trois ou quatre fois plus que le besoin ne le demande, il semble presque toujours que Ton n'a pas assez mangé.
De plus, comme les différents mets sont de nature différente, peu convenables au tempérament, et souvent contraire, parmi ces divers aliments, les uns se digèrent plutôt que les autres; c'est ce qui cause de prodigieuses crudités dans l'estomac, et quelquefois des indigestions, des enflures, des coliques, des obstructions, des maux de reins, la gravelle, etc. Cet excès donc, et cette diversité de nourriture, causent, dans toute la masse du chyle dont se forme le sang, des crudités qui ne peuvent que se corrompre.
Disarius, qui était un savant médecin, et Socrate * conseillent de s'abstenir de ces sortes de mets et de boissons, qui excitent l'envie de manger et de boire au delà même du nécessaire.
Valériola, fameux médecin, dit « que rien n'est plus contraire à la santé qu'une nourriture trop abondante et trop diversifiée dans un même repas ».
i. Voy. Régime de Pythagore, p. 76.