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LA CURÉE ; LE NÉPOTISME

major de la rue Royale, jusqu'au jour où l'amirauté lui procura une belle place dans l'industrie privée. Le gendre Jaurès est nanti d'un fromage dans les Finances. Sept parents Jaurès ont été nommés ou promus dans diverses administrations (notamment les P. T. T.), en violation de tous les règlements...

Pour lui-même, M. Jaurès préfère l'argent liquide : jusqu'à 35.000 francs de Fonds secrets par mois sous le ministère Combes, et les subsides de l'Allemagne, de la banque juive, des industriels ou financiers qui souhaitent des décorations, des remises de peines, des concessions de travaux publics.

Le secrétaire intime de M. Jaurès, le camarade Bilange, a été casé dans les coulisses de l'Opéra, sérail subventionné. Ensuite, on l'a bombardé sous-préfet à Soissons (janvier 1913).

Un secrétaire de la rédaction de la Petite République socialiste avait été nommé directeur de prison à Nancy. Un secrétaire de la rédaction de VHumardté, M. Amoretti, a été nommé bibliothécaire au ministère de la Marine par M. Thomson.

M. Gabriel Deville, collaborateur et ami de M. Jaurès dans ses journaux et dans ses compilations de librairie, témoin dans le mémorable duel aux balles de mercure avec Paul Déroulède, a été nommé ministre plénipotentiaire à Athènes.

M. Bertrand a été nommé consul général.

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M. de Hault de Pressensé a obtenu pour son frère une trésorerie générale : le gros lot.

M. Mirman est devenu directeur de l'Hygiène publique (25.000 francs) , M. Fournière, professeur de socialisme (!) à l'Ecole polytechnique ; M. Lavy, secrétaire de la Société de navigation asiatique (12.000 francs), Commissaire du gouvernement à la Société des Chemins de fer éthiopiens (12.000 francs) et à la Société des câbles sous-marins (6.000 francs). Les moindres domestiques de M. Jaurès ou des autres seigneurs unifiés accaparent les perceptions, places d'inspecteurs en tout genre et recettes buralistes.

« Le socialisme, avaient-ils déclaré, c'est vingt ans de profits ».

Les contribuables admirent, et payent.

La Guerre Sociale avait commencé (novembre 1909) un relevé des faveurs arrachées au Gouvernement « bourgeois » et aux ministres « renégats » par les apôtres de VEumanité : Croix d'honneur, palmes, nominations de facteurs, d'instituteurs, de gendarmes, grâces de condamnés, commandes à des marchands, tours de faveur aux adjudications, etc., etc.

Brusquement, la Guerre Sociale s'arrêta...

Le plus beau cas

de népotisme

Le contre-amiral Jaurès

Avant que son frère fût « une terreur » dans les ministères, M. Louis-Marie Jaurès moisissait dans ce qu'on appelle les « Dix-sept ans de grade », c'est-à-dire parmi les lieutenants de vaisseau qui avanceront à l'ancienneté. Il était pourtant « fils d'archevêque », neveu d'amiral ; mais son incapacité professionnelle et son caractère lui interdisaient tout espoir de promotion.

Une fois montée la machine aux chantages, les galons, les croix, les hautes payes, les postes de choix tombent comme grêle sur l'officier indigne. A chaque faveur, il est l'auteur d'une nouvelle catastrophe dans la Marine ; à chaque catastrophe, il est l'objet d'une nouvelle faveur.

Commandant le Galilée, il avait envoyé délibérément à la mort (15 avril 1903) deux gabiers bre-

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tons, Jean Sanquer et Joseph Quillon. Il n'avait pas même fait mettre un canot à la mer pour . recueillir leurs corps palpitants. La presse socialiste, si attentive aux « crimes des galonnés » organisa le silence. On jeta quelques écus aux familles des victimes ; le meurtrier fut mis « en congé avec solde entière «.

A Cherbourg, commandant la défense mobile, M. Marie Jaurès se risqua une seule fois dans un sous-marin, le Français. Dès la plongée, il s'évanouit de peur et souilla d'excréments son uniforme. Il fallut que son second, M. Benoist d'Azy, ramassât cette loque humaine, la fît sortir de l'arsenal par une porte dérobée, l'emportât dans un fiacre pour être nettoyée.

A Toulon, quand Yléna commença de faire explosion, M. Jaurès était dans l'arsenal ; tandis que ses collègues accouraient sous la mitraille de débris, ce capitaine de vaisseau se tapit derrière un groupe de chaudières, puis s'enfuit à toutes jambes.

A Fort-de-France (Martinique), le 22 janvier 1910, l'escadre de l'amiral Aubert faisait du charbon ; M. Jaurès fut incapable de conduire son bâtiment au wharf où abordent sans difficulté les grands transatlantiques ; il défonça les quais, brisa ses embarcations, précipita des hommes à la mer ; ensuite, il se déclara incapable de sortir ; il fallut qu'un jeune capitaine de bateau marchand tirât la Gloire d'embarras. Tous les marins anglais, américains, hollandais, présents

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sur la rade, crevaient de rire à ce spectacle.

Capitaine de vaisseau, officier de la Légion d'honneur, commandeur de VOsmanié, en récompense des services que son frère rendait au sultan rouge Abd-ul-Hamid, M. Marie Jaurès bravait les mépris de ses camarades et de ses chefs.

A l'époque où il commandait la Gloire, dans la deuxième division de l'escadre du Nord, vous n'avez qu'à feuilleter les journaux pour lire :

16 janvier. — Le cuirassé Gloire, commandé par le capitaine de vaisseau Jaurès, sorti pour des exercices de lancement de torpilles, ramène treize blessés, dont six grièvement atteints. Le vice-amiral Jauréguiberry s'est rendu auprès des victimes.

28 janvier. — Le croiseur cuirassé Gloire, commandé par M. Jaurès, aux exercices de tir dans la baie de Quiberon, a perdu ses deux ancres. Il a dû rentrer au mouillage.

4 février. — Au retour du croiseur Gloire, de Goubran où il avait exécuté des tirs, on a constaté une fêlure d'un cylindre de haute pression. Les réparations ont commencé.

6 juillet. — Le croiseur cuirassé Gloire, commandant Jaurès, effectuait des essais au large de Brest lorsqu'une avarie aux chaudières le força de stopper. Il sera remorqué à Brest et entrera en réparation.

31 août. — Au polygone naval de Quiberon, le croiseur cuirassé Gloire, commandant Jaurès, commença les tirs d'artillerie légère. Le croiseur cuirassé Marseillaise, battant pavillon d'^ contre-amiral Au-

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bert, appréciait les tirs. Soudain, Tun des canons de la Gloire prit la Marseillaise pour cible. Le navireamiral reçut cinq ou six projectiles. L'un des obus atteignit la coque à l'avant, à la hauteur de la machine ; il alla éclater dans l'intérieur du bâtiment. L'équipage ne se trouvait pas dans cette partie du navire, sans quoi il y aurait eu à déplorer de nombreuses victimes ; un marin fut cependant blessé par les éclats. Le contre-amiral Aubert s'est rendu à bord de la Gloire pour ouvrir une enquête...

11 septembre. — Aux exercices de lancement de torpilles dans la baie du Fret (rade de Brest), la Gloire a perdu complètement une torpille d'une valeur de 12.000 francs.

27 septembre. — Le croiseur cuirassé Gloire, se rendant de Quiberon à Brest, s'est échoué sur un haut-fond près d'Hoédic. Cet accident date de plusieurs jours, mais il avait été tenu secret.

A la même époque, une commission d'enquête essayait de tirer au clair des attentats commis antérieurement sur la Gloire. Dans une traversée de Cherbourg à Brest, la machine centrale et l'arbre de couche avaient été sabotés. Le chef d'état-major présida l'enquête. Pour sauver le commandant Jaurès, on fit le silence sur le résultat des interrogatoires...

Le 4 septembre 1911, à la grandiose revue navale de Toulon, sous les yeux de quatre-vingts équipages et d'un peuple innombrable, l'incapacité de M. Jaurès mit en péril deux cuirassés d'un

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