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LE PLUS BEAU CAS DE NEPOTISME

coup : la République qu'il commandait, et le Pothuau, qu'il tenta d'éventrer.

Trois semaines après, la Liberté, commandée par M. Marie Jaurès, sautait en rade de Toulon avec : trois cents marins ; l'explosion mettait hors de service pour de longs mois les autres croiseurs cuirassés de l'escadre légère ; et le cadavre de la Liberté « embouteillait » la flotte. Les rapports avec l'Allemagne étaient à ce moment très tendus ; la guerre menaçait...

Le commandant Jaurès était parti en congé quelques jours plus tôt.

Avant d'abandonner son navire, il avait rédigé un rapport officiel affirmant Vexcellent état, V excellente tenue des poudres et Vinutilité absolue de prendre aucune précaution nouvelle. Ecrit de sa main, signé de son nom, à la veille de la catastrophe.

La discipline était si relâchée à bord du bâtiment que le commandant en second couchait en ville, que cent matelots se jetèrent à la nage dès la première alerte, qu'aucun ordre ne fut donné pour noyer les soutes. La Liberté a péri par le commandement de M. Jaurès beaucoup plus que par la déflagration spontanée de ses poudres.

Comparez le drame de Vléna au drame de la Liberté.

En novembre 1906, pour la troisième fois, le commandant Adigard dénonçait dans un rapport l'instabilité des poudres et le péril que courait son bâtiment. Le ministère jeta le rapport

dans un carton. Mais M. Adigard entendait partager le sort de ses hommes. Ayant prévu et prédit l'explosion, il resta sur Vléna et périt avec cent dix-sept marins.

Le commandant Jaurès, plus renseigné encore que M. Adigard, puisqu'il avait comme exemple la perte de Vléna, se porte garant que les mauvaises poudres sont excellentes. Aussitôt après, il se sauve dans le Tarn, livrant son équipage à la mort.

« Qu'importe les victimes ! » dit le Jaurès de VEunnanité quand il ordonne une chasse au renard ou qu'il condamne à la famine, pour un coup de Bourse, trois mille familles de cheminots.

« QuHmpoTte les victimes ! » aura dit le Jaurès de la Liberté en rédigeant l'arrêt de mort de trois cents marins, avant de filer en villégiature.

Au mois de décembre 1911, le Conseil de guerre maritime de Toulon, selon la coutume, acquitta le chef coupable et ses lieutenants.

Le vice-amiral Jauréguiberry, qui avait étouffé à Brest les enquêtes sur le sabotage criminel de la Gloire et sur le bombardement de la Marseillaise, par le commandant Jaurès, ne pouvait que jouer le même rôle à Toulon.

Gomme le mécanicien-chef Funereau affirmait que « vingt hommes bien commandés, en douze minutes » auraient pu noyer les soutes et sauver la Liberté, l'amiral Jauréguiberry lui imposa silence avec fureur.

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Ce témoignage était capital : il établit — quelle que soit la version admise au sujet des poudres et au sujet d'un crime — que la Liberté a été perdue par V anarchie qui régnait à bord, par la démoralisation de Véquipage, par la défaillance des chefs. Le commandant Jaurès était en balade, et il n'avait pas assuré la transmission des pouvoirs ; le commandant Joubert, qui devait être à bord, couchait en ville, etc.

Mais les camarades acquittent les camarades, à charge de revanche.

M. Marie Jaurès, fier de tant de désastres, attendait avec confiance les étoiles de contre-amiral.

Il les a reçues, le 10 janvier 1914, du ministère Doumergue, qui achetait ainsi les voix douteuses de la bande Jaurès, en prévision de l'imminent assaut du parti Briand.

On peut donc répéter que chaque promotion du nouvel amiral fut le prix d'un chantage de son frère. Pour obtenir le silence de V Humanité et du groupe socialiste unifié sur les gabegies, les concussions, les trahisons de la rue Royale, les ministres de la marine ont comblé de honteuses faveurs le lâche, incapable et criminel commandant du Galilée, de la Gloire, de la Liberté.

Un parti d'assassins

Le Parti Socialiste « Unifié :> déclame contre les horreurs de la guerre.

Il déclame aussi contre la peine de mort appliquée aux criminels.

Les plus atroces bandits, l'immonde Soleilland, le sanglant pédéraste Renard, les satyres meurtriers comme Sylvain Laroche, ont trouvé dans M. Jaurès et dans ses collaborateurs de chauds avocats, même de chauds apologistes.

A la tribune, devant la mère de la petite victime, M. Jaurès se déclarait uni à Soleilland par « la solidarité humaine ». A l'occasion de chaque exécution capitale, il jette des cris d'indignation dans des articles sensationnels : UOrdre par la Guillotine ! ! (1°" juillet 1910), Honte nationale ! (11 janvier 1909), la Castillarde ! Un crime ! (Châtiment du criminel).

L'exécution de quatre affiliés de la bande Follet, qui avaient commis 18 assassinats et 118 vols, a été qualifié d' « infamie » par V Humanité. Toutes les fois qu'il s'agit d'un scélérat, les socialistes

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du Parti clament que la vie humaine est sacrée...

Or, M. Jaurès et ses acolytes de VHumanité ont commandé, machiné ou célébré comme des actions glorieuses une infinité de meurtres.

M. Jaurès est un assassin, fauteur de vingt assassinats, apologistes de mille assassinats.

C'est VHumanité qui a, la première, organisé la chasse aux Renards, préconisé l'usage de la « chaussette à clous )) et de la « machine à bosseler », c'est-à-dire l'assassinat des ouvriers qui veulent nourrir leurs femmes et leurs enfants, plutôt que de faire grève sur l'injonction d'un politicien.

C'est VHumanité qui a poussé, par ses excitations furieuses, les ouvriers de Draveil et de Villeneuve-Saint-Georges sous le sabre des dragons.

En 1909, M. Jaurès et VHumanité ont fait assommer à Vigneux (5 juillet) sept ouvriers non grévistes.

En 1910, M. Jaurès et VHumanité ont fait assassiner au Havre (10 septembre) le charbonnier Louis Dongé, qui laissa une veuve et trois orphelins,

La même année, M. Jaurès et VHumanité ont assassiné à Eragny (17 octobre) le mécanicien Meheust, qui laissa une veuve et deux orphelins. (Ce malheureux se pendit pour échapper aux tortures que lui infligeaient les « chasseurs de renards »).

Au cours de l'émeute organisée par VHumanité en l'honneur de Ferrer (13 octobre 1909), M. Jau-

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rès, dans son automobile, présida au meurtre de l'agent Dufresne, qui laissa une veuve et un orphelin.

A Toulouse (4 août 1907), les acolytes de M. Jaurès saisirent le capitaine de gendarmerie Vallin et lui crevèrent les yeux avec des tessons de bouteille. Le lamentable aveugle ayant reçu comme consolation (?) la croix d'honneur, le journal local de M. Jaurès en fit de sauvages plaisanteries :

Cette croix d'indemnité de travail, disait-il, est tellement éblouissante que le corps électoral en a perdu la vue.

A Maisons-Laffitte, M. Jaurès et VHumanité ont fait assassiner (13 novembre 1911) le jeune terrassier Merck. Le 2 juin, ils avaient fait assommer, à la gare des Batignolles, quatre ouvriers non syndiqués.

Un jour, le « Jaune » assailli par les assassins de la bande Jaurès osa se défendre ; il s'appelait Jean Brunaud, charpentier ; il blessa mortellement l'un des agresseurs, Paul Armand.

Le mort laissait six enfants. M. Jaurès, qui l'avait envoyé au crime et au trépas, donna 20 francs pour les six orphelins.

Le 15 octobre 1910, M. Jaurès, ulcéré de voir son ancien camarade Briand au pouvoir sans y monter du même coup, annonçait qu'il le ferait assassiner :

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Sans doute, nul ne songe à faire payer à Fallières les coups de force de son ministre. Il ne sera pas sur ce point atteint comme Carlos, le gras monarque. Car nous le savons particulièrement irresponsable, le pauvre homme.

A notre vindicte, Briand suffira. Nous avons été ses élèves, pleins de conscience et de mémoire. Nous le lui ferons bien voir.

Et il n'aura point la consolation suprême de s'en aller, sauf de corps tout au moins, finir dans l'opulence ses méprisables jours.

M. Aristide Briand avait, en effet, maintenu la décision de M. Clemenceau qui supprima la mensualité fournie par le ministère Combes à M. Jaurès et à sa feuille. Cette mesure justifie la vendetta.

L'ancien journal de M. Jaurès, la Petite République demandait alors :

On le voit, M. Jaurès prend ses responsabilités ; mais opérera-t-il lui-même ?

Jamais M. Jaurès n'opère lui-même.

Pendant les tueries de Villeneuve-Saint-Georges et de Draveil, provoquées par ses excitations, M. Jaurès s'en alla « bourgeoisement » prendre les eaux à Contrexéville : car il s'était beaucoup fatigué la vessie aux dîners des comtesses Moldo^ Valaques.

Pendant dix ans, M. Jaurès entretint au Parlement et dans son journal des coupe-jarrets,

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chargés de provoquer en duel ses contradicteurs. Le redoutable escarpe qu'il avait embauché dans le lupanar de la fille Chevalier, le camarade Gérault-Richard, se vantait d'avoir amené sur le terrain vingt hommes désignés à ses coups par M. Jaurès. En attendant le résultat du guetapens, M. Jaurès quittait Paris et se terrait dans son château de Bessoulet.

Par ses ordres et à ses frais, l'apache organisa d'autres assassinats plus lâches, sans publicité.

Au meeting de Tivoli Vaux-Hall, M. Jaurès a promulgué le plan du parti socialiste en cas de guerre contre l'Allemagne : le massacre « révolutionnaire » du gouvernement et des généraux français.

Il n'a jamais cessé de hurler dans les banquets et dans les meetings :

Ils sauront bientôt que nos balles Sont pour nos propres généraux !

Du Maroc, le sultan Moulay Hafid faisait appel à l'appui de son ami M. Jaurès, et lui envoyait des babouches brodées d'or. Moulay Hafid était l'atroce bourreau qui déchiqueta le caïd Hadj ben Aissa pour l'obliger à livrer ses trésors, qui faisait couper le sein aux femmes et qui couvrait les plaies de sel. M. Jaurès le protégeait.

Du sultan rouge Adb-ul-Hamid, exterminateur des Arméniens et des Jeunes-Turcs, M. Jaurès obtint la plaque de l'Osmanié (en fait, une poignée de diamants), pour son frère Marie Jaurès.

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Tantôt les excitations ou les ordres d'assassinat émanent de M. Jaurès lui-même ; tantôt, ils émanent de ses acolytes. Mais il en a toujours la responsabilité principale, et il s'en fait gloire.

A la séance du 26 mars 1909, interpellé par M. Simyan, qu'il diffamait chaque jour de la plus atroce façon, il répondit :

M. Jaurès. — Il paraît que, depuis quelques instants, M. Symian est ressuscité...

M. le Sous-Secrétaire d'Etat. — Ressuscité pour me mettre en face de vous, M. Jaurès.

M. Jaurès. — Je prends envers vous et envers tous la responsabilité de ce qui s'écrit sous ma direction... [Humanité du 27 mars 1909.)

[Journal Officiel, même date, p. 878, col. 3.)

Il a toujours glorifié ou préconisé l'assassinat comme le meilleur procédé d'action politique.

Dans sa bouffonne histoire de la Révolution, il se délecte au spectacle des tueries. Soit qu'il raconte la mort de Flesselles, prévôt des marchands, tué d'un coup de revolver (en 1789 !!!), ou qu'il immagine l'ordure la plus immonde, pour expliquer la mort du petit martyr du Temple, il montre une joie sadique.

Et les septembrisades le font rire.

Des centaines de malheureux sont arrachés des prisons par une populace furieuse, assommés, égorgés, déchiquetés avec des raffinements de cruauté ; le sang coule à pleins ruisseaux ; la douce et délicieuse princesse de Lamballe est

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mise en pièces ; les lambeaux de son cadavre sont souillés par d'ignobles scélérats, des mégères lui arrachent le cœur et les entrailles, sa tête est promenée au bout d'une pique devant la fenêtre de Marie-Antoinette prisonnière.

Et le directeur de V Humanité, ricanant, écrit :

Déplorables boucheries, qui ont ému les âmes -faibles, et déchaîné contre la commune des révoltes de 'pitié grossière.

M. Jaurès a des enfants. Si nous les voyons finir comme le petit Dauphin et comme la princesse de Lamballe, si nous les voyons salir par un drôle comme leur père, nous croirons enfin à la Justice immanente.

L'attentat de l'anarchiste Vaillant à la Chambre des Députés fut, pour les socialistes, l'occasion d'une apothéose de la guillotine.

L'anarchiste Vaillant, avec son pétard inoffensif, n'avait tué personne. Il avait simplement égratigné l'abbé Lemire, aumônier du Bloc. En une minute, la Chambre se vida dans les couloirs, avec des hurlements d'épouvante et des gestes fous. Les huissiers durent ramener les fuyards par le collet, pour que M. Charles Dupuy prononçât son mot historique. Les journalistes de la tribune et les spectatrices même des galeries n'avaient pas bronché : les députés seuls avaient été pris d'une écœurante panique.

Le geste de Vaillant gênait les combinaisons

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électorales de la bande Jaurès, qui craignait d'être solidarisée avec les anarchistes et les révolutionnaires.

Pour parer le coup, les socialist^es exigèrent à grands cris l'exécution du pauvre diable.

Dans le Socialiste, le conseil national du Parti déclara :

La première chose à faire après un attentat, c'est de supprimer Fauteur, bien entendu, et de faire dès le début la prophylaxie de la maladie.

Le camarade Fournière réclama la destruction « des monstres ».

Le camarade Rouanet dénonça « le forfait odieux, stupide et lâche » et « les misérables détraqués de l'anarchie ».

M. Jaurès, plus enragé encore, fulmina contre « ces attentats qui sont doublement criminels, puisqu'ils sont meurtriers et lâches ». Et pour rendre Vaillant odieux, il publia dans sa feuille des informations de police :

Vaillant est très gai (dans sa prison), se fait servir un bon dîner, au cours duquel sa bonne humeur ne l'abandonne pas un instant.

On lui fait remarquer que sa femme et son enfant sont dans la misère. (( Bast ! répond-il, elles y étaient bien auparavant. »

... Il a des antécédents judiciaires ; il a déjà .subi de cinq à six condamnations pour mendicité ou vol.

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Et Vaillant, qui n'avait pas tué, fut tué — parce que son exécution servait les combinaisons politiques de la bande Jaurès.

UHumaniié a toujours approuvé le régicide.

L'assassinat des rois d'Italie, de Portugal, des premiers ministres d'Espagne, de Russie, des grands ducs, gouverneurs, généraux, fonctionnaires de tout ordre en Russie et ailleurs a toujours été présenté dans VHumanité comme une action légitime, glorieuse.

Sans trêve, depuis vingt ans, M. Jaurès fait le métier d'agent provocateur.

Devant la Cour d'assises de la Seine, le 31 décembre 1907, ayant assumé la défense de quelques jeunes antimilitaristes, nous exposions ainsi son rôle :

Il y a quelques semaines, au moment du dernier procès antimilitariste, dans une réunion tenue o„u Tivoli-Vaux-Hall, un homme avait dit :

<c Le devoir des prolétaires c'est de ne pas gaspiller leur énergie au service d'un gouvernement de crimes, c'est de retenir le fusil dont les gouvernements d'aventure auront armé le peuple, et de s'en servir, non pas pour aller fusiller, de l'autre côté de la frontière, des ouvriers, des prolétaires, mais pour abattre révolutionnairement le gouvernement de crimes ! »

A ce moment m.eme comparaissait ici, devant le jury de la Seine, une autre fournée de jeunes prévenus. Je donnai lecture du discours du Tivoli-Vaux- Hall, et je dis à M. l'Avocat général :

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(( Allez-vous poursuivre ? Non. Vous ne poursuivrez pas. Vous ne poursuivrez pas parce que l'homme qui parle ainsi est un personnage important, un ancien vice-président de la Chambre, le plus gras des bourgeois, le plus corrompu des capitalistes, appuyé par la haute finance juive de Paris et de Berlin, assidu des galas élyséens et royaux. Vous ns poursuivez pas. Mais vous nous amènerez une nouvelle fournée de petits garçons candides, ingénus, qui auront cru <( que c'était arrivé » et qui se seront exercés dans la crédulité de leur cœur, à répéter les paroles du gros personnage. »

Eh bien ! monsieur l'avocat général : eh bien ! messieurs les jurés, ma prédiction s'est réalisée littéralement. L'homme n'a pas été poursuivi. Le gouvernement et le parquet lui ont ainsi décerné um certificat en règle d'agent provocateur. Et l'on nous amène aujourd'hui, pour la prison, la fournée annoncée de braves garçons naïfs, ingénus, qui ont répété les paroles du provocateur.

M. VAvocat Général, — Je ne sais pas de qui vous voulez parler. {Rires dans la salle.)

M« Urbain Gohier. — Monsieur l'Avocat Général est presque aussi candide que mes jeunes clients. Tout le monde a reconnu, au portrait que j'en ai tracé, le citoyen Jaurès.

Relisez le manifeste qu'on leur reproche. Ce sont les mêmes idées, les mêmes termes. Avec une différence, toutefois. L'agent provocateur visait le cas de la guerre extérieure, et il recommandait le meurtre des gouvernants et des chefs pour empêcher la défense nationale. Tandis que ces jeunes gens visent seulement, dans leur affiche, le cas de grève et de troubles civils, où l'on voudrait les faire tirer sur

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leurs frères, sur leurs camarades. Leur acte est donc infiniment moins grave. Mais c'est ceux qu'on va mettre en prison, tandis que l'autre continuera de parader dans les galas royaux et dans les salons de la haute finance.

Messieurs les jurés, vous avez légalement le droit de condamner ces jeunes gens, parce que vous avez légalement le droit de condamner toute créature qu'on vous amène ici. Mais je dis que, moralement, vous n'avez pas le droit de condamner ceux-ci, vous n'avez pas le même droit de les juger, d'examiner leur cas, tant qu'on n'aura pas amené sur le banc des assises, avec eux, avant eux, l'agent provocateur qui les a perdus.

Le Parquet n'a jamais fait son devoir.

Mais les orphelins dont M. Jaurès a tué les pères grandissent ; ils se souviendront.

M. Jaurès et ses acolytes exploitent Thumanitarisme, et ils sont un parti d'assassins.

Polémiques

et duels socialistes

En tout temps, surtout en période électorale, M. Jaurès et ses acolytes accablent leurs contradicteurs d'injures et de calomnies.

Depuis vingt ans, M. Jaurès a qualifié d'abjects et d'ignominieux tous les hommes politiques de notre temps. Il a deux méthodes. Quand il parle des femmes, des enfants et des morts, il les outrage directement, personnellement. Quand il parle des hommes vivants, il les outrage « en bloc », par collectivités, par groupes, de manière à pouvoir se dérober aux demandes de réparation. Mais les mots abject, ignominieux viennent dans chacun de ses articles, appliqués à tout ce qui lui fait ombrage.

Et ses collaborateurs se tiennent au même diapason.

Si vous les provoquez en duel, pour obtenir satisfaction de leurs insultes, ils répondent « que le

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duel leur est interdit par les principes et par les décisions de leur Parti ».

C'est un mensonge de plus. Ils refusent le duel quand ils ont peur ; ils l'acceptent quand il leur plaît.

En 1913, M. Alexandre Zévaès, ancien député socialiste indépendant, outragé par M. Edgar Longuet, « militant » du Parti unifié, lui envoya des témoins. M. Edgar Longuet refusa la rencontre en invoquant « les principes socialistes ».

Or, en décembre 1909, M. Victor Méric, rédacteur de la Guerre Sociale (unifiée), s'est battu en duel avec M. Lionel des Rieux. Et V Humanité a publié le résultat de la rencontre (4 décembre).

Dans V Humanité de la veille (3 décembre 1909), on voit que MM. le capitaine Gérard et le baron Stackelberg, rédacteurs à VHumanité (S.F.LO., internationale ouvrière) ont servi de témoins à M. Charles Malato, également rédacteur à VHumanité, pour provoquer en duel le député républicain espagnol Vinardell Roig.

M. Jules Guesde s'est battu en duel avec M. Emile Gautier.

M. Vaillant, avec M. Ernest Gégout.

M. Marcel Sembat, avec le député Boutard.

Durant dix ans, MM. Gérault-Richard et Henri Turot, dans la Petite République socialiste, ont couvert d'injures et provoqué en duel quiconque se permettait de bailler, à la Chambre, quand M. Jaurès était à la tribune. M. Gérault-Richard se vantait d'avoir conduit vingt hommes sur le

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