L HUMANITE
bénéfice de la maison Jaurès.
En aucune circonstance, M. Jaurès n'a contribué de sa poche ; ni les revenus du domaine de Bessoulet, ni les produits de la tournée en Argentine avec Nini Buffet, ne se sont engloutis dans le gouffre.
La menace que M. Jaurès, en pleine Chambre, avait clamée contre la banque juive qui resserrait les cordons de sa bourse — (voir le chapitre Chantages) — a produit un certain effet. h'Eumanité s'est mise à six pages, comme les journaux bourgeois, et elle a fait encore une émission de titres à 25 francs pour masquer l'origine de ses fonds.
Les obligations sont « garanties par le Parti socialiste », remboursables en quarante ans, et portent intérêt à 4 %. Le taux était 6 % pour les actionnaires Juifs, gros financiers ; il n'est plus que de 4 % pour les obligataires de la plèbe.
La Lutte de classe, journal socialiste, publié par un groupe d'unifiés très orthodoxes, analysant dans une série d'articles (sept., oct., nov. 1913) les budgets de VHumanité tels qu'ils étaient présentés au contrôle du Parti, constatait :
— que les faux et les abus de confiance sont d'un usage courant dans l'administration de l'affaire ;
— que, la Caisse étant toujours en déficit, les rédacteurs importants et les administrateurs ont accru de 80 % leurs profits avoués ;
— Que les petits écus arrachés à la misère des
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ouailles socialistes servent à constituer des rentes de 6.000 francs aux « propagandistes » de l'étatmajor.
Ce qui permet de prédire que le budget de la Cité future ressemblera beaucoup au budget de la République bourgeoise.
A plusieurs reprises, des renseignements précis sur les finances du Parti socialiste et de YHumanité avaient été publiés par des journalistes « bourgeois ».
Le Prolétariat les ignorait.
Enfin parurent dans la Guerre sociale, journal d'aspect révolutionnaire, mais socialiste-unifié selon le catéchisme et le Credo du Parti, des révélations décisives. Dès lors, le Prolétariat ne pouvait feindre d'ignorer la vérité ou d'en suspecter l'origine.
Des délégués de la Guerre Sociale, à la suite de polémiques violentes, avaient été admis à jeter un regard dans la comptabilité de YEumanité. Dans les numéros des 16, 23, 30 novembre 1910 de la Guerre Sociale, ils rendirent compte de ce qu'ils avaient vu.
Naturellement, on ne leur avait pas tout montré : ni les caisses à double fond, ni les entrées de pots-de-vin pour lesquels il n'est point délivré de reçu. Mais ce qu'ils avaient vu doit être noté.
Guerre Sociale du 16 novembre 1910 :
Explication du pacte initial de V Humanité, à peu près tel que nous l'avions analysé en 1906 et
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que nous le donnons ci-dessus. Sur la liste, deux nouveaux Juifs, M. Javal et M. Mauss. Mais on apprend que les trois quarts des actions ont été souscrites par des personnages qui sont en réalité les distributeurs d'argent de Rothschild. Donc Rothschild est le principal commanditaire de V Humanité. Le reste du capital est fait surtout par la banque L.-L. Dreyfus.
UHumanité s'installe dans un immeuble du préfet de police Lépine (110, rue de Richelieu), au loyer de 18.000 francs. Si VHumanité paye son terme, quel drôle de journal prolétarien ! Si elle ne le paye pas, c'est que le préfet de police la subventionne.
En deux ans, M. Jaurès et son journal dévorent 560.000 francs, dont 440.000 francs seulement avaient été versés. Alors, le 5 octobre 1906, cri d'alarme, appel de fonds ; en janvier 1907, constitution d'une nouvelle Société, au capital de 200.000 francs, divisé en 8.000 actions. Tous les Juifs restent : ils sont chez eux. Des bourgeois capitalistes fournissent 93.250 francs. Le Prolétariat n'apporte que 51.600 francs, c'est-à-dire le quart du capital.
La plupart des bourgeois capitalistes ont souscrit sous le nom de M. Jaurès, qui détient 95.000 francs d'actions nouvelles, et se trouve ainsi maître du journal pratiquement, comme il en est le directeur politique : donc responsable de toutes les manières.
Guerre Sociale du 23 novembre 1910 :
Gomme beaucoup de journaux « bourgeois », VHumanité loue (1907,1908), son Bulletin financier à un homme de Bourse : à M. Edmond Théry, directeur de YEconomiste européen, adversaire violent des utopies socialistes, distributeur d'argent des grands établissements de crédit, en particulier du Crédit Lyonnais.
M. Edmond Théry paie à VHumanité 19.000 fr. par an, et lui verse 75 % sur le prix de toute publicité financière qu'il apportera (exemples : chemins de fer variés et ponts divers de l'Argentine, du Brésil, du Mexique, comptes- rendus et bilans des Sociétés). En fait, 15.000 francs par an, ajoutés aux 19.000.
L'Humanité s'interdit, de ce fait, toute attaque contre les établissements financiers représentés par M. Edmond Théry.
En 1909, les révélations du journal la Révolution obligent VHumanité de rompre avec M. Edmond Théry.
Mais elle conclut aussitôt un traité de 36.000 francs avec M. J. Comte, mandataire de la maison Eaasenstein et Vogler (Publicité !). Signé pour cinq ans. UHiananité recevra tous les deux ans cinq mille francs de plus, et 36.000 francs de plus (au total 86.000 francs) si elle paraît sur six pages.
h'Humanité s'interdit, de ce fait, toute attaque ou critique contre les établissements financiers, grands magasins, entrepreneurs, municipalités,
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etc., qui sont en relations d'affaires avec Haasenstein et Vogler.
La Guerre Sociale du 30 novembre 1911 réplique à chacune des réponses tentées par VHumanité.
Les commissaires de la Guerre Sociale n'avaient rien vu des pots-de-vin remis directement à M. Jaurès et à ses acolytes : par exemple des 50.000 francs payés par un agent allemand pour une campagne contre les Fonds russes.
Mais leur « rapport » fit sensation.
Il indiquait à M. Jaurès, en concluant, un moyen bien simple de se justifier : « si Rothschild n'est pas le maître de V Humanité, que V Humanité commence une campagne contre Rothschild ! Les occasions ne manquent pas. La grève des cheminots a commencé sur le réseau du Nord, qui est la propriété exclusive de sept Rothschild... »
U Humanité n'a jamais imprimé le nom de Rothschild.
Et c'est la Guerre Sociale qui a cessé de commettre des indiscrétions. Elle est devenue aussi muette que sa consœur.
h' Action française du 12 août 1912 commentait les boniments de V Humanité en quête de souscripteurs :
Enregistrons un bruit qui court : M. Jaurès ne
ferait tant de bruit, il ne demanderait 150.000 francs de souscriptions ostensibles que pour couvrir d'importantes subventions que la Finance cosmopolite et juive lui aurait fait tenir en vue d'étendre son journal, qui sera chargé de troubler le pays au cours de la prochaine tension européenne.
Un mois plus tôt, nous écrivions précisément dans VŒAivre :
Quand le directeur de VHumanité va quêter dans les provinces, offrir son papier d'escroquerie aux gogos, après avoir fait travailler à son profit les demoiselles de la Maison Claretie, après avoir écume jusqu'à Buenos-Ayres avec une chanteuse de musichall — tout le monde sait bien que c'est une comédie.
Les souscriptions seront de fausses sous cri j)tions, destinées à masquer la véritable origine d:s capitaux, qui viennent des banques juives et de la Wilhelmstrasse.
La cause est entendue, n'est-ce pas
Les Socialistes et la (€ Presse bourgeoise >y
Parmi les mensonges que l'Humanité fait avaler chaque jour à ses ouailles, celui-ci frappera particulièrement les journalistes appelés à combattre la bande Jaurès.
Sans relâche, VEumanité prétend se séparer de ce qu'elle nomme avec mépris « la presse bourgeoise ».
Sans relâche, M. Jaurès et ses collaborateurs affectent de se séparer des « journalistes bourgeois ».
Or, d'une part, on voit tout le long de ce volume que VHumanité est le plus « bourgeois » des journaux, si l'on prend le mot « bourgeois » dans le sens péjoratif. Elle imite, elle dépasse les pires exemples de vénalité, de fourberie, de chantage, de calomnie, de mensonge direct ou de mensonge
par omission que l'on ait pu. constater dans la presse contemporaine.
Ses finances et ses pratiques professionnelles la mettent au plus bas degré de ce que son oracle, Zola, nommait « la presse immonde >k
D'autre part, les rédacteurs socialistes de VHumanité sont tous des bourgeois : bourgeois par les origines, bourgeois par la fortune et par les mœurs, bourgeois de culture et d'éducation.
Derrière M. Jaurès, fils et neveu d'archevêque, aussi appointé au total que Fragson ou Mayol, — derrière M. le vidame de Hault de Pressensé, qui faisait le gentilhomme et qui jouait les André de Fouquières dans la Sociale, — M. Bracke, M. Sembat, M. Allard, M. Morizet, M. Dubreuilh et les Q.-M. secondaires, les chroniqueurs littéraires, les sociologues, les artistes, même les simples informateurs du Parlement, du Palais, de la Bourse, du Théâtre, sont des avocats, des médecins, des amateurs bien rentes, des hommes de carrière libérale.
Quand une signature d'ouvrier socialiste ou syndicaliste paraît dans VHumanité, c'est accidentellement, pour la montre.
L'administrateur du journal, M. Renaudel, est un vétérinaire. L'Humanité est même le seul journal qui entretienne un vétérinaire pour sa rédaction.
Non seulement ces journalistes socialistes sont des bourgeois, mais ils collaborent presque tous, régulièrement, continuellement, aux « journaux