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LES SOCIALISTES ET LA PRESSE BOURGEOISE

bourgeois » qu'ils insultent dans VEumanité.

Les , journaux bourgeois s'en amusent, parce qu'ils tiennent ces personnages à leur solde.

Le Prolétariat l'ignore généralement, et il faut le lui répéter.

M. Jaurès donne l'exemple. Socialiste pour le public crédule de VEumanité, il collabore régulièrement à la Dépêche de Toulouse, radicale, bourgeoise, opulente : et il refuse de collaborer au Midi Socialiste, de Toulouse, également orthodoxe, mais sans argent ; il collabore régulièrement, en Allemagne, non pas au Vorwœrtz socialiste, mais à la Berliner Tageblatt^ organe de la haute banque juive et des bourgeois radicaloboursiers de Prusse ; en Autriche, à la Neue Freie Presse de Vienne, toute pareille à la Berliner Tageblatt.

Et toutes les fois qu'un journal socialiste de province lui demande un article, il le refuse.

Et toutes les fois qu'un journal ou une revue capitaliste de l'étranger lui demande un article, il le vend.

M. de Hault de Pressensé trouva longtemps le moyen de collaborer à la fois au Temps, opportuniste et à V Aurore révolutionnaire ou à VEumanité collectiviste. On vit, dans VEumanité, M. Jaurès et M. de Pressensé flétrir « la perfidie empoisonnée du Temps, son fétichisme ignominieux et le sombre venin (!) de sa vertu » : pour discuter des articles anonymes fournis par M. de Pressensé lui-même. La farce dura jusqu'au jour

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OÙ M. Hébrard, directeur du Temps, cessa de la trouver plaisante.

Pendant toute l'affaire Dreyfus, les collaborateurs quotidiens de M. Jaurès à la Petite République socialiste, MM. Henri Turot, conseiller municipal révolutionnaire du xvur et Henri Pellier, collaboraient quotidiennement aussi à VEclair, journal de l'état-major ; puis M. Turot collabora au Figaro, dont il touchait les forts subsides (rue Drouot) et dont il voulait étriper les lecteurs (rue Réaumur).

Aujourd'hui, M. Albert Thomas, ombre de M. Jaurès à VHumanité, collabore régulièrement à Vlnformation, journal de Bourse, sous un pseudonyme, n se réfute et s'insulte lui-même, d'un journal à l'autre, sous ses deux masques. Il est l'intermédiaire naturel de la bande Jaurès avec le monde de la Finance, et nous le retrouverons dans le tragique incident du coup de Bourse « à la grève des cheminots ».

M. Willm, M. Varenne, M. Gustave Hervé, M. Rouanet, M. Dumas donnent des articles au Matin ; M. Sembat et M. Albert Thomas en donnent au Journal ; M. Paul-Louis au Petit Parisien ; M. Jean Longuet et M. Rouanet portent chaque jour, régulièrement, des informations et de la copie à divers journaux boulevardiers.

Un très grand nombre de correspondants de province, appointés par les journaux « bourgeois )) de Paris, sont des affiliés de la Sociale,

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