LE CARLISME ET DON CARLOS
Mon jeune ami, je vous ménage ici une surprise. Comme j'étais peu au courant du mouvement carliste, et que je ne connais pas don Carlos, j'ai écrit au prince de Valori pour obtenir dd lui des renseignements. Je ne puis mieux Taire que de vous envoyer sa réponse; il me serait impossible de vous donner des impressions aussi complètes que celles que vous trouverez dans sa lettre. La voici donc.
« Un des faits les plus surprenants de l'histoire
«08 LA SOCIÉTÉ DE MADIUl).
de ce siècle, mon cher comte, c'est la constance, la fidélité des provinces du nord de l'Espagne à la cause carliste. On a vu les Stuarts, les Vasa, stimuler le zèle de leurs partisans, et les Jacobites, les Dalécarliens les suivre ; le jour où il n'y a plus eu de Stuarls et de Vasa, les opposants ont disparu. La race de don Carlos n'existerait plus, que les Espagnols du Nord resteraient carlistes. Dans un temps où l'indifférence politique gagne peu à peu les rois comme les peuples; où, à force de courir les grands chemins, les majestés ont perdu leur prestige, ceci mérite d'être signalé. Le carlisme est à l'état permanent en Espagne. Les gouvernements qui se sont succédé dans la capitale des aînés de Philippe Y ont dû en tenir compte, sans aller se briser contre une impossibilité : celle de faire disparaître un élément fondamental, essentiel, de la nationalité espagnole. Les carlistes sont, au bout de douze siècles, les ayant-cause, les représentants des compagnons de Pelage. Ils sont les gardiens héréditaires du feu sacré : le feu de la religion, des libertés de leur patrie. S'ils
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