BUT ET ESPKIT DE LA SOCIETE
La Mère Marie de Jésus, étant encore la baronne d'Hooghvorst, vint à Paris en 1854. Elle songeait alors activement au moyen de réaliser les vues de Dieu, qui se faisaient de plus en plus claires dans son esprit. Mais devait-elle choisir un ordre déjà existant? Quel ordre réaliserait ses aspirations nettement précisées, grâce aux lumières reçues? Trouverait-elle dans les maisons religieuses déjà fondées cet idéal pratique de la Eéparation, tel qu'il lui était montré d'en haut?... Elle examina, elle étudia, elle consulta, elle pria.
**Une fois dans cette ville, je cherchai autour de moi, dans les diverses congrégations religieuses, ce qui pourrait répondre aux attraits de mon âme : l'adoration du Saint Sacrement et la Eéparation, non seulement les outrages faites à Notre- Seigneur dans l'Eucharistie, mais encore de toute offense faite à la Majesté divine^."
Elle chercha et ne trouva point ; ce que la future Fondatrice souhaitait n'existait point encore; elle se résolut donc à attendre la volonté et l'heure de Dieu. Quand cette heure fut venue, et que cette volonté se fut manifestée par la création du nouvel Institut, tel qu'elle le voyait
1. Aperçu sur la fondation de la Société de Marie-Ré- . paratrice, p. 9.
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des yeux de son âme et tel qu'elle le voulait, la Fondatrice plaça à la première page des Constitutions le but où elle conviait toutes celles qui se sentiraient appelées :
**La petite Société de Marie-Képaratrice se propose de réparer autant que possible, avec le secours de la grâce, les outrages faits à la divine Majesté, et le mal causé aux hommes par le péché. Elle cherche en cela à marcher sur les traces de la bienheureuse Vierge Marie, qui a été associée à l'œuvre de la réparation du genre humain par son fils Jésus-Christ, seul vrai Rédempteur et Réparateur, et c'est pour cette raison qu'elle se nomme Société de Marie-Réparatrice'^/'
Réparer, et réparer par Marie, avec Marie auprès de Jésus : voilà tout le plan, tout le but, tout l'esprit, toute la raison d'être de la Société. Sans doute, '*la Réparation s'impose à toute âme "aimante; r union à Marie pour honorer Jésus date du Cénacle et du Calvaire. Ce qu'il y a ici de caractéristique et de neuf, c'est la pensée de lier à jamais ces deux sentiments, d'en faire le mobile constant, l'esprit directeur de la vie tout entière. Par là, l'Institut de Marie -Réparatrice prend parmi les autres sa place distincte et originale^."
Tout chrétien est tenu, pour son propre compte, à réparer en lui-même et par lui-même ses offenses envers la Majesté divine; il est tenu d'autant plus à ces réparations personnelles., que ces offenses ont été plus directes et plus graves.
1. Plan abrégé de la Société, 1er article. 2. Valentine Riant. Notes et souvenirs, par le P. G. Longhaye. Avant-propos.
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D'autre part, il s'est formé, à travers les âges, des œuvres de réparation, privées ou publiques, adorations réparatrices, messes, communions réparatrices, prières et pénitences réparatrices. Le besoin de réparer surtout les outrages commis envers la divine Eucharistie a suscité dans les cœurs catholiques des dévouements innombrables, et à conduit l'Eglise elle-même à l'institution de la fête et des processions du Corpus Christi. Alors l'Eglise catholique répare, autant qu'il est en elle, pour tous ses enfants. Mais ces satisfactions, ces expiations, ces réparations, ou bien ne sont que d'un jour, ou bien n'ont en vue qu'une sorte d'outrages. Ne fallait-il pas, si j'ose ainsi dire, qu'il y eût une société engagée par vœu à la Eéparation permamente et incessante de tous les outrages commis sans cesse, nuit et jour? Société de Eéparation pour les âmes éloignées de Dieu? Société qui continuât auprès de Jésus, toujours présent et délaissé parmi nous, la vie aimante, vigilante, priante, agissante de Marie? Cette Société, c'est Marie-Réparatrice .
L'imitation de Marie et l'union avec Marie, Mère de Dieu et toujours vierge, pour la Eéparation, est nécessairement la marque distinctive d'un Institut né le jour de l'Immaculée Conception 1854. Ce jour-là, nous l'avons vu plus haut, Marie Immaculée daigna témoigner à la fondatrice le désir de se voir remplacée sur la terre par des âmes qui auraient pour son divin Fils une tendresse et un respect tout spécial. Et, dans tous les écrits qu'elle a laissés à ses filles, la Mère Marie de Jésus insiste sur ce devoir et sur l'es-
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prit de cette mission glorieuse et privilégiée. ''La pensée qui doit dominer toute notre vie est celle-ci : remplacer Marie auprès de Jésus (autant que Marie peut être remplacée auprès de Jésus), par notre amour, nos soins assidus de tous les jours, de tous les instants; par nos adorations, nos hommages, notre respect — Marie avec son cœur de mère, non seulement aimant Jésus ,« mais cherchant encore à le faire aimer, adorer et servir."
C'est par Marie que doivent monter vers Jésus toutes les intentions et actions des Réparatrices; c'est elle qui les purifiera et les présentera au Sauveur.
''A Marie Immaculée d'être la Mère et la protectrice de cette petite congrégation.
'*A cette Mère sans tache de purifier tous les actes de foi, d'adoration et d'amour, que chaque âme offrira à Jésus.
''A elle de disposer le Cœur de son Fils à la miséricorde, pour qu'il daigne recevoir comme Réparation ce qui lui sera offert avec amour^."
De là cet article 2 du plan abrégé de la Société : **La vie de Marie sur la terre fut toute d'humilité et de recueillement, de travail et de prière, d'immolation et de charité; chacun de ses actes, comme tous les mouvements de son cœur, concourait à rendre sans cesse à Dieu un culte parfait d'adoration et d'amour, et à attirer ses miséricordes en faveur des âmes rachetées par le sang de Notre- Seigneur Jésus-Christ. C'est ainsi qu'elle s'unissait à son divin Fils et coopérait