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QUATORZIÈME LETTRE

Je VOUS souhaite, mon jeune ami, de n'être pas trop souvent obligé d'occuper votre place dans la tribune diplomatique de Montecitorio. On n'y va pas par plaisir. Pris individuellement, les Italiens sont les plus aimables gens du monde. Réunis en assemblée politique, ils distillent la langueur et Tennui.

La Rome italienne n'a pas encore fait bâtir une Chambre des députés, non plus qu'un Palais de justice. Elle a installé ses représentants comme ses magistrats, comme ses employés de poste, dans un édifice ci-devant religieux. Autrefois, le Montecitorio était le palais du cardinal- vicaire, l'é-

vèque auxiliaire de Rome. La rue qui mène à lu place porte encore le nom peu commode et peu bref de Via degli uffizi deir Eminentlssimo Vicario, Devant le palais se dresse un obélisque, ou plutôt un lambeau d'obélisque rapiécé à neuf, que surmontait jadis une croix, aujourd'hui remplacée par une sorte de sphère céleste.

Le palais est un grand bâtiment maussade et carré, que surmonte un campanile dont la cloche tinte le jour des séances royales, à Touverture du Parlement après des élections générales, une fois tous les quatre ans à moins de dissolution. Car, à Rome, la session parlementaire dure toute la législature. On a bâti, au-dessus de la cour intérieure, une sorte de dôme déprimé en zinc, qui, vu du haut du Pincio, fait symétrie avec la toiture du Panthéon d'Agrippa.

- Dans cette cour on a disposé un hémicycle, garni de fauteuils en velours bleu, triste couleur qui, mariée k la blancheur des murailles, donne à la salle un aspect fade et triste. Au-dessus de Thémicycle, une double rangée de tribunes. Au fond de la salle, un véritable monument, le fauteuil présidentiel, qui a la hauteur d'un étage. Sur le mur de <;e monument, on a inscrit la date de tous les plébiscites qui ont fait Tunité italienne. Devant le

fauteuil, une galerie très basse qui servirait de tribune, si jamais un orateur y était monté : mais elle sert seulement de passage pour aller voter.

De chaque côté du fauteuil, on a élevé deux grandes et hautes galeries de pierre sculptée, dans un style vénitien, où siègent la Cour et le corps diplomatique, dans les séances d'apparat. Tout cela est vaste, triste et nu.

Le banc des ministres, •au pied du fauteuil, fait face à rassemblée. Les ministres ont leur majorité sous l'œil, quand ils en ont une. Chacun d'eux a sa place marquée par un immense portefeuille en maroquin rouge, qu'un secrétaire porte devant eux à leur arrivée et k leur sortie, comme un massier porte devant le recteur les insignes de la Faculté.

Ce lîe sont pas les Italiens qui ont inauguré à Rome le système parlementaire : c'est Pie IX. Alors les séances de la Chambre des députés se tenaient au palais de la Chancellerie apostolique, près du Campo di Fiori. C'est sur l'escalier de la Chancellerie que fut assassiné Rossi, et avec lui le libéralisme de Pie IX.

On ne s'assassine pas au Montecitorio, mais parfois, dans ces étroits couloirs, on se gourme. On y fait encore, comme dans tous les Parlements,

bien des vilaines choses. C'est là que le baron Nicolera a craché à la figure du sous-secrétaire d'Étal Lovito !

Les séances de Monlecitorio s'ouvrent généralement, vers une ou deux heures de Taprès-midi, el elles durent jusqu'à la nuit. Ce n'est que par extraordinaire qu'il y a deux séances le même jour et qu'on siège avant une ou deux heures. Il y a parfois, le matin, «la réunion des bureaux et les séances des commissions. Tout le monde, sauf les marchands et le peuple, déjeune entre il heures et 1 heure, et dtne après cinqheures.il n'est pas rare qu'un seul orateur garde la parole pendant une séance entière, quelquefois pendant deux ou trois journées. La Gazette officielle n^ peut suffire à ce flux d'éloquence : elle ne relate le compte rendu in extenso des séances que cinq ou sîk jours après. Personne ne lit ces interminables harangues; c'est déjà trop de les entendre.

Généralement, les bancs sont aux trois quarts vides. Le mandat parlementaire est gratuit en Italie. Les députés, sauf pour les grands débats, vaquent donc à leurs affaires ou à leurs plaisirs. 11 faut bien vivre !

Toutes les Chambres ne peuvent donner une idée de la Chambre italienne. Sans être fréquentes.

LA CHAMBHE DES DÉPUTÉS. 3to

les séances orageuses ne manquent pas à Monlecitorio, el quand cela arrive, le tapage est grand, et la grossièreté des propos va jusqu'au scandale.

La procédure parlementaire est aussi fort compliquée en Italie, et elle sert à faire traîner les débats dans une insipide longueur. [Lorsqu'un projet de loi arrive à Tordre du jour, la discussion générale occupe généralement plusieurs séances. Mais enfin, quand la clôture est prononcée, après l'épuisement des orateurs, avant de passer à la discussion des articles, on ouvre un débat accessoire sur les ordres du jour. On ne clôt la discussion générale que sur un ordre du jour favorable ou défavorable au ministère. On en présente souvent dix ou quinze; quinze occasions de discours, de réponses, de répliques et de contre-répliques ! Ensuite, on passe au vole des articles, et à chacun d'eux, nouvelle débauche d'amendements, etc. On traîne ainsi un mois, deux mois, trois mois sur un projet de loi, sans compter les interpellations subsidiaires !

Un député qui serait assidu risquerait sa raison. Les ministres ont de fortes tètes pour résister ! Heureusement pour eux, ils se relaient.

Il y avait là autrefois, comme partout, une droite;

un centre, une gauche, une extrême gauche. Mais M. Depretis a changé tout cela. Avec sa théorie du transformisme, il n'y a plus guère de partis fixes dans cette Chambre. Les votes se glanent dans tous les groupes. D'ailleurs, à vrai dire, il n'y a jamais eu de droite bien déterminée. Les catholiques feignent d'obéir au précepte pontifical : Ne elettori^ ne eletti. En réalité, ils prennent part au scrutin, mais ils ne se présentent pas aux suffrages, de sorte que la droite représenterait dans votre Chambre, par ses doctrines et ses aspirations, une sorte de centre gauche.

M. Depretis, à la Chambre, dans la politique, au ministère, domine toutes les situations. L'habileté, avec des moyens simples, fait de lui un homme d'Etat exceptionnel.

Il a deux sortes d'adversaires, les pentarques et les républicains socialistes. Comme l'opposition est partout la fraction la plus vivante des assemblées, nous commencerons par examiner ses principaux chefs.

La penlarchic est issue d'un compromis passé à Naples, en 1884, je crois, entre cinq anciens collègues de M. Depretis, devenus, par suite d'éliminations successives, les chefs de cinq groupes hostiles au président du conseil. Les pentarques se

nomment Crîspi, Cairoli, Nicolora, Zanardelli, Baccarini. Quoiqiron accuse souvent, à rétranger, M. Depretis d'avoir détourné le courant politique vers la droite, le noyau de la majorité, son but sont toujours à gauche; une partie de la droite, sous la conduite de Minghetti, s'est ralliée depuis la réforme électorale, mais elle est reatée à titre d'auxiliaire. L'extrême droite, avec MM. Spaventa, Budini, etc., demeure dans l'opposition.

De ces pentarques, les plus illustres sont Crispi et Cairoli. Crispi a passé longtemps pour le Gambetta de l'Italie. Mais il n'est plus jeune. Il conspirait déjà en 1848, en Sicile. L'histoire de ses trois femmes a fait du bruit en Europe. En réalité, il n'en a jamais eu que deux à la fois. Il épousa la troisième, étant ministre, après la mort de la première et la répudiation de la seconde.

Crispi est d'origine grecque : il est né dans la province de Girgenti, dans cette plaine qui a gardé le nom, le type et la dextérité des ancêtres. Sa parole est demeurée relativement attique et sobre. C'est un homme de discussion, un avocat, un rhéteur à la mode antique.

Regardez-le : son siège est assez bas dans la 1" section : il écoute l'orateur ministérieU Son front reste impassible : il semblerait indifférent

au débat, si, de temps en temps, son œil ne lançait un éclair. Il demande la parole. Les bancs vides se garnissent. Crispi va parler; c'est une fête oratoire. Il se lève et commence lentement, froidement, comme les grands orateurs. Puis la belle langue italienne sonne dans sa bouche ; les arguments se pressent, toujours plus véhéments. Les resseatiments, les rancunes s'amassent dans son cœur : il devient incisif; il a des trouvailles imprévues, et il demeure toujours sobre et concis. Il a fîni ; il faut la langue dorée du vieux Nestor des hommes d'État italiens, Téloquence diffuse et eauleleuse de M. Depretis pour combler la brèche que la hache de Crispi a faite dans le bâtiment ministériel.

Cairoli proteste, tandis que parle le président du conseil; il s'irrite de tous les accommodements. C'est un noble caractère, fait d'ardeur et de conviction. Il survit seul d'une famille de patriotes. Ses frères figurent en bronze à la montée du Pincio. Ils sont morts pour l'indépendance. (Cairoli jouît d'une immense popularité. Ce n'est pas un orateur savant ni correct; ce n'est pas non plus ^m homme d'Étal d'une rare clairvoyance ni d'une impeccable habileté. Je l'ai dit : c'est un noble caractère. Il est tombé du pouvoir après l'aHaire de Tunis. Il y

reviendra. C'est le plus respecté des pentarques. Le Roi raîme : à Naples, vous vous souvenez que, lors de lattentat de Passanante, il se jeta devant le couteau de l'assassin pour protéger la vie du fils de Victor-Emmanuel.

M"* Cairoli assiste à la séance ; elle est née comtesse de Sizza de Trento ; elle est belle et grande ; on Ta justement comparée à Cybèle. Elle reçoit beaucoup et avec distinction. Elle contribue par sa bonne grâce à entretenir cette atmosphère de respect et de sympathie qui entoure la maison Cairoli.

Plus près du centre, siège le baron Nicotera. Vous Tavez rencontré au Corso dans la voiture d'une belle et noble Romaine, sa cliente toute dévouée. Vous le reconnaissez à sa crinière et à son profil de lion : mais un lion au regard félin.

Cairoli le Piémontais est tout d'une pièce. Nicotera, comme Crîspî, est un Italien du Midi, un Italien complexe.

Après avoir manifesté une opposition intraitable à la monarchie, ce farouche républicain devint, comme tantd'autres, ministre del'Intérieur en 1876. Comme tant d'autres révolutionnaires encore, arrivé au pouvoir il fit preuve d'une énergie terrible contre ses anciens amis.

Vous connaissez son aventure cl son duel avec M. Lovîto, le secrétaire général de M. Depretis. Le baron Nieotera n'en est pas sorti grandi. M. Nicotera n'a qu'une culture très élémentaire et aucune vue philosophique élevée. Mais il a le coup d'œil de la stratégie parlementaire. C'est une nature de condottiere, toujours aux aguets, prête à tous les expédients, plus prompte à se décider que ferme dans une ligne deconduite. On ne peutlui refuser un patriotisme îirdent et un rare courage. A la lecture, ses discours, qui ne sont pas longs, ne soutiennent pas le parallèle avec ceux de Crispi ; mais celui-ci parle avec une lenteur si fatigante , que l'efTct de ses idées, souvent -profondes et originales, est perdu. M. Depretis n'a pas du tout peur de ce pentarque.

Mais il redoute son collègue d'hier, Baccarini, un Komagnol, qui donna sa démission au moment où M. Depretis présenta la loi sur les conventions de chemins de fer. Il fil alors, dans l'opposition, une campagne acharnée contre son ancien chef. Il parle comme un orateur disert, s^vec une inépuisable richesse d'arguments. Il ne pardonnera jamais à M. Depretis la loi des chemins de fer.

M. Zanardelli, son compagnon de pouvoir et de

démission, a de raiilorité. C'est un libéral sincère et un excellent homme, difficilement disciplinable. Bon pour l'opposition, il ne sera jamais longtemps fidèle à un gouvernement. Il ne fera jamais que passer au ministère. Il n'a pas l'ambition Apre. Ce n'est pas un des meneurs de la pentarchie ; il lui apporte son honnêteté et son désintéressement.

Faut-il vous citer des députés de Textrême gauche? Ils ne parlent guère à la Chambre; mais leur voix retentit souvent au dehors. Ils ne sont pas plus de quarante : qu'ils viennent quatrevingts, la monarchie est ébranlée.

La démocratie répubhcainc de Tltalie en est toujours à la période héroïque. Ses chefs gardent l'ardeur des convictions, l'amour des phrases retentissantes, la fidélité aux principes. Ils ne démordent pas des doctrines de 1848. Les plus connus de ces démagogues sont Costa, Maffî, Cavalotti. Costa est encore un tout jeune homme. Ravenne l'a élu. Ce n'est pas, comme Maffî, un ouvrier politicien; il appartient à une famille bourgeoise, et il a fait ses études. Il passe même pour polyglotte : et il parle bien notre langue russe. Sa jeunesse s'est passée, comme celle des révolutionnaires italiens, dans diverses prisons. Je crois bien qu'il a connu les prisons politiques delà France. Quand

il parle dans une assemblée populaire, on dit qu'il enflamme l'auditoire. Écoutez*le à la Chambre; il va prendre la parole.

Vous ne trouverez en lui rien du tribun. Son éloquence parlementaire est calme, mesurée, élégante. Il soutient les thèses les plus abracadabrantes avec un rare sang-froid. On le croit absolument convaincu, et il Test, à la manière des hommes d'étude.

Maffî, l'ouvrier typographe de Milan, est le premier homme du peuple qui ait siégé au Parlement italien. C'est un petit homme à la physionomie éveillée. Il parle beaucoup et souvent. Il semble faire la gageure d'étonner le Parlement par ses théories et l'allure paradoxale, souvent scandaleuse, de ses discours incendiaires, étudiés et appris de sang-froid.

Au delà de Maffi, il n'y a plus rien à l'extrême gauche. Avant de la quitter cependant, jetons un regard à quelques grands seigneurs qui en sont l'ornement. Vous voyez ce beau jeune homme, de petite taille, mais élégant, à la figure spirituelle. C'est le prince don Maffeo Sciarra Colonna, député d'Aquila. Nous ferons plus ample connaissance avec lui et avec son journal la Ttibuna. A la Chambre, il parle peu, mais il dispose d'une

grande influence, et s'il parle, c'est toujours pour dire quelque chose. Le ministère n'aime pas le voir demander la parole.

Le duc de San Donato est bien reconnaissable h sa rotondité démesurée, à son air essoufflé, à sa voix bruyante. C'est un des types les plus populaires de Rome et de Naples. Il a eu quelques mésaventures dans sa gestion municipale de Naples; mais, sous ce beau ciel, on a tant d'indulgence !

Regardez encore vers l'extrême gauche cet homme pâle et distingué. Vous l'avez rencontré au théâtre, au Corso, dans un brillant équipage, à tous les riceoimenii. C'est l'homme universel, le prince Ralthazar Odescalchi, dont je vous parlerai aussi comme homme du monde. C'est un radical catholique. Le catholicisme, il le tient de sa pieuse mère, bien plus que de son cousin Czacki. Le prince Odescalchi parle souvent et avec une élévation presque contemplative. Il tient pour le socialisme, mais un socialisme d'État. Il traite, d'ailleurs, la politique, comme les beaux-arts, en dilettante et en grand seigneur. Dans son histoire, il y a un épisode lugubre : l'élection de Luciani, celui qui, dit-on, stipendia l'assassin de Raphaël Sonzogno, et qui expie cette complicité au bagne de Nisida. Le crime de ce déplorable protégé a jeté

un voile sombre sur le visage du prince Balthazar.

Ne vous attendez pas à chercher dans les traits de Menotti Garibaldi une ressemblance avec son glorieux père. Il siège par extraordinaire; car, d'ordinaire, il habite sa belle propriété, où il se livre à Tagriculture. (Vest Thomme sage de la famille. Sa femme, comtesse Bideschini dell' Olio, est une aimable mère de famille.

A droite, la place de Marco Minghetti est vide comme celle de Garibaldi.

Avec lui est mort aussi ce qu'on appelait le parti de droite. Minghetti était le type le plus accompli du doctrinaire italien. Ministre libéral de Pie IX, il était passé ensuite au camp de Charles- Albert. Les lettres de Cavour attestent qu'il considérait M. Minghetti comme le plus éminent de ses lieutenants. C'est peut-être pour cela que Victor-Emmanuel a toujours mis beaucoup de réserve dans sa confiance en lui. Le roi Humbert se fiait entièrement à un homme dont il avait pu apprécier le désintéressement, l'élévation d'esprit et le dévouement à la maison de Savoie.

Il y a des charmeuses dans le monde parlementaire italien : voici, dans une tribune, M"' Grazia Pierantoni, fille de M. Mancini. Elle écrit des nouvelles, qui font les délices des jeunes filles; à

côté d'elle, sa sœur la belle Leonora Gennini, veuve qui n'accepte aucune consolation ; malgré sa beauté, elle est éclipsée par Flora Piccoli, la plus jeune des filles de M. Mancini. Celle-là est une musicienne accomplie; belle, savante, elle adore son mari.

Quant à son père, il reste isolé à son banc. Autrefois Tun des hommes les plus populaires de ritalie méridionale, il traîne péniblement les lourdes responsabilités de la triple alliance avortée et de M assaouah ! Quel châtiment pour un si aimable politique, pour le prôneur de l'arbitrage international et des congrès de la paix !

Qui vpus nommerai-je encore? Le centre ministériel n'a guère d'illustrations ; mais il est riche en grands noms : voici le prince d'AvcUa, don Fabrizio Colonna, figure d'officier de cavalerie; le prince de Teano, Gaetani, duc de Sermoneta, habile musicien (que d'harmonie et de musique dans cette Chambre!); c'est un géant : dans une foule, on croit qu'il est à cheval. Qui encore? Cet exbel homme, c'est l'ancien président Farini, qui démissionna pour prendre une retraite dans laquelle on ne l'a pas laissé. Il a été l'un des chefs de la gauche et il n'a tenu qu'à lui, par deux fois, d'évincer M. Depretis, quand celui-ci a commencé

à se rapprocher des centres. Il est maintenant au Sénat, où on s'attend à le voir monter au fauteuil de la présidence, à la nouvelle législature. Farini a été remplacé par Texcellent et terne président Biancheri, qui s'impatiente pourtant au moindre brouhaha, et agite sa sonnette sans motif apparent. Mais vous vous ennuyez dans cette assemblée triste et froide. Vous reviendrez quand M. de Robilant donnera sa démission. Alors la séance sera plus animée.

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