LES MINISTRES
cinnatus parlementaire, chaque fois qu'il redescendait du pouvoir, il retournait à la culture de son tout petit domaine aux environs de Casai. Observateur scrupuleux de ses devoirs de député, pour subvenir aux frais du dernier séjour qu'il fit à Rome, il vendit son unique paire de bctes de labour. D'accord avec sa dernière volonté, sa veuve n'a accepté de l'Etat ni pension ni subsides. A l'opposé de M. Depretis, on accusait M. Lanza de faire quelque parade de son austérité et de se poser en censeur intraitable de ses collègues et de ses rivaux.
Urbano Rattazzi allait peu dans le monde, mais il y portait une grande correction d'attitude personnelle.
La tenue modeste, l'absence de mondanité et d'apparat n'ont pas été l'apanage particulier de% ministres sortis des rangs de la bourgeoisie. On en a loué les mérites dans les Cavour, les Ricasoli, les d'Azeglio, les La Marmora, les Alfieri, les Dizambrois, les Peruzzi, les Capponi, les San Martino, les Caracciolo et tant d'autres, qui ont rendu populaires dans l'Italie nouvelle les noms les plus illustres des anciens temps.
Accoutumée à de tels exemples, on ne peut s'étonner que l'opinion publique se soit montrée
sévère pour les rares exceptions qui ont blessé parfois ses regards. Mais pour ceux qui, comme votre serviteur, « en ont vu bien d'autres 1 » la comparaison les porte à Tindulgence.