‹ La société de Saint-PétersbourgChapitre 27 sur 49 · LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA RUSSIE. IIS · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA RUSSIE. IIS

tra peut-être un paradoxe, mais je suis persuadée que le moyeu le plus court d'aller à Constantinople est de passer par Berlin. Tant que la Prusse occupera en Europe la place prépondérante qui lui appartient aujourd'hui, tous nos efforts en Orient et tous les sacrifices que nous ferons, pour y établir et y consolider notre influence, seront stériles. M. de Bismarck ne nous permettra jamais de nous agrandir; son orgueil, sa soif de domination s'opposeront toujours à nos visées et à nos ambitions. Un débouché sur la mer nous permettrait de le briser plus impunément qu'il ne nous est possible de le faire actuellement. Il travaille, jour par jour, à rendre impossible pour nous la réalisation de ce projet. Ce colosse nous hait autant qu'il hait la France. Doué d'un trop grand génie pour ne pas reconnaître notre force et pour ne pas savoir qu'il a en nous le seul obstacle sérieux à la suprématie universelle à laquelle il aspire et qu'il possède presque déjà, il s'applique à nous miner sourdement et se livre contre nous au premier travail souterrain, à l'aide

duquel il a commencé à ruiner la puissance dé Napoléon III. Il s'acbarne à faire naître des complications sous nos pas ; ses agents sont répandus sur toute la surface de notre pays, et partout où le nom russe est vénéré et redouté.

La révolution en Roumélie a été son œuvre, l'ingratitude du prince de Battemberg l'a eu pour patron. Trop habile, trop rusé pour nous attaquer en face, il espère nous jeter, malgré nous, dans des embarras imprévus , qui puissent lui procurer la suprême satisfaction de nous voir, une seconde fois, abaissés et humiliés comme nous l'avons été en 1878. II voudrait parvenir à atteindre ce but avant qu'une alliance avec la France ne nous procure, de même qu'à elle, un appui contre lui. C'est pourquoi il redoute tant une restauration monarchique àParis, sachant que notre souverain confond quelquefois le républicanisme el le nihilisme, et qu'il ne peut dominer son éloignement à l'égard des Républiques. Le jour où ta France el la Russie seraientunies.la vengeance de Dieu serait proche I

Notre peuple, dont les instincts sont toujours

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