‹ La société de Saint-PétersbourgChapitre 28 sur 49 · LA POLITIQUE EXTÉRTEUBE DE LA RUSSIE. H · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE EXTÉRTEUBE DE LA RUSSIE. H

justes, ne s'est jamais abusé sur la portée du mal que lui a fait l'Allemagne; il hait cette nation avec toute son énergie, et est toujours prêt à courir sus contre elle. Notre seule politique rationnelle et, en même temps, notre seule politique vraiment nationale, serait de concentrer toutes nos facultés, de consacrer toutes nos forces h l'anéantissement de l'œuvre accomplie par le prince de Bismarck ; notre salut est à ce prix. La chose ne sera ni simple ni facile. Il nous faudra déployer des prodiges de courage, répandre peut-être le meilleur de notre sang; lalutte sera longue, acharnée, formidable, maïs elle s'engagera tôt ou tard et mieux vaut tôt que tard.

La race slave et la race teutonne doivent un jour s'eotre-choquer ; ces deux puissances ne peuvent subsister longtemps l'une à côté de l'autre sans en venir aux mains. Trop de choses les divisent. Il Y a entre elles trop d'antipathies, trop de haine ; l'un est aussi incapable de comprendre les enthousiasmes, les générosités de l'autre, que celle-ci est incapable de s'assimiler l'esprit pédant,

iosolemment goguenard et conquérant de celle-là. Elles doivent se combattre une fois, et alors : n Malheur au vaincu! »

Je n'ajouterai plus qu'un mot : nous avons un souverain jeune, honnête, sincère dans son amour pour son pays. S'il a le courage de suivre les impulsions de son cœur, et, tout en ne cherchant pas une occasion de lutte, s'il ne recule pas devant celle qui s'offrira à lui, il pourra être rangé par la postérité reconnaissante à côté de Pierre le Grand, de Catherine et de Nicolas, les seuls monarques russes qui ont compris les besoins de leur peuple et qui ont su quelle force terrible ils possédaient en lui. Si Alexandre III a cette connaissance,il aura derrière lui la nation tout entière, qui n'attend que le signal de se jeter sur l'Allemagne et de l'écraser. Il pourra rétablir l'équilibre européen, si gravement compromis par la grandeur et l'élévation subite de la Prusse, délivrer le monde du despotisme militaire qui pèse sur lui, et donner raison au vieux 'dicton que répètent chez nous les paysans : « Dieu est toujours avec le Czar ! »

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