‹ La société de Saint-PétersbourgChapitre 3 sur 49 · L EMPEREUR · texte numérisé non relu

L EMPEREUR

rôle, il possède cependant, dans son amour pour sa patrie, une sauvegarde contre toute imprudence capable de nuire à la Russie. Son règne ne verra aucune réforme importante dans notre organisation intérieure, où les choses resteront en souffrance; mais il est possible qu'il soit le point de départ d'une influence de notre pays à l'étranger. Alexandre m sera un jour reconnu, non peut-être comme un habile monarque, mais comme un souverain sensé.

J'aurai encore l'occasion de vous parler de son initiative dans la conduite du gouvernement, de la responsabilité qui lui incombe dans certaines décisions, delà part enfin qu'il prend au travail de ses ministres. J'ai voulu .seulement vous donner, dans cette lettre, un aperçu de l'Empereur, si je puis dire, à vol d'esprit. C'est tel que je vous le dépeins qu'il se présente aux yeux de ceux qui ne le connaissent pas, qui n'ont pas eu l'occasion de l'approcher de près.

J'ai tenu surtout à détruire certaines préventions qui existent peut-être en vous par rapport

i l'intelligence d'Alexandre Ill.et à vous prouver ses capacités comme souverain, ce que ses ennemis s'acharnent à nier. En revanche, son caractère n'est pas aussi bon qu'on le suppose généralement. 11 est emporté, brusque, et son entourage souffre parfois de ses violences. L'Impératrice ellemême en subit quelquefois le contre-coup, ce qui du reste n'altère en rien l'union parfaite qui règne entre les deux époux.

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