Cf. Moniteur, t. XVIll. p. 43 i, o
[9 DKc. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS S5i
inando au reste qu'on s'en tienne au jugement du Tribunal, et que la Société ne les soutienne i.as par ses applaudissements. » - Duhcm cherche à montrer que la Société de Lille est composée d'un petit nombre d anciens socu>taires, auxquels on a joint des agents actuels de la République. Il cherche a montrer que, pendant sa mission, il a tenu pour suspect le gênerai La Marliére Bontabole demande la parole sur le même sujet. L ordre du jour est réclamé et adopté. -Lccr//v/ dénonce les membres du Tribunal de cassation; Thouret en lait partie : il désire qu'on supprime ce Tribunal ou du moins qu'on l'épure. Il demande donc que la Société invile les députés montagnards d'en faire la proposilion à la Convention, et que, dans ce cas, le Tribunal soit renouvelé par le Comité de salut public. Ces propositions sont adoptées. Plusieurs députations sont entendues.]
Séance levée à onze heures.
CCYII
SÉANCE DU 21 FRIMAIRE AN 11 (Il DÉCEMBRE IIOS) '
PRÉSIDENCE DE FOURCROY
ISur la motion de MrrUn a^ TldonclW;), la Société arrête (pie,- dans sa prochaine séance, elle s'occupera de l'épuremcnt de ceux de ses membres .iiu sont emplovés au Tribunal révolutionnaire et à la Commune. Lnc lettre de la correspondance inculpe les commissaires dos guerres. Un mcm&r^ appuie cette dénonciation et demande qu'elle soit renvoyée aux Comités de salut publie et de la guerre réunis. Le même membre donne des détails sur la commune de Strasbourg. La Société populaire de cette ville est maintenant composée de ré,)ublicains. Le culte de la Raison a été célébré avec pompe. La guillotine lait justice des contre-révolutionnaires. Les portraits 'des ancêtres, conserves par les familles aristocratiques, ont été anéantis.
Hrbcrt* est appelé pour l'épuration. Des applaudissements 1 accueillent. Benfabole déclare qu'il n'a pas de griefs positifs contre Hébert; il était 1 a.ni de ce dernier, et il a propagé sa feuille, qui lui paraissait dans les principes les plus purs; mais il croit qu'Hébert met trop de chaleur dans des denonnalions <lont il n'est pas assez sûr. « Je lui demande, continue 1 orateur, s il a
1 Cette séance est la dernière dont le compte rendu se trouve dans le Jounial des Jacobins, ou du moins dans Texcinplaire de ce journal que possède la Bibhothèque nationale. A partir du 22 frimaire au H, nous n'avons plus comme sources que les comptes rendus du Journal de la Monlarjne, qni est toujours 1 organe officiel de la Société, le Moniteur, et les analyses très sèches de la Feudle du salut public et du Mercure universel. Nous continuons à prendre comme base le texte du Moniteur en le comparant hgne par Ugne à celui du Journal de la
Montagne. , , i , i m
2. Le débat relatif à Hébert est à peine indiqué dans le Journal de la Montagne. Nous en donnons les détails essentiels d'après le Mondeur.
'00-2 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [Il diîc 1793J
lo sccrol dos cons|)irations. Je lui doniandc pourquoi il a dit, en parlant d'un député, qu'il ne «[uitlerait jias plus le i'roeard Cliabot que le cornard lioland. Pourquoi senible-t-il condamner (Chabot, et le regarder comme coupable avant qu'il soit jugé ? Pourquoi a-t-il attaqué Laveaux, parce que celui-ci avait parlé en laveur d'un Etre suitrème ? Quant à moi, ennemi de toute ])ratiquc superstitieuse, je déclare que je croirai toujours à un Etre sui>réme ».]
Maribon-jVIontaut. — Chabot a été dénoncé aux Jacobins par Dufournv avant de l'être par Hébert ; il l'a été à la Convention même, pour avoir dit qu'il fallait un côté droit, qu'il le ressusciterait seul à défaut de tout autre. Le coté droit fut anéanti; Chabot l'aurait été de même, s'il eût pris sa place. La Convention, les Jacobins, désapprouvèrent également ce propos, et les derniers en firent justice en renversant les trois membres qui paraissaient se coaliser.
Quant aux reproches qu'on fait à Hébert d'avoir attaqué Laveaux pour avoir parlé de la Divinité, je pense qu'Hébert a entendu seulement parler de la chose en elle-même, et n'a point voulu attaquer Laveaux, à qui on permet de croire à tout ce qu'il voudra.
(On observe qu'Hébert n'avait point ouvert la discussion sur des matières théologiques, mais bien au contraii^e qu'il avait blâmé Laveaux pour l'avoir fait.)
Maribon-Montaut. — Ce qu'a dit Hébert, le peuple l'avait fait ; déjà il avait sacrifié les chapes, les chasubles et tout l'accoutrement religieux.
HÉBERT. — J'ai parlé en général des hommes qui n'avaient point justifié l'estime des patriotes; je n'attaquais point Chabot en particulier; je ne dis qu'une chose, c'est que Chabot m'invita à aller souvent chez lui, à faire connaissance avec son Autrichienne ; toujours je refusai, et, de plus, je dis à Chabot les raisons qui me déterminaient à en agir de la sorte.
Quant à l'autre inculpation, il est de mon devoir de repousser l'idée qu'on s'efforce de donner de moi. On m'accuse d'athéisme, je nie formellement l'accusation. Au surplus, c'était moins la querelle religieuse que je blâmais alors que la querelle politique que voulaient nous faire quelques journalistes avec les puissances qui restent encore nos amies. On s'efforçait de nous faire l'egarder les Suisses comme suspects ; le journal de la Société se livrait tous les jours à une diatribe contre cette nation estimable. J'attaquai ce système, et la Société l'approuva. Quant aux opinions religieuses qu'on m'accuse d'avoir émises dans mon journal, je nie formellement le fait, et je déclare que je prêche aux habitants des campagnes de lire l'Evangile.
[il DEC. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 553
Ce livre de morale me parait excellent, et il faut en suivre toutes les maximes pour être parfait Jacobin. Le Christ me semble le fondateur des Sociétés populaires.
[Quelques niomhros du bureau de la Société et des Condtés passent au scrutin épuratoiro et sont adoptés. Do ce nondn-c sont Dufourny, Merlin (de Thionvillc)ct Antonellc. — Un membre de la Société de Xiorl i)ropose des moyens de repousser les rebelles. Un ritoijen accuse la Société de Mort d"avoir laissé présenter à la Convention une adresse tédéraliste, d'avoir cmi)éclié les patriotes de cette commune de renouveler des autorités corrompues. Le citoyen de Mort convient de ces faits, mais observe que la Société dont il fait partie a été épurée. — Sur la proposition de Sentex, la Société renvoie l'orateur au Comité de présentation, pour justifier la Société de Niort des inculpations dirigées contre elle. Le même Comité est chargé de nomuier des commissaires pour accompagner au Comité de salut public ce citoyen, qui y déposera les moyens (|u"il |)rétend avoir pour repousser les rebelles. — Bourpiief vient communi(pier à la Société le projet de déeret pour l'instruction ])ublique, auquel la Convention a donné la priorité dans sa séance d'aujourd'hui'. Sur la proposition de Félix Le Peletier, la Société en arrête l'impression et la distribution. — Hébert demande que la Société, pour s'occuper dignement d'un objet au^si intéressant que l'instruction publi([ue, mette continuellement à l'ordre du jour le plan qui vient de vous être présenté. Adopté. — Ilassenf'ratz se ])laiut que, « tout en disant (pi'on ne s'occupera point des sciences, on aduH'l dans l'instruction publique l'astronomie, la chimie, etc. » — Dofmirny observe que « l'égalité est la base de la constitution et de l'instruction. . 11 veut ((u'on déclare que tous les enfants rielies ou pauvres sont i"^au\. Appliiudi. — Un membre du Comité révolutionnaire de Sézanne se plaint ([ue l'envoi du Journal de la Montayne soit irrégulier.]
CfA III
SÉANCE EXTRAORDINAIRE DL 22 FRIMAIRE AN 11 (12 DÉCEMBRE 1793 «j
PRÉSIDEXCE UE FOUKCROY
[La Société avait arrêté que cette séance extraordinaire aurait lieu pour l'épurement de ceux de ses membres qui sont représentants du i)eui)le. On procède à cet épurement. Bourdon 'de l'Oise), Bentabole, Beverchon, Bary ',