Nous n'avens pu identifier ce nom
Bufouruy s'oppose à cet envoi. Il demande que le Comilé de salut public lasse passer à la Société les exemplaires dont la circulation lui itaraît utile, afin qu'elle puisse les faire parvenir, par le moyen de sa correspondance, aux Sociétés affiliées.
Hébert dit qu'il ne peut être dangereux de donner la liste demandée, depuis que le Comité a obtenu la confiance du peuple. Cette réserve ne pouvait être bonne que dans le temps où les Brissotins dominaient. Il demande l'ordre du jour sur la motion de Dufourny. — Lanton aj)puic la motion d'Hébert, en faisant remarquer qu'il est nécessaire que le Comité de salut public établisse une correspondance immédiate avec les Sociétés patriotiques, et que cette correspondance ne pourrait avoir lieu, si la liste de ces Sociétés ne parvenait à la connaissance du Comité. — La proposition d'Hébert est adoptée.
Un des secrétaires fait lecture d'une lettre dans laquelle Tallien et Ysabeau demandent que les suspects soient enfermés dans des départements éloignés du leur. A ce propos, Milhaud demande qu'on déporte tous les suspects. Il déclare que Marat avait raison de demander deux cent mille tètes, car deux cent mille hommes libres ont déjà péri dans les comltals. X'eùl-il pas mieux valu éviter la guerre en exterminant les conspirateurs et les agents des puissances étrangères?
La Société passe au scrutin épuratoire, et commence par les membres de la Convention. Finot, Oudot, Lemoyne de Vernon ' sont admis. — Homme déclare i[uil était destiné à être chanoine et qu'il a quitté ses bénéfices volontairement pour vivre en Amérique parmi les sauvages. Depuis son élection, il a toujours voté avec la Montagne. La Société l'admet, ainsi que Gribeauval et Tressin, juges au Tribunal révolutionnaire. — Tollrde, membre de la Société, qui repart pour Commune-AlTranchie, demande à être épuré. — Dufourny l'interpelle sur ses liaisons avec Desfieux. — Tollède répond qu'il fut lié avec Desfieux tant qu'il lui parut patriote, mais qu'il renonce à lui, puisqu'il ne l'est plus, et consent à être son bourreau, s'il est nécessaire. Tollède est admis, ainsi que Larclier, Prieur, Butteaux, Veron, Jarry, Verdet, Melcho et J.-B. Lefèvre*. —P. Lefévre paraît à la tribune. — Chrétien lui rei)roche d'avoir tenu des conciliabules avec Desfieux. — P. Lefèvre réplique que Chrétien réunit chez lui une Société qui a été dénoncée à la Convention. — Chrétien répond que cette Société se compose de quelques patriotes, qui viennent chez lui pour fumer et boire de la bière : c'est à tort qu'un « excellent patriote, Fabre d'Églantine », les a dénoncés à la tribune de la Convention sous le nom d(> tapes-drus. — ,La Société vote l'insertion dans le Journal de la Montagne des deux arrêtés suivants, pris sur la proposition de Delcloche, président du Comité de présentation et membre de la Commission des quinze, chargés de l'épurement : 1° les Comités et les Assemblées étrangers à la Société, et qui ont demandé à être épurés par elle, le seront seulement lorsque le scrutin épuratoire des membres de la Société sera terminé ; aucuns Comités ou assemblées, qui ne
1. Le Moniteur imprime : Duvernant, Lemoine. Or il n'y avait pas de conventionnel nommé Duvernant. Nous croyons qu'il s'agit d'un seul et même personnage, Lemoyne de Vernon, député de la Haute-Loire.
2. Nous donnons textuellement ces noms d'après le Moniteur, sans être sûr qu'ils ne sont pas défigurés.
î)08 SOCIÉTÉ DES JACOmXS [27 oct. 1793]
sont pas de la Socick', ne ])ourront. intorromjiro cet arrêté ; rassemblée décidera si les membres ajournés seront examinés définitivement par la Commission des quinze ou par le Comité de présentation ; 2° le Comité de présentation est chargé de rédiger une circulaire adressée à toutes les Sociétés affiliées, les invitant à joindre aux diplômes qu'elles donnent à ceux de leurs membres qui viennent h Paris une note indiquant le nom du porteur, le lieu de sa naissance, sa profession, son signalement, la date de son entrée dans la Société qu'il représente; faute de quoi >< la Société des Jacobins ne pourra le recevoir dans son sein, et ne lui accordera ni carte d'entrée en échange de son diplôme, ni le visa de la Société, s'il ne rem))lil celte demande, que les circonstances exigent pour le maintien de la paix et de l'ordre dans les séances * » ; 3° la Société rai)pelle que, par son arrêté du 26, elle a rejeté « les étrangers, les nobles, les financiers, les banquiers, agents de change et agioteurs * » ; 4° la Société vote l'insertion au Journal do la Monlarjne de la pièce suivante :]
licponse-aux lettres du ministre des contributions publiques.
Paris, 29 frhiiaire. l'an 2".
Citoyen ministre, le Comité de présentation, ayant pris lecture de tes lettres [des] 13, 28 frimaire, a réuni les trois Comités ^ : on a délibéré sur ta demande, et proposé d'en donner lecture à l'assemblée générale. La Société a chargé son Comité de l'exprimer son vœu, en s'en rapportant entièrement sur tes vertus, sur tes lumières, pour la nomination des places et différents emplois c[ue tu lui proposes.
Salut et fraternité.
Delcloche, président du Comité de présentation.
On continue le scrutin.
La séance est levée.
1. Cette décision fut motivée par lincident de la séance du 2ti frimaire i^arrestation d'un Anglais qui s'était introduit dans la Société en quaUté de membre de la Société de Montargis\ La circulaire fut rédigée et imprimée. En voici le titre. Paris, le..., l'an..., de la République française. . . Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, séante aux ci-devant Jacobins Saint-Honoré. Comité de présentation. S. 1. n. d.. in-4° de 2 p. — Bibl. nat., Lb 30/2323. — Nous ne la donnons pas, parce quelle n'ajoute rien à l'arrêté quon vient de lire.
2. On voit que les prêtres ne furent pas exclus de la Société, malgré les propositions de pUisieurs membres à ce sujet.
3. Il s'agit sans doute du Comité de présentation, (Ui Comité de correspondance et de la Commission des quinze.
CCXY
PRÉSIDENCE DE BOUQUIEK
[Roussel annonce que, hier, Hroclict et lui, on leur qualité cranciens présidents de la Société, ont reçu le buste et les restes de Chalier, on présence do deux officiers nuinicipaux, et les ont transportés à la Convention, où ils ont été reçus par Léonard Bourdon, et déposés dans une des salles des Archives.]
Nicolas'. — Je prends la parole pour dénoncer Camille Desmoulins ; je l'accuse d'avoir fait un libelle avec des intentions criminelles et contre-révolutionnaires. J'en appelle à ceux qui l'ont lu. Camille Desmoulins frise depuis longtemps la guillotine- ; et, pour vous le prouver, voici une dénonciation formelle que je fais contre lui, indépendamment de la première. Je suis membre du Comité de surveillance du déparloment de Paris. Camille est venu plusieurs fois à n(jtre Comité |>our demamler l'élargissement d'un nommé Vaillant, ci-devant seigneur de Fresne, arrêté par nous, d'après les ordres des Comités de salut public et de sûreté générale, comme lié très élroitement avec les aristocrates, et prévenu d'avoir, au mépris de la loi, logé et recueilli clandestinement le contre-révolutionnaire Nantouillet, ainsi que d'autres conspirateurs. Desmoulins a obsédé et menacé le Comité de le dénoncer aujjrès du Comité de sûreté générale, s'il ne rendait pas la liberté audit Vaillant. Il s'est même permis des réflexions aristocratiques sur les mesures révolutionnaires, en disant, entre autres choses, qu'elles amèneraient la contre-révolution en bonnet rouge. D'après ces faits, je demande sa radiation du sein de la Société.
Renvoyé aux deux Comités d'épurement el de présentation.
[Bouin et Gonord aîné rendent compte de leur mission à Tonnerre ' ; d'après eux, celte vdle renferme encore beaucoup de suspects. — Une dépu-
1. A partir dici nous suivons dans le compte rendu des débats de cette séance l'ordre indiqué par le Journal de la Montuf/ne, car le Munileur semble avoir brouillé les dillérentes discussions. Nous n'empruntons au Moniteur (pie le discours de Nicolas et les principaux passages de la dénonciation d'Hébert.
2. Cette phrase n'est donnée que par le compte rendu du Moniteur.
3. Ce rajîport a été imprimé sous le titre suivant : Rapport des citoyens Boiix ET GoxoHD AÎNÉ, inemhres de la Société îles Jacobins, sur l'esprit public qui règne
S70 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [21 dkc. 1793J
laiiou (le la SociéW' do C/wlim-siir-Saône, vonne ]»onr IVatorniser avec les Jacobins, est admise. On j)asso au scrutin é|)uraloiro. — Lovasscur, député, est admis. — Goupilleau (de Montaii;u) est a])i)olé. Momoro lui demande si, après une conférence qu'il eut à Niort avec Uossignol, il n'alla point à Chantonnay, avertir Goui)illeau (de Fontcnay\ Bourdon (de TOisel, etc., que Rossignol se disposait à exécuter les ordres de la Convention relativement aux rebelles de la Vendée. — (loupilleau (de Monfdiijii) rend compte alors d'une entrevue qu'il eut avec Rossignol, lorsqu'il le rencontra avec Bourbotte, etc. : Momoro y était aussi. Coupilleau demanda à Rossignol ce qu'il comptait l'aire. — « Visiter, répondit celui-ci, La Roclielle et les Sables d'Olonne. — « Voire poste, reprit (ioupilleau, n'est ni aux Saldes, ni à La Rochelle; car ce n'est pas là qu'on se bat, c'est à Cliantonnay ». — « Vous avez raison, dit alors Rossignol, j'irai. » Je n'ai point eu part à sa destitution, continue Goupilleau, et d'ailleurs je ne jouais aucun rôle politicjue dans cet endroit, puisque je n'y étais point en commission, mais par congé. — Goupilleau est admis. j
Collot d'Herbois monte à la tribune au bruit des applaudissements universels, sort pur du creuset, et est admis.
[Sur la demande d'Hébert, Collot d'Herbois rend compte de sa mission h Commune-AITranchie. 11 réclame la ]»unition des calomniateurs ({ui ont l'ail arrêter Ronsin.]
Un citoyen déclare qu'il ne connaît pas de plus grand traître que Bourdon-Leroux.. . « Et Fabre d'Églantine ! » s'écrie Hébert.- — C'est Bourdon, continue le préopinant^, qui a demandé l'expulsion des meilleurs patriotes et s'est rangé du côté des Feuillants. Ce fut lui qui voulut chasser Marat. Je demande qu'il soit chassé lui-même. (Appuyé.)
[Momoro dit (pie Bourdon, malgré les remontrances de son collègue Bourbotte *, a osé dire qu'il n'obéirait pas aux décrets de l'Assemblée. Au contraire, Ronsin en Vendée s'est toujours conduit de la façon la ]dns ri'volulionnaire. L'orateur s'étonne »pie Bourdon ait « surnagé au scrutin épuratoire ». Il demande que la Société le raye et (pi'elle déclare que Ronsin n'a pas perdu sa confiance. Applaudi. — Hébert se félicite que les conspirateurs soient enfin démasqués. Il dénonce plusieurs autres membres. Voici les principaux passages de son discours :]
Philippeaux, qui quelquefois a l'impudeur de venir délibérer avec les Jacobins, est aussi un de ces conspirateurs. Philippeaux est au-
à Tonnerre, chef-lieu du district du département de l'Yonne, et sur les causes qui divisent les citoijens de cette cité. luij). Momoro. S. d., iu-S" de Ui p. — Bibl. uat., Lb 40/2324.