‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 112 sur 141 · C'est Hébert qui continue à parler · texte numérisé non relu

C'est Hébert qui continue à parler

2. Le compte rendu du .lnurnal de la Montagne ferait croire que Momoro dénonce Bourbotte eu même temps que lîourdon. (Test une erreur, qui fut rcctilîée dans le numéro du 8 nivôse, sur la demande île Momoro.

[-21 DKc. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS oTl

leur d'un pamphlet qu'il fait circuler dans la Vendée pour mendier de faux témoins contre Ronsin. Cet homme n"a-t-il pas l'audace de vanter les généraux nohles qu'on a chassés des armées de la Vendée ? Il s'apitoie sur le sort d'Aubert-Dubayet, qui siégeait dans le côté droit de l'Assemblée législative, et dont vous connaisssez la conduite à Mayence et dans la Vendée; et il ose accuser Rossignol et les autres généraux qui viennent de nous déhvrer des brigands ! Qui ne voit que M. Philippeaux regrette les talons rouges et les nobles qui étaient à la tète des armées de la République ?

Il est un homme qui, dans les premiers temps de la Révolution, a rendu de grands services, auquel vous avez pardonné ses inconséquences. Depuis qu'il a épousé une femme riche, il n'a plus vécu qu'avec les aristocrates, dont il a été souvent le protecteur. Il a écrit en faveur de Dillon, qu'il a comparé à Turenne, et il n'a pas tenu à lui que la Convention lui confiât le commandement de toutes les armées de la République. Camille Desmoulins a repris la plume, et dans un journal* il s'occupe à tourner en ridicule les patriotes. Dans son troisième numéro, il a l'infamie de dire que Georges Bouchotte est gouverné par Pitt-Vincent : Bouchotte, qui n'a jamais respiré que pour le bonheur de ses concitoyens, Bouchotte, auquel on ne peut reprocher la plus légère faute, Bouchotte, auquel nous devons la nomination des généraux sans-culottes qui vont enfin nous délivrer des rebelles de la Vendée, se voir comparé à un imbécile, au roi Georges !

Il est encore un autre homme, qui est la cheville ouvrière de tous ces couiplots ; un homme, qui va toujours exagérant nos dangers, et semant la discorde parmi les patriotes, qu'il fait accuser les uns par les autres, pour les détruire. Serpent rusé, il se replie en cent façons ; il fait mouvoir la machine à son gré ; il est de tous les Comités, dont il a su gagner la confiance : cet homme est Fabre d'Eglantine. [Quelques applaudissements.) D'abord lié avec les ennemis de la France, il composa des ouvrages aristocratiques; puis, voyant que l'aristocratie n'aurait point le dessus, à force de bassesses, de louanges adroitement distribuées et d'intrigues, il eut l'air de se mêler parmi les patriotes, et se fit nommer député, sans qu'on pût citer de lui une action civique. Fabre d'Eglantine, non content d'avoir intrigué pour lui-même, cabala pour son frère, Fabre Fond, qu'il fit nommer général de brigade.

[D'après Hébert, si Fabre d'Eglantine a i)Oursiiivi Ronsin avec aoharneniont, 1. 11 s'agit dvi Vieii.v Cordeller.

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c'csl parce (|iio Ronsin a rcproclu' à Fabrc Fond d'avoir c'talr mi luxe insolent dans la Vondôo, au lieu de combatlrc les ennemis. « Toules ces inacliinations, continue l'orateur, ont un (il qu'il faut découvrir. »]

Il existe un complot pour l'aire incarcérer les patriotes, pour fabriquer des pièces à leur charge, i)Our aposter de faux témoins, qui déposeront contre eux ; et, la Convention alors ne pouvant plus se reconnaître dans ce chaos, les feuillants, les aristocrates, les Brissotins et les modérés feront décréter une amnistie générale : les coupables échapperont au glaive de la justice nationale.

A qui Fabre d'Eglantine fera-t-il croire que Vincent est un contrerévolutionnaire, qu'il a reçu de l'argent de Pitt pour faire périr Custine ? Quel intérêt le roi d'Angleterre avait-il à ùter le commandement de nos armées à un traître, qui lui aurait livré Strasbourg, Lille, Metz et nos autres places fortes? Sachez, Jacobins, que Vincent avait la confiance de Marat, auquel il a communiqué toutes les pièces qui lui ont servi à prouver la scélératesse de tous les généraux conspirateurs. Il est deux hommes qui ont toute mon estime et toute ma confiance : c'est Danton et Robespierre, les deux colonnes de la Révolution; je les engage à ne plus se laisser circonvenir par des pygmées qui veulent s'élever à l'ombre de leur patriotisme. Qu'ils soient seuls, ils seront grands, et qu'ils écrasent avec nous ces reptiles qui ont juré de perdre la liberté !

[Voici la conclusion de la dénonciation d'iléherl :]

Je demande que Camille Desmoulins, Bourdon-Leroux ', Pliilippeaux et Fabre d'Eglantine soient chassés de la Société ; qu'il soit fait une pétition à la Convention pour obtenir le prompt jugement des complices de Brissot, et le rapport d'Amar sur la fameuse conspiration dénoncée par Chabot et Basire - ; et qu'enfin la Société déclare que Vincent et Ronsin n'ont point perdu sa confiance.

Mazuel arrive dans la Société, et dit que le scélérat Fabre d'Eglantine vient de le faire décréter d^arrestation et qu'il va obéir à la loi.

Un membre. — Laveaux doit aussi être chassé de la Société.

Après une discussion assez animée, la Société arrête que Fabre d'Eglantine, Bourdon (de l'Oise), Camille Desmoulins et Laveaux seront invités à se rendre à la prochaine séance pour répondre aux dénonciations faites contre eux; qu'il sera donné à Ronsin et à Vincent un extrait de la séance, qui leur témoigne que la Société con-

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