‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 113 sur 141 · C'est Bourdon (de l'Oise · texte numérisé non relu

C'est Bourdon (de l'Oise

2. En eliet, une députation des Jacobins se rendit le lendemain à la Convention pour lui proposer ces mesures. Procès-verbal, t. XXVIII, p. i32.

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serve pour eux son attachement aux principes et son amitié fraternelle ; que des commissaires, pris clans son sein, seront chargés de leur communiquer, au nom de la Société, cet extrait. Elle nomme pour cette commission Brochet, Simond, Brichet, Delcloche, Momoro et Gonord.

Séance levée à dix heures et demie.

CCXYI

PRÉSIDENCE DE liOUQUIER

[On lit le procès-verbal. Des réclainalions s'élèven(, parce niic le secréiairo a écrit qu'il avait été pris un arrêté j)ortant qu'une députation serait envoyée à Ronsin et à Vincent. — Dufininiij dit que c'est inexact. — Plusic}i)'x membres le contredisent. La Société « infirme rarrèté, s'il y a lieu. » — Dufounu/ (lit que certaines jiorsonnes ont offert jusqu'à 2;) livres pour obtenir l'entrée de la séance d'aujourd'luii. 11 deuiande ([u'à l'avenir la Société n'accorde plus d'entrées. Arrêté. — CoUot d'Herbois donne lecture de deux lettres de Lyon, dont l'une de Fouché, qui annoncent que Gaillard s'est « tué de désespoir, se croyant abandonné par les patriotes ». Il faut, dit l'orateur, prendre des mesures énergiques et soutenir ceux (pu en pn-nuent. Voici la fin de son discours :]

Il faut prévenir de nouveaux malheurs. Il faut ranimer le courage de nos frères les Jacobins qui sont en ce moment à Commune- Affranchie. J'en ai parlé au Comité de salut public ; Robespiern; lui-même s'est chargé d'écrire à nos malheureux frères. Un courrier extraordinaire leur sera dépêché, et je demande que la Société y joigne une lettre rassurante, une lettre consolatrice, et que nous fassions tous ici le serment de ne pas survivre à celui de nos frères qui pourrait être attaqué, [l^ous les membres de la Société se lèvent à la fois et font ce serment te?Tible avec V énergie la plus forte, aux applaudissements réitérés des tribunes.) Je n'avais d'espérance, en venant ici, que dans la Convention, llélas 1 elle était obsédée. Vousmêmes mettiez aux voix si vous approuveriez les mesures que nous avions prises. Ecoutez la voix de Gaillard lui-même. Vous avez cessé un instant d'être forts ; voyez les malheurs qui en ont été les résultats !

Que dites-vous de la confiance que vous avez témoignée à ces libelles qui vous ont désunis, qui vous ont mis aux mains les uns

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contre les autres? Ne voyez-vous pas que c'est vous qu'on attaque? Ne voyez-vous pas qu'on cherche à vous aliéner de la Convention nationale? Quoi! l'on s'en prend au Comité de salut puhlic dans des libelles ! On l'accuse d'avoir fait couler le sang des patriotes ! On lui reproche la mort de cinquante mille hommes! Et vous croyez que les auteurs de ces écrits les ont faits de bonne foi ? Vous croyez que des hommes qui vous traduisent les historiens anciens *, qui retournent en arrière de cinq cents ans pour vous offrir le tableau des temps où vous vivez, sont patriotes? Non, l'homme qui est obUgé de reculer si loin ne sera jamais au niveau de la Révolution. On veut modérer le mouvement révolutionnaire. Eh! dirige-t-on une tempête ? Eh bien ! la Révolution en est une. On ne peut, on ne doit point en arrêter les élans. Citoyens, le patriotisme doit toujours être à la môme hauteur. S'il baisse un instant, il n'est plus patriotisme. Rejetons donc loin de nous toute idée de modération. Restons Jacobins, restons Montagnards, et sauvons la liberté ! ( Vifs applaudissements.)

Un citoyen. — Je déclare que le système de modération qu'on a voulu établir causerait des effets désastreux. On a passé au scrutin épuratoire Camille Desmoulins, cet homme qui osa dire qu'il s'était apitoyé sur le sort des Girondins ! Le jour où on l'admit dans la Société fut un jour de calamité publique... Je propose d'arrêter qu'on demande le jugement de tout homme qui s'attendrirait sur le sort des conspirateurs.

[Levasseur déclare qu'il va arracher le masque (but se couvre Philippeaux. Il accuse Pliilippeaux de l'avoir engagé, ainsi que Boutrouë et Le Tourneur, à voter l'appel au peuple; d'avoir écrit, dans un journal (pi'U rédigeait', en faveur de l'appel au peuple, quoiqu'il ait voté depuis contre l'appel. Il l'accuse d'avoir menti dans le rapport qu'il a fait du dnier avec Vincent et Hébert. — Pliilippeaux répond qu'il a volé la mort du roi, et qu'à ce moment il a déclaré qu'il s'était trompé en défendant l'appel au ])euple. Il dévlare que depuis il a toujours voté avec la Montagne. — « Excepté dans l'alTaire de Marat! » dit Levasseur. — Pliilippeaux nie le fait. — ^n lit sa déclaration lors de l'appel nominal au sujet de la mise en accusation de Marat : elle i)Orte en substance que, si Philippeaux écoutait la voix des passions, il voterait la mise en accusation de Marat, qui Fa toujours attaqué, mais qu'il vote contre, parce que les formes ont été violées. — Philippeaux explique les raisons qui l'ont porté ta attaquer Ronsin et Rossignol. Us n'étaient jamais à la tète de leurs armées, dit l'orateur. Une seule fois Ronsin dirigea la sienne; ce fut le jour où il fit battre (juarante-trois mille hommes par trois mille rebelles. Us n'ont pas suivi les jdans du Comité de salut pu- Idic. Ils ont laissé i)endant deux jours les brigands passer la Loire à leur

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