‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 117 sur 141 · Il s'agit du Vieux Cordelier · texte numérisé non relu

Il s'agit du Vieux Cordelier

2. On trouvera le texte complet de cette lettre dans le Moniteur, t. XIX, p. 12G, 127.

la Commission qui a été nommée sur sa proposition n'aie pas encore fait son rapport. Il ajoute : « Bourdon (de TOise;, Fabrc d'Églanfine et Camille Desmoulins devaient être chassés dernièrement du sein de la Société. Tous les patriotes le demandaient à grands cris; mais une discussion étrangère vint suspendre la justice de la Société. Il est des faits nombreux qui demandent vengeance contre Camille : tout ce qui peut être allégué contre Brissot n'apjiroche pas de ce qu'on peut reprocher à Camille. Son but a été jusqu'ici de calomnier et de ridiculiser les patriotes. C'est ce même Camille qui voulut faire de Dillon un généralissime, qui s'est vanté d'avoir mangé avec lui pour l'empêcher d'être un second Eugène ; c'est lui qui a dit hautement que les nobles étaient nécessaires, qu'ils étaient les seuls instruits. L'expérience a prouvé que les sans-culottes étaient bons à quelque chose : leurs succès réj)Ondent à toutes les calonmies. Je demande que les citoyens fassent leur devoir en allant dénoncer à la Commission tous les faits qui sont à leur connaissance, et que la Commission fasse son rap{)0rt à la prochaine séance. » — Après quelques débats, la proposition d'Hébert est arrêtée.]

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE BOUQUIER

[Vadier annonce ([ue la Commission nommée pour examiner TalTaire de Philippeaux et autres ne peut faire son rapport aujourd'hui, malgré la décision prise à la dernière séance. — Un membre se plaint qu'on cherche à enterrer l'aflaire. Sur sa proposition, la Société arrête que le rapport sera l'ait demain. — Un membre demande que la Commission soit cassée et que •les membres incriminés viennent en personne se disculper à la tribune de la Société. — Collot (VHerbois appuie la proposition. Mais il ne veut pas que la discussion ait lieu immédiatement. Elle est trop importante. Il ne faut rien livrer à l'imprévu, car déjà plusieurs journaux, entre autres l'Anti-Brissotin ', ont annoncé que cette discussion serait la ruine des Jacobins. — Collot (VHerhois dénonce V Anti-Brissoiin, et demande que les membres accusés soient invités à venir se disculper à la prochaine séance. [On l'applaudit.) — La Société arrête que la discussion aura lieu à la prochaine séance (sextidi). Il est arrêté, sur la motion de Renaudin, que le bureau écrira à chacun des membres inculpés, pour qu'ils se trouvent dans le sein de la Société le jour de la discussion de leur affaire. — La Société arrête l'insertion au Journal de la Montagne de l'arrêté par lequel elle reconnaît que la Société

1. L'Anti-Brissotin, journal du soir. Paris, au bureau général, rue de Richelieu, ln-4°. L'exemplaire de la Bibl. nat., coté Le 2/2o87, s'arrête au 27 pluviôse an II [lo février 1794,. — Cf. Tourneux, n» 10913.

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de Scinur n'a pas cessé de mériter son estime, et qu'elle continue sa correspondance avec elle. — La Société passe ensuite à l'épurcment de ses membres, et admet Bassal et Couturier, députés ; Camus et Benoît, do la Commune ; Duplay fils, Tronville, Gilbert, Barry, Maréchal, Lacoste, Rodolphe, Bourgeois, Verdot, TiCnfant, llicordon, Charles Foarnerée, Simonne, Doublol, Bouin, Lhuillier, Maillard, Rey, musicien, Regnaud, François Gauthier, Maupin, Ladoin et Villeneuve.]

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE JAY SAINTE-FOY

« On se rappelle que cette séance était consacrée à la discussion de l'affaire relative à Philippeaux. L'intérêt qu'elle annonçait devoir comporter avait amené grand nombre de citoyens, qui demandaient l'entrée de la salle des séances. La Société, fidèle à ses principes et considérant que c'est surtout lors des discussions majeures qu'elle doit suivre avec le plus de rigueur ses règlements, passe à l'ordre du jour. On passe aussitôt après la lecture du procès-verbal à cette discussion intéressante, et CoUot d'Herbois prend la parole *. »

[Voici les passages principaux de son discours :]

Je regarde l'écrit qu'a publié Philippeaux, et qu'il a adressé au Comité de salut public, comme l'occasion, sinon la cause, des divisions qui ont depuis éclaté parmi les patriotes. Je ne veux point empêcher de donner des avis au Comité de salut public : au contraire, j'y engagerai toujours les patriotes, et certes le Comité de salut public s'empresse de moissonner tous les jours ceux qui lui viennent de toutes parts. Il ne faut être pour cela ni représentant du peuple, ni commissaire dans les départements : tout patriote est bien venu à y contribuer pour sa part. Mais l'écrit dont je parle n'a pas été composé dans l'intention d'éclairer le Comité. Cela est si vrai que, si l'on voulait en retrancher toutes les diatribes, toutes les personnalités, et généralement tout ce qui n'est pas de salut public, on pourrait réduire l'ouvrage à six lignes, qu'encore il aurait fallu écrire autrement. Il ne faut point accuser le Comité de salut public, et ici je n'entends

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