‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 119 sur 141 · Cette phrase est extraite du Journal de lu Monlagne · texte numérisé non relu

Cette phrase est extraite du Journal de lu Monlagne

(iraient favorables. Je me résume, et je demande qu'on exclue Philippeaux des Jacobins, et qu'on censure les numéros de Camille Desmoulins. Je demande que le Comité de sûreté générale fasse le plus promptement possible le rapport sur les patriotes incarcérés. [Applaudissemetits .)

[3Iomoro fait l'éloge de Rossignol ; il accuse Tunck, Aubert-Dubayot, Canclaux, généraux couverts d'éloges par Philijjpcaux , d'avoir prolongé la guerre de Vendée dans leur intérêt. Il demande l'expulsion de Philippeaux.]

HÉBERT, s^élançant à la ti^ibune. — Par la plus astucieuse récrimination, les rôles sont changés, et de dénoncés les accusés sont devenus dénonciateurs à leur tour. Justice! Jacobins, justice! je périrai plutôt que de sortir d'ici avant qu'on m'ait rendu une justice éclatante. Je suis accusé, dans un libelle qui a paru aujourd'hui, d'être un brigand audacieux, un spoliateur de la fortune publique.

Camille Desmoulins. — En voilà la preuve. Je tiens à la main l'extrait des registres de la trésorerie nationale, qui porte que le 2 juin il a été payé à Hébert, par Bouchotte, une somme de 123,000 livres pour son journal ; que le 4 octobre il lui a été payé une somme de 60,000 livres pour 600,000 exemplaires du Père Duchesne, tandis que ces exemplaires ne devaient coûter que 17,000 livres.

HÉBERT. — Je suis heureux d'être accusé en face. Je vais répondre.

Robespierre le jeune. — Depuis cinq mois que je suis absent, la Société me paraît étrangement changée. On s'y occupait à mon départ des grands intérêts de la Répubhque. Aujourd'hui ce sont de misérables querelles d'individus qui l'agitent. Eh ! que nous importe qu'Hébert ait volé en donnant ses contremarques aux Variétés ! {On rit.) — Hébert, qui est à la tribune, lève les yeux au ciel, frappe des pieds, et s'écrie : « Veut-on m'assassiner aujourd'hui ! » — Violents murmures.) Je demande, continue Robespierre le jeune, qu'Hébert, qui a bien des reproches à se faire, car c'est lui qui est cause des mouvements dans les départements, relativement au culte.. . [Hébert: « Eh Dieu ! » Une voix : « C'est une tyrannie. ») Je demande, dis-je, qu'Hébert soit entendu à son tour, et seulement sur les faits relatifs à la lettre de Philippeaux, dont la discussion est à l'ordre du jour. Si Hébert doit répondre à Camille, le Père Duchesne peut entrer en lice avec le le Vieux Cordelier.

[Maximilien Robespierre • déclare que le préopinant a rendu de grands

1. Les discours de Maximilien Robespierre et de Danton sont reproduits d'après le Journal de la Montofjne:\e reste de la séance, d'après le Moniteur. Tome V. 38

liU SOCIÉTÉ DES JACOBINS [o janv. 1794]

services à Toulon, mais qu'en intervenant dans la discussion présente, il a eu tort. Collot d'IIerbois a bien posé la question, dit l'orateur : quant à moi, je n'accuse personne.

« Si Hébert a interrom))u la discussion, continue-t-il, c'est une faute (pii lui est commune avec ceux qui lui ont répondu. Camille Desmoulins, qui l'a interrompu avec vivacité, s'imagine avoir des preuves, et i)eut-ètre n'en a-t-il pas. Ce que je vais dire n'a trait à aucun individu. On a mauvaise grâce à se plaindre de la calomnie, quand on a calomnié soi-même. On ne doit i)as se plaindre des injustices, quand on juge les autres avec légèreté, i)récipitation et fureur. Que chacun interroge sa conscience, et il pourra convenir de ses lorts ! »

Puis, Robespierre ajoute que « le but de la Révolution est le triomphe de l'innocence ». Il approuve donc ceux qui cherchent à se disculper d'accusations particulières, mais à condition qu'ils ne séparent pas leur cause de la cause publique. « C'est sous ce rapport, dit-il, que nous devions nous occuper de la discussion. J'avais déjà voulu l'étouffer ». Une intrigue ne l'a pas permis ; on a fait des i>amphlets. « Mais laissons là l'intrigue, continue Robes- ])ierre, i)Our nous occuper des intérêts de la patrie. Cherchons à éclaircir la niasse des faits. Je ne prends aucun parti, parce que je veux connaître la vérité. Je crois qu'il n'y a pas tant de coupables qu'on semble le penser et que les aristocrates sont plus inquiets maintenant que les patriotes ; car il n'est plus aucun danger i)Our la Convention. Au milieu de ses victoires, elle est investie de la confiance publique. Elle jdane sur toutes les intrigues. One la discussion continue, sans qu'on mette à l'ordre du jour celles qui ne sont qu'individuelles. L'histoire de Philippeaux n'est pas un proverbe à résoudre. Il ne s'agit jjas de savoir s'il a fait des libelles remplis d'absurdités. Il faut répondre à toutes les dénonciations qui sont faites. » — Ce discours est souvent interrompu par les plus vifs applaudissements.

Un miUlaire incrimine la conduite de Tunck et celle de Bourdon (de l'Oise) dans la guerre de Vendée. — La Chevardière vient établir que Ronsin, Rossignol et les représentants en Vendée sont des patriotes, que Bourdon (de l'Oise) et Goupilleau ne sont pas des conspirateurs, mais seulement des hommes inférieurs à leur tâche ; enfin « que Philippeaux a vu tout en j)0ste sans s'assurer de rien, et qu'il a dénoncé sur de faux rapports. »

Danton fait observer que la discussion roule sur des faits niés d'un côlé et affirmés de l'autre. Il demande qu'on fasse le dépouillement de la correspondance de la Vendée et que les représentants et les soldats disent ce qu'ils ont vu. De cette manière, on aura une solution claire, d'après laquelle on jiourra se j)rononcer. Après avoir fait l'éloge de Ronsin et de Rossignol, il demande que les membres de la Convention se concertent avec ceux du Comité de salut public ])Our éclaircir le fond de la question. « Subordonnons, dit Danton, nos haines ])articulières à l'intérêt général, et n'accordons aux aristocrates que la i)riorité du ]»oignard! »

Philippeaux monte à la tribune j)Our se disculper, mais il est interrompu. La Société, sur la proposition de Robespierre, arrête que Philippeaux sera entendu à la prochaine séance '. Pendant le cours de cette discussion, Bou-

1. Philippeaux fit imprimer sa défense sous le titre suivant : Discoi/rs de Piu- UPPEAux (> la séance des Jacobins, le 16 nivôse. Imprimerie Descnue, 1793 {sic),

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chotte a envoyé une lettre de lui adressée à la Société. Plusieurs membres en ont réclamé la lecture. On a passé à Tordre du jour.]

Séance levée à onze heures et demie.

PRÉSIDEXCE DE JAY SAINTE-FOY

[Sentex, au nom des quatre Comités réunis, propose à la Société de rel)Ousser la proposition tendant à payer les membres chargés de la correspondance. — Arrêté à l'unanimité.

La Société continue l'épurement. Jean Philippe, Antoine Crégi passent au scrutin épuratoire et sont admis. Le Comité de présentation demande l'expulsion de Rivez, agioteur, et dont la femme a tenu loterie étrangère. Ce citoyen est inculpé et n'a point répondu à toutes les inculpations dirigées contre lui. — Robespierre se plaint que des intrigants veulent « croiser le scrutin épuratoire » et empêcher la discussion des objets essentiels qui sont à l'ordre du jour, en occupant la Société de petites alTaires comme celles de Rivez. 11 demande qu'on ajourne cette aiïaire et qu'on entende Boulanger. Arrêté.

Boulanger rapporte qu'il a été dénoncé hier au Comité de sûreté générale pour avoir dit dans sa section que la Convention était faible, qu'il fallait la surveiller et la changer. « Or, dit-il, j'ai au contraire, non seulement soutenu la Convention, mais même déclaré qu'il fallait maintenir le gouvernement révolutionnaire aussi longtemps qu'elle le croirait nécessaire à la tranquillité et au bonheur du peujde. » — Robespierre rend hommage au patriotisme de Boulanger et invite la Société à faire avec soin le triage de ses membres. Il invite également les représentants à se montrer dignes du peuple qui les a nommés. Son discours est applaudi.

La Société passe à la discussion de l'aHaire de Philij)peaux, qui est appelé trois fois à la tribune. Philippeaux ne parait point.

Un membre dit que cet homme n'a paru dans la Société que pour troubler ses séances. Il demande que l'entrée lui soit refusée, s'il se présente de nouveau. On appelle à la tribune successivement et à trois reprises différentes Bourdon (de l'Oise), Fabre d'Eglantine et Camille Desmoulins. Bourdon, Fabre et Camille ne paraissent point.

Robespierre déclare qu'il ne croit pas que Philippeaux mérite un arrêté pour l'expulser de cette Société : 1" parce qu'il n'en fut jamais; 2° parce qu'il ne professa jamais les principes des Amis de la liberté et de l'égalité. Il demande qu'à partir de demain, la Société mette à son ordre du jour « les crimes du gouvernement anglais et les vices de la Société britannique ». Pour

in-8° de 8 p. — Bibl. nat.. Lh 40/771 Ce discours est suivi dune « Lettre du 17 uivùse ù la Société des Jacobins », siguée : Philippeaux.

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aujourd'hui, il ])roposc qu'on lise quelques numéros du journal de Pliili|)pcaux et le Cotre hismr. inoral et religieux qu'il vient de publier.

Goupilleau {de Fontenay) donne des explications sur sa conduite en Vendée. S'il y a eu une conspiration contre-révolutionnaire, il Fii^nore et il n'en a jamais fait partie. Sans doute, il a destitué Rossignol, mais auparavant il l'avait fait sortir de la i)rison où il était enfermé pour avoir eu une rixe avec "SN'estermann.]

Un citoyen accuse Goupilleau (de Fontenay) d'être le complice de Bourdon (de FOise).

La Ciiï:vardière. — fioupilleau a fait des fautes graves dans la Vendée, mais la Convention est coupable d'avoir envoyé à Fontenay, pour y combattre les rebelles, Goupilleau (de Fontenay).

Ces dernières paroles excitent un grand tumulte dans l'Assemblée. La Chevardière vole à la tribune ; on l'en fait retirer. Plusieurs membres réclament la parole pour l'honneur de la Convention. Bientôt le bruit devient si grand que le président est obligé de se couvrir.

Robespierre. — Je dirai avec franchise qu'on profite de la moindre circonstance pour perpétuer le trouble, et empêcher la Société de jouir du calme dont elle a tant besoin. S'il échappe à quelqu'un une expression impropre. . .

Bentabole. — Une insulte à la Convention ! (« Nonï non ! s'écriet-on de toutes parts.)

[Robespierre déclare que (ioupilleau (de Fontenay) a eu tort de rouvrir un débat sur lequel la Société avait déjà tro]) entendu. Quant à La Chevardière, il a employé une expression impropre. La Convention ne peut en être oiïensée, car elle ne tient son honneur que d'elle seule et du jieuple français. Il invite les membres présents à jurer la mort des traîtres qui voudraient dégrader la Convention. Ce serment est répété quatre fois au milieu de l'enthousiasme le plus grand. Robespierre demande « qu'écartant les parties incidentes, on mette constanniient à l'ordre du jour, après la séance de demain, les crimes du (/otivernemcnt anfjhiis et les vices de la Constitution britannique. » Le discours de Robesjiierre est vivement ai)plaudi ; sa proposition est adoptée.]

On annonce Camille Desmoulins : il monte à la tribune '. Il déclare qu'il ne sait pas ce qu'on lui reproche, étant absent dans le moment où il fut dénoncé. Au reste, il invite les citoyens à puiser dans les numéros de son journal les réponses à toutes les dénonciations. —

1. A parth' d'ici jiisquà la fiii de la séance, nous suivons le Journal de la Montaç/ne. Dans le compte rendu de ce journal, le discours de Robespierre sur Camille Desmoidins est simplement résumé ; mais il est donné intégralement dans le numéro suivant. (Test ce texte intégral ((ue nous reproduisons.

Un membre demande que Camille se justifie sur les éloges qu'il a donnés à Philippeaux.

Camille Desmoulins. — Je dois faire connaître à la Société que j'ai été étrangement trompé sur Philippeaux. Après avoir lu sa lettre, la persuasion m'entra par tous les pores ; mais je lui ai dit depuis qu'il fallait qu'il fût le plus impudent des menteurs et le plus fier de tous les trompeurs pour rendre tant de faits d'une manière si adroite, si tous ces faits sont faux »... Ce n'est pas seulement la lettre de Philippeaux qui m'a trompé : c'est une parole de Goupilleau (de Fontenay), au patriotisme duquel je rends hommage, et qui me dit qu'il n'aurait pas destitué Rossignol sans raison, c'est une assertion de Westermann, revenu de la Vendée, qui m'ont déterminé. Mais, quand je vois beaucoup de patriotes incrédules ; quand je vois Choudieu * dire qu'il n'y a pas un mot de vrai dans la dénonciation de Philippeaux, je vous avoue que je ne sais plus où j'en suis 3.

Robespierre. — Camille Desmoulins a fait paraître un nouveau numéro de son journal, dans lequel les aristocrates trouvent leur consolation ; ils vont en envoyer des milliers dans tous les départements pour donner aux aristocrates de tous les départements la première lueur d'espérance qu'ils aient eue, depuis que le peuple a proscrit ces libelles impurs sortis des cabinets de Roland et de ses soudoyés. DesmouHns n'est pas digne de la sévérité que certaines personnes ont provoquée contre lui ; je pense même qu'il est contraire à la liberté de paraître avoir besoin de le punir comme les grands coupables. Il est aussi dangereux de le regarder dans la classe des conspirateurs que de pardonner à ses libelles remplis de

1. Il y a ici, dans le texte iki Journal de la Muntafjne une i)hrase tronquée, que nous supprimons.

2. Au lieu de Choudieu, le Moniteur nomme ici CoUot dllerbois.

3. Voici comment le Moniteur rapporte ce discours de Camille Desmoulins : « Tenez, citoyens, je vous avoue que je ne sais plus où j'en suis. De toutes parts on m'accuse, on me calomnie. Sur le fait de Philippeaux, je vous confesse franchement que j'ai cru de bonne foi tout ce qu'il a consigné dans son mémoire sur la Vendée. En effet conunent supposer un homme assez impudent menteur pour oser consigner dans un écrit pubUc une suite de faits destitués de fondement ? J'ai lu les écrits de Phihppeaux ; la manière dont il raconte ce qu'il a vu m'a séduit, et je ne crois pas qu'un homme, n'ayant lu que ce que dit Philippeaux, à moins d'être un incrédule renforcé, puisse raisonnablement révoquer en doute les faits qu'il a consignés dans ses lettres imprimées. Jai vu depuis d'excellents patriotes, tels que CoUot d'Iierbois ; ils mont assuré que l'ouvrage de Philippeaux était un roman, où il mentait impudemment à sa conscience et au pubUc. Je vous avoue (pie je ne sais plus où j'en suis, qui croire, quel parti prendre. En vérité j'y perds la tète. Est-ce un crime à vos yeux de s'être laissé tromper par une série de faits tous bien liés entre eux et qui se développent sans art et sans efforts ? »

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blasphèmes contre-révolutionnaires. Il a prétendu que ses numéros étaient justifiés par la traduction de quelques passages de Tacite qu'il y a fait entrer. Je lui demande si ces passages de Tacite, qui sans doute était plus politique que lui, ne sont pas sous sa plume autant de satires piquantes du gouvernement actuel et de la Convention ! Je lui demande si les aristocrates ont jamais acheté avec tant d'empressement les traductions de Tacite qu'ils ont acheté les passages de Tacite que Camille avait recueillis de telle sorte qu'ils devenaient des armes entre les mains des ennemis de la liberté !

[Robespierre se moque de rcnthousiasinc de Camille pour Pliilippcanx : « C'ost son héros. C'est son don Quichotte. » Camille, dit Robcspiorro, a quelque chose do la naïveté de La 1^'ontainc. On se rappelle que celui-ci, lisant un jour les prophètes, dit à un courtisan qui ne lisait guère TÉcriture sainte: (( Avez-vous In Baruch ? l*arbk'u, c'était un grand homme! » De même (Camille va partout répétant: « Avez-vous lu Piiilippeaux? » Camille est admirateur des anciens, ajoute l'orateur; les écrits immortels de Cicéron et do Démosthène font ses délices. La ressemblance des termes seuls lui monte la tète. L'orateur grec et le romain ont fait des Philippiqucs, l'un contre le tyran do Macédoine, l'autre contre un scélérat conspirateur. Camille croit, en lisant I^hilippeaux, lire encore les Philippiques de Cicéron et de Démosthène; mais qu'il ne s'abuse pas : les anciens ont fait des Philippiques, et l*liilii)peaux n'a comi)Osé que des Philippotides *.]

Si vous analysez les maximes fausses, déplacées, impolitiques de Camille Desmoulins, si vous les rapprochez de ces diatribes indécentes qu'il a prodiguées à plusieurs membres de la Convention, vous conviendrez qu'il faut être Desmoulins pour obtenir l'absolution de tant de péchés contre la liberté. Je consens que la liberté traite Desmoulins comme un enfant étourdi, qui avait d'heureuses dispositions et qui a été égaré par les mauvaises compagnies ; mais il faut exiger de lui qu'il prouve son repentir de toutes ses étourderies en quittant ces compagnies qui l'ont perdu.

Toutes ces vérités ne sont pas flatteuses pour un auteur ; mais, si l'amour propre de Camille Desmoulins en est offensé, qu'il considère qu'il s'est attiré une petite remontrance suffisante pour le corriger. Quand il verra qu'il a mérité des reproches encore plus sévères, il sentira la nécessité de se rallier aux principes et d'éloigner de lui toutes les causes d'une erreur qu'on veut bien lui pardonner. Qu'il examine que ses écrits font la douleur des patriotes et la jouissance des aristocrates, et il nous saura gré de voir qu'il n'y a que pour lui que Ton peut les oublier.

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