‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 124 sur 141 · SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU 2 PLUVIOSE AN II (21 JANVIER · texte numérisé non relu

SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU 2 PLUVIOSE AN II (21 JANVIER

PRÉSIDENCE DE REVERCIION

[On lit la correspondance.

On fait lecture de la Déclaration des Droits de rHommc.el du Citoyen. Elle est entendue au milieu des applaudissements, et Ton en fait répéter plusieurs articles. — Hébert demande c[ue le décret qui prononce la mort du tyran soit inscrit à la place du ju-ésident. Adojjlé. — Un citoyen ayant présenté quelques tableaux représentaiil le lyran de France et celui de Prusse, ces tableaux sont livrés aux tlamiucs au milieu de la salle; plusieurs citoyens dansent la Carmagnole en foulant aux pieds les débris de ces monarques grillés {sic). — Un menibrc demande (jue la séance soit terminée par des chants, comme la fête d'aujourd'hui a commencé.

La Chevardière appuie cette proposition, mais demande qu'on s'occupe aussi de la discussion sur les vices du gouvernement britannique. — Quelques membres demandent qu'un secrétaire fasse lecture du procès-verbal de la mort du tyran. — Momoro fait oliserver qu'une loi défend le déplacement des registres d'une administration ; en conséquence, il demande qu'on donne le temps de faire transcrire le procès-verbal. — Dufourny fait la proposition suivante :

« Vous voyez à la tète de tous les actes publics ces mots : Liberté, Egalité. On aurait droit de conclure d'ajjrès cela que l'égalité dérive de la liberté, tandis que c'est au contraire la liberté qui dérive de l'égalité. Je demanderais donc que les Jacobins voulussent consacrer le cri unanime des Français : Vive l'égalité ! Vive la République une et indivisible ! Je demanderais aussi que l'on mît, à la tète de tous les actes publics, ces mots : « Egalité, Liberté », au lieu de les écrire ainsi : « Liberté, Egalité, » — Couthon propose que la Société s'occupe de « rédiger l'acte d'accusation de tous les rois », et qu'à cet effet elle nomme des commissaires chargés de recueillir les crimes particuliers des tyrans. — Cette proposition , vivement applaudie, est adoptée.

Sur la motion de Momoro, la Société nomme pour commissaires Robesbespierre, Billaud-Varenne, Couthon, Collot d'Herbois et Lavicomterie. — Félix Le Peletier demande que la Société prête le serment de ne se dissoudre que lorsque tous les tyrans seront confondus. — Léonard Bourdon s'oppose à cette démarche. Il veut que la Société n'emploie pas les serments, mais qu'elle continue de détester et de poursuivre les tyrans de toute espèce et les aristocrates. On applaudit. Il invite les patriotes à venir demani à neuf heures pour arracher l'arbre de la liberté, planté aux Tuileries par le dernier tyran, et pour le remplacer par un autre. Adopté. La Chevardière monte à la tribune pour prononcer un discours sur le

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youvernoinont hrilannique. Après avoir dôvoloppô riiistoiro des révolutions (rAnglctorre, il démonire les vices de l'organisation du gouvernement actuel de ce pays; il termine en parlant de ses crimes pendant la Révolution de la France. Ce discours est vivement et fréquemment applaudi. La Société en arrête l'impression '. — Un officier, prisonnier délivré, fait un rapport sur Télat des armées françaises et autrichiennes. Mais, comme il rapporte des l)aroles violentes proférées par le général ennemi, il est interrompu. — Billaud-Yarennc fait remarquer à l'orateur qu'il répète des expressions qui ne doivent pas souiller la bouche d'un républicain. La Société passe à l'ordre du jour. — Un citoyen chante quelques couplets en l'honneur de la Montagne; il est aussi interrompu. — Plusieurs membres s'élèvent contre l'inconvevenance de ce i)rocédé dans le sein de la Société, et observent que les vrais •lacobins doivent plutôt s'empresser de faire jaillir la lumière qui doit renverser la tyrannie en éclairant les peuples. — Collot iVHerbois adresse au chanteur une réprimande patriotique. La Société invite les citoyens à ne pas substituer des paroles de leur invention au texte connu des chants patriotiques.

La Société de Lille fait passer une adresse qu'elle envoie à la Convention et une réponse à la diatribe du repésentant du peu|)le Châles*.)

Séance levée à dix heures et demie.

PRÉSIDENCE DE REVERCIION

[Collot d'Herhois annonce que nos armées sont victorieuses de toutes parts, en Vendée, sur le Rhin. Il parle également d'un procès intenté par le gouvernement anglais à Maurice Margarot et à Josei)h Gerald, membres de la Convention d'Ecosse. « La Société de correspondance de Londres, dit l'orateur, 'dans sa séance du 2 janvier, a arrêté à l'unanimité que Maurice Margarot et Joseph Gerald, députés de cette Société à la Convention britannique, ont mérité les plus vifs remerciements de la part de leurs constituants ; que les poursuites faites par des magistrats pour empêcher ces assemblées, que l'arrestation des délégués, les violences exercées envers eux et la Société, •l'enlèvement de leurs papiers et toutes les autres atteintes contre leur liberté individuelle et leur sûreté, sont autant d'infractions criantes à la loi, contre lesquelles doivent s'élever avec vigueur tous les amis de la liberté ; que la ferme et invariable détermination de la Société est de soutenir de toutes ses

1. Discours sur la Constitution et le gouvernement d'A7igleter)'e, prononcé à la Société des Jacobins à Paris, dans la séance du 2 pluviôse an H de la République par A.-L. Lachevardière. . . Imprmierie des sans-culottes, s. d., in-8° de 23 p. — Bibl. nat., Lb 40/776.

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