Cf. Moniteur, t. XIX, p. 349, 3a
forces tous les membres délégués, de les défendre contre une oppression illégale, et d'employer tous les moyens avoués par la loi pour poursuivre les magistrats qui paraissent à la Société avoir non seulement manqué à leur devoir, mais encore être contrevenus directement à la lettre et à l'esprit de la Constitution. » — Un membre donne aux Jacobins quelques détails de ces nouvelles, ce qui amène la proposition d'écrire à cet égard à la Société de Londres; mais cette proi)Osition, combattue par un autre membre, n'a pas de suite.
Sijas annonce que le ministre de la guerre vient de destituer Lambert, commissaire des guerres, coupable d'avoir fait des enveloppes avec le Bulletin de la Convention. — Un citoyen dit que Lambert est un bon patriote, qui répand avez zèle le Bulletin de la Convention parmi les soldats. Les numéros dont il §'est servi étaient de vieux numéros. L'orateur accuse Sijas de ne pas faire connaître toutes les dénonciations qu'on lui adresse contre les individus employés dans les armées. — Sijas répond qu'il les transmet toutes au ministre de la guerre, lequel s'est réservé le droit de destitution. On applaudit. — Une dcpufation de Sedan fait lecture d'une adresse qu'elle doit présenter à la Convention. L'orateur termine en demandant que les suppléants qui ont signé les arrêtés fédéralistes soient exclus de la Convention ; il en cite un qui s'est rendu coupable de ce crime ; on l'invite à le nommer ; il déclare que c'est Piette. L'orateur demande une commission pour appuyer sa pétition auprès de la Convention. — Un autre orateur de la même députation ajoule quelques raisons à celles qui doivent engager la Société à demander à la Convention que Perrin ne reste plus dans son sein. — Sur la proposition d'un membre la Société décide qu'elle examinera celte pétition avant de l'appuyer devant la Convention. — Antoine Perraut prononce un discours sur les crimes du gouvernement anglais; il est applaudi à plusieurs reprises. — Dubois- Crancé relève ({uelques expressions relatives à la Convention d'Ecosse; il pense que c'est donner des armes à Pitt, et faire croire qu'il a agi avec sagesse en faisant incarcérer tyranniquement les députés de cette Convention, qui gênaient sa politique odieuse, — Perraut fait remarquer à Dubois-Crancé que les expressions qu'il lui reproche ne se trouvent pas dans son discours. — Quelques membres demandent l'impi-ession de ce discours, d'autres s'y opposent; Perraut est de ce nombre. L'impression n'est pas arrêtée.
Une dépidation de la Société de Soissons vient se plaindre de l'arrestation d'un patriote de ce pays, de l'insulte faite h la Société de Soissons par l'arrestation de son président et de son secrétaire, et par l'inventaire de ses papiers fait par l'agent national. — Un membre, après avoir fait sentir combien il est dangereux de souffrir qu'un agent national inventorie les papiers d'une Société populaire, et que c'est réveiller l'espérance des aristocrates, demande que des commissaires, pris dans le sein de la Société, accompagnent la députation au Comité de sûreté générale. Adopté.]
Séance levée à dix heures.
620 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [25 janv. 1794]
SÉANCE DU 6 PLUVIOSE AN II (2o JANVIER 1794-)
PRÉSIDENCE DE REVERCHON
Au commencement de la séance, quelques membres témoignent de l'inquiétude sur la santé de Robespierre, qui depuis quelques jours a cessé de venir aux Jacobins. Un citoyen rassure l'assemblée, en disant que Robespierre se porte bien.
La Société arrête l'impression de deux discours sur les crimes du gouvernement anglais et les vices de la constitution britannique. L'un est envoyé par une Société affiliée ', l'autre par un citoyen des tribunes.
[Les grenadiers de la Convention, de retour de la Vendée, viennent féliciter la Société sur ses (nivaux. — Sur la proposition de Legendre, le président leur donne l'accolade IVaterncllc.
Jeanbon Saint-André est accueilli par des applaudissements multipliés. Il passe au scrutin épuratoire et est admis. Il annonce qu'il veut faire connaître ce qu'il sait des crimes du gouvernement anglais. Il donne des détails sur la conjuration qui se préparait à Brest et qu'il a empêchée de réussir comme celle de Toulon. Il dit que nous devons travailler à nous préparer une marine imposante, capable de braver celles de l'Angleterre et de l'Espagne réunies.
Maure passe au scrutin épuratoire. On lui demande comment il a voté dans l'aflaire de Marat. — Maure répond que Marat le nommait son fds, et qu'il est encore digne de l'être. II est admis au milieu des applaudissements. 11 annonce qu'il va rendre compte incessamment à la Société des opérations de sa mission. — Legendre passe à son tour au scrutin épuratoire. On lui demande comment il a voté dans l'aiïaire de Marat.
Legendre déclare qu'il était absent lors de la persécution de l'Ami du peuple, mais qu'il l'a caché pendant deux ans dans ses caves. « Boucher Saint-Sauveur et moi, ajoute-t-il, étions ses maréchaux-de-logis, et nous lui signions ses billets de logement. » On applaudit. — Legendre ajoute qu'il a été traité de contre-révolutionnaire par le Père Duchesne et qu'il défie Hébert de citer un fait à l'appui de cette calomnie. On applaudit. — Sentex déclare qu'il faut qu'Hébert vienne s'expliquer devant la Société, comme Legendre l'y invite. « Si celui-ci est coupable, il faut qu'il soit puni ; si Hébert
1. Société des Amis de la Liljerté et de l'Ègatité. Mémoire sur les crimes du gouvernement anglais. Les répiibticains de la Société populaire du canton de Neuillysur-Ornin, district d'Égalité-sur-Marne, département de l'Aisne, à leurs frères... Imprimé par ordre de la Société. Paris, Galetti, s. d., in-S" de 8 p. — Bibl. nat., Lb 40/2326. (Cet opuscule est daté par erreur du 4 pluviôse.)
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est calomniateur, il faut qu'il soit chassé. — Applaudissements. Legcndre est admis. — Beaugcard, député, l'est également.
Une dépiitation de Montanjis demande qu'on retire l'affiliation à la Société de cette commune, parce qu'elle est composée de fédéralistes et de royalistes. — Jeanbon Saint-André déclare que la radiation ne suffit pas. Il faut qu'une délégation aille, avec les citoyens de Montargis, dénoncer le fait au Comité de sûreté générale. — Arrêté. — La Société ci-devant des Gobelins fait i)art d'un arrêté portant que Camille Desmoulins, Philippeaux, Bourdon (de l'Oise) ont perdu sa confiance. On applaudit '.]
Séance levée à dix heures.