Ce début est donné d'après le Journal de la Monta(/ne
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est nolilc, il 110 laut pas l'aire (rcxociilion en sa favcMir. l/oialour dil, que les Sociétés populaires sont envaliios ])ar les nobles et les intrigants. — Sentex ap})uie la proposition : « Il faut, dit-il, d'autant moins tolérer les exceptions (pie déjà des malveillants taxent la Société de modérantisme. » — l/arrèté est eoniirmé, et les ex-nobles qui se trouvaient encore dans la Société sont ^compris dans rcxclusion.]
Dalbarade, ministre de la marine, est interpellé sur le nommé Bonjour, l'un de ses adjoints, ilont le patriotisme est plus que suspect. Dalbarade répond qu'aussitôt que Bonjour fut connu, il fut renvoyé de la marine. Le ministre est admis, ainsi que Lathuile Desseules, Simoneau, Jaujon , Ricourt, Lavaux, Laboulée, Royer, tapissier, Royer, directeur des voitures, Gatrot, Lhuilier, Ferret, musicien, Alexandre Fabre, Boyer, architecte.
Séance levée à dix heures et demie.
CCXXXYII
PRÉSIDENCE DE REVERCllON
Un membre^ immédiatement après la lecture du procès-verbal, demande l'admission des députés des colonies. Ils sont admis. Chacun d'eux prononce un discours, auquel le président répond avec énergie. Ils reçoivent l'accolade fraternelle et présentent un drapeau aux trois couleurs, sur lequel sont peints un noir, un blanc et un mulâtre.
[La discussion s'ouvre sur l'adresse de la Société régénérée de Cliambéry, relative aux sept députés du Mont-Blanc, qui ont trahi la cause du peuple. — La Chevavdh'we ai)i)laudit à celte adresse. Toutefois, il se plaint (juc dans le Mont-Blanc l'esprit pubHc soit corrompu par un grand nombre d'agents soldés du despote sarde. — Shiiond prend la parole. Il rappelle que, lors des élections dans le Mont-Blanc, le corps électoral a été circonvenu par des intrigants, des prêtres, dos gentillàtres, des valets du roi sarde. Il continue ainsi :]
Des sept députés qu'on vous dénonce, il n'en est pas un qui n'ait été s'asseoir à la Montagne en arrivant à la Convention ; mais, successivement lassés des violences qu'ils avaient à se faire pour monter à leur poste, pour s'y soutenir contre des tentations agréables, effrayés encore par un avenir problématique pour eux, et dont les
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succès les rendaient au plus les égaux de leurs voisins, ils ont préféré le beau monde aux vertus républicaines, l'aisance particulière à la prospérité publique, et le calme de la mort politique aux orages qui battaient la liberté. « Xous n allons plus à la Montagne, ont même dit quelques-uns d'entre eux , parce que nous aimons la vie. »
• [Simontl l)làni(' leur conduite ; il lormino ainsi son discours :]
Marat, il y a deux ans, leur offrit des conditions très douces : ils les refusèrent. Un mois après, il n'aurait pu les présenter : l'audace et le développement des conspirations nécessitait tous les jours de plus grandes mesures, et c'est pour avoir comblé celle de tous les crimes, de toutes les trahisons et de tous les complots, que raristocratie a provoqué toute la colère des {)atriotes, auxquels elle a fait la preuve qu elle était incorrigible. Les làclies n'ont pu nous vaincre sous leur costume; ils prennent le nôtre, et, avec le nom de sansculottes, persécutent par un nouveau raffinement ceux qui en ont montré le courage et les principes dès l'origine de la Révolution. C'est sur cette dernière conspiration que la Société doit porter toute son attention ; et, afin de poursuivre les mauvais citoyens par ordre et méthode, il faut signaler d'abord les plus dangereux à raison du poste qu'ils occupent et du mal qu'ils font faire par le mauvais exemple et l'encouragement qu'ils donnent. Je propose à la Société d'arrêter que son Comité de correspondance lui donnera l'analyse des faits contre les députés dénoncés, et que le tout sera inséré dans le Journal de la Montagne, pour être présenté à tous les défenseurs comme une règle de justice à suivre, quand on veut punir les ennemis d'après le caractère de leurs délits et des suites fâcheuses qu'ils obtiennent.
La proposition, mise aux voix, est adoptée.
[Un membre demande que l'on s'cmiiresse de l'aire i)artir la seconde réquisition, afin d'écraser plus promptcment nos ennemis.
Dufourni/ dit que la proposition qui vient d'être faife ne peut avoir d'autre objet que de favoriser les alarmes ; il demande que le président déclare ijuc les Jacobins se garderont bien de mettre en avant cette fatale i)roposition, car la patrie est dans la position la |)lus avantageuse. Applaudissements unanimes. — La proposition de Dufourny est adoptée.
Maure fait part à la Société que, dans le département de Seine-et-Marne, iljy a encore plus de deux mille lionuiies qui ne sont pas partis. — D'autres membres déclarent qu'il y a une très grande quantité d'iiommes de la première réquisition dont le départ a été retardé.
Forichet demande par motion d'ordre que l'on invite la Convention : I" à
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drcivlop (|Uo \c Trilmnal n'-volutionnairo jugera, dans la proeliainc décado, les restes impurs des hommes d'État ; 2° à s'épurer elle-même i)Our chasser de son sein les débris du Marais, qui ont osé monter sur la Montagne. — Louis appuie cette motion, en disant que depuis deux mois on fait une guerre atroce aux patriotes, qu'on appelle ultra-révolutionnaires. — FrlLr Le Pcletier déclare qu'il était absent à la séance dernière, dans laquelle on a décidé d'exclure tous les nobles de la Société. 11 avait espéré juscju'ici que la Société ne reviendrait pas sur l'arrêté dans lequel elle avait déclaré qu'elle adoptait Félix Le Peletier comme un Irère. Puisqu'il en a été décidé autrement, il rend sa carie d'admission, mais il assure que son cceur restera Jacobin jusqu'à sa mort.]
Les memi3res qui ont été épurés dans cette séance sont Baron, Dolsent, Nollin, Destournelles, Sandoz, Yiguer, Breniet, Isidore père, Meurcier, Pinard et Yolle.
La séance est levée à dix heures.
CCXXXYIII
PRÉSIDENCE DE REVERCllON
[La SociJt^ admet parmi ses membres le citoyen noulroi'ie, député à la Convention.
On passe au SL'rutin épuratoire. Garan est admis. — Champertois, juge au Tribunal criminel, parait à la tribune. — Un membre de la section de Bonne- Nouvelle, qui l'est aussi d'un des Comités de cette section, déclare que Champertois est un homme à deux faces, qui protège les signataires des pétitions inciviques, et qui a été chassé de la Société populaire de la section. — Hébert déclare que le Comité de présentation de la Société a entre les mains un procès-verbal de la section de Bonne-Nouvelle, à laquelle appartient Cham- })ertois : cette pièce établit que Champertois est un contre-révolutionnaire. — Un membre demande qu'on envoie Champertois se justifier devant sa section. — Petit fils veut que la Société écoule la justification de Champertois. — Champertois se dispose à parler. — Momoro l'arrête par une motion d'ordre et demande qu'il soit chassé. — Sinunul déclare que la Société ne doit pas arrêter son jugement d'après celui d'une section ; en conséquence, il demande qu'on laisse parler Champertois. — Champertois montre qu'étant l)résident de la section, il a fait sonner le tocsin et il a combattu dans la nuit du JO août. — Martinet atteste ces faits. — Momoro insiste pour que Champertois soit renvoyé devant sa section. — Brichet déclare que c'est inutile. — Champertois montre que sa section, qui l'attaque, est composée de prêtres et d'aristocrates. Il est admis '.
1. La discussion sur l'admission de Champertois est résumée dans le Journal de la Montafjne.
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La Société admet également Hiiet, Caiitliier , adjoints du ministre de la guerre; Coffinlial, juge au Tribunal révolutionnaire; Duboisseau, juge ; Tranchard, juré au iiiénie Tribunal ; Duverger, Brare et Vatard.
Loys, membre d'une députatioa de Marseille, se plaint des représentants envoyés dans cette ville. L'orateur cite les événements qui ont eu lieu à Marseille depuis l'arrivée du représentant du peuple Albitte. Il parle de la difficulté que les patriotes éprouvèrent à faire incarcérer les contrerévolutionnaires de cette cité; la Société populaire eut beau lui présenter des observations pour lui en démontrer la nécessité, celui-ci répondit par dos objections futiles, et lui dit qu'étant seul dans la ville, en qualité de représentant, il ne pouvait prendre cette mesure sur sa responsabilité. Ce ne fut qu'après l'arrivée de Romme et de Charbonnier que cinq cents fédéralistes furent mis en arrestation. Quand Barras et Fréron furent entrés à Marseille, il s'établit entre les différents représentants une espèce de rivalité, qui faisait |)0ur ainsi dire deux Conventions nationales dans cette ville. Loys ajoute qu'on se plut à exciter l'animosité entre la garnison et les citoyens, afin de pouvoir dire que .Marseille voulait se venger de la reprise de Toulon sur les vainqueurs. Les représentants firent arrêter cpialre-vingt-six ])atriotes et en envoyèrent deux au Tribunal révolutionnaire, ipii les acquitta. Ils firent un désarmement général, détruisirent les assemblées de sections, renversèrent la maison commune, malgré le décret de la Convention, qui prescrit la conservation des monuments des arts qui se trouvent dans les villes rebelles.
Loys termine en déclarant que c'est la vengeance seule qui a guidé les représentants dans la conduite qu'ils ont tenue envers les Marseillais ; il annonce qu'ils sont rappelés par le Comité de salut public, et qu'il sera facile aux patriotes i)ersécutés de se justifier aux yeux de ce Comité de toutes les inculpations qui leur sont faites.
Robespierre répond que la Société doit suspendre son jugement jusqu'à ce que la lumière soit faite sur les événements exposés ])ar le ])réopinant, qu'il considère connue un patriote. Voici le passage le \)\m im|)ortant de son discours :]
Ce qu il y a de certain, c'est que les citoyens de Marseille accusent les représentants de rigueur, et que, d'un autre cùté, les représentants assurent que l'esprit public n'est pas changé dans Marseille, que l'indulgence a encouragé les fédéralistes et a engendré un orgueil qui n'est certainement pas celui des hommes libres. Les représentants prétendent que ceux qui se disent les patriotes de Marseille, après avoir culbuté les fédéralistes, ont voulu se mettre cà leur place, et qu'ils n'ont vu dans la révolution salutaire qui s'est opérée à Marseille qu'un moyen de s'élever sur les ruines du parti opposé. La nouvelle municipalité est accusée de désobéissance envers les représentants; elle est accusée d'avoir donné ordre de rester à plusieurs Marseillais que les représentants requéraient de marcher à Toulon; On a été réduit, pour empêcher le désordre, à mettre la ville en état de siège. Yoilà des prétentions des deux cùtés ; voilà ce qui servira de base à l'examen du Comité.