‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 15 sur 141 · PRÉSIDENCE DE BILLAUD-VARENNE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE BILLAUD-VARENNE

[Un membre annonce que la Société de Lorienl envoie trois caisses pleines de vêlements à rarméc de Gustine.

Collot d'Herbois présente une héroïne, habillée en homme, qui a fait la dernière canq)agne avec son mari et qui demande à retourner à la guerre.

Une d&putation des citoyens bclqes vient déclarer que « la nature seule a marqué les limites de la République francjaise ». « Nous les atteindrons ou nous périrons avec vous. »

Une dépuiation des sans-culottes de Lyon vient remercier la Société de la détermination qu'elle a prise de leur envoyer du secours.

La Société renvoie au Comité de surveillance une lettre de Bordeaux, où on se plaint que les terres ne soient pas ensemencées, par Teiret de la malveillance.

1. Il faut fah-e remarquer ici qu'à partir du n" 63, daté du 5 mars 1793, et dans lequel se trouve le cunipte rendu de la séance des Jacobins du 3 mars, le Premier journal de la Convention nationale ajoute à son titre rindication suivante : Contenant les débats et la correspondance de la Société des Jacobins, séante à Paris. D'après une circulaire du 26 avril, que nous donnons phis bas. la Société de Paris l'envoie aux Sociétés des départements, et le recommande comme le seul exact et véridique. Cependant, après comme avant le mois de mars 1793, les comptes rendus du Premier journal de la Convention nationale sont moins étendus et présentent plus de lacunes que ceux du Journal des Jacobins.

[3 MAKs 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBLXS 63

Maure donne lecture d'une lettre de Dufds, Jacobin en traitement à Tliùpital militaire de Perpignan, qui dénonce les manœuvres de Birotteau'.]

Un membre. — Nous donnons trop d'importance aux Brissolins, aux Girondins, aux Rolandins. Je demande qu'on passe à l'ordre du jour. [Dni'U.]

Cette proposition est adoptée.

Bow'don propose de demander à la Société de Perpignan la lettre originale de Birotteaii. {Applaudissements.)

Jeanbon Saint-André. — J'invoque l'ordre du jour sur cette seconde proposition de Bourdon. Je sais bien que Birotteau est un contre-révolutionnaire : mais il faudrait des millions d'hommes comme lui poiu- faire une C(»utre-rév(»luti(»n.

Après quelques débats, la proposition de Bourdon, appuj'ée par un membre, est mise aux voix et adoptée.

Collol d'Herùois monte à la tribune pour lire l'acte énonciatif des crimes de Roland *.

[Kn voici ([uelques traits cl la conclusion :]

« Dans le mois de septembre dernier, Roland proposa de quitter Paris avec la sage précaution d'emmener avec eux ^ l'Assemblée nationale et d'emporter le trésor public. Il se proposait sans doute de régner dans le midi et de laisser rétablir la famille capétienne. Roland avait concerté avec ses partisans cette fuite criminelle; mais Danton, le robuste républicain Danton, les devina, et leur opposa d'énergiques résolutions, et sauva la chose publique. » {Applaudi.)

L'orateur a ensuite fait la censure des comptes de Roland, qui ne présentent que des cbifTre? et rien de plus. 11 a ajouté : « L'emploi des sommes disponibles pour récompense n'est point justifié. Brissot a eu le gros lot dans la distribution. Charger Brissot d'éclairer les trames des ennemis de la chose publique, c'est comme si on chargeait un filou d'avertir les citoyens de Paris du danger qu'il y a de passer au passage du Perron * sans avoir les mains dans ses poches. (On rit.)

1. Sur Jcan-lîaptiste Birotteau [1":)8-17'J3|, voir le Recueil den actes du Coinilé (le salut public, t. 1. p. 272.

2. Rapport fait à la Société des Amis de la Liberté et de l'Er/alifé..., le ditnunche S mars de Van H de lu République, par J.-M. Cou.ot nllRniiOis, sur les nombreuses accusations ù porter contre Vex-ministre Roland. — Paris, imprimerie Potier de Lille, 1793, in-8° de 30 p. — Bibl. nat., Lb 40/7 i.l.

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