‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 18 sur 141 · PRÉSIDENCE DE BILLAUD-VARENNE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE BILLAUD-VARENNE

[Gobel, (•V(HiU(' (le i'aris cl commissaire du Conseil exécutil" dans le pays (le Porenlrny, vient se justifier des aceusalions perlées contre lui.

Tallb'ii se plaint (|u"lsnar(l et les Cirondins se soient opposés, dans la Convention, à la proposition de mettre à la disposition du ministre de la guerre tous les Fédérés des départements qui sont à Paris '.

Il se plaint également que le Comité de la guerre jjrépare un projet pour organiser dans la garde nationali' de Paris des compagnies de chasseurs et de grenadiers, (pii seront rorni(''es d'aristocrates. ^

Colliit d'ilerhuis occupe le fauleuil.

\Chdl('(ti(tii'ii/'-Ilfiii(l(in annonce que l'armée Irançaise de Belgique s'est ralliée après une jtremière surprise et va reprendre le bombardement de Maëstriclit.

Dc.sficiix déclare ^ qu'il l'aut profiter île la bonne nouvelle pour l'aire de bonnes lois, pour établir nn tribunal révolutionnaire ».]

G... — -le 110 nionle point à celle tribune pour m'élever contre la création d'un triimnal lévolulionnaire, mais pour observer qu'on ne saurait [irendre lro[) de itrécauliou pour consolider ce tribunal. Celui du 17 août s'anéantit cliaque jour. Je vais le prouver par les laits. Dans ce tribunal, on s'est écarté des formalités prescrites par le Code pénal. Plusieurs particuliers ont été condamnés ; la Convention, qui n'ignorait pas ces défauts de forme, a laissé exécuter les condamnés, et ensuite elle a adroitement profité de cette violation des formes pour soumettre à cassation les jugements du tribunal du 17 août. Les événements des 2 et 3 septembre ont fait disparaître les registres d'écrous ; de manière qu'il y a une lacune jusqu'au 1" octobre, lacune dont on se prévaut pour se pourvoir en cassation.

Robespierre. — On a proposé des mesures dictées par l'amour du bien public ; il importe de diriger toutes les idées vers un même but. Il est nécessaire de se rendre compte de notre véritable situation ; je vais m'expliquer avec franchise.

l. 11 s'agit de la séance du '■') mars (Moniteur, t. XV, p. G20y. Voir les décrets rendus à cette occasion dans le Procès-verbal de la Convention, t. VII, p. 111.

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[Il prononce un grand discours conire les inlriganls. Nous en donnons le passage le plus significatir :]

Quel est le véritable obstacle qui s'oppose au triomphe de la liberté, qui perpétue les crimes des intrigants et les malheurs du peuple? C'est l'abus criminel des trésors delà République, et des fonctions publiques que les intrigants prodiguent pour corrompre l'opinion publique. Savez-vous quelle est l'arme la plus redoutable de l'intrigue? C'est la permission de publier les écrits les plus virulents ; c'est la plume vénale de quelques écrivains mercenaires vendus à des ministres qui les paient de la substance du peuple pour accaparer l'esprit public au prolit du despotisme.

[Il continue en demandant qu'on ])0ursuive les libellistes ' et surtout qu'on éclaire rojiinion jjuhlique ; il termine par la })roposition suivante :]

Je propose que le Comité de correspondance, de concert avec le Président, soit chargé de prendre toutes les mesures convenables et les plus promptes pour éclairer les Sociétés des départements sur la conspiration tramée, depuis l'époque du 10 août, contre l'opinion publique, à l'effet de former une étroite alliance avec les Sociétés populaires contre la faction qui veut diviser la République pour la livrer aux horreurs de la guerre civile et à la fureur des despotes. C'est à l'exécution de cette mesure qu'est attaché le salut de la République.

[La proi>osition de Uobesiiierre est adoptée *.]

La séance a été levée à dix heures.

1. Le 8 mars, Duhein demanda à la Convention des poursuites contre les journalistes qui égarent l'opinion publique. La majorité répondit par l'ordre du jour. (Moniteur, t. XV, p. 654). — Le 9 mars, sur la proposition de Delacroix, la Convention décréta que ses membres devraient opter entre la qualité de journaliste et celle de député. — Ce décret fut rapporté le 3 avril. (Procès-verbal, t. VII p. 213.)

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