Voir plus haut. p. S.j
'1. Il s'agit sans doute du ministre de la guerre Bcurnonvillo, qui avait succédé à Pache.
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public. Il y a ici un foyer triiilrigue, qui correspond avec tous les cabinets de l'Europe.
J'accuse Brissot do cette coalition ; j'accuse tous les membres du Comité de défense, les duadet, les Gensonné, et tons leurs partisans. Les preuves que j'en ai, c'est la conduite de ces bommes, qui ont voulu faire naître la guerre civile par l'appel au peuple, et qui ont corrompu l'opinion publique.
Il faut que les patriotes se rallient et demandent que le Comité de défense générale soit renouvelé. Il y a des conspirateurs dans ce Comité. {Applaudi.) Il faut que nous demandions la destitution du président que l'on nous a donnée (Applaudi.) Si les patriotes de la Montagne avaient été hier moins paresseux, nous aurions eu un auti-e président.
Cn membre propose de rayer du catalogue des membres de la Société les patriotes qui n'assisteraient pas aux nominations du Président et des Secrétaires.
Lejeune combat cette proposition, et observe qu'il suffit d'inviter fraternellement les patriotes à se rendre à leur poste.
Un membre a proposé, par amendement, que les Jacobins, membres de la Convention, qui seront convaincus de n'avoir pas assisté aux nominations de Président, seront censurés, et que leurs noms seront affichés à la porte d'entrée de la salle. — Cette proijosilion a été adoptée.
[Desfieux attaque aussi la (lironde; voici sa conchision :]
Dans l'Assemblée constituante, je me rappelle qu'on disait : le côté gauche est la majorité, et cei)endant on rendait les décrets les plus liberticides. Les hommes qui perdaient la France dans l'Assemblée législative sont encoi-e en place ; rien ne se faisait que par eux; ils disposent de tout ; comment voulez-vous qu'avec de pareils moyens ils n'aient pas l'avantage? Détruisez la cause, et l'effet cessera. Sans Brissot, nous n'aurions la guerre ni avec l'Angleterre, ni avec l'Espagne. Je le répète, nous ne jouirons de la liberté que quand les intrigants seront exterminés. (Applaudissements .)
[GaDiier expriuic le nirnu' avis que les iJiTOpinants : « Il no faut pas, dit-il, nous borner à poursuivre les aristocrates. » Il continue ainsi :]
Il faut que, dans la mémorable journée de demain, le décret d'ac-
1. Gensonné avait été élu président de la Cduvention dans la séance du 7 mars au soir, par 201 voix sur 28i v(dants. •l'rucès-vcrhdl de la Convention, t. Vil, \\. 170.)
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cusation soit lancé contre le? généraux et les officiers généraux qui ont trahi la patrie en ne se trouvant pas à leur poste.
Il faut que les députés-commissaires, pour recruter dans les départements, soient nommés au scrutin. Il faut des hommes qui, pénétrés du sentiment du patriotisme, le communiquent par leur présence. On proposera de les faire nommer jinr les Comités; cette mesure serait un coup mortel pour la liberté '.
Je ne suis pas de l'avis de mon collègue, qui vous a dit que la majorité de la Convention était pure; je nie le fait et je soutiens que les vrais patriotes ne forment pas le tiers de la Convention.
[Bciilaholf (léclarc, apirs un aulic iiti'iiilin', (jnc •■ les mesures révolutionnaires soiil les scuk's ({ui nous couviennciil : le système do modération compromet le salut de la U(''|Mildi(|uc ■. il jtroposc d'autoriser les députés -commissaires à lever une conliiliulioii sur les riches.'
La séance a été levée à dix heures.
PROCÈS-VEHBAÉ 1)K LA MKMi: SKANCE ^-
Lafuj/e, vice-|>résidenl, ouvre la séance à six heures.
La Société admet une liste de candidats. Lecture d'une autni liste qui sera afiicliée et relue.
On a lu le procès-verbal de la séance du (>. Il a été adopté sans réclamation.
Plusieurs citoyens demamleut Tentrée de la séance : elle leur est accordée.
La Société arrête la mention honorable d'un ouvrage sur l'agriculture, qui lui est présenté par le citoyen Sutières ^.
i. Le 8 mars 11!).!, après avoir entendu le rapport de se.s conmii-ssaircs en Belgique, la (lonvenlinn décréta qu'elie enverrait des coniunssaires pour hâter le recruteinoni dans les 48 sections de Paris et dans tons les départements de la llépubU([ue. Les premiers sacquittcrent de leur mission le jour même ; les derniers furent nommés par le bureau de LAssemblée dans la séance du soir du 9 mars. [Procès-verbal, t. Vil, p. 190 et 211 .
2. Société des A)nis de la Liberté et (te riù/fil/lé... l'rocès-verbal de la séance du S mars, l'an deu.riètne de la Répabligae. — Paris, inqtriniorie Potier de Lille, s. d., in-8° de 8 p. — Bibl. nat., Lb 40/:».307.
3. 11 s'agit sans doute du Cours complet d'af/ricultt/re ou Leçons périodiques sur cet art, par Sarcey de Sutiéres, Paris, 1788, in-8°.
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Il a été fait lecture de la correspondance, et la Société a rem;irqué avec satisfaction que toutes les lettres des Sociétés affiliées étaient dans les meilleurs principes du républicanisme, et que l'esprit pul)lic, dans les départements, commençait à se dérolandiser.
La Société autorise son trésorier (pour son cautionnement, à faire par lui) à compter aux députés des Sans-culottes de Lyon ]e secours [iécuniaire quils demandent pour retourner chez eux.
Sur la proposition d'un de ses membres, la Société a nommé aux deux députés extraordinaires de la Société de Portets, département de la Gironde, pour défenseurs olTicieux les citoyens Garrau, Terrasson et Desfieux.
Il est fait lecture d'une lettre signée de plusieurs patriotes de Bruxelles, qui envoient par la poste la tète de Léopold, avant-dernier empereur, qu'ils ont découpée d'un portrait dont le vieux maréchal Bender avait orné son salon, à Bruxelles, huit mois auparavant, sans prévoir la justice qui en a été faite par les sans-culottes de cette ville.
Un 77iemOre de la Socictc a parlé énergiquement, pour hâter le recrutement dans les sections.
Un autre a proposé de ne donner aucunes fonctions publiques, ni civiles ni militaires, à ceux qui étaient des classes privilégiées, supprimées par la Révolution.
Cette proposition, vivement applaudie à cause de son extrême justesse et de sa pressante nécessité, a été appuyée par d'autres opinants qui l'ont présentée comme la première mesure de sûreté que le simple sens commun semble indiquer aux patriotes, s'ils veulent conserver le gouvernement républicain qu'ils ont conquis à travers tant de dangers, et qui semble, chaque jour, de plus en plus menacé par des traîtres de toute espèce.
Un membre de la Convention fait un discours très intéressant pour la suppression du Comité actuel de défense générale de la Convention, pour l'établissement d'un tribunal révolutionnaire, devant lequel seront cités tous ceux qui veulent égarer l'opinion publique en sens contraire à la Révolution, et surtout tous ces journalistes, véritables royalistes déguisés, qui, par de perfides rédactions, cherchent journellement à subvertir toutes les bases fondamentales de la République.
Il est fait une motion incidente pour rayer de la liste des membres de la Société tous les députés indilîérents ou paresseux, qui se lèvent trop tard et dînent trop longuement, et, par cette raison, ne se trouvent pas au commencement des séances ni aux appels nomi-
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naux pour le choix des pré>i«lents et secrétaires de la Convention.
Cette motion, dictée par le chagrin de savoir Gensonné président, ce qui est une véritable calamité publique, a été amendée, et la Société a seulement décrété la censure et la mention au procès-verbal. La même mesure a été également arrêtée pour les députés qui, sans raisons valables, manqueraient deux séances de suite.
Un membre a dit que la majorité de la Convention nationale était pure et vraiment patriote.
Sur cette assertion, un autre a observé que, si la majorité voulait le bien, il était étonnant qu'elle laissât si souvent faire le mal et parût toujours maîtrisée par une faction déjà mal intentionnée à l'Assemblée législative, dont les membres étaient reconnus pour de faux patriotes, puisqu'ils votaient toujours contre le peuple, et qui néanmoins donnent t-ncore toutes les places, dirigent tous les mouvements intérieurs et extérieurs, et ne font que des motions perfides et calomnieuses contre les habitants de Paris, en haine de la Révolution.
Un membre de la Convention est monté à la tribune et a fait le récit de la séance du matin, qui a mis dans tout son jour Timpérilie ou la perfidie du ministre Beurnonville, convaincu par Delacroix, commissaire de la Convention à l'armée de la Belgique, d'inexactitude dans les divers rapports qu'il a faits des événements désastreux (pii s'y passent depuis le 1" de mars, tant à Maëstriclit qu'à Aix-la- Chapelle et Liège; ledit Beurnonville accusé de plus d'une indifférence criminelle sur les causes de ces événements.
L'opinant a demandé la punition des traîtres, et la Société s'est levée tout entière, par un mouvement unanime, et a juré vengeance à la patrie.
Il a demandé ijuc la .Montagne opérât incessamment, par la raison suffisante de sa majorité, le renouvellement des Comités de défense générale et diplomatique et autres, qui sont dominés par des ambitieux et par des agents secrets de l'Angleterre et de l'Autriche.
Il a demandé pareillement le renouvellement du Conseil exécutif, ou du moins la destitution de Beurnonville, Clavière et Le Brun, comme incapables ou perfides, ou l'un et l'autre.
Il a demandé que les députés qui seront désormais envoyés dans les départements soient désignés par la voie du scrutin et ne le soient plus par le choix du Président.
Il a été observé que le commissaire Delacroix avait attesté que l'armée de la Belgique jouissait enfin, à l'égard des subsistances et fournitures, des soins et travaux de l'ex-ministre Pache , que les
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malveillants de la Convention nationale avaient fait sortir du ministère, à l'instant (ju'il était parvenu à réparer les torts et l'imprévoyance de Servan, pour faire jouir Beurnonville d'un repos qui n'était pas le sien.
Un autre membre de la Convention a soutenu que les patriotes ne faisaient pas la majorité de l'Assemblée et a dit qu'il fallait solliciter et effectuer le renouvellement des membres gangrenés.
Un membre de la Société des défenseurs de la République une et indivisible, en faisant ses adieux à la Société, l'a exhortée aux mesures les plus vigoureuses pour assurer le salut public contre les conspirateurs de la Convention et hors la Convention.
Un député a dit qu'il fallait presser le recrutement des armées, qui n'allait pas avec toute la célérité désirable, et que le meilleur moyen pour l'opérer était de faire contribuer les riches à la levée des volontaires, en donnant à ceux-ci une prime quelconque à leur départ; car il était juste que les possesseurs des grandes propriétés fournissent directement aux frais de leur conservation.
Un autre opinant a proposé de surveiller exactement les traîtres, de peur qu'ils ne fuient, et a observé qu'il était essentiel que la Convention prît les commissaires hors de son sein, afin qu'elle ne se dégarnit pas imprudemment, suivant sa coutume, des membres patriotes, en les envoyant commissaires dans les divers départements.
Un dernier opinant a dénoncé les anciens financiers, fermiers géraux et leurs adhérents, qui se rassemblent encore deux fois par semaine, dans différentes maisons, aux environs de Paris, pour y rêver le rétablissement de l'ancienne Ferme générale avec tous ses agréments.
La séance a été levée à dix heures et demie.
La Société a arrêté l'impression de ce procès-verbal.
CoLLOT d'Herbois, Président ; Rufense (sic);, Vice-président; Gaillard, DuBuissoN, Deguaigné, Boissel, Secrétaires.