SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU SAMEDI 9 MARS
[Un meinhn; fait rhistori(|ue do la séance (raujourd'luii à la ConvoiUion. On a décrété en principe rétablissement d'un Iribunal révolutionnaire et
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d'une taxe sur les riche?. On a remarqué « le nombre extraordinaire et Tattitude fièrc des patriotes qui remplissaient les tribunes ».
lirais députés de la Société de Loitcain sont admis et lisent le jtrocèsverbal de TAssemblée qui a volé la réunion à la France. Le Président leur donne laccolade fraternelle.
Des membres de la Société de Givel, qui so>i' en même tcmj)s députés de la municipalité de cette ville, exposent qu'il n'y a ni vivres ni munitions à (iivel et à (^liarlemont.^
La Société nomme des commissaires pour accompagner les députés de Givet chez le ministre de la gueri-e et au Comité de défense générale.
Ces deux commissaires sont Collet d'IIerbois et Dubois de Crancé.
[6'..., qui est arrivé hier de Belgique, dénonce les généraux qui commandent dans ce pays ; Marassé n'est pas patriote ; Moreton .< ne voit pas plus loin (pie son nez ; c'est une véritable fille ». Valenciennes et les places voisines sont en étal de défense.
Thirlon se félicite des .. l)ons décrets .. (pii ont été votés aujourd'hui à l'Assemblée, grâce à l'arrêté de la .Société qui enjoignait à tous les déi)utés patriotes de se trouver à leur |)Oste. Il loue à la fois le décret relatif à Tétablissemcnl du Tribunal révolutionnaire, et les décrets ijui rendent la législation civile plus di-mocraticpic. Voici la fin rie son disctjurs:]
Danton, toujours grand, toujours lui-même, a fait triompher le principe de réternelle justice, en obtenant l'abolition de la contrainte par corps; la cause du malheureux devient de plus en plus sacrée. Danlrm a démontré que l'intérêt des créanciers eux-mêmes était lié à la suppression de la contrainte par corps. PourcpKÙ ne nous occupons-nous pas de la loi d'ado{ttion?
Desfiel'x. — Je viens de rencontrer Robespierre, qui m'a chargé d'mviter tous les députés de la Convention à se rendre à leur poste, pour achever l'ouvrage qu'ils ont ébauché ce matin. Il faut renouveler les Comités, qui sont composés de contre-révolutionnaires. Il faut mettre en état d'arrestation les ministres prévenus de conspiration. Il faut organiser sur le champ le Tribunal révolutionnaire, afin que les conspirateurs soient jugés promptement, pour donner satisfaction au peuple. {Applaudi.)
[Il termine en demandant l'arrestation des administrateurs des postes, qui ont été dénoncés aux Jacobins dans les séances précédentes, et celle des journalistes contre-révolutionnaires.
Un mdUaire, demande qu' « une députation de cent membres de la Société se rende à la Convention, pour y proclamer la souveraineté du peuple, et demander la destitution du président Censonné et la punition des conspirateurs ».
On crie de toutes parts : « Aux voix, la pétition ! ■]
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Le Présiuknt. — Citoyens, je vous prie de vouloir bien m'entendre jusqu'au jjout. J'observe que la Société ne peut point faire d'acte colloctif; elle ne peut qu'inviter les citoyens à faire une pétition; tout arrêté contraire nous rendrait répréhensibles. Il y a des lois qui nous défendent la mesure que l'on a proposée.
Desfieux. — Il faut que les citoyens qui sont dans l'intention de faire et de signer la pétition proposée se réunissent dans un local.
Cette motion obtient approbation unaniuie.
[Maiildc, ci-dovant aml)ass;ul('ur à l-a Haye, se plaint d'avoir été dostitué l)ar le ministre ].c Hrun, jiour avoir entamé avec lord Auckland des négociations, <i dont lo résultat lut que rAnglotorro consentait à reconnaître la Répul)Ii(pu> française ».
Le Président lait accorder à .Maidde les honneurs de la séance.]
Desfieux. — Nous sommes convaincus de la vérité des faits que le préopinant vient d'articuler. Nous savons bien que la déclaration de guerre que nous avons notifiée à l'Angleterre est une nouvelle perfidie de la part de Brissot, car nous n'avons pas dans ce moment une marine capable de résister à celle de l'Angleterre. Le Tribunal révolutionnaire va entrer en activité ; je demande que le citoyen Maulde soit invité à rédiger par écrit tout ce qu'il a dit, et à le déposer sur le bureau.
Cette proposition a été mise aux voix et adoptée.
PRÉSIDENTE DE COLLOT d'iIERBOIS
Lafaye, vice-président, occupe le fauteuil.
[Un mililaire parle contre les « intrigants des cours étrangères », qui commandent nos armées.]
Bentabole est invité à rendre compte de ce qui s'est passé aujourd'hui à la Convention.
« La Convention, a-t-il dit, s'est déclarée permanente, et je profite d'une heure de repos qu'elle vient d'accorder à ses membres pour vous faire l'historique de ses travaux.
» Je vous apprendrai avec douleur qu'aujourd'hui les tribunes n'étaient plus les mêmes ; les aristocrates s'étaient ralliés, et il en est résulté que la séance n'a pas été digne de celle d'hier. On a perdu beaucoup de temps à lire des annonces. Les patriotes ont demandé qu'on s'occupât sur-le-champ de l'organisation du Tribunal révolutionnaire; le Comité de législation, qui est composé des membres du côté droit, n'était pas prêt, et Lesage, nommé rapporteur, dont l'aristocratie vous est connue, s'est présenté pour annoncer que le Comité de législation a arrêté les bases de l'organisation du Tribunal révolutionnaire, mais qu'il ne peut présenter l'ensemble de son travail que lundi. Jeanbon Saint-André, pour abréger les lenteurs et déjouer ainsi le système de perfidie de nos ennemis, a demandé et obtenu que le projet du Comité fût lu tel qu'il est, afin que les patriotes pussent présenter leiu's vues sur cet important objet, et que le Tribunal fût formé de manière que les conspii-ateurs ne pussent échapper à la peine due à leurs crimes. »
[Le rapport do Hciilaholo est iiilcrroiiipu par rarrivi'-f des ciloyons do la section de la Hallo-aux-Hlôs, rôeeinniont onrôlt'-s, (pii dôliloiil dans la sallo au son dos tanihours et do la inusi([uo.
Le Président les lolicite. — ('... loin- adrosso une oxliorlalion ilont voici le ])rincipal passage :]
Il faut que tous les braves citoyens, qui sont enrôlés pour terrasser nos ennemis, se rendent à la Convention pour y défiler et y prêter le serment d'exterminer les tyrans. Il faut ([u'ils se rendent d'abord au Club des Cordeliers, où ils sont attendus ; c'est là où la Montagne siège; il faut qu'ils entraînent les fondateurs de ce Club, et qu'ils se rendent avec eux à la Convention pour demander raison des trahisons des généraux et des perfidies des ministres.
Bentabole continue son rapport : « Le Comité de législation, coalisé avec les intrigants, a arraché des décrets qui rendent illusoire le Tribunal révolutionnaire. Mais nous ferons rapporter ces décrets, qui favorisent les contre-ré volulionnaires, qui leur assurent, en quelque sorte, l'impunité. Nous obtiendrons un Tribunal vraiment révolutionnaire. Nous passerons la nuit, s'il le faut. Il n'y a point à composer avec les ennemis du dedans, quand le danger croît de plus en plus. Un patriote, de retour de la Belgique, nous a dit que les ennemis allaient faire le siège de Givet ; il faut que le Tribunal révolutionnaire soit composé de patriotes, que sa marche soit rapide et terrible, afin d'intimider les traîtres qui égorgeraient nos femmes et nos enfants, tandis que nous repousserions les despotes étrangers. »