Tome V. C
82 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [10 mvhs 1793]
[Desficux dôolaro que la Convention a beau prendre des mesures rigoureuses : elle ne fera rien tant qu'on n'aura pas arrêté les intrigants (jui sont dans son sein.
Thnix milUaircs parlent l'un après l'autre i)Our appuyer les propositions de Desfieux. Le second déclare qu'après la trahison de Dumouriez et le massacre des prisonniers français à Liège, on ne doit plus prononcer (pie le mot de vengeance.]
Plusieurs citoyens sont montés à la tribune sans pouvoir se faire entendre. Une partie des lumières a été éteinte. Enfin, après une demi-heure d'agitation tumultueuse, les citoyens de la salle et des tribunes se sont partagés en deux sections pour se rendre au Club des Cordeliers et à la Convention. La Société a déclaré sa séance permanente.
[Dans cette séance, l'ex-niinislre i)lénipotentiaire Mauldc a lu le rapport que la Société l'avait invité à rédiger, dans lequel il accuse le ministre Le Brun de l'avoir rappelé parce qu'il avait commencé à négocier la paix avec l'Angleterre.]
La séance a été levée à dix heures.
PRÉSIDENCE DE COLLOT - d'hERBOIS
[Dubuisson donne lecture : i" d'une lettre de la Société de la Rochelle, étalilissant que le discours prononcé par Thomas Paine, sur le sort du ci-devant roi, était l'œuvre de Brissot et de Condorcet; 2" d'une lettre accusant Clavière d'avoir intercepté la correspondance des patriotes. La Société arrête que celte lettre sera imprimée, at'fichée et envoyée aux Sociétés affiliées '.
Desfieux lit une lettre par laquelle la Société de Toulouse annonce à Corsas qu'elle refuse de recevoir désormais son journal. Il propose de nommer des commissaires pour rechercher toutes les pièces établissant la culpabilité de Roland, dont l'accusateur, Collot-d'IIerbois, vient d'être envoyé dans la Nièvre pour hâter le recrutement ^ La Société nomme quatre commissaires.
Anacharsis Clools lit une adresse à ses commettants, destinée à entlammer leur patriotisme. Une discussion s'engage à ce projjos.]
1. Copie d'une lettre écrite par le ciloijen Gazil au ministre Claoirrc, il mars 1793. Paris, Galletti, s. d., iii-8°. Bibl. nat., Lb 40/230'J. — Cette lettre fut eu outre imprimée en placard in-folio. Bibl. nat., Lb 40/2309 ^.
2. Sur cette mission de Collot-d'IIcrbois dans la Nièvre et dans le Loiret, voir Recueil des actes du Comité de salut puljlic, t. If, p. 303, 317.
[Il MARS 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 83
La Société a arrêté de rédiger une adresse pour accélérer les progrès du recrutement, tant dans les sections de Paris, que dans toutes les villes de la République.
[Desfieux produit une lettre de la Société do Saint-Elicnnc, contenant dos accusations contre Bournonville. La Société charge doux coniniissairos do la porter au Comité de sûreté générale.
Plusieurs membres, cl surtout dos miUhiires, vionnont à la Irlhuno porter dos accusations contre Rournonvillo. Au cours de ces dénonciations, C... s'exprime do la façon suivante sur la nécessité de suivre jusqu'à la paix des lois révolutionnaires :]
J'ai présenté une pétition à la Convention pour qu'elle décrétât qu'aucune loi ne serait présentée à la sanction du peuple qu'après la fin de la guerre. Cette mesure est propre à faire cesser l'apathie que j'ai reuiarquée dans les citoyens. S'il arrivait que la Constitution fût décrétée et acceptée avant la fin de la guerre, vous priveriez du droit de voter et de discuter la loi ceux qui ont le plus de droit à concourir à sa formation, et l'homme qui arriverait de la guerre viendrait se ranger sous le joug du despotisme. Avant de faire une Constitution, il faut imposer silence aux ennemis qui nous menacent. II faut prévenir nos frères de notre détermination à cet égard .
[Jouneau, inspecteur de la salle des .lacobins, accusé d'avoir dil dans un café (pie « Desfieux avait conseillé de couper la tète aux députés ... est invité à se justifier mercredi.]
La séance a été levée à dix heures.
ADRESSE DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA LIBERTÉ ET DE L'ÉGALITÉ, SÉ.\NTE AUX JACOBINS A PARIS, AUX CITOYENS DE TOUS LES DÉPARTEMENTS.
Paris, le 12 mars 1793, ra?i second de la République française'. Républicains,
Les ennemis que vous avez terrassés viennent de surprendre dans ses cantonnements une portion des armées de la République :
1. Paris, imp. patriotique et républicaine s. d.. in-8' de 3 p. — Bibl. nat., Lb 40/746.
84 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [12 mahs ITO:?]
il faut vengeance , il la faut terrible , mais il la faut prompte ; et quand il faut venger la patrie, tout homme qui balance est déjà criminel.
Trois cent mille hommes ont été dem.andés pour ces combats sacrés. Ils vont partir sans doute; s'ils tardaient, s'ils pouvaient tarder, la France ne serait bientôt peuplée que d'esclaves enchaînés aux pieds de leurs farouches vainqueurs; et qui de nous ne tressaillerait pas d'horreur à celte seule idée? Français, hommes libres, il faut encore combattre, et combattre pour la liberté. A ce mot, vous êtes déjà partis.
Mais vous, citoyens indifTérents sur l'intérêt public, c'est à vous seulement qu'il faut s'adresser encore, pour vous décider à des sacrifices que la patrie commande. Calculez donc, riches propriétaires, mollement attachés à vos jouissances, calculez donc, sinon votre patriotisme, au moins votre intérêt.
Si les brigands couronnés sont vainqueurs, ils ont déjà supputé le partage du territoire, et vous ne garderez pas un pouce de terrain à vous, par le crime, irrémissible aux yeux des vainqueurs, d'avoir habité la terre qu'ils ont proscrite, et de ne vous être pas rangés sous les étendards des émigrés. Oui, nous vous l'avançons avec terreur, vous serez réduits par eux à labourer en esclaves ces mêmes sillons qui furent votre propriété, mal défendue par vous.
Ah ! jamais, non jamais cette affreuse prédiction ne s'accomplira ; tous les Français serrés, pressés contre l'ennemi commun, vont assurer, par un généreux effort, la liberté française et celle de l'univers.
Aux armes, Républicains, et que ce cri, répété par toute la France, apprenne déjà à ses ennemis et son indignation et sa force!
La Société, ayant entendu la lecture de cette Adresse, en a arrêté unanimement l'impression et l'envoi aux Sociétés affiliées.
Collot-d'uerbois, Président; Lafaye, Yice-Président; Brival, député ; Gaillard et Dubuisson; Jay, député, Deguaigné et Fougnier, Secrétaires.
SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU MARDI 12 MARS ITOa
PRÉSlDENCi: DE COLI.OT-D'uEmîOlS
[Varlel domando que la Sock'ti' inoloste contre rarreslation de Foiirnier l'Américain'. Voici son discours •/
J'étais dimanche dernier aux Cordeliers, en qualité de député de la Société fraternelle; j"ai lu une adresse analogue aux circonstances; là était le noyau des vrais patriotes*. Plusieurs motions aussi violentes les unes que les autres ont été faites, et les motions violentes sont seules à l'ordre du jour dans des moments de crise. Aujourd'hui le modérantisme n'est plus de saison : il tuerait la République. Linsurreclion est le plus saint des devoii-s ; l'in-urrection doit être le supplément de la journée du 10 août, et (piand Duhois- Crancé vous a dit : « Il est impossible de sauver la ch(»se i>ublique », cela veut dire : Peuple, saîlve-loi loi-tiicme.
Nous avons envoyé une députation à la municipalitti, les modérés y dominaient, il ne s'agissait de rien moins que de faire arrêter ceux qui avaient voulu fermer les barrières.
Dans des groupes, il y a des apologistes de Dumouriez. On ose attenter à la liberté des hommes assez courageux pour dévoiler les trahisons de ce général. Citoyens, il faut des elTets et non des paroles, je vais vous lire l'adresse que j'ai lue aux Cordeliers. (Grand bruit.)
Plusieurs membres crient : « Nous ne sommes pas ici aux Cordeliers ; à l'ordre du jour ! »
[Un militfiire ajipuie la niotion de Vailet. — Terrnssan |iiopose (jue les
1. Fonrnier rAïuéricain av.iil été décrété d aircstatinn dans la séance de la Convonticin du mr-nie jour. 12 mars 1793, sur la proposition de Marat, qui le dénonça connue étant un des auteurs de linsurrection avortée du 10 mars. Interrogé le lendemain 13 à la barre, il fut rends en liberté. — Cf. Mémoires secrets de Fournier l'Américain, publiés par F. -A. AuLinl. Paris. 1800, iu-8", p. v de rintroduclion.
2. Le club des Cordeliers se signala en effet à cette époque par son zèle démocratique. Nous navons pas ladresse de Varlet, mais nous avons un extrait des délibérations des Cordeliers, à la date du 12 mars 1793, où ce club fait une déclaration de principes au sujet des trahisons (ie Dumouriez et de Roland. — Bibl. nat.. Lb 40/238:;, affiche in-folio.
8(> SOr.IKTK DES .lACORLNS [12 mahs 1793]
palriolos aillonl doinandor à la CoiivcMitiun le rappori du drcivt. — La SociôU' passe à l'ordre du jour. — Il se fait un grand tumulte auipiel les citoyens des tribunes prennent part, en criant : <■ A bas les Holandistes ! )> Ke Président donne de nouveau la parole à Vdrlei, qui fait lecture d'une adresse au peuple, déjà présentée i)ar lui aux Cordeliers.]
La sortie contre Dumouriez excite un tumulte extraordinaire, on force Varlet de descendre de la tribune.
Le Président se couvre, le calme renaît.
Le Président. — Il est clair à tous les yeux que l'on veut perdre les Jacobins. i
[Billaxd-Vari'nnc })rend la i)arole; voici des fragments de sa réponse à Varlet :]
A l'égard de Dumouriez, certes, je ne suis pas son partisan. Je sais qu'il a protégé la retraite de nos ennemis et qu'il nous a trahis au camp de la Lune ; mais je dis que les considérations actuelles ne sont plus les mêmes, qu'il ne peut plus reculer, qu'il est dans le cas d'être égorgé lui-même, s'il ne remporte pas la victoire.
Dumouriez oserait- il reculer au moment où il peut se couvrir d'une gloire éternelle, Dumouriez qui a tant de torts à réparer !
Fournier est très exalté dans ses opinions, Marat est un feuillant auprès de lui. Je regarderai toujours comme suspecte l'exagération d'un homme c|ui , après l'affaire du Champ-rle-Mars, se promenait tranquillement dans Paris, après avoir pris la hride du cheval de La Fayette et avoir tiré sur lui un coup de pistolet, tandis que les patriotes étaient persécutés pour la seule énonciation de leur opinion.
Roland a beaucoup déclamé contre Fournier, et ils ont ensemble des rapprochements.
[Il conclut en demandant qu'on éclaire les départements.
Jcaiiboi) Sai/il-Aiidri' exi)iime les mêmes opinions que Hillaud-Varenne.]
DuFOURNY. — Des hommes, qui ne parlent que quand il y a des orages , sont venus vous conseiller des mesures révolutionnaires. Quand il serait nécessaire de s'insurger, notre Société ne doit prendre aucune part à l'insurrection. Il serait peut-être indifférent que ce mouvement éclatât dans un autre Club : mais notre Société ne doit jamais se compromettre; elle est le centre des Sociétés affdiées, elle doit conserver son attitude morale.
Le but évident de nos ennemis était de compromettre les Jacobins et les vigoureux Cordeliers pour pouvoir attaquer les Sociétés popu-
laires. Hier, la section de Marseille a pris un arrêté contre les Sociétés patriotiques.
[Il conclut on proiJOsant que la Société procède le plus tôt possible au scrutin épuratoire.j
La Société arrête que, vendredi prochain, son Comité lui présenterait le mode du scrutin épiiratoire.
[Bi'.sficif.r donne lecture, au milieu des applaudissements, d'une lettre de Constanlinople, annonçant que la Porte a reconnu la Hépuhlicjue et que les Français de Conslantinople ont piaulé, en grande pompe, l'arbre <le la liberté.!
La séance a été levée à dix heures.
XXXYI
SÉANCE Dl' MERCREDI 13 MARS 1793
PRÉSIDENCE DE COLLOT-d'iIERUOIS
[Btifoiinij/, vice-|)rési(lent, occupe le l'auteuil.
Une dépittal'mn de la Société populatre de Namiir, introduite, se félicite de la réunion de Naninr à la République française. I/ini|iression du discours de son orateur est arrêtée par acclamation '.
Un militaire propose d'engagei' les sections à présenter à la Convention une i)élition pour demander la publicité des listes de promotion du ministère de la guerre.
/{ohespicrre s'y oppose, en déclarant que de telles démarches donneraient aux intrigants un prétexte jiour détruire les Sociétés populaires. Il prononce un long discours, dont voici (piebpu's extraits:]
Réduit à l'impuissance d'élever ma voix dans la Convention à cause de la faiblesse de mon organe, je n'ai pu faire retentir mes derniers accents sur le danger qui menace les patriotes. Jamais trame plus profonde ne fut ourdie. Jamais la perfidie qui nous environne n'obtint un plus grand avantage. J'ai poussé la confiance jusqu'à vous dire que la Convention serait toujours le boulevard de la liberté. Je ne viens point démentir cette assertion, mais je viens
ï. Société des Amis de la Liberté et de l'Ér/alité. . . Discours prononcé par les citoyens Adaxt et Saunier, députés de la commune de Xamur, dans la séance du 13 mars 1793, l'an 2' de la République française. Paris, imprimerie patrintique et républicaine, s. d., In-8° de 4 p. — Bibl. nat.. Lb 40/2308.
88 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [13 mars 1793]
VOUS dire que la Convention est égarée, qu elle est cruellement abusée, et que ses erreurs peuvent entraîner la perte de la patrie. 11 est nécessaire que les bons citoyens se rallient.
[A lii première nouvelle du succès des ennemis, la Convention a créé le Tribunal révolutionnaire et a rendu de '< bons décrets ». Mais le 11 et le 12 niai-s, profitant des discours imprudents })rononcés aux Jacobins et dans les clubs, les intrigants ont rejnns le dessus.'
Depuis ce moment, les patriotes rie la Montagne ont perdu tout leur avantage. Tous les modérés ont fait cause commune avec les intrigants.
[Aujourd'hui N'er^niaud a dénoncé une prétendue conspiration, d.out le cùté droit devait être la victime et dont les auteurs étaient les Sociétés populaires. On a décrété d'accusation plusieurs Jacobins.]
Rien de plus beau que le zèle de M. Vergniaud, de M. Buzot et autres pour l'exécution des lois, mais aussi rien de plus imprudent que ce que les patriotes ont fait pour sauver la patrie ; c'est avec les armes de l'opinion publique qu'on combat les hommes qui ont trahi les droits du peuple. Pour éviter les grandes crises, les intrigants font faire des démarches indiscrètes. Ensuite, quand l'orage est passé, les traîtres lèvent audacieusement la tète et frappent la liberté dans ses bases. C'est ainsi qu'on opérait du temps de La Fayette, et un parallèle bien simple et bien frappant justifiera ce que j'avance. Quand La Fayette voulait tuer la liberté, il sentait bien que l'esprit public était trop prononcé; en conséquence il imagina de se sei'vir du prétexte des lois et de la Constitution pour assassiner les défenseurs de la liberté. Des chefs coalisés avec Brissot conduisaient les patriotes à l'autel de la patrie, et là, La Fayette les attendait avec ses satellites. Alors, il fit créer un tribunal ; les patriotes furent plongés dans les cachots, et ils n'en sortirent que paixe qu'on avait besoin d'une amnistie pour sauver les conspirateurs. {Bruit.)
L'orateur s'écrie : « Si j'ai des ennemis dans cette Société, je ne veux plus en être membre. » [On applaudit.)
[Robespierre continue et cherche à prouver que les intrigants conspirent ])0ur détruire les Sociétés populaires.]
Si vous jetez un regard sur les diflerents points de la République, vous verrez les mêmes manœuvres, les mêmes complots; vous verrez le Club national de Bordeaux anéanti ; vous verrez l'aristocratie rayonnante à Lyon.
On nous a appris, avec le ton de l'indifTérence, « qu'il s'était élevé quelques troubles dans le département de Maine-et-Loire, et que la garde nationale avait été obligée de fusiller le peuple pour rétablir l'ordre. » {Muvrnuren.;
A Montpellier, il n'y a plus que des aristocrates, et le despotisme, armé de la loi, plane sur la surface de la République.
Si nous avions été prêts à mourir avec le peuple ou à triompher avec lui, leur trame eût été impuissante ; mais nos ennemis ont des émissaires dans les groupes, ils sont les maîtres des mouvements populaires, parce qu'ils disposent de tous les trésors.
Personne ne craint plus qu'eux les véritables insurrections ; mais il leur faut des petits mouvements partiels pour empêcher les grands. Il leur faut des conjurations factices pour empêcher l'exercice du pouvoir d'un grand peuple. L'insouciance de quelques patriotes, l'imprudence, la témérité des autres secondent leurs vues perfides
Il faut examiner si les chefs des conspirateurs n'ont pas excité eux-mêmes le mouvement qu'ils veulent punir. Il faudrait que ce Tribunal révolutionnaire commençât ses opérations, non pas par les Jacobins, non pas par les députés de la Montagne, mais par les émigrés, mais parles généraux qui ont trahi la patrie. Il faudrait qu'il examinât, s'il n'y a pas dans la République un grand système d'accaparement, pour opérer une disette factice, et avoir occasion de fusiller le peuple
Correspondons avec Marseille et les Sociétés populaires; soyons fermes et immobiles. Déjà ils sont connus pour d(î vils intrigants. Essayons l'empire de l-a raison, avertissons la nation, rallions les citoyens, mais sans imprudence
Non, je le jure, ma patrie ne sera pas esclave d'un Brissot, d'un Brunswick, et de quelques hommes que je ne veux pas nommer. Nous saurons mourir, nous mourrons tous. [Applaudi.)
Plusieurs voix répètent : « Tous, tous ! »
M.VRAT. — Je n''approuve point les alarmes d'un député du peuple que la crainte entranie dans un délire patriotique. Non, nous ne mourrons point ; nous donnerons la mort à nos ennemis, nous les écraserons. [Applaudi .)
[Du reste, il déclare j)onscr, comme Robespierre, que les insurrections partielles seront nuisibles à la Société ; il propose de dénoncer les intrigants dans dos écrits, dans des affiches, de les huer à leur passage.
Desfieiix fait lecture de la correspondance. A Bordeaux, on a fait feu sur le peuple ; on a dissous le Club national.]
^0 SOCIÉTK I)i:S JACORLNS [13 mars 1793]
La Société arrête, sur la proposition d'Albittc, Torganisalion d'un Comité de défenseurs des patriotes opprimés.
[La Sociéti" cliargo doux coinmissairos irallcr auprôs du ministre de la justice s'informer s'il a fait, exécuter la loi qui ordonne la suspension des poursuites relatives aux massacres de sei)teml)re.
Prphi-Desyroucttcs accuse Roland de n'avoir pas fait d'inventaire du garde-meuble, afin de pouvoir « substituer de faux diamants à des diamants de cent mille écus ».]
La séance a été levée à dix heures.
XXXAII
PRÉSIDENCE DE COLLOT-d'iIERBOIS
Lafaye. vice-président, occupe le fauteuil.
[Gciulef et ('... se plaignent qu'on n'ait pas encore élargi les citoyens détenus à l'occasion des faits des 2 et 3 septembre.]
Le Vice-Président annonce que la Société des Défenseurs de la République une et indivisible a arrêté qu'elle fera une invitation aux quarante-huit sections de Paris, à la municipalité, à ses frères d'armes et aux membres des Sociétés populaires, de se trouver dimanche prochain, à dix heures, sur la place de la Réunion, où elle se rassemblera, afin de cimenter, par un baiser fraternel, l'union qui doit régner entre des patriotes, union qui sera la meilleure réfutation des calomnies des malveillants.
[Parhe fait passer à la Société des exemplaires du plan de Conslitulion présenté à la Convention.
Lazoïrsky vient ex])li{pier {tourquoi il a été décrété d'accusation par la Convention. Il se fait gloire d'avoir été traité de consi)irateur, car il consjiirera toujours contre les iiiti-igants. et il ternnne ainsi :]
Je respecte la Convention, parce qu'elle est nommée par le peuple, mais quelle opinion voulez-vous que j'aie de quelques individus qui sont nos commis, et qui sont évidemment en état de contre-révolution ? Au surplus, le peuple est encore debout, les patriotes ne partent pas tous aux frontières, et les aristocrates seront écrasés.
[HiU'iiin déclare (pi'il commence à soupçonner Dumouriez de faire j)artie
[lU MARS 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 91
de la laction do Brissot. Dumourioz, à son dornior voyage à Paris, n"a vu que les (lirondins ; ceux-ci, après son départ, ont i)résonté à la Convention leur Constitution aristocratique. Dumouricz vient de faire une proclamation, dans laquelle il défend aux Sociétés populaires do Belgique de s'immiscer dans les aiïaires politiques. I/oraleur en donne lecture et termine par la considération suivante :]
Une insurrection partielle mellrait le comble à nos maux. Nous ne pouvons déjouer l'intrigue qui nous environne qu'en continuant d'éclairer les déparlements.
[Ciilrcl prononce un long discours, pour l'Iahlir que l'évacuation de Liège et les échecs qui l'ont amenée sont dus à la négligence des généraux, eu particulier de Miranda. Il rapporte des faits dont il a été le témoin.]
La séance a été levée à dix heures.
SÉANCE DU l)I.M.\NCm- 17 .M.\RS 1793
PHÉSinENCE DE C0LLOT-I»'llERIJ0IS
[La séance est présidée par !<> vicc-prt'sident Dufonrny. l'ne lettre de Lille, signée de Fourcado et (lonciiou, ilalée du 2't mars, s'exprime ainsi :]
Il parait que nos généraux ont formé le i)rojet de 5e conduire et de finir comme La Fayette, sauver les émigrés, abandonner la Belgique, s'identifier avec les premières places de la Republique, et, pour ne pas être gênés dans leiu" marcbe, détruire les Jacobins. Voilà le plan qu'ils ont adopté ; ils s'accordent tous sur ce point, mais l'ambition les divise.
[Les deux correspondants continuent en dénonçant Marassé et d'Hangest. Ils disent que « Dampierre aime sa ])atrie et la liberté », et qu'ils ne soupçonnent pas Dumouriez. — La Convention nationale envoie le plan de Constitution, présenté par son Comité les la et 16 février, et dont elle a ordonné l'impression et Fcnvoi aux Sociétés populaires. — La Société de Strasbourg dénonce le génc'ral Deprez-Cirassier, ami du royaliste d'Harambure, qui vient d'être justeuu'ut suspendu : elle l'accuse de persécuter les officiers jacobins. Elle dénonce également deux agents du pouvoir exécutif « comme les avocats des fournisseurs perfides qui ruinent la nation •■ ; elle dénonce en outre Ferry, membre de la Convention, envoyé dans le département pour visiter les ma-
'.12 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [17 mahs [V.):\\
i^asins cl les arsenaux ' : il s'ost permis « dans un Conseil général des trois corps adniinislralit's » des propos qu"!! a été obligé de rétracter ensuite. Knlin la Société se plaint de l'absolution de Dielricli.
De Bruxelles, on envoie la copie du procès-verbal de la séance permanente des représentants ])rovisoires de la ville de Bruxelles. — Le Journal dps Jacobins reproduit ici le discours que Dumouriez a prononcé devant les représentants provisoires de la ville de Bruxelles. — Il leur a assuré ({u'ils étaient souverains et ipi'il défendrait leur autorité conti-e les comnussaires du pouvoir exécutif. II a dit ([u'il ferait « rendre aux églises les vaiss(dles qu'on leur a enlevées d'une manière indécente » ; qu'il avait donné l'ordre de relâcher les citoyens arrêtés arbitrairement, de dissoudre la légion des Sans-culottes et de punir ses chefs, de dissoudi-e les Sociétés populaires qui ne se borneraient pas « à instruire le peuple, à é(dairer l'opinion », et (|ui se mêleraient de gouverner. — Le général Duval, commandant dans le Hainaut et le Brabant, (jui accompagnait Dumouriez, s'est engagé, devant les représentants, à obéir aux ordres de Dumouriez. Enlin, ce dernier a engagé l'Assemblée à rédiger un mémoire des plaintes qu'elle aurait à présenter et à en envoyer une copie à la Convention, une aux commissaires de la Convention en Belgique, enfin une à lui-même. — L'Asscnddée l'a applaudi à diverses rej)riscs, avec les transi)orts les ])lus vifs, et l'a accom|)agné en corps jusqu'à la grande place. — Après avoir fait lecture de ce pi'Ocès-verbaU Deslieux ajoute les observations suivantes :j
Desfieux. — Vous connaissez les liaisons de Dumouriez avec la faction de la Gironde. Gensonné est intimement lié avec ce général; il correspond avec lui, je ne sais point ce que contient la correspondance entre Gensonné et Dumouriez, mais Ducos m'a assuré que ces deux hommes étaient liés d'une étroite amitié, et qu'ils correspondaient ensemble.
Au surplus, Gensonné aurait-il quitté brusquement la Convention, pour se rendre auprès de Dumouriez, s'il n'y avait pas une trame ourdie contre la liberté ?
[Albille déclare que Monge peut être un médiocre ministre de la marine : il n'en demeure jjas moins un bon citoyen, (pie la ^lontagne doit défendre contre les accusations de la Gironde. Il demande qu'on ajourne les accusalions contre Dumouriez jusq'n'à j)lus ample informé.
Cn (les coniniissaires envoycs dans le (li'parh'iiicnl da Bas-llhin rend compte de sa conduite, explique qu'il a prononcé plusieurs destitutions, parce que Strasbourg était un foyer de contre-révolution. — C... demande que, pour instruire les départements, on envoie aux Sociétés affiliées une analyse de la séance de la Convention de la veille. — Maure appuie la pro- ])Osition et raconte à ce propos que la veille, pendant le discours d'Isnard sur la formation d'un Comité central, il s'est approché du président Détion
1. Claude-Joseph Ferry, député des Ardennes à la Convention, avait été envoyé en mission aux places fortes du Rhin, le o février 1793. — Cf. Recueil des actes (lu Comité de salut public, t. II. p. 58.
cl lui a dit que le seul moyen de mettre fin aux divisions de rAsseniblée, c'était de décider les (iirondins à ne plus cabalcr dans les Comités et à ne ])lus entraver l'essor de l'esprit public. Il continue en ces termes :]
Cette conversation amena une explication très fraternelle entre Buzot et Robespierre. On espérait une réunion pour hier. Mon attente a été cruellement trompée, et je me suis convaincu que la réunion était impossible ; je me résume, et je demande qu'on instruise les Sociétés populaires de l'esprit qui règne dans la Convention.
[Robespierre jeune jiarlo dans le même sens. I.e plan de contre-révolution est certain : Léonard Bourdon, commissaire de la Convention, vient d'être assassiné à Orléans. Buzot, Petion ont cherché à peindre Marat et les Jacobins comme les auteurs des troubles du 0 au 10 mars. — Censonné va partir avec les commissaires envoyés auprès de Duniouriez : ce dernier est un traître.
Plusieurs )uembres preunciil successivement la parole sur ce sujet. — Albitte s'élève contre la portion de la Convention (|ui ressemble à l'.Vssemblée législative, contre les généraux aristocrates, contre Dumouriez, qui a écrit à la Convention une lettre dictatoriale, contre les sections de Paris, qui sont composées d'aristocrates.
C... annonce qu'il vient d'arriver au Comité de Sûreté générale un courrier extraordinaire d'Orléans : il a ajjporté la nouvelle (|ue Bourdon avait été frapité par des gardes nationaux, en sortant de la salle îles Jacobins d'Orléans, où il venait de parler sur le recrutement et la contriliulion de guerre à prélever sur les riciies.
l'tuipr se plaint ({u'on ne lise jjoint à la Conveiilion les lettres de Belgi(pie.
Henri déclare qu'il est envoyé jiar le Comité de surveillance de la Société patriotique de Troyes, pour dénoncer les menées des aristocrates contre les patriotes dans le département de l'Aube.]
L'orateur a fini par inviter la Société-mère à remonter l'esprit public dans les départements.
Le vice-président a annoncé que le résultat du recrutement est tel que le département de Paris a non seulement fourni son contingent, mais qu'il y a de l'excédent, et que les citoyens de Chantilly ont doublé leur contingent.
La Société a chargé son Comité de correspondance de rédiger une adresse aux Sociétés amiiées pour les exhorter à redoubler d'efforts et de vigilance, pour prévenir la contre-révolution prête à éclater.
[Lamarque, député à la Convention, est nommé président.]
La séance a été levée à dix heures.
04 SOniKTK HKS .lACOlUNS [18 mars 1793]
PRÉSIDKNCE DE LAMARQUE
[Un iitrnthrr dti CdinUr (If j)rrsciil<ilinii l'ail le ia|i|i()rl relatif au scrulin ('•puraloire et propose une liste des seize iiiembres, (|ui " ronncront le noyau (lu scrutin épuraloire ». (le sont : Robespierre, Dubois de Crancé, Panis, Albitte, Lal'aye, i{enaudin, iioidani^cr, Duiburny, Delille, (laillard, Denèje [sic], Champenois, Sanibat, Perrin, Dupré père, Fouquier-Tinville. La Soeiété apj)rouve le mode de scrutin éi)uratoii'e, ([ui commencera demain.
l)eh<;i'(/ue fait un rajiport sur la situation politique de la Belgique. — Les Sociétés populaires sont seules à y défendre les principes républicains contre les aristocrates et les prêtres. La réunion à la llépubliijue française n"a été votée (juc i)ar les sans-culottes. Or les sans-culottes et les Jacobins sont persécutés à Anvers, à Tournay, à Bruxelles. — « Danton a été un des plus fermes soutiens de la Révolution dans le Brabant. ■> 11 faut faire déporter les ])rètres, mettre en fuite les aristocrates, accréditer les assignats en Belgique.
('... apporte une nouvelle dénonciation contre Beurnonville : il a arrêté les opérations de la manufacture d"arnies de Charleville.
Bentahole se plaint que le tribunal criminel de Besançon vient d'absoudre Dietrich, ci-devant maire de Strasbourg, accusé de correspondance avec les émigrés.]
Le président a fait lecture d'une lettre du citoyen Merlin, datée de Thionville, portant en substance : « La séquelle sacerdotale contrarie nos opérations. Nous attendons le retour de Custine en canonnant les Prussiens avec beaucoup d'avantage. — P. S. On dit ici que Santerre veut aller aux frontières; son patriotisme lui fait la loi de rester à son poste. »
[Peijre demande la formation d'une armée révolutionnaire pour défendre l'intérieur de la République. — II est invité à rédiger par écrit sa motion.
Un député du Club national de Bordeaux rend compte des persécutions exercées par les autorités constituées de Bordeaux contre ce Club, dont le crime est de s'opposer à la formation d'une force départementale.]
Desfieu.\. — Je demande que vous chargiez votre Comité de correspondance d'écrire à toutes les Sociétés des environs, afin qu'elles donnent des secours au Club national de Bordeaux.
Cette proposition a été mise aux voix et adoptée.
La séance a été levée à dix heures.
PRÉSIDENCE DE LAMARyUE
Lafaye, vice-président, occupe le fauteuil.
[Desfieux présente deux cultivateurs du dépailcuienl do la Cironde, qui demandent le partage des communaux.
Desfieux observe que la Convention a rendu un décret à ce sujet et la Société nomme Duquesnoy et Carnier pour accélérer l'exécution de ce décret.
C... déclare qu'il a arrêté quatre émigrés, et (pi'il a été tort surpris d'apprendre que deux députés avaient pris leur défense. Après discussion, la Société charge Ruamps et Carnier d'aller au Comité de surveillance s'informer du nom de ces députés.
C... insist(* sur la nécessité de iaii'e la chasse aux émigrés cpii rentrent en foule.
Anacharsis Cluols lit une lettre datée de Calais, dans huiiicHe son collègue l'intorme que le recrutement marche à merveille.
La Société en arrête l'impression et l'envoi aux Sociétés affdiées'.
Marne donne des détails sur l'aideur des jeuiu's gens <jui s'enrôlent dans l'Yonne.
Le général Berruyer monte à la tribune et présente à la Société un jeune volontaire, qui a perdu, par suite de blessures, les deux bras et un œil. On reçoit ensuite un inililaire partant pour les frontières, et wi chasseur volontaire (le la Gironde (jui l'ail, au nom de ses camarades, ses adieux à la Société.
Un membre de la Société populaire d'Orléans fait le récit de l'assassinat de Bourdon. II déclare qu'il ne faut pas ajouter foi au rapport du membre de la municipalité d'Orléans, venu en même temps (|ue lui au Comité de sûreté générale.
Bufourny annonce que le département de Paris a noiiuné des conunissaircs ])our accélérer le recrutement dans les conununes. C... observe que les nouvelles de Troyes et d'Orléans annoncent dans beaucoup de départements l'intention de s'opposer au recrutement.]
La séance a été levée à dix iieures.
1. Nous n'avons trouvé, pour le mois de mars 1793, qu'un seul ouvrage d'Anacharsis Cloots, imprimé par ordre de la Société. En voici le titre : Société des Amis de la Liberté et de l'Éfjalité. . . Un mot d'Anacliarsis Cloots sur les conférences secrètes entre quelques membres de Ui Convention. Mars 1793, l'an II de la République. Paris, imprimerie patriotique et républicaine, s. d.. in-8° de 8 p. — Bibl. nat., Lb 40/747.
96 SO(:iHTl<: DES .lACOKI.XS [22 mars 1793]
PRÉSIDENCE DE LAMARQUE
[Dcsficux l'ail Icclurc de rcxirait do la correspondance. Le Clul) de Marseille envoie une circulaire ])Our les (|uarante-lniil sections et les faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau, ('ette circulaire, qui commence par ces mots : " Et nous aussi, nous sommes de la Montagne )>, invite les Sansculottes de Paris à se joindre à ceux du Midi pour chasser de la Convention les traîtres et les « appelants au peui)lc ». Elle est suivie d'une adresse à la Convention, où il y a des « mandataires infidèles » : « Nous ne connaissons de Convention que la sainte Montagne, qui doit avec nous sauver la patrie. » (Applaudissements universels.) — Desfieux i)ropose un avis que Marat a rédigé la veille au Comité de correspondance de la Société, pour accompagner l'envoi de la lettre du Club de Marseille aux quarante-huit sections.
Robespierre s'oppose à cet envoi |iar un discours dont voici le princij)al passage :]
Paris doit attendre avec calme le résultat de l'opinion que l'on s'est formée dans les départements; Paris doit s'efforcer de connaître quelles sont les contrées qui sont encore infectées du poison de l'erreur. Il n'y a aucun danger à attendre ; il n'y a aucun danger à consulter la prudence. Paris ne périra pas pour avoir attendu quelques jours, et, si tous les départements se coalisent, leur vœu sera entendu. [Applaudi.) Au contraire, si les esprits n'étaient pas encore assez préparés dans le moment actuel, il est évident que la précipitation serait funeste à cette Société, qui est le plus ferme appui de la liberté. Les départements méridionaux s'expliqueront ; alors la marche des patriotes sera sûre.
[La question de l'envoi aux sections cause un vif débat. La Société passe à l'ordre du jour sur les deux i)ropositions de répondre par une adhésion à la lettre du Club de Marseille, et d'envoyer aux quarante-huit sections la circulaire expédiée par ce Club. — Afjrd, premier adjudant de la 30'^ division de gendarmerie nationale, lit une adresse de la gendarmerie parisienne. C'est une apologie de la conduite do ce corjis à l'armée de la Moselle. — Marin, gendarme, raconte que le ci-devant duc de Lévis, émigré, qu'il a fait arrêter, lui a fait oflVir 300 livres, pour acheter son silence. — Plusieurs membres discutent les moyens de reconnaître les émigrés. — C... réclame l'annulation do tous les passe])orts ou certificats postérieurs au 10 août. Au cours de cette discussion, .1;/'^/ dénonce le traître d'Hcrmigny, que Beurnonville va nommer maréchal de camp.]
Marat. — L'exacte vérificalion que nous av(tiis faile dans no? cartons ne nous a procuré aucune preuve contre d'Hermigny : le seul grief cjui soit en évidence est l'insulte qu'il a faite à Goupilleau. Nous ne doutons pas que cet homme soit un contre-révolutionnaire; mais nous avons besoin de faits positifs pour le mettre en état d'arrestation.
Peyre. — (Juand un individu est frappé du caractère de contrerévolutionnaire par la notoriété publique, il n'est pas besoin de faits positifs pour s'assurer de sa personne.
[Pei/rc fait lecture do son projt't ivlatir à la créalion ({"une année révolulionnairi'.~
La séance a été levée à dix heures.
SÉ.\XCI-: Di: DIMANCHE 2i MARS 1793
l'RÉSinENCE DE LAMAUiJLE
[Desficux lit une lelfre de Marseille, annonraiil ([iic les Marseillais sont en armes, prêts à défendre la Uéj)id)li(iue.
Bantabole dit qu'anx mauvaises nouvelles des départciuenls, il faut ajouter celle des désordres qui se sont produits à Strasbourg, à la nouvelle de l'aequiltenient de Dietrich par le tribunal de Besançon. Il ajoute f
Il parait qu'il y a une conspir-ation générale. On a perdu de vue une mesure de salut public qui nous a été présentée par Danton. Cette mesure consiste à établir entre la Convention et le pouvoir exécutif une communication si médiate et si directe, que les déterminations suivent de près les troubles et y apportent un prompt remède. On vous objectera que, par cette communication, on éludera la responsabilité. Je soutiens qu'il ne faut pas s'amuser de cette chimère dans un moment où la République est à deux doigts de sa perte. Quand le mal sera fait, il sera tnqi tard de trancher la tète des ministres. Je pense donc que la Convention doit organiser le ministère, de manière qu'il communique avec le Comité du salut public'.
L'n exemple vous fera sentir la nécessité de cette disposition : le
1. Le Comité de salut public notait pas encore créé: mais il arrivait fréquemment que l'on désignât ainsi le Comité de défense générale.