‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 37 sur 141 · L'AN IP DE LA RÉPUBLKJUE · texte numérisé non relu

L'AN IP DE LA RÉPUBLKJUE

Paris, imp. patriotique et républicaine, s. il.. in-S" de 24 p. — Bibl. nat., Lb 40/2316.

Citoyens,

Un grand crime vient d'être commis. Il a blessé les droits naturels des hommes ; il a blessé les droits civils d'une nation qui a toujours été loyale, et qui est redevenue libre depuis quatre années. Nous dénonçons à la République toute entière un attentat à la foi, à la confiance publique, à la sûreté des personnes, aux secrets particuliers des familles, aux communications de l'ami^tié, à l'intérêt du commerce.

Par qui a été commis cet attentat? Par tous les administrateurs d'une grande cité, située sur un des points frontières de la République.

A l'instigation de qui l'attentat a-t-il été exécuté? A l'instigation, ou plutôt par les ordres de mandataires infidèles du peuple, qui n'ont pas craint d'abuser de leur autorité et de leur ascendant particulier sur leurs concitoyens (qu'ils continuent d'égarer), pour leur faire commettre l'infraction la plus criante à toutes les lois.

La République allait devenir la victime de la trahison des généraux de ses armées, trahison combinée avec quelques-uns de ses représentants et de ses principaux agents civils, trahison exécutée et dans son ancien et dans son nouveau territoire.

Le nord -ouest de la France commençait d'être en proie à une guerre civile abominable, sur laquelle les agents généraux de la République et les agents des postes n'avaient pas donné le moindre éveil à la nation.

Qu'a dû faire, qu'a fait, dans des circonstances aussi déplorables, une Société qui s'est identifiée avec la Révolution et qui la ma'mtiendra? Elle a dépêché, dans les départements de l'intérieur et du midi, à toutes les Sociétés qui concourent avec elle à ce maintien, des courriers extraordinaires.

Partout ces courriers, porteurs de paquets cachetés et renfermant des imprimés patriotiques, ont été accueillis par tous les bons citoyens. Aucune administration , aucun tribunal , aucune autorité constituée ne s'est ingérée à troubler la marche de ces courriers, encore moins à attenter à leur liberté et à violer leurs dépêches.

Mais l'un de ces courriers avait été précédé à Bordeaux par un autre, dépêché en grande hâte par Gensonné, Yergniaud, Guadet, députés à la Convention, chefs d'une faction qui a des espions partout, et qui avait été avertie que la Société des Jacobins envoyait, le 7 avril, des courriers, d(uU l'un irait à Bordeaux, d'où il devait revenir à Toulouse.

Gensonné a demandé, dans la séance de la Convention du 18 avril, l'admission de deux députés extraordinaires *, envoyés par le département de la Gironde.

Ces députés, admis, ont dit que les commissaires de la Convention dans le département de la Gironde avaient engagé la municipalité de Bordeaux à former un Comité de sûreté générale, qui a pensé que c'était principalement daris les correspondances cpi'il trouverait le f\\ des conjurations; qu'en conséquence, il avait requis la gendarmerie de conduire au bureau de la poste aux lettres les courriers qui traverseraient le département, afin qu'ils ne pussent remettre aucun paquet qui n'eût été examiné; que, le 10 avril, la gendarmerie en amena un, porteur de paquets à l'adresse de quelques individus, renfermant des imprimés et des lettres particulières manuscrites ; que tout a été décacheté et lu.

Après avoir fait de ces pièces le tableau le plus hideux et en même temps le plus propre à atténuer, s'il était possible, les crimes de Yarrestation de la personne du courrier et de la violation de ses dépêches, les députés Partarieux et Grangcneuve cadet observent que les auteurs des imprimés et lettres ont profité de l'horreur qu'inspirait la nouvelle des trahisons de Dumouriez, pour faire regarder quelques députés à la Convention comme ses complices.

Un député de la Corrèze - a demandé l'impression du discours de Partarieux et de Grangeneuve cadet et de la réponse du Président.

Mais la Convention, ayant pensé que la lecture des écrits interceptés était un préalable, un député de la Gironde ^ à la Convention a fait cette lecture.

1. Le frère île Grangeneuve, député, espèce de boullnn, el Partarieux, espèce de praticien. (Sote de Vorir/inal).

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