‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 38 sur 141 · Boyer-Fonfrède. i,.Vo/e de l'orlyinal · texte numérisé non relu

Boyer-Fonfrède. i,.Vo/e de l'orlyinal

io8 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [20 avuil 17031

Il paraît que des citoyens, ayant des relations d'amitié et de commerce à Bordeaux, avaient remis au courrier des lettres particulières pour leurs correspondants.

Barbaroux a prétendu qu'il fallait commencer par la lecture de ces lettres.

Un de ces particuliers * annonçait à sa femme des pièces de cinq sous et ajoutait que les Marseillais feraient passer à tous les royalistes le goût du pain.

Un autre ^ écrivait à son correspondant et l'entretenait d'opérations commerciales et de fournitures faites pour la République 3.

Le jacobin Desfieux écrivait à un de ses amis, à Bordeaux, qu'une malle, remplie de papiers de Dumouriez, était arrêtée, et que le bruit s'était répandu que les trois Girondins étaient compromis par ces papiers.

Desfieux est un citoyen d'un patriotisme ardent. Ayant habité Bordeaux, il a connu le caractère et les habitudes de Gensonné, Vergniaud, Guadet, ci-devant avocats.

Depuis un an, Desfieux les a démasqués dans la Société des Jacobins, daus tout Paris, dans toute la France. Il n'est personne qui ne sache les calomnies que ces trois députés se sont permises contre un simple citoyen, qui les a réfutées par des pièces légales et authentiques, et par un placard affiché dans Paris, et envoyé dans tous les départements, placard dans lequel il a inculpé Vergniaud d'une manière spéciale. Vergniaud est encore à répondre.

Le Jacobin Péreyra écrivait à un de ses amis et à sa sœur à Bordeaux. Pereyra est un des trois commissaires que le Conseil exécutif a envoyés, dans le temps, près Dumouriez, et qui ont si bien fait lever le masque à ce traître.

Tels sont les citoyens qui ont jugé à propos de remettre des lettres particulières à un des courriers extraordinaires que la Société a envoyés dans les départements de l'intérieur et du midi.

1. Blanchard. Les ennemis de la Société ont dit et écrit qu'il est Jacobin. Le l'ait est faux. La Société ayant pris des renseignements, il s'est trouvé que Blanchard est un pauvre tonnelier, ignare et incapable d'idées motivées touchant les alFaires politiques. Fonfrède et son père sont dans le cas de connaître Blanchard, à moins qu'il n'y ait un mur de séparation entre l'opulence du premier et la pauvreté du dernier. {Sote de l'original.)

2. Delpech. Les ennemis de la Société ont aussi dit et écrit qu'il en était membre. Le fait est faux. Au surplus, la Société a pris, à l'égard de Delpech, des renseignements, d'après lesquels c'est un excellent citoyen. f.Yo/e de l'original.)

3. On trouvera cette lettre, ainsi que la précédente, dans le Moniteur, t. XVI, p. 180.

Un membre de la Convention s'est opposé à la motion de Barbaroux dont nous avons parlé plus haut, et a demandé Vimprobation de la conduite du département de la Gironde^ qui avait violé le secret des lettres.

Fonfrède a observé que ce n'est point le département qui a autorisé cette violation, mais bien les commissaires de la Convention, les citoyens Garrau et Paganel.

Le fait nest ni vraisemblable ni vrai; seulement ces deux commissaires avaient conseillé la formation à Bordeaux d'un Comité de sûreté générale ; et c'est ce Comité qui a prescrit et effectué l'arrestation de la personne du courrier et la violation du secret des lettres.

Quoi qu'il en soit, Grangeneuve l'ainé, député à la Convention, a demandé que Blancliard et Delpech fussent arrêtés.

Un autre député • s'y est opposé et a fait voir la tyrannie de l'arrestation de la personne du courrier et de la violation de ses dépêches, comme aussi de la discussion qui tendait à pallier l'une et l'autre.

Buzot a demandé le renvoi de toutes les pit-ces au Comité de législation, ainsi que d'une adresse de citoyens de Barbezieux. D'autres ont insisté sur le renvoi au Comité de salut public. Enfin, Vergniaud l'a demandé aux deux Comités réunis. La Convention l'a ainsi décrété, a décrété aussi la réimpression des imprimés -, et qu'il lui serait fait un rapport de celte alTairc.

Citoyens, ce rapport doit être bien simple; mais nous vous observons qu'il sera fait par Rouzet, député de la Haute-Garonne, membre du Comité de législation.

Toutes les lois défendent les arrestations arbitraires des personnes et la violation du sceau des lettres. Le Code pénal inflige des peines aux infracteurs de ces lois.

La déclaration des Droits de Ihomme et du citoyen, et la nouvelle déclaration de 1793, portent que tout homme a le droit de manifester sa pensée et ses opinions, que la liberté de la presse et de tous les autres moyens de la manifester ne peuvent être interdits, suspendus, ni limités.

Des personnes avaient été arrêtées à Angoulème, et leur correspondance arrêtée aussi, mais une partie non décachetée Sur ce, un décret de l'Assemblée constituante du 5 décembre 1789 :

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