‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 44 sur 141 · Voir Moniteur, t. XVI. p. :!:i8-:](i0, et r)li2-36.j · texte numérisé non relu

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2. Société des Amis de lu IJberté et de l'Égalilr... Discours de .Mwi.milikx Robespierre sur la Conslitulion. — Paris, imprimerie patrintiqnc et ré[)ui)licainc. S", f]., in-S" de 34 p. — Bibl. nal.. l>b 40/7:53.

Un militaire commissaire de tolice. — Nous savons que nous laissons à Paris nos frères les sans-culottes, mais il reste encore beaucoup de malveillants dans cette vaste cité. Au surplus, tant que les Jacobins existeront, nous serons tranquilles. Nous demandons que, dès que ces scélérats lèveront la tète, vous les écrasiez à l'instant. Il faut qu'il ne reste que des patriotes à Paris, tandis que nous combattrons les fanatiques des départements. Je demande que nos places soient conservées, puisque nous les abandonnons pour voler au secours de la patrie.

Le Président donne cette assurance aux citoj-ens et les invite aux bonneurs de la séance.

Un des militaires. — Je pars pour combattre les fanatiques de la Vendée; mais je demande que les volontaires qui ont quitté leur corps, et qui se cacbent à Paris, soient obligés de rejoindre.

HASSENFR.iTZ. — Le ministre de la guerre a proclamé cet ordre. J'invite donc les membres des Comités révolutionnaires de demander aux volontaires réfugiés à Paris s'ils ont une permission particulière, et de les obliger à rejoindre, s'ils n'ont ni pouvoir, ni infirmités.

Un des militaires prie la Société de leur envoyer tous les journaux et ouvrages patriotiques, et particulièrement Marat.

Le Président invile le pétitionnaire à se rendre au secrétariat où on lui remettra, tant pour lui que pour ses camarades, un certain nombre d'iuqjrimés patriotiques, et le journal de Marat, dont la Société reçoit tous les jours un certain nombre d'exemplaires.

Un membre. — Il a été mis en principe qu'on lèverait un impôt martial sur les ricbes. Cette mesure, qui est certainement le meilleur levier révolutionnaire, n'est point encore exécutée.

Il est très instant que l'impôt de guerre soit décrété, mais il ne faut pas que la contribution se fasse par section; les secours doivent se répartir également entre les citoyens de Paris. Remarquez que les sections sont plus ou moins riches, et le fort doit aider au faible ; le surplus de l'impôt servira à nourrir les sans-culottes qui sont sans ouvrage.

Je crois que, dans les circonstances où nous sommes, les barrières doivent être sévèrement gardées.

Desfieux. — Depuis longtemps on parle d'une taxe de guerre. Cette taxe ne vient pas. La section de Bonconseil a fait une liste des riches financiers, des riches notaires qui sont restés à Paris. Eh bien ! leur contribution à raison de 10 p. 0/0 s'élève à 64 millions, et la liste n'est composée que de cent personnes. Cette section a envoyé

l'.iO SOCIKTÉ DES JACOBINS [liJ mai 1793]

cette liste à la municipalité, qui a invité toutes les sections à la compléter, pour qu'elle soit envoyée à la Convention, qui décrétera cet impôt.

La séance a été levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE BENTABOLE

Un des Secrétaires fait lecture du procès-verbal, dont le dernier article fait mention de l'arrêté relatif à la nomination de six commissaires, pris dans le sein de la Société, pour assister aux moyens révolutionnaires qui peuvent sauver la patrie. Ce citoyen a observé que ces commissaires n'étaient pas encore nommés, et qu'il était d'autant plus important de procéder à leur nomination, que la Montagne a actuellement le dessous à la Convention. [Bruit.)

La discussion sur cette proposition est suspendue.

[Un membre demande que Monge explique i)Ourquoi il a pris, au Comité épuratoire, la défense de Périgny, qui a laissé entrer les révoltés sur les côtes de Bretagne et du Poitou, et qui a nommé plusieurs officiers-généraux contrerévolutionnaires. La Société arrête que les chefs d'accusation seront mis par écrit, et que les membres incriminés seront entendus à la prochaine séance.]

Bourdon (de l'Oise). — Citoyens, je vous prie de m'entendre avec recueillement. La lecture de la correspondance m'a confirmé dans la résolution de vous adresser des reproches fondés. Vos correspondants vous disent avec raison : « Qu'étes-vous devenus, Jacobins? Qu'est devenue la Montagne? » Celui qui n'est pas sensible à ce reproche est indigne d'être Jacobin. Pour moi, je suis humilié, accablé. [Bruit.) Je déclare que celui qui m'interrompt est un mauvais citoyen.

On demande d'un côté que le membre qui a interrompu Bourdon, soit puni; d'un autre côté, on invoque Tordre du jour.

« S'il existe un mauvais citoyen, reprend Bourdon, «ju'il m'écoute et qu'il rougisse. » [Grand tumulte.)

« Citoyens, s'écrie Bourdon, maintenez-moi la parole, vous êtes mauvais citoyens, si vous continuez de m'interrompre. »

Le calme renaît.

[la MAI 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBLXS 101

« Vous avez, continue Bourdon, nommé, il y a trois mois, un Comité de constitution. Qu'a fait ce Comité? Quel résultat vous a-t-il ]»résenté? Et, dans le temps qu'on a proposé ce Comité, on a cependant choisi d'excellents patriotes. Quelle est l'existence de votre Société^ si vous perdez le temps en vaines déclamations? 11 s'agit aujourd'hui de la chose la plus importante ; il s'agit de la divisi(in territoriale, et vous vous occupez de discussions que je ne veux pas blâmer ; elles ont un bon principe, mais elles sont inconsidérées.

Créons des Comités pour ceux qui ont besoin de nos secours, mais toute afTaire cessante, occupons-nous de la Constitution ; vous serez responsables à la nation de l'emploi de votre temps ; en frappant le tyran, vous n'avez payé que la moitié de votre dette. 11 vous reste à prouver que, si vous avez eu le courage de faire monter un despote sur l'échafaud, vous aurez celui de donner à la France une Constitution populaire. Je vous somme d'instituer des Comités extraordinaires pour les travaux courants, et je demande que nous soyons ici à toute heure au Comité de constitution. 11 s'agit de nouveaux fers que l'on forge à la nation, et vous restez tranquilles ! Allez, vous êtes indignes de votre gloire. Citoyens, je provoque votre serment, et je le prononce avec vous. {Applaudi.)

Tous les membres prêtent avec Bourdon le serment de s'occuper de la Constitution.

[Châles se plaint des incommodités do la nouvelle salle de la Convention. '( J'altcstc, dit-il, que la salle nonvclle tuera la Montagne, tuera la Répui)lique, tuera la Constitution. » — Lcgendre exprime les mémos i)laintes. D'après lui « la salle est conslruite do manière que celui qui ])arle à la ])reinièro banquette n'est pas entendu à la quatrième ' ". l/oratour termine son diseours pai- rinvitalion suivanio:]

Je vous prie de porter un œil rigide et observateur sur la tactique flu Président-. Il est prévenu quand il doit arriver une grande discussion; alors tantôt il fait paraître une députation, tantôt il écrit une liste de dix à douze membres; il sait que ses amis ne le démentiront pas, et, quand les Montagnards demandent la parole, il dit qu'il a une liste de dix à douze personnes.

U7i bataillon de la section des Gardes-Françaises entre et défile dans la salle au bruit de la musique militaire et des applaudissements.

[Les volontaires et les membres de Société prêtent sinudtanément le serment de mourir pour la défense de la liberté.]

1. Sur le local que la Convention occupait aux Tuileries, voir les Orateurs de lu Léf/islative et de la Convention, par F.-A. Aulard, t. I, p. o4-ij6. 1. Du 2 au 10 mai n9.3, la Convention fut prcsiilûe par Boyer-Fonfrèdc.

l()2 SOCIKTK J»KS JACOBLNS [15 mai iin]

Hébert. — Un des plus fermes appuis de la liberté* va partir pour combattre les rebelles de la Vendée ; il faut un chef aux sans-culottes, je demande que les Jacobins s'occupent de discuter le civisme des candidats qui doivent le remplacer.

Plusieurs membres désignent Boulanger ^.

{Di's/icux soulient la caiulidaliiro do Boulaiiiïcr, qui fait. })arlie de la SociéU" dos Jacobins depuis rorigine.]

Hassenfratz. — Il est impossible de sauver la République, tant que le Comité militaire de la Convention subsistera. Il s'est opposé à l'expulsion des administrateurs des subsistances, qui sont tous des contre-révolutionnaires.

La séance a été levée à dix heures.

SÉANCE DU VENDREDI 17 xMAI 1793

PRÉSmENCE DE BENTABOLE

Le Conseil général du département du Bas-Rhin, dans une lettre dont un des Secrétaires a donné lecture, exprime le désir de fraterniser et de correspondre avec la Société.

Une discussion s'engage sur cette demande.

Un membre observe qu'avant d'accorder la correspondance à ce département, il faut s'assurer du civisme des membres qui le composent.

Le Président. — Le département du Bas-Rhin, qui était composé

1. 11 s'agit de Santevre, coiuniaudant-général de la garde nationale à Paris.

'1. Servais-Baudoin Boulanger, ex-ouvrier joaillier, était commandant en second du bataillon de la section de la Ilalle-au-Blé. La Commune de Paris le nomma cdiamandant général provisoire de la garde nationale parisienne, pendant Tabsence de Santerre, par arrêté du 17 mai n!J3 [Monileur, t. XYI, p. 417). Le 18 mai, la Commune arrêta de soumettre cette nonunation aux 48 sections, dont plusieurs avaient protesté. Sans attendre le résultat de cette consultation, Boulanger donna sa démission le 20 mai. 11 ne fut remplacé que par la Commune insurrectionnelle du 31 mai, qui nomma Hanriot connuaudant général provisoire. Plus tard, Boulanger fut employé comme général de brigade dans larméc révolutionnaire. C'est lui que le Comité de salut public chargea, le 3 prairial an 11, d'arrêter Theresia Cabarrus. (Cf. liévoiuUon française, Revue historique, t. XII. p. ."iyi.l — Il était aide-de-camp d'IIanriot lors de la journée du 9 thermidor. .Mis hors la hii, il fut guillotiné le 11 thermidor an 11.

de Feuillants, a été purgé entièrement et remplacé par des Jacobins. Ils ont envoyé des adresses d'adhésion à la condamnation de Capet et au rappel des appelants. Ainsi il n'y a aucun inconvénient à leur accorder ce qu'ils désirent.

La Société autorise son Comité à correspondre avec le Conseil général (lu Bas-Rhin.

Le citoyen Desfieux communique une lettre de la Société de Strasbourg, dont voici la substance :

« Notre Société, dans sa dernière séance, a discuté la conduite de Custine. Nous demandons, non-seulement la destitution de ce général perfide, mais son arrestation, car il est temps que la souveraineté du peuple ne soit plus un vain mot.

'< Notre accusateur public est à la suite des scélérats qui ont crié : Vive le roi! Un de ces scélérats en a été quitte pour une exposition publique. Plusieurs soldats de Languedoc ont foulé .-uix pieds la cocarde nationale. »

Le citoyen Thirion fait lecture d'une adresse des sans-culottes de Metz, envoyée à la Convention i-ar un député extraordinaire. En voici la conclusion ;

« Si d'odieux agitateurs, tels que les Brissot, (iuadet, Yergniaud et consorts, persistent à entraver la marche de vos opérations, ayez le courage de les dénoncer au Tribunal révolutionnaire; le peuple y sera vengé de leurs perfidies. Son salut, il l'attend de vous, ou il se sauvera lui-même. » {/irait.)

TuiRiox. — Vous voyez que les citoyens de Metz sont dans l'erreur; ils croyent que la Montagne forme la majorité. Il faut leur apprendre que nous sommes dans l'oppression, et alors ils sauront ce qu'ils doivent faire. (Agitation.)

Camille iJesmoulins annonce un ouvrage de sa composition intitulé : Les liommes d' Etat démasqués.

La Société, après quelques débats, arrête que des commissaires rendront compte de cet ouvrage '.

1. L'impression de cet ouvrage fut décidée le surlendemain par la Société. Il a été impriujé sous deux titres :

1° Société des Amis de la Liberté et de l'Ét/dlifé... F,-(i;/inenf de l'Histoire secrète de la Révolution, sur la faction d'Orléans, le Comité unç/lo-prussien et les six premiers mois de la République, par Camille Desmoilins, député de Paris à la Convention. — Paris, imprimerie patriotique et républicaine, s. d., in-S" de 80 p. — Bibl. nat., Lb 40 7:i4 :

2° Une autre édition de cet ouvrage porte le titre suivant : Histoire des BrissoTixs ou frac/ment de l'Histoire secrète de la Révolution et des six premiers 7nois de la Convention, par Camille Desmoilixs. député de Paris à la Convention. Tome V. j3

194 SOCIÉTÉ DES JACOBIiNS [17 mai d70:i]

[Un mrmhi-c proposo que la Société l'orme dans son sein un Comité de salut i)ublic composé de cinq membres, et dont « le sage Coulhon » l'era partie. — Thuriot s'oppose à cette création en montrant qu'elle donnerait un prétexte à ceux qui accusent la Société de préparer des trouilles. 11 fait la proposition suivante :]

Je demande que la Société se déclare permanente. Les patriotes ne doivent point se séparer quand la patrie est en danger ; pour que tout se rallie, pour que tout tende au même but, il faut absolument qu'il y ait un point central. Je sais que notre présence est nécessaire dans les sections, mais nos membres peuvent être divergents d'opinions par là seul qu'il n'y a pas de rapprochement, et que l'on n'a pu approfondir la cause et le but de telle ou telle opinion.

Établissez la permanence de vos séances : il en résultera que le système général se développera dans toutes les sections de Paris.

Je conçois qu'il y a beaucoup de pères de famille qui ne peuvent assister régulièrement aux séances de cette Société ; mais il y aura ici toujours cent personnes, et cela suffit pour porter aux sections le vœu des patriotes.

Quant au Comité de salut public, il ne peut être que la suite de l'idée que j'ai développée. On pourra prolonger les séances suivant les circonstances. Tous les citoyens viendront ici déposer leurs craintes et nous adopterons les mesures que les circonstances commanderont. Si vous donniez un caractère légal au Comité de salut public que vous voulez organiser, il pourrait en résulter de grands inconvénients. {Bruit.)

La loi autorise formellement l'existence des Sociétés populaires ; elles peuvent s'assembler quand bon leur semble; mais la loi qui a institué des Comités de surveillance et de salut public a tracé un cercle dont on ne peut s'écarter '.

Quand vous aurez formé un Comité de salut public, on pourra vous imputer des choses désagréables. Vous en avez un au sein de la Convention, qui est composé de patriotes de la Montagne, et ce Comité doit vous paraître suffisant, etc.

Ici l'orateur répète la motion de la permanence des séances.

— Paris, iiiipriuierie patriotique et républicaine, 1793, ln-8" de 80 p. — Bibl. nat., Lb 40/7oo.

L'une et l'autre édition sont accompagnées d'une note iniale ainsi conçue : « La Société, clans sa séance du 19 mai, 1793, a arrêté l'impression, la distribution et l'envoi de cet ouvrage aux Sociétés affiliées. » — Sif/né : Bemahoi-k, Président; Champertois, Vice-président; Gori'K (de l'Oise;, Dcolesnov, députés; Samhat. CoiNnRE, Phieir, Secrétaires. »

i. Voir les lois des 21 cl 30 mars 17!t3.

Legendre. — Si j'ai besoin de Tindulgence de la Société, c'est dans ce moment, car ma poitrine, ma gorge, mon organe, tout est anéanti. Je m'oppose à la mesure des assemblées permanentes et à l'établissement d'un Comité de salut public. Si vous établissiez des assemblées permanentes, il se glisserait dans votre sein des avocats de l'erreur. Si vous organisez un Comité de salut public, on dira que c'est un Comité d'insurrection. Cette Société est le port où doivent venir les vaisseaux en lest pour s'approvisionner, c'est le centre où aboutissent tous les rayons de lumière.

Je voudrais qu'il y eût ici un Mercure révolutionnaire pour porter tout ce qu'on y dit dans toutes les parties du globe ; la publicité impose silence à la calomnie. Le peuple assiste à vos séances, et, si on veut lui dire que vous professez de mauvais principes, il sera convaincu du contraire. Si au contraire vous établissez un Comité secret, <m dira au peuple : vous allez dans les tribunes pendant les lieurcs de la séance, mais vous n'entendez pas ce qui se passe au Comité révolutionnaire. Je dis, moi, que nous devons tout dire à cette Société, dussions-nous périr ; de notre sang renaîtra une autre Société de Jacobins. Ce (pie vous dites ici est entendu de quinze cents individus, et ces quinze cents en instruisent quinze cents autres.

Je déclare, moi, que je commencerais à suspecter cette Société, s'il y avait un Comité secret. Il faut tout dire à cette tribune, et ne nous plaindre que de ce que nous n'ayons pas un organe assez fort pour nous faire entendre de toute la République.

[L'orateur conlinuc à dévcloinjcr son opinion cl adjure les Jacobins do ne rien dire cl do no rion lairo qui ne soit public. I.a Sociôlô pusse à l'ordre du jour sur les propositions combattues par I.ogendro.]

Une députation des volontaires de la section de l'L'nité est admise, et fait ses adieux à la Société, avant de partir pour la Vendée.

Le citoyen Desfieux, vice-président, répond : « Vous allez combattre les fanatiques de la Vendée ; leurs cliefs sont à Paris, les brigands de la Vendée ne sont que leurs instruments. Détruisez la cause, et l'efTet cessera, La Société applaudit à votre courage et fait les vœux les plus ardents pour le succès de vos armes. Elle vous invite à prendre au secrétariat des journaux et imprimés patriotiques. »

[Desfieux fait lecture d'une lettre de Vergniaud, adressée à la Société dos Récollets de Bordeaux et dans laquelle il dit que sa vie et celle de i)lusieurs de ses collègues est menacée par les agitateurs de Paris. — Dufoinuy lit une lettre de Bruslé ' au maire de Paris ; celte lettre donne des renseignc-

1. Bruslé élail cuminissaire du Conseil cxcculil' près l'armée de réserve. —

J0(> SOCIÉTÉ DES JACOBINS [17 ji.u 1703]

nients sur la rrvollc de Vendée. L'armée des brigands est mal organisée; clic manque de poudre ; elle l'ail la guerre à la manière des sauvages, dans les genêts. Les chefs des rehelles voudraient passer la Loire à Nantes pour marcher sur Paris ; mais leurs forces sont circonscrites entre Nantes, Angers, Saumur, Tours, Poitiers, Niort. L'armée républicaine peut les envelopper et les prendre par la famine.]

La séance a été levée à onze heures.

PRl'=:SlDENCE DE BENTABOLE

Après la lecture du procès-verbal, un membre monte à la tribune et dit : « Ou j'ai mal entendu, ou le procès-verbal que l'on vient de lire fait mention de la proposition faite par un membre de faire descendre le peuple des tribunes de la Convention et de l'inviter à siéger avec les Montagnards pour rendre leur parti dominant. Pour moi, je ne croirai jamais cfue les Jacobins, qui sont les amis des lois et qui rendent hommage au principe de la souveraine nationale qui réside dans la Convention, aient pu adopter une pareille mesure, qui compromet la Société. »

Cette mesure est appuyée.

Cn membre observe qu'on n'a point adopté cette mesure. [Bruit.)

C, — Le nombre de nos détracteurs augmente tous les jours; les ennemis de la patrie cherchent à calomnier les Jacobins. Il importe donc qu'ils ne donnent aucune prise à la méchanceté qui les poursuit; le passage que l'on vient de citer produirait cet effet, et je demande qu'il soit retranché du procès-verbal.

Après quelques débats, le citoj'en Dufourny met aux Vdix cette proposition. Elle est adoptée.

[Leqinmo, revenu de sa mission à l'année du Noi'd, i'a))|iorle ([ue la ville de Condé est blo([uée et (pi'on n'a pu y faire (Milrer ni vivres ni nnuiitions. il se félicite de ra])|iui (pi'il a Irouvé dans la Société de Valcuciennes. — Le rolli'-gue de Lrtiiiinio^ drcldvr (pie les IVmrnisscurs sont des fripons et qu'il

(<f. Recueil des odes du Conulé de sfdi/f ])itblic. t. l^'. p. 14.">. — On truuvcia la lettre de Bruslé dans le MonHeur, t. XVL p. il^.

\. Dans sa mission jirès r.iriiièe du Nord à Valenciennes, l^cquinio avait eu pour collègues Cochon, Courtois et Dubois de lîolle.rrarde (décret <!m 2.1 avril no.T. Nous ne savons iecpu'l de ces trois conventidunols prend ici la parole.

faut les punir. Il termine en disant que les ennemis de la République sont dans la Vendée.]

Quelques voix crient : « C'est dans la Convention 1 »

« Je me résume ' et j'invite tous les citoyens à nous communiquer leurs lumières sur les vols qui se commettent dans l'armée. Je vous en conjure au nom de la fortune publique. Je pourrais vous donner de plus grands détails; mais réchanlillon que je viens de vous offrir doit vous faire juger de la pièce. » [Applaudissemenls.)

Mahat. — On vous l'a dit, et on ne peut trop le répéter : c'est au sein de la Convention qu'est le foyer de la contre-révolution ! {Grand bruit. Les Censeurs crient : « Silence 1 » Le tumulte se propage.)

Leur plan de machination, concerté avec des ministres perfides et des généraux conspirateurs, tend à relarder le recrutement et à faciliter l'entrée des hordes étrangères ; vous voyez t(ue leur but est de protéger leurs suppôts, et de les arracher aux mains de la justice, lorsqu'ils sont incarcérés. Il est bien étonnant que des autorités constituées se prêtent à de pareilles manœuvres.

Hier, la commune de Paris a remis en liberté un juge de paix (Roux), qui avait tenu des propos tendant à rétablir le royalisme -.

Cliaumette est ici, je l'invile à se justifier, car il est un de ceux qui sont prévenus d'avoir favorisé ce contre-révolutionnaire.

GuAUMETTE. — Marat a raison de dire qu'on protège des aristocrates incarcérés.

Marat vous dit une grande vérité. Cela provient de ce qu'il existe une grande désorganisation. Les autorités constituées sont organisées à la manière du 10 août; on les tourmente, on les agite, on leur tend des pièges.

Nous ne sommes pas la commune de Bailly; nous ne savons pas nous servir du drapeau rouge, nous Pavons brûlé, et sa cendre vivifiera l'arbre de la liberté.

Il est vrai que j'ai fait relâcher Roux; mais il faut considérer que son arrestation était illégale, puisqu'il avait été arrêté la nuit.

Mais on garde toutes les dénonciations qui ont été faites contre lui. Mais je me suis opposé à ce qu'on relâchât un homme qui avait

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