‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 5 sur 141 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

18 SOCIÉTÉ DES JACOHINS |i fkv. 1703]

missairos onvoyi''s à Saint-Cionnain-cn-Layc, pour assister à la ijonipo funèbre de Michel I^e Pelelier. — l/ariiliation est accordée à la nouvelle Société de Valognes, formée des membres de ranciennc qui n'ont pas voulu rompre avec la Société mère. — î/affiliafion est aussi accordée à la Société de Monaco. Dorfeuilli' l'ait lecture (fun discours aux soldats'.]

ItfoNESTiER. — Je demande qu'un exemplaire de ce discours soit envoyé au nouveau ministre de la guerre 2, qui se fera sans doute un plaisir de le faire iuiprimer et distribuer à l'armée, à l'effet de justifier le choix des braves sans-culottes.

[Dnppel, soldat de la légion des Allobroges, vient, avec la permission de son général, justifier cette légion accusée de pillages.

Le citoyen Albert ra])i)orte que le ])rocureur de la Commune de Paris a reçu par la poste une lettre de Strasbourg, signée de Monsirur, et qui lui enjoint, sous peine d'être pendu, de l'aire arrêter tous les membres de la soidisant Convention nationale.

C... annonce ({ue la ])olice a interdit de jouer VAnii des lois, pièce anticivique^.

Lecture d'une pétition adressée par quarante-six sections de Paris à la Convention : elles réclament des lois contre les agioteurs, i)Our mettre fin à la disette.]

La Société a arrêté que l'objet de cette pétition serait mis à l'ordre du jour.

G... — Il faut, pour détruire le fléau des accaparements, placer une guillotine auprès des greniers et faire des exemples. {Applaudi.)

La séance a été levée à dix heures et demie.

1. C'est un troisième ouvraije de Dorfcuille, publié par la Société sons le titre suivant : SiJC/cfé des Aitiis de la Liberté et de l'Er/alité, Second sennoii civique aux sold(ds de la République, par le citoyen Dorfeuille, Paris, imprimerie Potier de Lille, 1793, in-8" . BihI. uat.. Lb 40/2300. — On lit à la dernière page : « Extrait du j^rocès-verbal. La Société, dans sa séance du 4 février 1793, tau deuxième de la République française, a arrêté l'impression de ce disc(nirs, l'envoi aux Sociétés popvdaires et aux armées, et qu'un iirand nombre d'exemplaires en soient remis au ministre de la ijuerre. »

2. C'était Beuruouville, élu le même jour ministre de la guerre 2)ar la Convention.

3. h'Auii des lois, pièce en cinq actes et en vers, île I^aya, fut jouée pour la première l'ois au Ttiéàtre de la Nation, le 3 janvier 1793. Les représentations en furent suspendues par un arrêté de la Commune, du 11 janvier. Sur ces incidents, voir le 3fo«/'^e//r, t. X"V, p. 29, 119, 12i, 12(;, l'.7, 1:3s, ci Yllistoire du Ihéâtre-Français par Etienne et Martainvifle, t. 111, p. 43 et suiv.

[6 FÉv 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 19

PRÉSIDENCE DE JLLLIEN (dE LA DRÔMe)

[Lecture de la correspondance. — C..., venant de Rouen, raii|)Orle que la Société de cette ville se plaint de voir sa correspondance avec la Société mère interceptée, et accuse Clavière de cet abus.]

La Société a arrêté, conformément à la proposition de Bentabole et à l'amendement de Jeanbon Saint-André^ que les commissaires seront invités à faire lundi prociiain leur rapport sur les prévarications imputées au ministre Clavière, et à prendre connaissance, pour éclairer leur examen, du com[)te qu'il a fourni.

Dufourni/ a observé que, le lundi étant consacré à la nomination du maire, il n'y aurait point de séance. Le rapport a été ajourné à mercredi.

[C... annonce (|ue les Marseillais ont déposé à la Trésorerie un million en numéraire pour les frais de la guerre. — Di's/irux rapporte (pie Beurnonville a dil : « Je n'ai accepté la place de ministre (pie parce (pi'elh; m'a été conférée par la Montaj^ne ' et je ne la conserserai ([ue sous la condition que Paclie restera en place et m'aidera de ses conseils. » — Monesiier observe qu'il vaudrait mieux que Pache fût candidat à la mairie. — Thuriot se plaint (pi'à la Convention les bancs de la Montagne soient déserts.]

Un membre a proposé l'organisation d'un Comité de finances, composé de douze à quinze membres de la Société, en ajoutant qu'il serait d'autant plus charmé de voir s'organiser ce Comité, qu'il a un plan à proposer pour faire reparaître le numéraire sur toutes les places de la République.

Cette proposition a été mise aux voix et adoptée.

[Une di'putaiion des Bnlaves, enfants adoptifs de la République française, lit un mémoire présenté à I.e Brun, ministre des affaires étrangères, et qui est resté sans réponse pendant un mois.]

Robespierre. — Je demande que les députés du peuple batave

1. Bcurnonville, soutenu par la Munta.ffiie, avait été élu ministre de la guerre, dans la séance de la Convention du 4 février 1793, par 356 voix sur GOO votants. {l'rocès-verbal de la Convention, t. VI. p. 06.;

20 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [6 fkv. 1793]

(je les appelle députés, parce que, quoiqu'ils n'aient pas reçu des pouvoirs légaux, leur mission est écrite dans le cœur de leurs frères et dans le code de la raison universelle) ; je demande, dis-je, qu'ils déposent le manuscrit de leur discours et de leur adresse au secrétariat, pour être livré à l'impression et distribué aux Sociétés affiliées; cette publicité contribuera au triomphe de la cause des gueux et des sans-culottes ; je demande que le président soit invité à rédiger l'éloquente réponse qu'il a faite, et qu'elle soit imprimée à la suite du discours des Bataves. [Applaudi.)

Cette proposition a été mise aux voix et adoptée à l'unanimité.

[Chabot cl Drs/irux (lomandcnt qu'il soit rédigé une adresse aux départcinonts pour les infoiMnor des uionéos de (^-lavière, Roland et Le Brun.]

Cette proposition a 'été adoptée. Robespierre a été adjoint à Chabot et Desfieux pour la rédaction de cette adresse.

La séance a été levée à dix heures.

PRÉSIDENCK DE JULLIEX (dE LA DRÙME)

[Lccluro de la correspondance.]

U7i Secrétaire a demandé qu'on rétablit dans les registres l'affiliation de la Société de Boën, département du ^Rhône-et-Loire. {A7-rété.)

La veuve Gilet sollicite des défenseurs officieux.

TuuRiOT. — Je demande qu'on forme un Comité de défenseurs officieux, composé de vingt membres, et que la liste des candidats soit ouverte dimanche à l'ouverture de la séance.

La proposition de Thuriot a été adoptée.

[T'hiiriof invite les citoyens à rôveiller les députes patriotes de bonne heure, afin qu'ils soient rendus à dix heures |)récises à la Convention, pour l'aire expédier le décret qui suspend la procédure contre les citoyens arrêtés à Meaux. — Un frère de Michel Le Peletier obtient son adnûssion dans la Société. — I/ai'filiation est accordée à la Société du Mans, mais on n'accorde que la correspondance à la Société des sans-culottes d'Angers, connue sous le nom de Société des Bonnets.'

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Dubois (le Crancé cxjjoso son projol de réorganisation do l"arni('o'. La Société arrête quelle en lera imprimer mille exemplaires.

Le Président rappelle que, d"après un arrêté de la séance précédente, la parole est à Anacharsis Cloots *. Sur l'observation A'Albitie, la Société décide que la séance sera entièrement consacrée à l'examen du i)lan de Dubois de Crancé : il continue d'ex|)0ser son plan.]

La séance a été levée à dix lieures.

SflANCK DL' Dl.MANCllK 10 Fl':VRli:i{ ITO.J

PRÉSIDENCE DE JL'LLIE.N (de LA DHhME)

Après la lecture du pruC's-verbal, le Président a annoncé que les malveillants répandent le i)ruil que Pache est adjoint au ministre de la guerre, afin de détruire la majorité des suffrages qui l'appellent à la mairie, et a invité les bons citoyens à se tenir en garde contre cette astucieuse supposition.

[Lecture de la correspondance.]

DuFOURNY. — Je (leiniindo qucjii accorde des défenseurs officieux au citoyen Moulin, qui gémit dans les prisons de Marseille.

BouiU)0.\. — Je suis surpris que ce citoyen ne se soit pas adressé à la Société patriotique de Marseille, qui aurait pu nous instruire du motif de son arrestation. Je demande que cette Société soit consultée.

Cette proposition est mise aux voix et adoptée.

[Lettre d'une ciloyennc, cpii envoie des dons patriotiques cl prie les Jacobins de recevoir son fils au noud)re de leurs enfants. « C'est, dit-elle, une jeune plante que vos mains civi(pu>s cultiveront el rendront digne de la liberté. » L'enfant, âgé de huit ans, re«;oit le baiser fraternel et est admis au

i. Dubois de Crancé fut au nom du Comité de défense frénérale le rapporteur du projet d'organisation générale des armées présenté à la Convention le 2o janvier noIJ et reproduit par le Moniteur A. XV, pp. 281 et suiv. — Dans cette séance des Jacobins, il exposa son projet d'amalgame, présenté la veille à la Convention, au nom du Comité de la guerre, et reproduit par le Moniteur, t. XV, p. 384 et suiv.

2. Le discours d'Anacharsis Cloots. dont le sujet est lannoxion du bailliage de Schœnbcrg, a été imprimé dans la Correspondance de la Société, n" 164, pages 69-70.

22 SOCIÉTÉ T)i:S JAC0I5INS [10 kkv. 1703]

sein (le la Société. — Dufoumy dépose une liste des prisonniers tués dans les premiers jours de septembre : ils sont au nom))re de 1,070. — Billaud- Varennc, à ce propos, annonce qu'il va « déchirer le voile qui couvre encore une partie des circonstances cpii ont précédé ce grand acte de la vengeance nationale. » Et il continue ainsi c]

Remontons à l'époque depuis le 20 juin. Les patriotes étaient persécutés, on les appelait des flagorneurs du peuple, des agitateurs, des désorganisateurs, en un mot des républicains. On sait qu'après avoir blanchi La Fayette, les meneurs du côté droit menacèrent de l'échafaud tous ceux qui tenteraient d'établii- la république. C'est le 1"" septembre qu'on enleva à la ville de Paris les magistrats qui l'avaient guidée dans la révolution, et c'est le même jour qu'on apprend que Yerdun est pris, que les ennemis s'avancent sur Paris. Soudain la voix de la patrie se fait entendre. Les magistrats, quoique frappés d'un injuste anathème, font une proclamation. Au même instant, la Convention révoque son décret de cassation, le peuple s'empresse de voler à l'ennemi ; mais il songe que les prisons regorgent de conspirateurs ; il sait que, si les Prussiens s'avancent, c'est pour délivrer leurs complices et leurs agents secrets ; il sait qu'il laisse des femmes, des enfants, et pour leur sûreté il immole les premiers ennemie qu'il rencontre sous sa main.

Syracuse ne sauva la liberté qu'en sacrifiant, dans une circonstance pareille, les conspirateurs qu'elle renfermait dans son sein.

Cette vengeance terrible arrêta le roi de Prusse pendant six jours. La crainte de voir la famille royale tomber sous les coups d'un peuple justement irrité a arrêté la marche des Prussiens, et les patriotes se sont raUiés... On prétend que deux cents bourreaux ont seuls exécuté ces massacres ; en ce cas, je demande le décret d'accusation et contre l'Assemblée nationale, et contre le pouvoir exécutif, et contre le maire de Paris; car ils sont évidemment coupables, s'ils ont laissé ostensiblement commettre par deux cents scélérats des meurtres qu'ils pouvaient et (|u'ils devaient empêcher.

11 y a eu une trame liée aux événements des 2 et 3 septembre : c'est celle d'assouvir des vengeances particulières; c'est celle qui préparait la perte des patriotes en les représentant comme des provocateurs au meurtre, qui voulait éloigner la Convention de Paris; c'est celle enfin qui a montré visiblement l'intention de faire couronner le prince de Galles, présentée par ceux même qui réclamaient contre les meurtres des 2 et 3 septembre.

Un autre trait de lumière, c'est que les âmes sensibles, cpii appellent la sévérité des lois sur les auteurs des massacres du mois de

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septembre, sont ceux-là même qui voulaient épargner le tyran, qui avait conçu l'horrible projet de se baigner dans le sang des [patriotes.

Si vous voyez un crime dans un transport révolutionnaire, punissez les vainqueurs de Jemappes, punissez les héros qui ont sauvé la liberté, punissez enfin tout le peuple de Paris... Je demande le rapport du décret, ou qu'on mette en état d'accusation les fonctionnaires publics qui, par faiblesse ou par des combinaisons perfides, ont été les auteurs de ces massacres*.

La Société a arrêté, sur la proiiosilion de Des/ieux, fortement appuyée, l'impression et l'envoi aux. Sociétés affiliées du discours de Billaud-Varenne.

Anai'harsis Cloots s'est plaint de ce que le Couiilé diplonuilique, (jui devait être la cheville ouvrière des insurrecli^ns, on est au contraire le tombeau. Il a ensuite prononcé un discours qui a été souvent interrompu par des applaudissements, discours dont l'objet est <le réunir les habitants du bailliage de Scho'uberg à la grande famille, du sein de laquelle ils ont été arrachés par un arrêt du Conseil, signé Louis, et contresigné Vergennes*.

[Discours (liinc tlr}ni(tiHnit de tintrins i/r hi Jlixhrllr ri tir Bordeaux.

Jrdiibnn Sdinl-Aiit/ri- aiuioïK-c (juc >on |ilan t'inualir <lii clioix des marins, |)rôi)an'- au Comité di- marine dos Jacobins pour ciro |»n'Sonlô à la Convcnlion, est à rimprcssion.]

Le président a proposé et l'assemblée a arrêté quo tous les citoyens qui ont dos vues utiles à pro|K)ser sur l'organisation do la marine sont invités à les soumettre à l'examen du Comité de marine des Jacobins, qui s'assemblera à six heures du soir, à compter du lundi 11 février.

[Maure rapporte que le ministre de la justice lui a promis d'envoyer sur-lechamp un courrier pour informer le tribunal de Melun du décret qui suspend la procédure contre les citoyens arrêtés dans cette ville.

Une drpidatlon des quarante-huit sections de Paris donne lecture d'une adresse sur les sul)sistances, qui doit être présentée demain à la Cour venlion.]

Une citoyenne a prononcé, au nom de la Société fraternelle, le discours suivant :

« Citoyens, je vous dénonce Garât, ministre de la justice, qui

1. Voir Bibl. nat.. Lb 40/2302. in-8. Dans cet imprimé, le discours de Billaud- Varenne est daté du 20 février au lieu du 10. C'est sans doute une faute d'impression.

2. Voyez la Correspondance, n" 164. Note du Journal des Jacobins.)

24 SOCIÉTÉ DES .TACOHLXS [i:{ kkv. 1793]

avait, mercredi dernier, trente personnes à dîner, du nombre desquelles étaient Brissot, Barbaroux, Louvet et Beurnonville ; les patriotes n'ont pas leur entrée chez ce ministre, et Brissot y entre à toute beure.

[Hassrnfratz accuso Clianilion cl Holand d'avoir chorolu' à {U'-sapprovisionnor Paris '.1

PRÉSIDENCE DE JULLIEN (dE LA DRÔME)

[Motion d'envoyer une cinquantaine d'exemplaires du discours do Rillaud- V'arennc à la Société dosRécollcIs ot do Surveillance do Rordoaux. — Desfieux observe que la Société a l'habitude d'inviter los Sociétés aHiliées à réimprimer à leurs frais les ouvrages utiles qu'elle leur envoie. On passe à l'ordre du jour. — Une députât ion de la section du Temple se plaint que Quénard*, membre de la Société des .Jacobins, ait cliorclié à pénétrer dans la salle où se tenait l'Assemblée primaire de la section du Temple. R a déclaré qu'il la dénoncerait pour avoir changé le lieu de ses séances sans prévenir la majorité des citoyens intéressés. — Quénard donne dos explications. Une discussion s'engage sur l'opinion suivante, émise par l'orateur de la section : « ba Société des .bicobins, n'étant point une autorité constituée, no peut prononc(>r sur une dénonciation contre une section.]

C... — Les Assemblées primaires étant investies de la souveraineté par uH décret, il ne nous appartient pas de prononcer sur l'objet en question.

C... — La Société ne doit point s'immiscer dans les événements qui se passent bors de son sein.

MoNESTiER. — On abuse ici des mots pour égarer sur les principes. Il faut distinguer entre les Assemblées primaires convoquées pour

1. Le Journal des Jacobins, après avoir relaté le discours d'IIassenfratz et une réponse d'un anonyme, ajoute : La suite au numéro prochain. Mais ce numéro, qui est le 355% ne revient pas sur cette séance des Jacobins. D'autre part, nous voyons par le compte rendu du Premier journal de la Convention que la séance se termina après l'incident Ilassenfratz.

2. On lit Quérard dans le texte du Journal des Jacobins. Nous croyons que c'est une faute d'impression et qu'il s'agit de M. Quénard, avocat, rue des Saints- Pères, n° 7, qui est lauteur des notices des Portraits des personnages célèbres de la Révolution, par Fr. Bonneville, Paris, 1796, 4 vol. iu-4".

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faire des lois, et une Commune qui émet son vœu sur une nomination quelconque. Il est incontestable que, sous le règne de la liberté et de l'égalité, un citoyen a droit de se plaindre d'une Assemblée primaire ; il faut savoir si le membre dénoncé s'est servi d'expressions injurieuses, d'expressions qui aient pu attaquer l'ensemble de l'Assemblée. Si vous avez le droit d'imprimer contre la Constitution et contre les actes des Assemblées primaires, vous pouvez également manifester verbalement votre opinion.

Je demande que cette question soit renvoyée au Comité de constitution, afin de conserver à tout individu le droit d'émettre son vœu sur la formation de la loi.

On a invoqué l'ordre du jour, motivé sur ce que la Société ne doit pas prendre connaissance de ce que ses membres font bors de son sein.

DicsFiEUX. — Vous avez certainement le droit de censure pour tous les actes d'incivisme de vos membres, puisque vous pouvez les exclure de voln' sein ; ainsi la jiroposition du préopinant ost inadmissibli'.

La Société a renvoyé rex.iiiii'u île ci'lte affaire an Conul<'' de présentation.

|boclun> (le la corrospondanco. — ba Sorit'lé arrête q\w Dosonnc, (jtii avait reçu d'elle 1,000 livres ponr faire le Itiisle de Mirabeau, fera à la place, pour celte somme, celui de Muliel Le l*elelier. — Pélilion d'un 5,'endarme à cheval eonire une diniiinilioii de solde. — Projet d'adresse à la (iOnvention pour faire ra|)porler le déerel relatif aux événements du 2 et du 3 septembre'. — bellre des sans-culottes de Lyon, cpii se plait,Mi<'nt du despotisme des Holand, des Hrissot. La Société se renferme dans l'ordre du jour, l'organisation de rarnu'e. — Doppet prononce un discours contre les généraux aristocrates. Il propose que chaque armée ail un Comité de propagande, qui développera les principes du |)atriolismc le plus pur el préservera les soldats de l'inlluence des Feuillants. — La Société nomme des commissaires pour examiner le plan de Dopiiel.

Un mrmhrc observe que le plan de Dubois-Crancé, pour l'organisalion do l'armée, oIVre encore des vestiges de féodalité. 11 dit que tous les défenseurs de la patrie doivent avoir la dénomination couunune de soldais ; hors le temps de service, il ne doit plus y avoir d'officiers; il esl étonné de voir dans la Société un officier décoré de son épauletle, (piand il ne voit |)as un juge, un officier numicipal porter en loul temps son échariie. [Applaudi.)

Le ciloijen Jean-Baptiste de Laplace, membre de la Société des découvertes el inventions, fait hommage à la Société d'un moyen qu'il a découvert l)our rendre le fer et l'acier plus propres à la fabrication des canons. La Société arrête qu'elle nommera des commissaires versés en celte partie poui' suivre les ))rocé(lés de Laplace.

1. C'est le dccrel du 20 janvier 1793, qui ordonnait des poursuites contre les auteurs des massacres de septembre.

20 SOCIETE DES JACOBINS [i:$ ikv. I79:{1

r... (lit i\nh Londres les sans-ciilollcs n'alleiulonl que l'occasion lavorable pour socouci' le joui; du dt'spolisnu'. Il suffira d'y envoyer soixante mille sans-culoltes, (|ui aideront leurs l'ières. La France <'l l'Angielern^ ne l'ornieronl. i>lus qu'une seule réi)ublique, (junn seul peuple.]

L'impression de ce discours a été arrêtée àrunanimité.

Le Pi'ésidcnt a proposé de nommer six adjoints pour partager les

travaux des membres du Comité de constitution, qui ne peuvent

suffire aux occupations dont ils sont surchargés. Cette proposition a été adoptée.

La séance a été levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE JULLIHX (dE LA DRûME)

[Lecture du procès-verbal, puis de la correspondance. |

Lettre de la Société de Saint-Chamond en Lyonnais, dont la substance suit ' :

« Citoyens, la responsabilité des ministres est donc une chimère, puisque Roland laisse à ses successeurs l'exemple de l'impunité? Il est temps de frapper cet empoisonneur de l'opinion publique ; il est temps que sa tête sanglante effraie le premier criminel qui serait tenté de l'imiter. Quand verrons-nous ce nouveau Manlius précipité de la roche Tarpéienne ? Quand verrons-nous sa coupable faction marcher avec lui à l'échafaud ? »

[Une autre Société s'exprime dans le même sens.]

André Daget fils écrit au nom des braves fédérés de Lj'on : « Citoyens, les braves sans-culottes de Lyon marchent vers la capitale, pour, de concert avec vous, purger cette ville des députés infidèles,

1. On trouvera de.s renseignements sur les Jacobins de Saint-Chamond dans louvrage intitulé : Registre des procès-verbaux de la Société républicaine de Saint-Chamond, 1793-1790, publié avec une introduction et des notes par Gustave Lefebvre, Lyon et Saint-Etienne, 1890-1893, in-8. Malheureusement, M. Lefebvre na pu donner les procès-verbaux de cette Société qu'à partir du 28 septembre 1793. Par conséquent, la lettre, dont il est question ici, ne figure pas dans ce recueil.

[15 FÉv. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOIÎINS 27

qui non seulement méritent d'être congédiés, mais encore de subir la peine due à leurs crimes. Nous vous prions de vouloir bien nous accorder l'entrée de vos séances. »

La Société a arrêté que les fédérés de Lyon seront admis aux séances, comme les autres défenseurs de la patrie.

Un marin se plaint que la Hotte ne soit pas en état de résister aux ennemis : il réclame l'envoi de commissaires dans les ports et l'adoption du plan proposé par Jeanbon Saint-.\ndré. Le Président répond que ce plan vient d'être adopté par la Convention'. — Arthur présente le rapport dont il a été cliargé par la Société sur les abus de la fabrication des assignats : renvoyé au Comité des finances. La Société passe à l'ordre du jour, qui est la discussion sur la Constitution.

'('... ciiliiiiic le plan df Coiislilulioii proposé à la Sociéir'.'

Bourdon a obtenu la parole et l'a cédée au citoyen Robespierre, qui est monté à la tribune au bruit des a|>plaudissemcnts.

« Citoyens, a-t-il dit, les défauts (|uc les patriotes ont cru remarquer dans lu Constitution ne doivent point alarmer les amis de la liberté et de Tégalité. Ces vices ne sont pas dangereux; ils ont été généralement sentis. Nous avons deux mois pour les examiner; nous les discuterons à la face de l'univers. Les principes éternels de la la justice et de la raison on! fait tant de |)rogrès, ont jeté de si profondes racines, que nous n'avons plus à craindre que l'esprit public rétrograde. Une mauvaise Constitution présenterait actuellement les plus grands dangers; elle tendrait à décourager les citoyens, à refroidir leur zèle et à les empêcber d'immoler leur repos pour des avantages illusoires. Mais nous avons la certitude qu'il n'y a qu'une bonne Constitution qui puisse être acceptée. La majorité de la Convention est pure, j'afRrme qu'elle est bien intentionnée, et que les grands principes, dans les circonstances essentielles, prévaudront toujours dans son sein,

« Je ne vois plus qu'un obstacle au triomphe des vrais principes : cet obstacle naît d'un reste de défiance dans plusieurs membres de la Convention, qui aiment la liberté, qui aiment le bien pubbc, mais qui ont encore conservé quelques impressions des libelles que la perfidie brissotine a répandus avec profusion. Le parti le plus sage que nous ayons à prendre, c'est de défendre la cause de la liberté avec la même énergie que nous avons montrée; prenons une attitude

1. Le 14 février 179.3, la Convention av.iit reniiu plusieurs décrets sur lorganisatiou de la marine, l'rocès-verbiil. t. VI. p. 211-i>3u.

28 SOCIÉTÉ DES JACOHLNS [lii kkv. 1703]

calme, déployons la raison dans toute sa majesté, et je vous garantis la victoire. Le moment du triomphe des vrais patriotes est arrivé. Nous pourrons présenter au monde une Constitution qui portera le caractère de la fierté républicaine et de la philanthropie.

« L'Assemblée législative n'était qu'une arùne de factions, qui se heurtaient violemment. Ici, j'en atteste l'univers, il y a une masse de patriotes que l'intrigue n'égarera jamais dans les circonstances décisives, sur lesquels la séduction n'a aucune prise, et qui déploieront le courage et l'énergie propres à briser les fers du genre humain. Voilà mes garants pour le succès des principes dans l'Assemblée.

« La nation ne peut plus être asservie par l'intrigue et le machiavélisme ; les aristocrates sont en une très petite minorité, et leurs sophismes disparaissent devant le bon sens du peuple. Le moment où ils croient atteindre la couronne de l'aristocratie est celui où ils tombent dans la fange. Nous venons de faire l'expérience de cette vérité consolante. C'est par les combinaisons de la sagesse et de la prudence que nous achèverons de vaincre l'astuce de nos ennemis.

« Us voudraient qu'un mouvement partiel, qui n'eût point la liberté pour objet, leur fournît l'occasion de dire qu'un gouvernement populaire est un foyer d'anarchie, une source éternelle de dissensions. Préservez-nous de ce piège, en montrant un respect inviolable pour la loi, en éclairant l'opinion publique, en arrachant le masque dont le visage hideux des intrigants est couvert, en déployant une grande énergie contre les despotes étrangers et les ennemis intérieurs. C'est ainsi que nous parviendrons à déjouer les desseins des émissaires qui, dans la double crise d'une Constitution à établir et d'une guerre à soutenir^ voudraient diviser les citoyens et bouleverser Paris. Leurs noirs complots échoueront contre la sagesse et les efforts des Amis de la Liberté et de l'Egalité. » {Applaudi.)

[Thiniut demande une ConsUtnIion sans aucun mélange d'aristocratie ni de feuillantisme.

C... appuie la motion de Uobesi)ierre. Il accuse les Girondins de cliercher à triompher, soit avec l'aide des jjuissances étrangères, soit au moyen du desj)0tisme : c'est pourquoi ils veulent la guerre. L'orateur dit qu'étant membre du Comité militaire de la Convention, il a vu Guadet et Brissot venir au Comité de défense générale pour pousser à la guerre contre l'Espagne.

La discussion s'engage sur Roland, accusé : 1° d'avoir arrêté la correspondance des Jacobins; 2° d'avoir, jjar comjjlaisance, arrêté la vente de biens d'émigrés. Plusieurs membres ])roposent de le faire arrêter. La Société décide que les pièces à conviction seront remises à CoUot d'Herbois, qui fera une enquête sur ces faits.

C... dit que Beurnonville, ministre de la guerre, suit la même marche que

Roland. Il vient d'envoyer nne circulaire <à Tarméc pour prévenir les soldats qu'il ne répondra pas aux lettres qui ne lui seraient i)as adressées suivant les formes de la hiérarchie militaire. C'est un attentat aux Droits de l'homme. Beurnonville a eu aussi l'impudeur de notifier aux commis de son ministère qu'il ferait chasser tous ceux qui feraient des motions dans les clubs. — Desf'ieux remarque que la Montagne s'est trompée en faisant nommer Beurnonville ministre : il a choisi ses six adjoints ' parmi les contre-révolutionnaires. — C... rapporte que Beurnonville s'est eiuporté contre un fournisseur de souliers qui le tutoyait, croyant avoir allaire au patriote l'achc. On entend l'exl)Osé d'autres griefs contre Beurnonville. — C... est applaudi quand il demande que la Société envoie une députation à la Convention pour accuser Beurnonville de forfaiture et demander sa punition aux termes de la loi.]

La séance a été levée à dix heures.

SÉVNCK DU 17 KËVIlIKll 1793

[Lecture du procès-vcihal. — l'n iiu'nihrr se phiiiil du i)lan de Conslitution présenté à la (Convention'. — .l/(//*o(/jc appuie ses réclamations. Il se plaint des membres du Comité de Constitution et du rapporteur, Condorcel ; il demande que le Comité de Conslilulion de la Société des Jacol»ins présente dans quinze jours un plan, cpTon fera passer à la Convention.]

CouTiiON. — Citoyens, je ne juge pas encore les projets de Constitution et de Déclaration des Droits de l'homme dans tous leurs détails et même dans leur ensemble; il faut que je médite sérieusement sur les articles qui les composent. .Mais voici ce que j'ai pensé irrévocablement : la Déclaration des Droits m'a paru d'une abstraction affectée ; les droits naturels n'y sont pas assez clairement exposés ; le principe de la résistance à l'oppression est posé d'une manière inintelligible et absurde. On propose d'indiquer un moyen légal, comme si, pour se débarrasser d'un assassin, il fallait lui laisser le temps de consommer son coupable dessein. Une Constitution doit être le catéchisme du genre humain ; il faut qu'elle soit à la portée de tout le monde. Le mode d'élections m'a paru d'une théorie compliquée et ne présente que l'apparence de la popula-

1. Voir le lieci/eil des actes du Comité de salut ])uljl/'c, t. II, p. 110 et 111.

2. La Constitution fut présentée à la Goaveulion par le Comité de Constitution le l.j et le IG février 1703 i Procès-verbal, t. VL p. 245 et i'ôG . Le discours de Condorcet, qui précéda la lecture de la Déclaration des droits et de la Constitution, est reproduit avec une erreur de date ^23 au lieu de lo février) par le Moniteur, t. XV, p. 4o6-i72.

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rite. La forme du Conseil exécutif est vicieuse, par cela qu'on en fait un pouvoir national ; une seconde représentation, rivale de la première, établit une correspondance directe entre les procureurs syndics généraux et le pouvoir exécutif : c'est donner aux ministres des moyens dangereux de puissance et de relation; vous devez en juger parla peine que les patriotes ont eue à déraciner Roland, qui n'avait usurpé qu'une partie de ces avantages.

Je voudrais qu'aussitôt après qu'on aura distribué aux membres de la Convention les projets qui auront été lus, il s'ouvrit ici, pendant une huitaine, une discussion, et qu'après le développement des grands principes qui doivent être la base de cet important ouvrage, il fût ordonné à notre Comité de se clore, pour travailler sans distraction, et de ne pas désemparer sans avoir présenté un projet qui serait imprimé à l'Imprimerie nationale, conformément au décret rendu à cet égard, et envoyé à tous les départements et aux Sociétés afTiliées. Il en serait fait lecture à la tribune de la Convention nationale, et la Montagne ferait tous ses efforts pour lui faire obtenir la priorité, à moins qu'un député n'en présentât un meilleur.

L'arrêté de la Société a été conforme à la proposition de Couthon.

[Boissel parle sur le mônio sujet. — Thuriol s'i'tonnc (lu" >< \\n itliiloso])he tel que Condorcet n'ait pas rougi d'agiter la question s'il ne serait i)as utile pour la liépubliquc d'adopter le système des deux Chaud)res >.. Il dénonce le systrnie de République fédérative, préparé perfidement dans le projet; il i)rétend que la fraction girondine a voulu profiler de l'anarcliie où nous nous trouvons, pour suritrcndre rassentiment général. Il appuie la motion de Couthon.

Bicaud, inavsei Liais, annonce que la Société de Marseille a formé le projet de rappeler Barbaroux ; il propose que la Société des Jacobins écrive à ce sujet à celle de Marseille.

Hassenfi-atz rapporte que la section du Faubourg-Montmartre vient d'arrêter, dans une de ses séances, qu'elle rappellera deux députés iiarjurcs, qui n'ont i)as volé la mort de Louis Capet ; il demande que la Société invite les quarante-sept autres sections à suivre cet exemi)le et à donner ainsi Tim- ])idsion à tous les départements de la I\éi)ublique.]

La Société a adopté la proposition du citoyen de Marseille et a arrêté en outre d'écrire circulairement à tous les départements méridionaux, pour les inviter à donner aux autres départements l'exemple du rappel des intrigants.

[Jcatibon Saint- And n- dit (jue les Amis de la liberté et de l'égalilé doivent avant tout respecter les principes ; que la mesure })roposée est une vraie mesure de fédéralisme, car les déi)utés sont les représentants de la nation entière et non de leur département tout seul ; (pi'enfiu, cette mesure pour-

[17 FÉv. 1793] SOCIETE DES JACOlîl.NS 31

rait tourner contre ceux mêmes qui la prennent. — Il est interromjiu plusieurs fois.

Ricaitd lui répond. Thuriol intervient : ■ Il faul, dil-il, ipu" Paris laisse a^ir le ]tatriotisme dans les départements; si vous en devenez les ressorts, on profitera de votre intervention pour transporter la Convention hors de Paris. Il est certain que, si la Convention ipiitte Paris, la lilierté est perdue. » II est applaudi."!

Ces observations ont déterminé la Société à rapporter son arrêté.

Un milildii'i' prononce un diseours l»elliqueu.\.

Anacharsis Cloots lit une lettre d'un savant d'Allomajine tpii partage les sentiments de sans-culottes et des patriotes de la Montaigne.

La séance a été levée à dix heures.

SÉ.\NCE DU IS FKVUIKK 170:{

PRÉSIDENCE DE .lULLlE.N (UK LA DHÙ.ME)

IJn prêtre, persécuté à cause de son patriotisme, a prononcé un long discours sur l'origine, les progrès et les dangers du fanatisme. L'histoire ancienne et moderne lui a fourni des preuves multipliées et frappantes des mau.^c qu'a onlanlé-. la superstition.

Bourdon a pensé que ce discours était trop métaphysique, et, tout en rendant justice au zélé de l'orateur, il a indiqué l'ordre du jour.

C... — En tenant compte à l'orateur de ses bonnes intentions, je demande que Ton s'occupe moins de faire des recrues à Jésus que des prosélytes à la liberté.

TiiuRiOT. — Le moyen le plus elTicace de combattre l'hydre redoutable (lu fanatisme, c'est le mépris le plus profond. Occupons-nous des dangers de la patrie, des vices de la Constitution, de l'aristocratie des généraux , et gardons-nous de réveiller de vieilles erreurs, qui doivent rester ensevelies dans le mépris et dans l'oubli.

[Bourdon attaque les vues présentées à la Convention, dans la discussion sur le recrutement de l'armée, par Au})ry, le plus fameux aristocrate qui e.xislc'. 11 se félicite que Jcanbon Saint-André lui ait répondu et demande que Saint-André soit invité à lire son projet de recrutement.

•1. Aiibry «la (".ard avait présenté à la Convention un projet sur le recrutement, dans la séance du 19. Cf. Monileur, t. XV. p. olO, et Procès-verbal, t. VI,

:\-y SOCIÉTÉ DES .lACOHlNS [18 ri'v. 1793]

Jrtmhon Saint-Andrc lit son piojel.

Miltii- /ils l'ail Iccturo : l» d'un projcl (rariiclic i)our iiislruirc les ciloycMis (le la conuplion do Hournonvillc; 2" do la loUro rralornoUo (pril a adrossôe à Ik'iirnonvillo an nom do la Sooiôtô, pour lui roproolior d"avoif compromis sa ropnlalion do pali'ioto on dinani avec Hfissol oL sos pai'lisans clioz lo ministro iic la jnslico.]

i/n membre a demandé la parole pour rendre compte d'un complot qui se trame contre les Jacobins. [Bruit.) On a invoqué l'ordre du jour qui a été adopté.

Anthoine. — Je demande que la discussion soit ouverte pendant un mois, tant sur la Constitution que sur le discours de Condorcet, et que noire Comité, augmenté d'un tiers, se mette sur-le-champ en activité, pour présenter dans quinze jours un projet de Constitution, qui, après une discussion calme et réfléchie, sera imprimé et envoyé aux départements, ainsi qu'aux Sociétés afRliées. Je ne serais pas d'avis que la Société écrivit aux départements que la Constitution ne vaut rien. La meilleure censure que nous puissions en faire est d'en présenter une meilleure. Autrement nous serions accusés de ne point vouloir de Constitution.

Cette motion a été mise aux voix et adoptée avec l'amendement, proposé par Anthoine, que l'ordre du jour sur cet objet commencera à sept heures précises.

[Bourdon altatpio lo projoL do ConstiUilion ; il demando i)aiiicnliôicmont qu'un dôputô puisso ôtrc rappolô i)ai' los doux Hors dos dôpaiiomonts.]

Le Président a nommé les membres qui composent le Comité de Constitution : Jeanbon Saint -André, Robert, Thuriot, Bcntabole, Robespierre, Billaud-Varenne, Anthoine, Saint-Just.

On a proposé de leur adjoindre Dubois de Grancé, Collot d'Herbois, Anacharsis Cloots et Couthon. Cette proposition a été adoptée, et, sur la motion de Desfieux, tous les citoyens ont été invités à payer à ce Comité le tribut de leurs lumières.

Monestier romarquo qu'il sulTira de demandor dos nolos aux citoyons de bonne volonté; il Tant que le Comité garde son intégrité. — Puis la discussion roi)rcnd sur le i)oint particulier de savoir comment le peuple pourra censurer ou rappeler un de ses représentants.

Prieur denumde que la Société prenne dans son soin deux commissaires

p 317. — Aubry était un ami des Girondins. Il sif^ne plus tard une protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin 1193, et fut, pour ce fait, décrété darrestation, le 3 octobre suivant, avec les autres députés qui se trouvaient dans le même cas. Voir le Recueil des actes du Comité de Salut pulAic, t. Vil, p. 282,

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pour allor aux Invalides voir si on peut loger les soldats blessés, ou, en cas de négalive, pour aller exiger une solution du ministre de la guerre.]

Le général La Bourdonnaye a demandé, par l'organe du Président, l'entrée de la séance; elle lui a été accortiée. Plusieurs membres ont crié : Point d'applaudissements ! et cette défense a été ponctuellement exécutée quand le général est entré dans la salle.

Le Président a fait part d'une lettre qui lui a été adressée par Milscent, rédacteur du journal intitulé le Créole Patriote ' ; il exprime tous les sentiments de reconnaissance dont il est pénétré pour la Société, et ses regrets d'être obligé d'abandonner le journal qu'il a entrepris dans les vrais principes; il fait en même temps hommage à la Société d'un opuscule, qu'il vient de mettre au jour. [Mention honorable et renvoi au Comité de correspondance.)

MoNESTiER. — Citoyens, tous les journalistes nous quittent; il importe d'aviser aux moyens de trouver de vrais patriotes qui rédigent nos séances avec exactitude, et de charger le Comité de faire un choix parmi les citoyens qui se présentent pour remplir ce but.

La Société des Défenseurs de la République une et indivisible a demandé l'afTiliation à la Société mère, dont les principes seront éternellement lu règle de ses discussions comme de sa conduite.

[Elle est invitée aux honneurs de la séance. — I,a Société lui accorde la correspondance et renvoie d'après le règlenienl sa demande d'affdialion au C-omilé de présentation, pour en faire son rapport dans la séance prochaine.

Dcsficii.T annonce que Chauvelin, ci-devant ambassadeur, de retour de Londres, memlirc de la Société, va s'adresser au Comité de présentation pour faire renouveler sa carte.]

La séance a été levée à dix heures.

XYIl

PRÉSIDE.NCt: DE 1$ILL.\UE-VARENNE

[Plusieurs Savoisiens oi)liennent l'entrée de la séance. Lecture de la correspondance. Une lettre d'un mend»rc de la Société de Chanibéry renferme, entre autres, les faits suivants :]

1. Sur Milscont et son journal, voir l'introduclion en tète du premier volume, p. cxix-cxx.

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