SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU JEUDI 30 MAI
PRÉSIDENCE DE BOURDON (dE l'oISe)
[Un citoyen donne lecture d'une lettre dans laquelle Boucliotte, ministre de la guerre, annonce qu'il a donné sa démission'. — Un 7nilitaire annonce que les citoyens de Toulon viennent de donner un bel exemple : ils ont emprisonné soixante-treize aristocrates et leur ont imposé un emprunt forcé de sc])t millions. — Diiprat lit une lettre de Marseille, dans laquelle il est dit que les patriotes ont toujours le dessous dans cette ville. — Un membre fait lecture de deux lettres des commissaires dans le département de la Vendée, qui annoncent la prise de Saumur par les rebelles.]
Hassenfratz. — La section de la Cité a invité les quarante-sept autres sections à se réunir à elle par des commissaires, pour délibérer sur les moyens de salut public. Hier, la réunion s'est effectuée.
La première délibération a eu pour objet de calmer les inquiétudes des propriétaires. Pour cet effet, la section a arrêté que toutes les propriétés sont sous la sauvegarde des sans-culottes, qui s'engageront tous de livrer au glaive de la justice quiconque exécutera la plus légère atteinte aux propriétés ; et tous les membres de cette section ont juré de mourir pour faire observer cette loi.
Il importe que les citoyens s'occupent d'abord du soin de tranquilliser les esprits sur le sort des propriétés. Les scélérats ont imprimé et sont persuadés intimement qu'il y a impossibilité physique qu'il se commette la moindre violation des propriétés, et cependant ils feignent toujours de redouter ce pillage pour avoir occasion de calomnier les patriotes.
Rabaut a dit : s'il y a pillage, il doit commencer par les meubles. Or, il y a cent soixante mille hommes domiciliés qui sont armés et en état de repousser les voleurs. Il est clair qu'il y a impossibilité absolue d'attenter aux propriétés. C'est donc pour désunir les patriotes et opérer la contre-révolution qu'on feint d'éprouver et qu'on cliei'che à exciter des alarmes. Il faut que toute la République sache que les propriétés sont sous la sauvegarde des sans-culottes, et je demande que tous les membres de cette Société prennent ici l'engagement de
1. Beantiarnais, élu ministre de la guerre à la place de Bouchot le, refusa, et Boucliotte fut maintenu en fonctions.
[30 MAI I703j SOCIÉTÉ DES JACOULNS 2l;j
périr plutôt que de laisser porter atteinte aux propriétés. Ici tous les membres se lèvent et prêtent unanimement ce serment.)
Je demande que cet état sublime du patriotisme soit imprimé dans le procès-verbal, inséré dans tous les journaux et publié dans toute la République.
Je viens de rendre compte des mesures de la majorité ries sections de Paris. Elles s'occupent de punir les traîtres. Je vais à mon poste.
Un Militaire. — La mesure que vient de prendre la section de la Cité va faire trembler tous les despotes de la Convention. Au iO août, on a resijecté les propriétés, et ce respect a fait pâlir les satellites de la tyrannie; les patriotes sont vertueux.
Je demanrle l'imijression et l'envoi aux Sociétés affiliées de la séance d'aujourd'hui.
La Société arrête l'impression de l'arrêté de la section de la Cité et de la prestation du serment fait par la Société'.
SÉANCE DU VENDllEDl .'il MAI 1793
l'RÉSIDEN'CE Di: lîOURDOX (itE l'oISEI
[\.i} Vicc-prrsiilriil iiivik' los iiiciiiltres de la (ioiivcnlion iin''sonts à la séance à rendic coniiilc de ce qui s'est passé à rAssciultlée. — Boissi'l fait ce coniple rendu. — Un (h'pufr ihi Ciniiitr rrcolnlionnaire do. In seclion de In Biitle-des-Moulinx vient annoncer (|ue le Comité est en train d'épurer les aristocrates de la section."
BoissEL. — Il faut que les sections se constituent en Snciétés populaires. Elles ne doivent pas se mêler des affaires publiques; autrement elles rendraient inutiles toutes les mesures révolutionnaires que les représentants décréteraient, il ne faut pas que ces mesures soient entravées par les ennemis de la chose publique. Les sections, en un mot, ne doivent que surveiller et s'occuper uniquement du désarmement des personnes suspectes.
[Terrasson déclare qu'il no faut pas que les sans-culottes se reposent avani d'avoir détiuit le Comité des douze. j
Un membre s'écrie : « Il n'existe plus, il vient d'être supprimé * ! »